sam.

10

sept.

2011

« La Maison Nucingen » d'Honoré de Balzac

L'œuvre de Balzac -- La Comédie Humaine -- vaut par bien des aspects. Caractère changeant, voulant tout et son contraire successivement, et en cela débordant de vitalité, si la vie est cet enchevêtrement de pensées et d'actions à la cohérence incertaine, il développa ce sens de l'écrivain capable de saisir la pensée d'autrui, les forces qui meuvent les hommes, les faiblesses qui les contraignent. Sa vie, il la consacre à recréer le monde, la société française de son époque, celle du XIXème siècle et à en démêler les mécanismes. Ainsi, tel l'encyclopédiste, précurseur en quelque sorte de la sociologie, il en analyse les strates une à une: politiques, miséreux, militaires, bourgeois en pleine ascension, nobles, paysans mais aussi envieux, arrivistes sans scrupules, caractères superbes, faiblesses coupables, droiture inflexible, cynisme sans limite...

Tous les caractères, certes, toutes les situations se rencontrent dans la société, mais peu de forces l'influencent réellement. Surtout, un Dieu nouveau la régit depuis peu: l'Argent, sujet principal de la Maison Nucingen.

Véritable Inside Job du XIXème, la Maison Nucingen n'est pas de ces classiques de la littérature qui font se pâmer les professeurs de français, si heureux de pouvoir faire sentir à leurs élèves leur infériorité irrémédiable à coups de figures de style sans intérêt. La nouvelle est une discussion financière entre spécialistes de la finance, jeunes loups en quête de réussite, et Balzac, peintre du monde en tous ses recoins, ne s'échappe pas face au sujet, bien au contraire. Le sujet de la Maison Nucingen, qu'on se le dise, est l'Economie et la Haute banque (bien qu'à l'occasion de longues digressions, l'amour, l'Histoire, le mariage soient aussi abordés).

Il n'y a là rien d'hasardeux, et si Balzac contribue de cette manière à inventer une forme inédite de roman (1), c'est parce que la logique de son oeuvre l'amène à le produire. A force d'analyse psychologique, de descriptions sociales, il lui apparaît que, par ricochet ou non, l'argent, et la lutte pour sa possession, détermine tout, influe sur la société aussi sûrement que les mouvements des plaques tectoniques sur les continents. Dès lors l'analyse des possesseurs de l'argent , de ceux qui en possèdent le plus, devient nécessaire et fondamentale. Elle revient à poser la question: "Qui, dans ce monde d'apparences, possède réellement le pouvoir et comment l'obtiennent-ils?". La Maison Nucingen "pierre angulaire" (Pierre Citron) de la Comédie Humaine, répond à cette interrogation.

 

 

La spéculation Nucingen

 

Le baron de Nucingen est le personnage le plus riche de la Comédie Humaine. Il est aussi celui qui apparaît le plus souvent. La Maison Nucingen est en fait l'histoire de l'origine de sa fortune.

Quatre hommes aspirants à la réussite, esprits supérieurs et parlant à bâtons rompus - entre eux - et sans hypocrisie au cours d'un repas arrosé, se racontent cette histoire et s'interrompent incessamment avec de longues réparties et réflexions sur l'ordre du monde. L'Economie, la Politique, la Finance, l'Amour, les mouvements ouvriers, l'Industrie sont leurs sujets de prédilection, et le lecteur participe, comme assis à leur table, à ce dîner passionnant. Esprits brillants et lucides, suscitant volontier la sympathie, leur créateur en fait pourtant une description implacablement sévère, avec ce ton indigné et sans illusion qui, toujours, le ramène sur les rives de la Justice:

 

"Empreinte de cet esprit glacial qui roidit les sentiments les plus élastiques, arrête les inspirations les plus généreuses et donne au rire quelque chose d'aigu, cette causerie, pleine de l'âcre ironie qui change la gaieté en ricanerie, accusa l'épuisement d'âme livrées à elles-même, sans autre but que la satisfaction de l'égoïsme, fruit de la paix où nous vivons. [...]On admira que l'omnipotence,  l'omniscience, l'omniconvenance de l'argent."

 

Peu connu en 1804, Nucingen s'est enrichi grâce à deux fausses liquidations. En 1827, banquier réputé, il va s'enrichir par le fait d'une spéculation dont voici le mécanisme:

 

Nucingen détient des dépôts d'épargne privée (les valeurs particulières) de plusieurs fortunes de Paris et des valeurs émises, c'est-à-dire des actions émanant d'entreprises industrielles dont il est à l'origine et qu'il possède à titre gratuit ("actions bénéficiaires").

Son but est de faire monter le cours de ses actions pour pouvoir s'enrichir. Il possède plusieurs types d'actions qui correspondent à des entreprises variées. La plupart du temps, ces entreprises n'existent pas au moment de l'émission des actions et sont créées grâce aux capitaux générés par la vente de ces actions. De plus, seul Nucingen connaît précisément la rentabilité des ces entreprises. Certaines sont hyper rentables (mines argentifères en Amérique) d'autres sont des "valeurs mortes" (projet de canaux dont le contrat a été arrangé de sorte à ce que l'Etat n'ait jamais intérêt à le réaliser). Selon ses intérêt, Nucingen achète ou revend sans doute ses actions avant qu'elles ne s'effondrent si elles sont sans valeur réelle.

Pour stimuler le cours de ses actions, il a l'idée de les faire acheter au prix fort (plus fort qu'à leur cours normal) par ses propres épargnants, qui constituent une quantité de capital considérable. Parmi eux se trouve Beaudenord, un jeune dandy à la mode dans Paris, mais aussi les Matifats, un couple de la petite bourgeoisie commerçante enrichie, les Keller, haut-bourgeois richissimes, ou encore la baronne Aldrigger, veuve du banquier Aldrigger, banquier à l'ancienne et ancien patron de Nucingen.  Pour les forcer à acheter ses actions, Nucingen prévoit de mettre en scène sa propre faillite, les épargnants, ainsi effrayés de perdre tout leur argent, se battront pour échanger leurs avoirs (le "papier Nucingen") contre des actions de cette même banque tant qu'il en est encore temps. Plus les épargnants, en panique, tarderont à faire l'échange, plus ils seront prêts à brader leurs avoirs pour en conserver une partie, c'est-à-dire qu'ils paieront les actions à des prix de plus en plus cher, en faisant exploser le cours.

 

Le scénario étant en place, Nucingen doit trouver le moyen de faire croire à sa faillite, lui qui a une réputation de solidité inébranlable. Ici, se situe l'aspect social de cette spéculation: Nucingen, en fin de compte, peut créer à peu près n'importe quelle société fantôme, basée sur rien, émettre des actions pour la financer; ce pouvoir à peu près illimité de maniement du capital est dû à la confiance qu'il inspire au marché et à ses acteurs. Confiance d'ailleurs basée sur des éléments bien peu concrets, en gros la croyance que Nucingen a les reins solides. Or c'est cette croyance collective que Nucingen doit parvenir à manipuler pour arriver à ses fins. La raison de son enrichissement ne va donc pas dépendre d'une opération de technique financière de haute volée qui lui permettrait de spolier son monde, mais bien d'une action sociale, visant à modifier la perception de la société envers lui. 

 

C'est bien des hommes qu'il va s'efforcer de manipuler et il en est parfaitement conscient. Nous voilà rendus dans le jeu des passions, terrain d'étude favori de Balzac. Son arme, son"piston", dans cet affaire ne va pas être un mathématicien surdoué mais bien un homme du monde, le héros récurent de la Comédie Humaine, le jeune dandy d'Angoulême, Eugène de Rastignac.

Rastignac, intelligent et beau, devenu cynique par expérience, revenu de sa jeunesse passionnée et désormais décidé à réussir à tout prix, croit pouvoir se servir du baron, en qui il reconnaît l'homme mû par l'intérêt. Mais Rastignac n'est pas encore complètement cynique et il est amoureux, notamment, de la belle et capricieuse Delphine de Nucingen, jeune femme du baron, avec qui il entretient une relation que le baron n'ignore pas. L'amour de Delphine l'a conduit à bien des cheminements, à bien des dépenses d'énergie et de temps sans certitude sur le résultat. Son cœur s'en est trouvé attendri pour un temps, et la générosité n'a pas complètement disparu en lui. Ce levier, Nucingen va s'en servir sans scrupules.

Il fait part à Rastignac, en privée, de sa situation financière exécrable, lui parle d'un risque de liquidation et lui demande, en compensation en quelque sorte de sa relation adultérine avec sa propre femme, de l'aider dans une opération financière qui sauvera la situation. Il lui fait cadeau en guise de remerciement de part dans des actions de mines en Amérique. Rastignac prend peur, accepte mais exige de protéger Delphine en opérant une séparation de biens avec son mari.

Mais, ami de Beaudenord, qui va se marier avec la fille de la baronne d'Aldrigger (tous deux étant épargnants chez Nucingen), et par pitié de les voir ruinés tous deux dans quelques jours, il trahit son secret et prie Beaudenord de convertir ses avoirs en actions tant qu'il en est encore temps,parce que Nucingen est en faillite. Beaudenord s'exécute mais ne peut empêcher de dire le secret à son oncle, lui aussi épargnant chez Nucingen. En quelques jours, la rumeur de la faillite de Nucingen se propage sur les places financières. On parle de séparation de biens entre le baron et sa femme, mais la confiance en Nucingen est suffisamment forte pour éviter la panique. 

Ici interviennent trois banquiers, du Tillet jeune loup de la finance montant, Werbrust, son associé et gros possesseur en capital et Gigonnet, un usurier. Ces trois-là pressentent un coup fourré du baron, ils savent qu'il a placé une énorme part de son capital dans des actions des mines d'argent d'Amérique qui ne rapportent rien encore. Ils devinent que Nucingen va en toucher d'énormes gains, qu'il a volontairement différés afin de créer la panique. Ils ne croient pas à sa faillite et comprennent sa manœuvre. Flairant l'affaire juteuse, ils décident d'appuyer le mouvement, afin d'en tirer parti: une fois le cours du papier nucingen effondré, ils le rachèteront en masse en l'échangeant contre des actions, quand la fausse faillite sera découverte, le papier reprendra sa valeur d'origine et ils s'enrichiront.

Pour finir de faire chuter le cours Nucingen, ils font donc discrètement appel à Palma,  conseiller des richissimes Keller, oracle financier dont tous les investisseurs guettent les conseils et mouvements. Celui-ci accepte de marcher et conseille aux Keller d'échanger à -10% de leur valeur leurs dépôts chez Nucingen contre des actions, ce qu'ils font immédiatement. Dès lors, la panique est déclenchée. Tout le monde brade ses avoirs chez Nucingen, les échangeant à -20%, -40%, etc... de leur valeur, c'est-à-dire rachetant à prix très élevé les actions contre lesquelles ils croient sauver leurs épargnes. La nouvelle de la faillite de Nucingen, parti en Belgique, est diffusée dans toute l'Europe, cependant que les trois petits malins, les financiers Werbrust, Du Tillet et Gigonnet, rachètent en masse le papier Nucingen à l'étranger allant jusqu'à le reprendre à -1% seulement de sa valeur. Ce mouvement alerte des investisseurs. "Il se passe quelque chose" déclarent certains. En effet, le lendemain Nucingen rentre à Paris, et un bateau en provenance des Amériques, chargé d'or et d'argent, issu de ses mines, arrive en port de Bordeaux. Il n'y a pas de faillite, mais les cours de ses actions ont explosé et les dépôts d'épargne ont été maintenus par le rachat des trois banquiers. Nucingen est déclaré "plus grand financier d'Europe" par le petit monde. Ceux qui - comme Rastignac, qui n'y comprend rien - ont obtenu des actions des mines d'argent, s'enrichissent. Ceux qui ont des actions des canaux, qui ne valent rien, tombent dans la misère, tels Beaudenord et sa femme, la fille d'Aldrigger, ainsi que la baronne d'Aldrigger.

Habituées à un niveau de vie de princesses, celles-ci font vivre la déchéance à Beaudenord, qui doit supporter tout le foyer sur ses épaules, avec ses revenus faibles, et qui prend conscience de la vanité de l'amour qu'il ressentait pour une femme capricieuse et sans profondeur. Attristé de la situation dans laquelle sont tombés les descendants de son ancien patron ("honnête homme mais bête" selon ses propres mots), Nucingen trouve un emploi au Ministère des Finances à Beaudenord et s'attire ainsi, par cette action dérisoire, la reconnaissance éternelle de cette famille qu'il a en fait ruinée.

"Il n'y a que des apparences d'honnête homme"

 

Avec son sens corrosif du contraste, Balzac pouvait-il trouver meilleur exemple du fonctionnement ultime de la société? "Il n'y a que des apparences d'honnête homme" est la devise du baron de Nucingen et il l'applique parfaitement en s'attachant, par la générosité apparente, la reconnaissance de ceux à qui il a fait mordre la poussière pour s'enrichir. Ce lamentable spectacle de soumission est bien le fait de la Haute Finance, dont la sophistication masque l'accaparement le plus violent, sous le voile extérieur de la belle et bonne société. La violence sous la politesse, l'avidité sans borne derrière la respectabilité.

Blondet autour de la table résume:

 

"Vous prenez 5000F dans mon secrétaire, vous allez au bagne, Mais avec le piment d'un gain à faire mis dans la gueule de mille boursiers, vous les forcez à prendre les rentes de je ne sais quelle république ou monarchie en faillite, émises pour payer les intérêts de ces mêmes rentes, personne ne peut se plaindre. Voilà les vrais principes de l'âge d'or où nous vivons."

 

En fouillant le principe originel de la possession de l'argent, ce Dieu, Balzac n'a pas seulement trouvé une technique financière qui permettrait à quelques hommes de le posséder "en quantités disproportionnées" comme le veut Nucingen, c'est-à-dire de posséder le pouvoir réel.

Ce qu'il trouve au cœur de la Société Humaine, au dessus d'elle ou en son centre nerveux, c'est encore un fonctionnement social, basé sur des croyances collectives. Le pouvoir de Nucingen est celui que lui confère la société. Le fonctionnement de la finance est avant tout une organisation sociale, dépendante des passions humaines. Des individus sont dotés d'un don de seconde vue par les marchés (l'oracle Palma), les mouvements financiers sont auto-réalisateurs et une poignée en profite en les manipulant à leurs profits, les plus riches et les plus intelligents. En tout cas, le pouvoir financier est absolument indissociable de la position sociale, tel est le message essentiel de La Maison Nucingen, et l'ont comprend mieux comment cette nouvelle se rattache à l'œuvre globale, prodigieux effort pour découvrir les normes et le fonctionnement de ce système social. La finance est le produit de la société, elle la domine moins qu'elle la reflète.

 

La finance d'aujourd'hui, malgré son impressionnant arsenal d'évolutions techniques est-elle au fond si différente?

Ou bien n'est-elle aussi, avec ses nouveaux oracles (les agences de notation ou la presse financière) qu'une incarnation moderne de celle de la Maison Nucingen: accaparement basé sur des croyances collectives, dissimulé derrière un monde de pacotille?

 

 

Le mouvement historique du capital

 

Ce qui n'échappe pas à Balzac, et qu'il doit à son analyse fine, c'est le mouvement historique que fait subir à la société, le pouvoir par nature grandissant du capital.

En dix ans (1825-1835), le rapport de force bascule de l'Industrie vers l'Actionnariat: "avant peu vous verrez l'Aristocratie, les gens de cours, les ministériels descendre en colonnes serrées dans la Spéculation" prévient-il, intensément conscient de l'évolution économique de son temps.

D'abord produit par la Révolution Industrielle, le capital devient bientôt une composante essentielle du développement industriel à mesure que l'industrie devient plus gourmande en technique. La classe financière dont Nucingen est l'illustre représentant (Rotschild serait son modèle vivant) prend de plus en plus d'importance et s'empare des leviers du pouvoir (d'ailleurs Nucingen sera fait Pair de France après la Révolution de Juillet). La lutte pour l'attraction du capital commence alors.

Le même mouvement est à l'œuvre aujourd'hui, encore amplifié par la financiarisation très poussée de l'économie mondiale et les besoins énormes en investissement des industries modernes. Nucingen, c'est le symbole de ce pouvoir grandissant du capital, qui à son tour, agit sur la société et la transforme. Balzac fait conclure ses personnages, bien arrosés et d'autant plus directs dans leurs conclusions: "les lois sont comme des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où les petites restent." Et face au pouvoir du capital, grandissant donc (le XIXème siècle atteste tout entier de la justesse de vue d'Honoré), il ne voit guère qu'un seul autre pouvoir réel qui puisse se dresser: "le gouvernement absolu", "l'Arbitraire", c'est-à-dire dans son esprit la "royauté éternelle".

Comment ne pas voir, aujourd'hui, dans les politiques de contrôle des capitaux et d'investissements d'Etat de la Chine ou de la Russie autoritaires une concrétisation d'une telle perspective?

 

Dans le brouillard des idées dominantes, il est parfois difficile de bien se repérer sur la carte imprécise du Monde. Et il est sain d'aller parfois dans la montagne, au dessus des nuages, pour prendre de la hauteur. Bien sûr la vallée est lointaine alors, mais le ciel est plus pur et on peut marcher un moment à côté d'un berger sûr nommé Balzac.

 

Trémarec

 

Bibliographie

 

(1)Pierre Citron, Préface de La Maison Nucingen, Editions La Pléïade, tome VI 

 

-Maurice Bouvier-Ajam, « Les Opérations financières de la Maison Nucingen », Europe, 1965, n° 429-30, p. 28-53.

 

Les articles pour continuer :

 

  1. La dévaluation ou le chaos
  2. Sortons de l'euro! par Nikonoff
  3. L'Europe fantasmée du journal Le Monde

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Commentaires : 1
  • #1

    batti (jeudi, 06 octobre 2016 10:02)

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