lun.

31

oct.

2011

Yves Calvi, l'indépendant...

Les analyses de Pierre Bourdieu ou de Noam Chomsky (1) sur la fabrique de l'information sont toujours aussi percutantes : la télévision tend à s' « uniformiser » et plus encore à « dépolitiser » sous pression du monde de l'argent et d'une concurrence toujours plus forte entre les rédactions. Contraint à la fois par la concentration actionnariale et la proximité sociologique des acteurs du champ journalistique, le débat démocratique repose avant tout sur l'organisation du consensus. Qu'à cela ne tienne, voici venu le temps des citoyens détendus ; le temps du « hard » et de l' « humour pop' » (2) dans lequel le sexe et les humoristes sont devenus des incontournables de la programmation politique, depuis les matinales radiophoniques jusqu'aux émissions informatives de Canal+ qui ont définitivement aboli la frontière entre politique, humour et people. Une omniprésence du rire tout à fait symptomatique du renoncement partiel ou total des grands partis à changer la vie, au nom d' un idéal et du sens de l'Histoire. Puisque le grand drame de la lutte n'est plus... tâchons au moins d'en rire, et laissons donc le sérieux aux « experts » : les chiffres et les rapports, eux, ne mentent pas.

Il existe une imposture fondamentale inhérente au système médiatique à laquelle il faut tordre le coup et que je nommerai « l'idéologie de la neutralité ». Quatre acteurs sont en présence.

 

           -le journaliste : neutre et au fait des grands débats qui animent la   société ; il est à même de poser les bonnes questions à ses interlocuteurs.

           -le politique : engagé et partial ; la défense de son idéologie l’entraîne à user de la rhétorique, du mensonge ou de la mauvaise foi à des fins électoralistes.

           -l'expert : impartial et compétent ; il fonde sa légitimité sur le travail scientifique. Il ne prend pas parti.

           -l'électeur : ignorant des grands enjeux du monde, il faut tout lui vulgariser.

 

De cette typologie largement intériorisée, on déduit l'interchangeabilité des experts et des journalistes entre eux. Bien évidemment il n'en est rien. Ni l'expert ni le journaliste ne sont des acteurs « hors sol » : nous parlons bien de sciences sociales et non de Science. Les « experts » ne sont pas des « savants ». Il y aurait beaucoup à dire sur la poignée d'éditorialistes et de commentateurs qui hante en permanence radios et télévisions. Est-ce par facilité que les rédactions contactent toujours les mêmes personnes? Est-ce par relation? Est-ce par idéologie ou à l'inverse par naïveté? Nous nous en tiendrons à ce constat : comme tout un chacun, les « experts » portent en eux une certaine vision de l'Homme et de la société. En ce sens, ils sont engagés malgré eux. Yves Calvi, récemment élu journaliste le plus indépendant de France (3), est bien placé pour le savoir. C'est à l'émission C dans l'air que l'on observe ce fait le plus aisément : l'expert est in globo au service des idées dominantes.

 

Voici les résultats de notre étude statistique

 

En prenant pour objet d'étude les 21 émissions C dans l'air qui ont traité d'économie entre le 11 août et le 12 octobre 2011, on obtient ces données. Par position politique,  on entend proximité de parti. Par position économique, le rapport au libre échange. « Mondialiste » signifie donc que l'invité considère qu'il faut s'adapter aux conditions internationales de commerce. A l'inverse le terme « sceptique » rassemble ceux pour qui il faut envisager de revoir ces mêmes conditions. A noter que « sceptique » ne veut pas dire « protectionniste » puisque les altermondialistes en général n'en sont pas partisans.

 

L'émission rassemble chaque soir 4 invités, soit 84 intervenants potentiels pour les 21 émissions qui nous concernent. Première remarque : il n'y a eu que 39 invités différents. (La liste est disponible en annexe de même que les fréquences de passage et les opinions politiques et économiques)

Deuxième observation : les déséquilibres sont frappants. Des 14 personnalités les plus invitées, Renaud Dély est le seul intervenant classé au centre gauche. Les 13 autres se répartissent entre centre, centre droit et droite. Tous sont par ailleurs assez favorables au libre échange et aux cadres déjà existants de l'Union européenne, de l'Euro et de l'OMC. Sur les 39 invités de la période, un seul est une femme (Raphaelle Bacqué).

 

 

L'organisation du consensus

 

Elle est au cœur de l'idéologie néolibérale.

De même que Boltanski et Chiapello (4) ont constaté la disparition des termes de « hiérarchie » et d'« autorité » au profit de ceux de « projet » et « réseau » dans les techniques managériales modernes, l « expert » et l' « économiste » ont aujourd'hui remplacé les penseurs et les militants. Et puisque c'est désormais la connaissance qui gouverne nos élites et non plus les grands récits humains, l'économiste libéral est ainsi devenu un économiste tout court.

Chomsky et Herman (5) ont bien observé la capacité de la finance, des gouvernements et des entreprises à peser sur certaines questions plutôt que sur d'autres afin de forger l'opinion à leur volonté. Ce fût le cas lors des interventions américaines au Cambodge, au Salvador et en Irak - dont la justification reste un modèle de propagande extrêmement abouti. Le procédé est fulgurant, il repose sur l'élimination pure et simple de l'alternative.

 

Mercredi 14 Septembre 2011, sur le plateau de C dans l'air.

Question d'un téléspectateur :

 

Y.Calvi -Le seul enjeu de 2012 ne doit-il pas être la réduction de la dette française et les moyens proposés pour y arriver ?

N.Baverez -Oui

N.Beytout -Si

J-P.Gaillard -Bah oui !

P.Dessertine -Bien sûr...C'est bien tout le problème

 

Y.Calvi : -Tout le monde est d'accord ?

J-P.Gaillard -Mais il faut le faire! c'est comme les grecs.

 

N.Baverez -Il n'y a pas d'alternative (sic) au désendettement de l'Etat pour des raisons économiques et financières, mais aussi pour des raisons politiques parce que c'est l'indépendance du pays. [...] compte tenu de ce qu'il se passe aujourd'hui malheureusement, l'incapacité de la classe politique française à proposer des baisses de dépenses, l'incapacité à proposer des privatisations exactement comme en grèce, je crois que la dégradation de la dette française [...] extrêmement probable dès aujourd'hui.

Présence cumulée à C dans l'air et mondialisation

 

« Alors pour que les téléspectateurs nous comprennent bien... » il n'est pas simplement question d'une quelconque manipulation des masses dirigée depuis d'obscurs bureaux ou de cabinets ministériels. Si ce type de pressions existe bel et bien, il est beaucoup moins puissant que le cadre unique dans lequel pensent les journalistes et les experts, cadre lui, intériorisé et de fait très difficile à combattre. Devant l'incapacité des "fast thinkers" du plateau de l'émission C dans l'air a se faire porte-paroles des grands enjeux économiques de demain, c'est encore une fois la parole de Pierre Bourdieu qui nous éclaire : La télévision est un instrument de communication très peu autonome sur lequel s'exerce toute une série de contraintes qui tiennent à la fois aux relations sociales entre les gens qui y produisent, mais aussi [...] aux structures mentales [...] c'est à dire tout ce qu'ils ont dans la tête du fait de leur formation, de leur origine, de leur éducation et aussi du fait de la place qu'ils occupent dans cet univers social qu'est le monde journalistique.(6)

 

Le "bon client" décrypte, certes, mais il pense avec sa structure mentale. Il pense ce qu'il croit connaître. Et puis lorsque tout change, que tout va trop vite, comme aujourd'hui, alors que le monde bascule vers l'inconnu, il faiblit, il tournicotte et cherche désespéremment des preuves qui témoigneraient de ses talents de visionnaire. Combien sont-ils les opportunistes de la pensée et les experts aveugles qui pourtant s'accrochent? Perdus dans leurs certitudes scolaires, combien sont-ils les éditorialistes fanatiques et les marchands de livres anti-crise? Sont-ils des centaines, des milliers que le bon sens a su guider par le travail et l'analyse du monde? Ou bien sont-ils toujours les mêmes, une vingtaine, à gesticuler sur tous les plateaux.

Ô France paradoxale qui fait du patron de C dans l'air son champion à l'heure même où celui-ci semble s'être arrêté au croisement de chemins qui ne mènent nulle part. Il est temps Monsieur Calvi, que d'autres vents soufflent par chez vous. Ca tombe bien, il parait que c'est la saison des tempêtes.

 

Frederichlist

 

Les articles pour continuer :

 

libéralisme économique Hitler conséquences 1929 rigueur Libéralisme et années 30
gauche mélenchon montebourg michéa hallande La Gauche pour de bon
film balbestre halimi médias critique bourdieu Les Chiens de garde

(1) 1992 : Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the media de Mark Achbar et Peter Wintonick ; Pierre Bourdieu, Sur la télévision lien : http://www.dailymotion.com/video/xk6fk_bourdieu-sur-la-television_shortfilms

(2) L'Ère du vide : essais sur l'individualisme contemporain est un essai de Gilles Lipovetsky publié en 1983 aux éditions Gallimard.

(3) http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/yves-calvi-sacre-journaliste-le-plus-independant_1039616.html : Yves Calvi devance Yann Barthès et Jean Michel Apathie.

(4) Le nouvel esprit du capitalisme, Luc Boltanski et Eve Chiapello

éd. Gallimard, 1999 - 2007 : Incultures - Tome 1, L'éducation populaire, Monsieur, ils n'en ont pas voulu... ou Une autre histoire de la culture Franck Lepage.

(5) 1992 : Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the media de Mark Achbar et Peter Wintonick

(6) Pierre Bourdieu, Sur la télévision lien : http://www.dailymotion.com/video/xk6fk_bourdieu-sur-la-television_shortfilms

Liste des invités à C dans l'air et positionnement idéologique et économique
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Commentaires: 31

  • #1

    Port Jeann-d'arc (mercredi, 09 novembre 2011 10:43)

    Mais la partialité évidente (et une fois de plus prouvée dans cette note) des médias n'est-elle pas doublée d'une même pensée dominante au sein même des sciences économiques?
    Les "nobels" d'économie, l'immense littérature libérale justifiant le néolibéralisme, tout cela existe mais pourquoi?

  • #2

    Frederichlist (mercredi, 09 novembre 2011 15:56)

    Cher Port Jeann-d'arc, on pourrait même avancer l'idée que les économistes publiés et reconnus ne sont là que pour justifier l'ordre établi à travers sa "scientificité". MAIS ALORS POURQUOI? d'abord la majorité des économistes est issue du monde anglo-saxoN et de ses grandes universités. En outre, le libre échangisme comme le néolibéralisme sont des doctrines qui servent avant tout les grandes puissances commerciales et financières qui justement se trouvent être les USA et la GB au moins jusqu'à 2001.
    Enfin, la collusion entre élites politiques, grandes entreprises et universités aux Etats Unis explique certainement en partie le conservatisme idéologique des professeurs et des chercheurs.
    En France, pays à tradition moins libérale, plus égalitaire et où le parti communiste a joué un rôle important (et toujours aujourd'hui au moins dans l'esprit), la mondialisation comme le néolibéralisme n'ont jamais fait l'unanimité. En ce sens, l'économie malgré son importance n'est pas considérée comme une science reine (et c'est fort heureux). Peut-être la crise du libre échange qui frappe de plein fouet les grandes économies européennes et américaines sera-t-elle l'occasion (à moyen terme) d'une évolution intellectuelle de la science économique. Déjà des Lordon et des Sapir sont venus gratter la doxa héxagonale là où ça fait mal. Disons qu'ils sont les "chevaliers blancs", les éclaireurs de la grande armée qui suit derrière.
    Bien à toi.

  • #3

    Port Jeanne-d'arc (jeudi, 10 novembre 2011 13:39)

    Cher FriedrichList,

    Le fait que les pays anglo-saxons soient plus néo-libéraux dans leur pensée économique que la France me paraît contestable. Ainsi, nombre d'américains ont été très critiques par rapport aux veaux d'or que sont le libre-échange et l'euro. Krugman, Stiglitz, Galbraith, sont des gens qui comptent. Keynes lui-même est apparu dans un pays où le mouvement communiste était faible.
    Par ailleurs la domination du néolibéralisme dans les universités françaises est une vérité redoutable.
    Il me semble qu'il faut différencier la structure politique d'un pays et la pensée économique de ses chercheurs.
    Il est même possible que plus la contestation sociale est forte, plus la pensée néolibérale est revendicative (ainsi Pareto est italien, Walras, Say, français, Hayek, Von Mises autrichiens (de "Vienne la Rouge") ...)
    Très cordialement

  • #4

    Frederichlist (jeudi, 10 novembre 2011 17:12)

    Mon très cher Port Jeanne d'arc,
    Dans un sens ou dans l'autre, il me semble que ce sont les situations d'excès qui créent les pensées nouvelles. Certes pour Keynes, l'Angleterre n'était pas bolchévique, mais elle vivait la sortie de la guerre, et 1929, périodes durant lesquelles il a fallu inventer de nouvelles solutions économiques. A l'époque, Keynes est le premier à constater que les économistes en vogue et respectés ne savent pas penser hors des clous. Remettre en cause les postulats sur lesquels on s'est toujours fondé est un exercice complexe à la fois en termes d'intellect et de probité. Stiglitz et Krugman sont très écoutés c'est vrai. La "grande désillusion" a constitué un virage intellectuel puissant ; depuis, Stiglitz est tout de même "fiché" et plus apprécié par les altermondialistes que par les dirigeants (quoique Sarkozy l'ait mandaté pour un rapport, de qui se moque-t-on?).
    Hormis ces périodes incertaines, il me semble que la recherche baigne dans un univers culturel et institutionnel qui en partie peut expliquer certains choix idéologiques. Un étudiant qui voudrait faire une thèse sans suivre plus ou moins les précepts de son maitre aura-t-il l'opportunité de le faire? Et puis, qui finance les universités américaines? -certainement pas des philantropes de gauche. Ce n'est une intuition personnelle. Or, partant de là, les orientations politiques des universités à travers la nomination des directeurs de département jouent certainement sur la nature de l'enseignement.(Le but des formations économistes reste la qualification des étudiants dans les secteurs porteurs (banque et finance) qui n'ont pas vocation à penser en termes macro économiques ni en termes collectifs. Pour en revenir à l'objet de l'article, les experts économiques et journalistes ont leur part de responsabilité dans la désinformation qui découle de leur prétendue neutralité qui les exonère de tout approfondissement personnel de ces questions. (Il en va de même pour le traitement des Sciences en général, de la Justice, etc...tout est toujours survolé.) On touche là à des considérations plus intériorisées, la défense d'intérêts de classe disons.
    J'ajouterai enfin que la Science économique est enseignée de façon linéaire (-libéraux-keynésiens-puis synthèse) comme si la pensée constituait aujourd'hui un maximum que la technique et la mathématisation porteront un jour à son apogée. La fin de l'Histoire en même temps que l'apogée économique finalement.
    Jusqu'à récemment, le bipartisme (plus ou moins) qui caractérise les démocraties occidentales tenait le débat économique (mondialisation-libre échange-tertiarisation) pour clos. Le consensus n'existe plus. Des relais politiques ont surgi en France (j'en reviens à la tradition anti-libérale) qui laissent place à d'autres discours économiques. Osanna!

  • #5

    Vogelsong (dimanche, 13 novembre 2011 10:27)

    Ca nous change du blogguing à l'eau de rose.

  • #6

    Éleuthère E.R. (dimanche, 13 novembre 2011 15:25)

    La "fabrique du consentement" si bien décrite par N. Chomsky est à l’œuvre... Et elle repose notamment sur le doux mythe de l'objectivité des journalistes. J'évoque d'ailleurs cette thématique des médias et de la propagande sournoise dans le préambule de mon essai.
    Votre décryptage est excellent, et il est bon de le voir écrit noir sur blanc.

  • #7

    Guillaume (dimanche, 13 novembre 2011 22:54)

    Analyse pertinente que je trouve légèrement biaisé à la lecture de la répartition et l'analyse des invités. Je la trouve beaucoup trop réductrice et elle tronque donc l'analyse. Pour cela il faudrait réanalyser la profession des invités afin de déterminer qui les financent. et je pense qu'à se titre les équilibres sembleront plus justes. Car beaucoup d'entre eux ont des positionnements plus flous et différents selon les questions

  • #8

    michaela (lundi, 14 novembre 2011 08:25)

    Je ne regarde plus "c dans l'air". j'en ai marre de voir toujours les mêmes têtes et d'entendre toujours les mêmes sempiternelles refrains. Je trouve l'attitude d'Yves Calvi très souvent tendancieuce. Il devrait prendre exemple sur Frédéric Taddeï, ( dans "ce soir ou jamais") qui lui je trouve, est un excellent meneur de jeu,impartial de surcroît et qui invite à chaque fois des personnes différentes et de toutes tendances et/ou convictions politiques ou autres.

    Pour moi ça c'est du journalisme et non pas du bourrage de crâne.

  • #9

    Et Si... (lundi, 14 novembre 2011 23:26)

    M Calvi est probablement honnête avec lui même... On ne voit que ce que l'on est préparé à voir.
    Je cite souvent l'exemple de ce fossile complexe daté de 2 milliards d'années trouvé sur un des sites les plus étudiés du monde, mais que personne n'avait identifié. (http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/06/la-vie-est-compliqu%C3%A9e-depuis-2-milliard-dann%C3%A9es-.html)
    Sauf que les géologues qui ont étudié le site n'étaient pas des paléontologues (ce qui ne signifie pas qu'il ne savent pas reconnaître un fossile) et que de toutes façons, il ne peut y avoir (croyaient-ils) de fossile vieux de 2 milliard d'années !!

  • #10

    jefmergen (mardi, 15 novembre 2011 22:40)

    vous êtes bien gentil de classer Barbier dans "centre"...

  • #11

    Alexander Hamilton (dimanche, 20 novembre 2011 20:08)

    Juste un petit droit de réponse des économistes "mainstream" (dont je dis faire parti, désolé pour l'anglicisme mais c'est comme ça chez nous). Dire que les économistes ont tous une pensée unique est une gageure. Le débat existe, les économistes peuvent prendre parti. Les exemples d'auteurs cités comme Krugman et Stiglitz mais aussi des gens comme Sen prouve la possibilité d'ouvrir le débat. A Friedrichlist, Stiglitz n'est en rien fiché. A mon avis, le système universitaire américain est très ouvert aux autres horizons (peut être un peu moins à Chicago, ok). Les analystes radicales sont reconnues pour peu qu'elles soient pertinentes (et pas seulement basées sur des maths). En France également, certains se démarquent par leur analyse. Ces auteurs peuvent être très mainstream dans leur méthode comme Piketty et publié dans les meilleures revues.
    L'économie n'est pas une science exacte, elle cherche juste à éclairer le débat. Dire que les économistes servent uniquement à confirmer les idées largement diffusées est une contre-vérité.

  • #12

    Frederichlist (lundi, 21 novembre 2011 15:41)

    @ A.Hamilton : je comprends votre réponse et je vous crois à propos des universitaires américains. Il me semble tout de même que, plus que les économistes, mon propos s'attachait à la figure de "l'expert" qui sans être forcément économiste défend pour le coup des idées "mainstream". Le débat existe dites-vous... mais dans des proportions minimes, dès lors que les fondements économiques et politiques des invités sont les mêmes. Quant aux solutions proposées par les économistes mainstream (bien qu'il y ait des nuances), il semble qu'elles soient incapables à l'heure actuelle de répondre aux choc social et démocratique en Europe. Qu'Hollande (s'il est élu) applique ou non la réforme proposée par Piketty, il est peu probable que nos problèmes structurels (commerce, dette, et chômage) s'en trouvent résolus. C'est là la grande limite de la sociale démocratie qui partout s'est effondrée. Je ne parle pas de la droite, qui en 5 ans (ou 10) n'a rien pu faire à ces propos, faute de posséder les leviers économiques fondamentaux : la monnaie, le budget, et les douanes.
    On a souvent l'impression - mais j'attends d'être contredit - que sur ces questions, la pensée mainstream défend corps et âme la mondialisation, l'adaptation salariale (Allemagne), fiscale, et réglementaire aux pays moins exigeants qui nous prennent des marchés. Est-ce tenable? L'Allemagne n'a officiellement que 6% de chomâge, une bonne spécialisation, une forte productivité, des excédents commerciaux immenses, et pourtant la situation sociale de son peuple régresse.
    Elle a pourtant appliqué a la lettre les recettes libérales. Alors que faire?
    Il me semble que la réponse est à chercher dans la faiblesse structurelle de la demande, de l'investissement et des salaires, dont la hausse suppose certainement de revoir les conditions de commerce avec le monde et celles du financement de l'Etat. C'est l'inverse que la rigueur généralisée nous propose, avec en superbonus la délégation de toujours plus de souveraineté aux institutions de l'UE.

    Cordialement

  • #13

    Jean Aymar (dimanche, 25 décembre 2011 18:19)

    Quelle naïveté de débattre sur l'indépendance des journalistes de France Télévision !
    Le problème est surtout les téléspectateurs dociles et lobotomisés.

  • #14

    wuppy (mercredi, 01 février 2012 21:58)

    Je suis d'accord avec michaela et M.Calvi n'est plus un journaliste indépendant, c'est-à-dire qu'il peut avoir ses propres idées, mais qu'il reste impartial et objectif dans ses émissions en invitant des personnalités de tous bords. Or, ce n'est plus le cas et on peut le vérifier dans le fait qu'il ait fait l'interview du Président de la République en octobre 2011. Et chacun sait que les journalistes choisis sont sans danger pour le Président.

  • #15

    zack (jeudi, 02 février 2012 21:13)

    J'aime beaucoup votre blog que j'ai connu via celui de Jorion. Et je compte bien l'explorer un peu plus en profondeur et sur la durée.

    @Wuppy pour Yves Calvi et l'itw de président, je pense que vous le jugez trop sévèrement. En effet je ne sais pas si vous avez remarqué le passage ou il tente de parler de l'affaire des malettes, mais entre la réponse du président et les ricanements de son pseudo partenaire journaliste, le moment fut rude. Il a certainement du en tirer les leçons.. malheureusement.

  • #16

    Daniel Dutrait (lundi, 20 février 2012 15:49)

    Je sais que je ne sais rien. (Socrate)
    Les experts le savent-ils ?
    Pour se justifier quand ils se trompent, ils nous disent de l’économie que ce n'est pas une science exacte...ce qui est vrai et faux à la fois comme… la météo.

    L'histoire nous apporte des enseignements sur les sciences économiques ; Il faut être prudent dans leurs interprétations : Beaucoup de comparaisons sont fallacieuses ; les enjeux des différentes époques et situations de crises ont des causes qu’il faut remettre dans leur contexte financier et géopolitique du moment

    Aujourd’hui les flux économiques peuvent être instantanés grâce à l’évolution des techniques: un click de souris transfère des actifs importants au bout de la planète ; mieux des ordinateurs programmés exécutent des opérations sans intervention humaine :

    L’imagination des financiers polytechniciens est sans limites. Malgré leur maîtrise des mathématiques, ils sont aujourd’hui comme l’apprenti sorcier : la machine infernale leur échappe…L’économie n’est pas une science exacte nous disent-ils….

    Vous et moi nous sommes des économistes sans le savoir : nous avons à gérer notre budget familial. Nous savons qu’il ne faut pas dépenser plus que ce que nous gagnons ; mieux si possible, une épargne de précaution est souhaitable……car, la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

    Bien sûr, l’économie familiale, la microéconomie, la macroéconomie possèdent des critères spécifiques, les masses financières différentes imposent, des normes, des contrôles budgétaires, comptables, et le respect de ratios mathématiques dit de bonne gestion.

    Néanmoins une même attitude s’impose dans toutes décisions d’importances.
    Dans tous les cas il faut raison garder.

  • #17

    trebel (mardi, 21 février 2012 20:31)

    c est dans l 'air ou comment donner l'impression au quidam qu'il y a débat..tous aux ordres..jamais de vrais contradicteurs...

  • #18

    jr rodrie (mercredi, 22 février 2012 19:08)

    siempre pense que eras neutro? porque no haces un debate por los crimenes y torturas cometidos por los franceses en argelia y otro porlos reglamientos de cuentas en cuarenta i cinco cuando se paseaban las mugeres rapadas y se manaba sin guzgar ;bueno nocreo que lo hagas porque antes de ti ya otro quisieron hacerlo pero noselo dejaron es mas facil hacerlo sobre el franquismo con invitados de izquierdas que no dicen la verdad o bien si su verdad
    porque nole has preguntado al senor perez quien ha matado a 33000 prisioneros en madrid cuando con las ordenes del senor santiago carrillo se sacaban los presos para darles el paseito pero no regresaban ,ami me mataron a mi abuela y a mi tio y no fueron los franquistas yo vivi en el reguimen franquista y ahora vivo en francia desde los anos 1962,quisiera que porlo menos invitaras alos de los dos lados y no solo a este senor perez (garzon se ha pasado ahora que page el es elque debia dar el ejemplo cumpliendo la ley )

  • #19

    Marie-thérèse . (lundi, 27 février 2012 16:25)

    Je suis une fidèle téléspectatrice de C dans l'air . Mais je me refuse à regarder chaque fois que je vois en particulier deux invités Sarkodolâtres et qui nous font prendre des vessies pour des lanternes : Pascal Périneau et Dominique Reynié .

  • #20

    Calvi est l'idiot utile du Sarkozy Hollande (mercredi, 29 février 2012 12:43)

    1 - Sarko lance un débat sur l'identité nationale:
    Calvi fait 30 émission dessus pour brassé du vent.
    2 - La presse P.Q. et Canal+ font monter Hollande:
    Calvi oublie d'aller voir ce que donnerait la gestion Corrèziene de IPad' cerveaux dans le musé Zinzin.

    - Calvi trouve un sujet débile par jour, en cela il est un génie du vide!
    On ne peut,en revanche, lui enlever son jeux d'artiste lorsqu'il fait mine d'être surpris, car le vide le et le fioritures le passionnent tellement qui'il ne joue pas un rôle.

    Il pose rarement les bonnes questions,mais reçoit toujours les réponses tordues comme recevalbles (en cela il vat bien avec la majeure partie de sa caste dont ne fait pas partie Tadéï qui voit son émission fondre de plus en plus)

  • #21

    lauery (lundi, 05 mars 2012 12:30)

    je ne crois pas que 82% de lapopulation francaise soit pour la mondialisation ca personne le gobera!!

  • #22

    Hollande tricheur (jeudi, 15 mars 2012 01:10)

    http://www.france24.com/fr/20090910-melenchon-temoigne-’arrangements-ps-le-passe-

  • #23

    nahel (mercredi, 21 mars 2012 13:17)

    allez voir les nouveaux chiens de garde tout est dit

  • #24

    kitkat (jeudi, 22 mars 2012 11:07)

    @ lauery "je ne crois pas que 82% de lapopulation francaise soit pour la mondialisation ca personne le gobera!! " Mais de toute façon, la mondialisation existe, qu'on le veuille ou non. A moins d'acheter du café poussé en France, des ordinateurs français, etc Ce qui est à exiger partout dans le monde, c'est un niveau de vie décent pour tous les habitants de cette planète.

  • #25

    peyo (vendredi, 30 mars 2012 17:17)

    Il n'y a qu'une femme parmi tous ces hommes "experts", ce qui n'arrange pas le cas de Calvi, homme très content de lui, digne représentant du "journaliste?" de télé du spectacle, surtout pas des idées diverses. De l'air.

  • #26

    jean glaviot (mardi, 03 avril 2012 16:18)

    Où passent les espèces récoltées par les candidats de droite en 2007 comme en 2012 (le Gabon du fils Bongo placé par Sarkozy, contre toute démocratie, aide sans aucun doute)? Je pense que cet argent sert à payer tous ces répétiteurs qui n'ont jamais honte, ni d'excuse pour les mensonges qu'ils soutiennent. Vrais faux scientifiques ou expert ou je ne sais quoi, mais certainement motivés. Cherchez TOUJOURS le pognon. Et suivez le.
    Il faut contrôler le détail des comptes en banque de tous ces gens en vue, en recherchant les espèces, qui ne seraient plus jamais retirées de leur compte en banque et autres trucs d'investigation ...

  • #27

    breniaux (dimanche, 15 avril 2012 10:50)

    Je souscris totalement à cette analyse que j'avais faite moi-même intuitivement.
    L'analyse ici est réalisée "comptablement".

    Nous pouvons dire la même chose à propos de l'égalité de traitement des candidats dans le cadre de cette campagne présidentielle.

    Et on ose parler en France de démocrates et de démocratie! Quelle imposture!

  • #28

    DomTom (lundi, 23 avril 2012 06:28)

    "Chomsky et Herman (5) ont bien observé la capacité de la finance, des gouvernements et des entreprises à peser sur certaines questions plutôt que sur d'autres afin de forger l'opinion à leur volonté. Ce fût le cas lors des interventions américaines au Cambodge, au Salvador et en Irak - dont la justification reste un modèle de propagande extrêmement abouti. Le procédé est fulgurant, il repose sur l'élimination pure et simple de l'alternative."

    Ce paragraphe me rappelle le documentaire - La Stratégie du Choc : http://shar.as/XRnLW

    Milton Friedman : "Seule une crise, réelle ou supposée, produit un vrai changement. Lorsqu'elle se produit, les mesures prises dépendent des idées alors en vigueur."

    Avec le consensus (ou l'absence supposée d'alternative) sur l'austérité, la Grèce est devenue un nouveau terrain de jeu pour les héritiers de l'école de Chicago...

  • #29

    J.Ch1928 (jeudi, 10 mai 2012 15:08)

    et Barbier cet imberbe barbant !!!

  • #30

    Younes (vendredi, 11 mai 2012 20:10)

    L'omniprésence des experts de droite ne serait-elle pas due au fait que dès que l'on devient un expert et qu'on a une connaissance profonde des théories économiques, on devient de droite ?
    Votre critique revient à critiquer la quasi-totalité des climatologues en disant que vous trouvez anormal que plus de 98% d'entre eux pensent que le réchauffement climatique a une origine humaine et que les climato-sceptique ne sont pas représentés...

  • #31

    Frederichlist (samedi, 12 mai 2012 15:58)

    @younes.
    Votre remarque vaudrait si toute la connaissance économique s'accordait à justifer que le néolibéralisme est LA seule voie possible de développement humain. Pourtant, il existe nombre de chercheurs et d'experts qui pensent le contraire. On ne les entend que rarement. Et jamais chez Monsieur Calvi.
    La "connaissance profonde des théories économiques" est chose subjective, ne serait-ce bêtement qu'entre marxistes, keynésiens et libéraux.
    Quant au climat, la biologie est une science, alors que l'économie est politique et sociale, ce que nous nous efforçons de montrer sur ce blog.
    Cordialement.

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