lun.

31

oct.

2011

Le libéralisme économique a-t-il enfanté Hitler?

Le Reichstag
Le Reichstag

Le « Général Social ».

 

Berlin, 15 décembre 1932. Alors que l'hiver est déjà bien avancé, la jeune démocratie allemande née à Weimar 13 ans plus tôt, vacille. Certes la République, soudainement apparue après la défaite, a surmonté bien des difficultés. N'a t-elle pas su renverser l'Empereur Guillaume II, héritier d'une famille qui régnait depuis plus de deux siècles sur la Prusse? N'a-t-elle pas su écarter la Révolution communiste, en écrasant dans le sang ceux qui prétendaient lui substituer l'avant-garde prolétarienne qui, ayant pris le pouvoir à Moscou, appelait à présent à la Révolution mondiale? N'avait-elle pas réussi à stabiliser le mark, qui en 23, avait atteint, à comparer de celui de 1913, une inflation de 15 437 000 000 000%? Enfin le ralliement de la droite à cette Révolution sociale démocrate, symbolisée par le loyalisme du militaire le plus réputé du pays, le chef d'Etat-Major de la Grande Guerre, le vainqueur des Russes à Tannenberg, le Maréchal Von Hindenburg, élu Président en 1925, n'était-il pas le signe d'un prestige nouveau, à l'intérieur, comme à l'étranger, pour un régime qui en manquait tant jusqu'alors?

Mais en 32, la situation se dégrade considérablement. L'Allemagne est plongée en pleine crise économique. Son PIB chute une nouvelle fois de 7%, ses exportations de 31%, son taux de chômage passe de 13% à 17%. Sur 18 millions de salariés, 6 millions sont au chômage complet, 8 millions en chômage partiel. Les caisses d'allocations chômage, taillées à la serpe par les politiques de la sainte rigueur, n'indemnisent que 1,8 millions de personnes. Les autres, livrés à eux-mêmes, luttent pour manger à leur faim, l'agriculture, organisée par les grandes propriétés des Junkers, étant entrée en crise, comme l'artisanat le commerce, les services et l'industrie. D'autre part les capitaux étrangers ont fui l'Allemagne, entraînant en partie la faillite d'un système bancaire réorganisé et partiellement nationalisé.

Cette situation a favorisé l'émergence des partis extrémistes. Le NSDAP d'Adolf Hitler, bien qu'en pleine crise interne en cette fin d'année et en forte perte de vitesse, reste le premier parti du pays et possède 196 sièges au Reichstag, c'est-à-dire le tiers du Parlement allemand. Le parti social-démocrate (SPD) en détient 121, le parti communiste (KPD),en pleine progression,100 et les chrétiens démocrate (Zentrum) 70. Ces résultats ont rendu toute majorité à l'Assemblée impossible, et après d'incessantes dissolutions, les chanceliers, nommés finalement par le Président Hindenburg, gouvernent désormais sans soutien parlementaire, sur la base de l'article 48 de la Constitution.

Le Maréchal Hindenburg pendant la Première Guerre Mondiale
Le Maréchal Hindenburg pendant la Première Guerre Mondiale

La représentation ne pouvant s'exercer au Reichstag, c'est désormais dans la rue que la lutte politique se développe; et celle-ci n'utilise plus les discours des députés, mais bien les armes des miliciens. Chaque dissolution est l'occasion d'un renforcement de la violence, d'un développement de la propagande, rendant l'organisation d'élections de plus en plus risquée. Le 17 juillet à Hambourg, un affrontement entre Nazis et communistes fait 18 morts (le dimanche rouge d'Altona). Le 1er aôut, des combats de rue font 20 morts. Le 10, un ouvrier communiste est piétiné à mort, chez lui, par des militants SA. Jugés, condamnés à mort, âprement défendus par Hitler, ils seront finalement graciés honteusement le 2 septembre.

C'est que la politique de violence des milices hitlériennes s'impose peu à peu à la société, jusqu'à la justice. Pourquoi, dans ces conditions, les milices ne se substituent-elles pas à l'armée comme Mussolini l'a fait en Italie 8 ans avant? Pourquoi Hitler s'obstine-t-il à se faire nommer Chancelier dans le cadre de la légalité républicaine? Parce que pour l'instant, l'armée allemande, la Reichswehr, s'oppose à Hitler et défend le régime. A sa tête, homme de l'ombre et faiseur de cabinets, le Général Von Schleicher. D'abord Ministre de la Défense dans le cabinet Von Papen, en fait Eminence Grise de Hindenburg, il combat obstinément le nazisme. Il est le dernier rempart face à Hitler, puisqu'étant maître de l'armée, il est maître des destinées de l'Allemagne, et du monde.

Mais avec l'échec du cabinet Von Papen, avec l'approfondissement de la crise, la conversion insidieuse d'hommes d'influence à la dictature hitlérienne, l'accession d'Hitler à la chancellerie devient chaque jour moins improbable. Des forces invisibles jouent dans l'ombre en sa faveur et la République de Weimar est sur le point de tomber définitivement.

Face à ces dangers, Hindenburg, au seuil de la mort, soumis à diverses influences, abat la dernière carte de la démocratie: Il nomme Von Schleicher à la fois Ministre de la Défense et Chancelier. Sans plus de majorité que ses prédécesseurs, celui-ci compte gouverner avec les syndicats et l'aile gauche du parti nazi qu'il réussirait ainsi à diviser et sans doute à détruire. Pour ce faire il comprend qu'il est primordial de sortir de la crise économique et de s'extraire des dogmes économiques qui mènent l'Allemagne au chaos. La rigueur ne fonctionne pas, il faut une politique d'expansion économique menée par l'Etat et soutenue par la Reichsbank.

 

Le "Général Social" parle aux Allemands
Le "Général Social" parle aux Allemands

Cette politique, il décide de l'expliquer. Ce 15 décembre, seul face à « l'énorme mouvement », face aux « forces secrètes de l'Histoire et de la nécessité » (pour reprendre Hannah Arendt) qui s'apprêtent à jeter les Hommes dans les bras du Totalitarisme nazi, Kurt Von Schleicher, le « Général social »comme il se définit lui-même, parle à la radio au peuple allemand:

 

« J'ai ressenti une grave répugnance à accepter la charge de Chancelier. En particulier parce que voir un Ministre de la Défense devenir Chancelier a comme un parfum de dictature militaire et parce qu'il y a un danger que le cumul de ces deux postes traîne beaucoup trop l'armée dans la politique. Mais la considération que faire cela éclairera fortement la gravité de la situation dans laquelle nous sommes et tendra à rendre plus calme certains fauteurs de troubles, rendant ainsi inutile le déploiement de l'armée, m'a convaincu de mettre de côté mes réticences.

Par conséquent je veux demander à tous mes citoyens de voir en moi non pas seulement le soldat, mais aussi l'administrateur des intérêts de toutes les couches de la population pour, je l'espère, une brève période d'urgence. Je ne suis pas venu pour apporter l'épée, mais pour apporter la paix.

Je pense que je peux dire cela, puisque mes opinions sur la dictature militaire ne datent pas d'hier et sont bien connues. Comme je l'ai déjà dit, on ne s'assoit pas confortablement sur les bords aiguisés des baïonnettes. Sur le long terme, on ne peut pas légiférer sans avoir un large soutien du peuple derrière soi. Un tel soutien, mon gouvernement doit le nourrir par ses actes.(...)

[Mon] programme consiste uniquement en un point: créer du travail! Toutes les mesures que le Reich va introduire dans les prochains mois serviront plus ou moins ce but unique. En voyageant à travers l'Allemagne les semaines passées,j'ai nourri la conviction que les allemands de toutes les couches sociales sont dominés par une pensée: Donnez-nous du travail et ainsi l'espoir d'une reprise économique! Vraiment rien d'autre ne nous intéresse, et moins que tout les changements constitutionnels et autres finesses qui ne remplissent pas nos estomacs.

Dans notre peuple vit une volonté de créer, de produire, qui ne peut être étouffée par aucun échec. Dans toutes les couches de la société, il y a le même courage et la même détermination que nous avons vu pendant la guerre, pour combattre la profonde souffrance économique de notre temps. Ceci mérite la plus grande admiration et par conséquent soutenir cette détermination et ce combat doit être la loi suprême de la direction de l'Etat, indépendamment de toutes les conditions économiques ou autres. Un moral de désespoir et de catastrophe doit être empêché. Et cela ne peut être atteint que si des considérations psychologiques, autant qu'économiques, sont appliquées à notre politique de création d'emplois.(...)

Nul ne peut réconforter des gens qui sont proches de désespérer par des élaborations qui, selon les lois de la « rationalité » économique affirment que chaque dépression sera finalement suivie d'une reprise. Les gens veulent voir une aide tangible et immédiate. Donc nous devons construire les barrages à temps, de sorte que les flots ne nous inondent pas avant que la reprise d'un cycle économique nous fasse sentir ses effets. C'est ce que nous devons faire même si ces barrage ne correspondent pas à 100% aux strictes lois de la « rationalité » économique. (…)

Sans doute une telle politique de création d'emplois encourt de plus grands risques qu'une expansion normale ne le ferait. Le programme doit être basé sur les moyens existants de production inemployés, à des fins de maintenance et d'amélioration. Ce qui est décisif, c'est que nous avons trouvé la solution pour financer le programme duquel est catégoriquement exclue toute inflation. Ceci est assuré à travers la collaboration du Président de la Reichsbank Luther, qui peut être appelé le protecteur suprême de la monnaie. (…)

Pour résumer nous pouvons caractériser la situation financière comme cela: « Nous réussirons avec le budget du Reich, sans introduire de nouvelles taxes, et sans réduire les salaires des fonctionnaires ». Il s'agit d'un progrès certain en comparaison des deux dernières années de crise.(...) »

Hindenburg a 86 ans en 33
Hindenburg a 86 ans en 33

Comme aujourd'hui, on sent le poids de la chape de plomb idéologique qui pèse sur Schleicher, contraint de se justifier péniblement de donner du travail à son peuple plutôt que de suivre les recommandations des ancêtres d'Alain Minc. Son programme économique en fait s'appuie essentiellement sur les travaux d'un économiste allemand de l'époque, membre de la Société Friedrich List, Wilhem Lautenbach.

Dans un memorandum datant de 1931, il écrit: « La pente naturelle pour résoudre une urgence économique et financière n'est pas de réduire l'activité économique mais de l'accroître. » Face à un choc économique, explique-t-il, les politiques de rigueur budgétaires accroissent certes la compétitivité, mais par leur impact négatif sur la demande intérieure, elle causent des pertes aux entreprises qui sont supérieures aux gains de compétitivité. Elles sont donc à terme inefficaces, puisqu'elles accroissent le déficit budgétaire qu'elles prétendaient combattre, par la baisse des recettes de l'Etat. Elles « mènent inévitablement à une complète catastrophe économique et politique. »

Il se prononce donc en faveur d'investissements publics ayant un impact positif global et qui auraient été fait sans la survenance de la crise. Pour les financer, sachant que les capitaux étrangers ont fui et que l'épargne intérieure est faible, il n'y a d'autre choix que de courir à la Reichsbank par un système de financement de projet au cas par cas visant à empêcher l'inflation. Des agences de l'Etat donnent leur accord à des projets proposés par des firmes privées s'ils répondent à des « projets nécessaires » et la Reichsbank fournit alors à l'entreprise, les crédits nécessaires définis par l'agence.

On peut noter qu'il s'agit bien de création monétaire de la banque centrale, mais en s'assurant de la productivité future de l'investissement, l'inflation est effectivement efficacement tenue en bride, bien que potentiellement la lourdeur de la procédure pourrait freiner l'étendue de l'investissement. L'analyse de Lautenbach est donc proche de celle de Keynes sur l'explication de la crise mais elle en diffère sur les solutions, en particulier sur l'utilisation de la monnaie (Keynes étant favorable à l'expansion monétaire).

Mais à quoi faisait allusion Lautenbach à propos des politiques de déflation, contre qui Von Schleicher semblait-il chercher à s'imposer dans son discours radio? Comment en était-on arrivé à un tel état de délabrement de l'économie allemande et par ricochet de sa scène politique? La politique économique des deux prédécesseurs de Schleicher à la Chancellerie, Von Brüning et Von Papen nous en apporte la réponse.

 

Le "Chancelier de famine" au Reichstag
Le "Chancelier de famine" au Reichstag

 

 

Le  « Chancelier de famine »

 

L'Allemagne des années 20 voit l'expansion du Sozialstaat,salaires suivant peu ou prou la productivité, politiques d'emplois publiques, assez forte pression fiscale. En revanche sa croissance est assez faible et depuis la stabilisation du Mark en 1924, sa monnaie, gagée sur l'or, est forte. De même ses exportations ont faibli et sa part dans le commerce mondiale n'est plus que de 6,8% en 1925, contre 7,2% pour la France par exemple (en 1913, la France était au même niveau mais l'Allemagne à 13,1%.). Alors que la France, dont le franc se déprécie à la même époque, connaît les années folles de la croissance et du renforcement de la compétitivité de ses industries, l'Allemagne ne parvient pas à se relancer, en grande partie à cause de la surévaluation de sa monnaie.

La principale conséquence de ce diagnostic, c'est la faiblesse de l'Investissement productif, qui va provoquer dès la fin de 1928 la récession de l'économie allemande. La part de l'investissement dans le produit national net allemand passe ainsi de 15,2% sur la période 1910-1913 à 11,1% pour 1925-1929.

 

la crise de 29 en Allemagne

 

Ce sont les obstacles aux exportations allemandes à l'étranger (notamment les dévaluations), et la faiblesse de l'investissement productif qui ont entraîné la baisse de production (selon Holtferich). La structure concentrée des entreprises allemande (konzerns) aurait également favorisé le développement du chômage.

En 29, le PIB se contracte de 1,5%, le chômage monte à 5,9%. Dès mars 1930, Hindenburg, devant le blocage du Parlement, d'accord sur aucune majorité, nomme Von Brüning à la Chancellerie sur les conseils de Von Schleicher. C'est déjà la fin du parlementarisme allemand. Le chancelier gouvernant par décrêt. Il deviendra bientôt le « Chancelier de famine » dénoncé par les communistes.

En effet, face à la baisse des recettes de l'Etat due à la diminution des recettes (impôts) et à l'augmentation des prestations sociales (hausse du chômage), face à la dégradation de la balance commerciale allemande, Brüning décide d'un programme de déflation pour diminuer les dépenses de l'Etat et relancer la compétitivité des entreprises. Cependant la récession s'accentue en 1930, le Pib chutant de 7,8%, les exportations de 5,2%, le chômage passant à 9,1%. Aux élections législatives de septembre, Les nazis obtiennent 18% des suffrages contre à peine 2,6 % en 1928.

Mais en 1931, la situation s'aggrave dramatiquement, Le Danat, grande banque allemande, fait faillite, emportée par la crise américaine et la faillite du Credit Anstalt de Vienne. Les banques allemandes sont trop exposées à l'étranger, leurs fonds propres sont trop faibles, enfin elles utilisent l'épargne de long terme pour financer des crédits de court terme. Le système bancaire allemand est au bord de l'effondrement. L'Etat doit intervenir et recapitaliser les banques, transformant ses prêts en participations au capital. Mais le crédit s'en trouve considérablement amoindri, renforçant la dépression sur l'activité industrielle, pourtant en pleine chute. Pour 31, le PIB chute encore de 7,8%, les exportations de 9,1%, le chômage enfle encore à 13,9%.

Franz "Guizmo" Von Papen
Franz "Guizmo" Von Papen

De plus, les capitaux étrangers fuient à présent en masse l'Allemagne réduisant encore les possibilités de relance de la production et menaçant la parité-or du mark. Face à cette situation Brüning se refuse à dévaluer. Il entame certes une timide politique de contrôle des changes (ce qui revient à une dévaluation), mais il remonte le taux d'escompte de la banque central, ce qui en annule les effets. Le mark reste fort alors que la Grande Bretagne, grand concurrent industriel de l'Allemagne, contre toutes les attentes et les croyances, a dévalué sa monnaie en septembre 31. Les industries allemandes sont proprement étranglées.

Pour réaliser l'ajustement nécessaire, c'est-à-dire pour équilibrer et le déficit budgétaire et le déficit commercial, infinançables sans dévaluation, Brüning compte sur la réduction du salaire des fonctionnaires, deux fois baissés de 10%, sur l'augmentation de 5% de l'impôt sur le revenu, sur la réduction des aides au chômage, au logement, aux cantines scolaires, provoquant encore plus de misère, et encore moins d'activité économique.

Il en appelle à « poursuivre les efforts » ne pas s'arrêter à « 5 mètres du but », mais personne ne semble en voir la fin. Après des manœuvres de Schleicher, c'est Von Papen qui le remplace en juin 32 et qui avec ses « plans de septembre » porte avec Brüning la responsabilité de la désastreuse année 1932: -7,6% de « croissance », -31% d'exportations, chômage porté à 18%, les 5 mètres semblaient bien longs...

C'est la République elle-même qui est tenue responsable de cette situation par une grande partie du patronat. Sous la férule d'Halmaj Schacht, l'ancien gouverneur de la Reichsbank, elle aura bientôt de moins en moins de scrupules à défendre ses întérêts dans un cadre dictatorial, ignorant sans doute que la manœuvre lui serait à elle-même fatale.

distribution de soupe par l'armée pendant la crise
distribution de soupe par l'armée pendant la crise

Pourquoi cette politique a-t-elle été menée?

 

La surévaluation du Mark

 

Tout au long de la crise, le maintien de la parité-or du mark aura étranglé l'économie allemande. Alors que ses concurrents et clients dévaluaient leur monnaie (Suède, Danemark, Norvège, Royaume-Uni, Hongrie, Canada, Irlande, Tchécoslovaquie, Bulgarie... dès 1931), Brüning s'entêtait dans une politique de maintien du mark, réduisant les exportations allemandes dans des énormes proportions. Paradoxe, quand Halmaj Schacht, devenu ministre des Finances d'Hitler, appliquera une politique drastique de contrôle des changes en 1934, équivalant à une dévaluation de 20% du mark, et alors même que l'Allemagne se coupera quasiment des importations, le niveau des exportations remontera légèrement à comparer de celui de la période 29-32 alors qu'elle baissera en France et aux Etats-Unis. Par la volonté de maintenir un mark fort, Brüning se condamnait à mener une politique de déflation qui avait elle-même un effet très dépressif sur la croissance allemande.

 

La question des Réparations

 

Les Réparations, ces sommes devant être remboursées à la France en vertu du traité de Versailles, n'étaient pas en elles-mêmes étouffantes. Suite à la crise du début des années 20, le plan Young avait étalé son remboursement jusqu'à 1988, et la somme ne représentait annuellement « que » 3% du PIB allemand. Le remboursement, au delà des considérations politiques, était donc soutenable. En fait le rôle négatif joué par les Réparations était d'empêcher par la dette qu'il impliquait, une dévaluation du Mark. En quelque sorte il politisait la question de la monnaie allemande qui devait connaître un ajustement. Dans ces conditions cette dette ne pouvait être remboursée normalement, elle ne fut finalement pas payée par l'Allemagne.

 

L'idéologie économique

 

Toute la théorie économique de l'époque, inspirée des économistes néoclassiques, tendait à justifier l'action de Brüning. Seul le marxisme, mais dans un cadre qui n'était pas celui de la démocratie, pouvait représenter une alternative et c'est pourquoi l'ensemble des pays européens confrontés à la crise appliquèrent plus ou moins les principes selon lesquels le chômage ne pouvait être que l'expression d'un déséquilibre momentané, que la monnaie était un voile sans rôle économique et devait rester stable, et que seul l'ajustement naturel des forces du marché conduirait au retour de l'expansion. Keynes, Lautenbach, comprirent à cette occasion les faiblesses de cette théorie, mais il ne leurs appartenaient malheureusement pas de diffuser leurs vues avant que de graves crises ne persuadent les politiques de leur lucidité. Comme aujourd'hui, la question de l'origine d'une pensée dominante fausse se pose. On ne peut pas éluder la responsabilité des possédants dont les économistes auront toujours intérêt à justifier les intérêts. Ainsi peut-être se construisent ces illusions collectives que l'Histoire semble recréer périodiquement.

militants communistes du KPD
militants communistes du KPD

L'impasse sociale-démocrate

 

Le SPD, par son soutien implicite des politiques de Brüning, par son refus de combattre âprement la misère social, fût-ce sans l'union avec le KPD, en fait par son soutien à la déflation, se condamnait à n'être rien d'autre dans la crise qui se levait qu'un acteur de théâtre. Certes, les appels à lutter contre l'avènement du IIIè Reich montrent une certaine lucidité face à Hitler, la défense de la République qu'ils avaient créée était sincère et courageuse, mais leur absence de solution économique ne pouvait que mener au désastre. Défendre un modèle politique, même une République sociale, n'a de sens qu'étayé par un programme économique sérieux et alternatif. De plus, second parti du pays, fondateurs de la République, ils leurs incombaient en quelque sorte de défendre la grande politique de relance que Schleicher ne put appliquer, faute de soutien et de structure politique pour la porter. Leur responsabilité est donc lourde.

 

La menace communiste

 
Le KPD, quant à lui, s'oppose à la politique économique de Brüning et lutte sur le terrain social. Mais, noyauté par Staline, privé des figures tutélaire de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, assassinés par la Révolution sociale-démocrate en 1919, ils se trompent clairement d'ennemis en assimilant le SPD, Brüning et Hitler. Celui-ci leur fera payer cher cette erreur en les exterminant après sa prise de pouvoir.
On peut se demander si leur victoire aurait été un bien pour l'Allemagne et pour le monde, tant la dictature de Staline n'a pas été bénéfique à l'URSS, d'un point de vue économique entre autre.

Kurt Von Schleicher sera assassiné en 34
Kurt Von Schleicher sera assassiné en 34

Epilogue

 

Alors que Von Papen est révoqué par Hindenburg, le 2 décembre 1932 c'est donc le Général Von Schleicher lui-même qui devient Chancelier et qui s'apprête à rompre avec les plans de rigueur. Voulant redistribuer les terres des grands propriétaires aux chômeurs et relancer l'industrie allemande par le financement de la Reichsbank, soucieux vraisemblablement de maintenir la République et d'en restaurer l'esprit par la reprise économique, attentif au rétablissement de l'égalité des droits de l'Allemagne à l'étranger mais partisan d'un rapprochement avec la France et la Russie, le « Chancelier d'un hiver » n'aura pas le loisir d'appliquer sa politique, puisqu'elle déclenche l'unanimité contre lui.

Celui que le patronat appelle déjà le « Général rouge » est rejeté par tous les partis (mais ceci est une habitude depuis 1930) mais surtout par les possédants. Halmaj Sacht, l'ancien gouverneur de la Reichsbank, désirant l'expansion monétaire et la dictature, saura activer le bon piston pour faire bouger Hindenburg: l'ex-chancelier Franz Von Papen. Influent et ami avec le fils du Président, celui-ci, vexé de sa révocation cherche à se débarrasser de Von Schleicher.

Il accepte de rencontrer Hitler et Schacht. Ils prévoient ensemble de donner la Chancellerie à Hitler et la vice-Chancellerie à Von Papen. Plusieurs des grands financiers et industriels que Schacht a réuni autour d'Hitler veulent un pouvoir fort qui réprime la menace communiste.

Schleicher se laisse endormir par Von Papen et malgré les informations de ses services, ne croit pas la menace réelle. Le 28 janvier il doit pourtant remettre sa démission et le 30 janvier, Adolf Hitler est appelé à la Chancellerie par Hindenburg.

La République, les partis, Von Papen, Schacht, les industriels, tous seront balayés plus ou moins vite par le monstre qu'ils ont fabriqué.

Avant d'être envoyé en camp de concentration, Schacht aura pourtant le loisir d'appliquer sa politique de relance par l'Etat et de dévaluation du mark. L'économie allemande, certes au prix d'un enrôlement massif dans l'armée connaîtra la croissance et la fin du chômage sans inflation. Certes, et en particulier à partir de sa disgrâce fin 1936, l'économie allemande se refermera à l'excès sur elle-même, provoquant une explosion du prix de ses importations et du coûts de ses erzatz (produits de substitutions locaux). La croissance démesurée de la consommation publique, la stagnation du niveau de vie, la faiblesse des biens de consommation, ne seront pas sans rappeler les économies de type soviétiques. Mais malgré ces dérives, la preuve qu'une autre politique aurait été possible semble bien avoir été administrée, ainsi que l'importance décisive de la valeur de la monnaie, comme l'affirmait Keynes.

Le Général Von Schleicher, pour sa part, sera assassiné chez lui avec sa femme, lors de la nuit des Longs Couteaux orchestrée par Hitler dans la nuit du 29 au 30 juin 1934. Le Maréchal Hindenburg, mourra quelques temps après, laissant place nette au  « Führer ».

 

La responsabilité du libéralisme dans l'avènement du nazisme est donc lourde. Elle n'est pas totale cependant. La dégradation considérable de la situation économique n'explique pas à elle-seule la montée fulgurante du nazisme aux élections. Les sociétés européennes des années 30 étaient en effet pleines de violences, désireuses de vengeances et promptes à suivre les hommes qui prônaient le respect par la force. C'est la Première Guerre Mondiale qui avait crée ce terreau de haine, ainsi que le résume Marc Ferro en parlant des très nombreux anciens combattants électeurs:

 

Paul Klee
Paul Klee

« Habile à les flatter, à les honorer de la pompe des cérémonies qui les soudait à l'ordre gouvernemental, l'Etat n'assurait pas aux anciens combattants les droits qu'ils avaient sur la Nation. Faute d'avoir organisé leur retour, ceux-ci se trouvaient souvent réduits au chômage, à la mendicité. Promesses et discours rendaient plus odieux cet inintérêt réel des dirigeants et de l'arrière pour tous ces malheureux. Les anciennes blessures, à peine cicatrisées, se rouvrirent: le souvenir amer des permissions, la conscience de l'injustice, le ressentiment contre les embusqués, l'arrière, les députés, tous complices.(...)

Tous vouaient aux gémonies les Rouges et ceux qui allaient répétant, telle l'avant-garde Dada, que les anciens combattants avaient joué le rôle de dupes, simples marionnettes agités par le Capital et les marchands de canons. Cette mise en cause les humiliait et, par réaction, elle les amenait à resserrer encore leurs rangs, à légitimer leurs sacrifices, à adopter des postures nationalistes. Elle les conduisait quelquefois à ressusciter l'idée naguère exprimée par quelques chefs militaires qui voulaient enrégimenter toute la Nation, lui enseigner manu militari le sens du devoir. (…) Les lendemains ne chanteront pas. »

 

C'est la combinaison de l'application idéologique d'une pensée économique fausse et d'une société violente qui ont entraîné l'avènement du totalitarisme.

On aurait tort aujourd'hui de s'imaginer que la crise économique, qui certes rappelle celle de 29-33 à plus d'un titre, conduira mécaniquement aux mêmes effets. Le monde a changé, les mentalités aussi, et des mouvements profonds, invisibles souvent, sont à l'œuvre. Seule la vue perçante de quelques uns, artistes, penseurs ou hommes d'action, parvient parfois à capter l'essentiel, ce qui est devant nous et que personne ne voit. Le jusqu'au-boutisme libéral débouchera sur autre chose que le nazisme, en bien ou en mal, mais personne ne peut dire sur quoi.

 

Trémarec

Les articles pour continuer :

 

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Euro ou Deutschmark?
journalistes tous gauche, médias zemmour michéa espoir
Médias, tous de Gauches?
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Biblio

 

-Henry Bogdan, Histoire de l'Allemagne, de la Germanie à nos jours.

-Michel Hau, Histoire économique de l'Allemagne, XIXè -XXè siècle.

-Angus Maddison, The world economy

-Paul Bairoch, Victoires et déboires, Histoire économique et sociale du monde du XVIè siècle à nos jours. Tome III

-Michael Liebig, Recovery Program could have blocked Hitler's legal coup?

http://members.tripod.com/~american_almanac/liebig.htm

-Encyclopédie BS, nazisme au fil des jours (1914-1948)

http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=113&pChapitreId=34361&pArticleLib=1933+%5BNazisme%A0%3A+au+fil+des+jours+%282i%E8me+guerre+mondiale%29%5D

-Marc Ferro, La Grande Guerre (1914-1918)


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Commentaires : 14

  • #1

    GdeC (samedi, 12 novembre 2011 11:58)

    merci pour cet intéressant rappel historique. Faut-il y voir un signe pour demain ? Déja, la contaminattion gagne du terrain...http://gauchedecombat.wordpress.com/2011/11/11/quand-la-dictature-economique-europeenne-saccomode-fort-bien-de-lextreme-droite-cqfd/

  • #2

    Trémarec (samedi, 12 novembre 2011 17:51)

    Cher GdeC,

    Je pense qu'on ne peut pas assimiler la situation d'aujourd'hui à celle des années 30. Cependant l'attitude des partis libéraux, leur morgue et leur idéologie pourrait mener à d'autres catastrophes, et les pseudo gouvernements d'union nationale, en effet, ressemblent de plus en plus à une forme nouvelle de dictature.

    Bien à toi.

    Trémarec

  • #3

    Ernst Thälmann (lundi, 14 novembre 2011 22:53)

    Il y a quand même un pas à franchir à oser penser que c'est un maréchal de la Wehrmacht qui eût pu sauver la république de Weimar bourgeoise durant l'hiver précédant l'avènement d'Hitler. Rappelons aux lecteurs que c'est cette même Reichswehr, avec ses sbires miliciennes, les Freikorps, qui exécutèrent froidement les susnommés camarades Liebknecht et Luxembourg, martyrs du peuple pour l'éternité.
    L'armée allemande n'a jamais été l'amie du bon peuple, elle l'a toujours méprisé, que ce soit ce bon vieux Bismarck, ce bambineux Guillaume II (la rumeur raconte qu'il restait un grand enfant sous sa moustache), ou ton supposé général rouge !
    Ce n'est pas parce que les nazis et les grands patrons le considéraient comme tel qu'il fut réellement un serviteur de la cause prolétarienne, ou à tout le moins, partisan d'un redressement économique autre que rigoriste.
    Pour finir, malgré la qualité et la précision de tes propos, je tiens à souligner la maigreur de la conclusion, et les possibles parallèles que nous aurions pu tirer de tous ces enseignements !
    Car enfin, il s'agit de ne pas oublier que c'est véritablement le plan Young, qui prévoyait l'échelonnement du paiement de la dette allemande jusqu'en 1988, qui a vendu littéralement les bourses allemandes au vil yankee. Dès lors, la crise frappait de plein fouet dès 1929 pour l'Allemagne, la plongeant dans un marasme dont il n'aurait à mon avis été possible de se sortir qu'au moyen d'une mise sous tutelle complète des avoirs américains dans l'économie allemande, imposée par le plan Young. On peut tout de même voir un parallèle certain aujourd'hui avec nos amis Nicolas S. et Angela M. qui, d'un commun accord, décident de vendre la vieille Europe aux avoirs chinois, ...
    A bon entendeur,

    "Aus euren Opfertod wächst unser sozialistischer Tat", Ernst Thälmann

  • #4

    Trémarec (jeudi, 01 décembre 2011 17:36)

    C'est peut-être une erreur de ma part de trop idéaliser Schleicher ds cet article. Il n'a certes pas les mains blanches. On peut soutenir sans trop de difficulté qu'il a sous-estimé la menace nazie et qu'il s'est fait berner en croyant la contenir. Sa tentative d'incorporation des SA dans l'armée montre bien son erreur de jugement quant à la nature du nazisme. Cependant il est trop facile d'en faire un simple diviseur aimant les complots qui aurait au final renforcé Hitler. Il est LE SEUL à avoir proposé une autre politique économique, disons une politique keynésienne au sein de la république, ce qui constituait, je l'affirme sans détour, la seule issue possible pour elle. Le reste et notamment la position du SPD était du vent puisqu'il ne s'opposait pas aux plans de rigueur.
    En ce sens et parce qu'il était à la tête de l'armée, oui La Reichwehr était du côté du Peuple pendant son court mandat, quel que fut le reste de sa carrière.

    D'autre part, je pense qu'il ne faut pas exagérer l'importance du plan Young. Brüning n'a pas mené sa politique à cause du plan Young mais par idéologie et parce que les possédants voulaient cette politique, comme aujourd'hui. Ce plan n'était qu'une excuse. Que l'argent soit dû aux français ou aux américains ne change rien.
    Le parallèle avec aujourd'hui est évident et manifeste sur tout un tas de points et c'est pourquoi j'ai pondu cette niouze, cependant la situation politique, elle, est bien moins grave, c'est ce que j'ai voulu dire en conclusion. Jacques Sapir l'a bien dit dans Ce soir ou jamais l'autre jour.

  • #5

    Le Souverain (vendredi, 02 décembre 2011 16:21)

    Alors même que l'Euro sombre se pose de plus en plus sérieusement la question d'un affrontement France/Allemagne non pas militaire mais idéologique du fait d'intérêts divergents. Le fait que l'Allemagne s'impose comme l'unique leader économique ET de fait politique de l'Union pose un problème bien plus grave que la simple baisse (quoique terrible) des niveaux de vie : celui du ressentiment contre l'arbitraire des plans de rigueur. Il n'y a pas a tortiller, il faut mettre la pression à notre voisin d'outre Rhin pour rompre avec les marchés. Vite.

  • #6

    surmely alain (lundi, 05 décembre 2011 16:45)

    Contrairement à une idée reçue ce n'est pas l'inflation galopante qui a précipité l’Allemagne dans le nazisme mais le nationalisme principalement (c’est une évidence) ainsi que la politique économique désastreuse menée par le Ministre des Finances d'alors,un certain Heinrich Brüning.La politique déflationniste menée par ce leader du Zentrum(parti catholique conservateur de centre droit)visait à baisser et les salaires et les prix.Les conséquences immédiates d’une telle politique ont été l’effondrement de l’économie allemande(forte baisse de l’activité,faillites en cascades,chômage > 30%,brutale contraction du marché intérieur,misère endémique)ce qui a accéléré la montée en puissance du NSDAP d’Adolf Hitler.L’économie n’est pas un gadget de l’Histoire.Son rôle est important et son impact sur la vie politique ne peut pas être négligé.Or l’Histoire a tendance à être instrumentalisée à des fins politiciennes ou idéologiques ce qui est évidemment inacceptable.Aujourd’hui l’inflation est rendue rétrospectivement responsable de l’avènement du nazisme-ce qui est tout simplement faux et stupide-car il convient de justifier les politiques économiques restrictives menées en Europe qui ont pour objectif de limiter l’inflation.Le recours à l’argument de l’inflation est donc strictement idéologique.La fameuse loi de 1973 a été justifiée officiellement par la volonté de limiter les risques d’inflation.Cette loi,ruineuse pour l’économie française,comme les dispositions européennes(interdisant à la BCE de prêter directement aux banques centrales nationales)ont été inspirées,en réalité,à la fois par le néolibéralisme(soumission de l’Etat à des intérêts privés)et la méconnaissance de l’Histoire.D’ailleurs la loi de 1973 a été inflationniste puisque l’inflation a parfois dépassé allègrement les 10% au cours de la deuxième moitié des années 1970 !Cette question de la dette révèle,au fond,de manifestes erreurs d’interprétation comme,à l’évidence,une redoutable incompétence en sciences économiques.Rappelons que la charge de la dette(les seuls intérêts de celle-ci c’est-à-dire hors capital remboursé)en France ce n’est pas moins de 50 milliards d’euros en 2012 versés à des intérêts privés(essentiellement des établissements bancaires ou de très riches financiers étrangers)soit un des premiers postes du budget national.Quant à la dépense publique,rendue à tort responsable de cette situation en France,elle a sensiblement baissé passant de 25,8% du PIB en 1993 à moins de 20% du PIB en 2008 !Achevons cette mise au point en rappelant que le Dr Diafoirus pratiquait une médecine dont l’efficacité n’a toujours pas été démontrée !

  • #7

    ernst thälmann (samedi, 10 décembre 2011 18:37)

    le point qui vient d'être mentionné est très intéressant.
    Prenons cette citation :
    « Il est peu aisé de connaître les conséquences de l’hyperinflation sur les différentes couches sociales. L’idée d’une détérioration généralisées des couches moyennes n’est plus partagée. Ces couches étaient trop diverses ; elles ont traversé la période dans des conditions plus variables. Ont perdu : les épargnants, les prêteurs, les détenteurs d’emprunts publics. Par contre, les petits entrepreneurs, les commerçants et les agriculteurs seraient sortis relativement indemnes de l’inflation. »
    — Alfred Wahl, L’Allemagne de 1918 à 1945, p. 33" (source : wikipédia, dsl...)
    C'est tout de même remarquable d'observer que l'hyperinflation n'a duré que peu de temps en réalité (jusqu'en 1924 et l'introduction du Rentenmark, qui a effacé une bonne partie de la dette allemande, je crois), et qu'elle n'a apparemment uniquement causé des pertes qu'à ceux qui aujourd'hui craignent pour leur bourses.
    On pourrait pas s'imaginer que le vieil argument "inflation=nationalisme et nazisme" est un gros raccourci créé par les puissants et les riches pour que jamais ne se reproduisent de telles crises qui n'ont eu pour seul effet que de leur faire perdre les montagnes d'or sous lesquelles ces messieurs sont assis ?
    A quand la révolution ?

  • #8

    PBertier (samedi, 25 février 2012 22:43)

    Merci pour ce texte absolument passionnant. On peut dire que la Troïka est une sorte de Brüning géant puisque son terrain de jeu est la zone euro.

  • #9

    bats (lundi, 12 mars 2012 10:24)

    L'humain ne ne saura cesser de refaire ses erreurs s'il n'apprend pas de ses erreurs qu'il a faites jadis ...
    Bon article, mais je suis certain que les points de vue sont beaucoup plus diverses ...

  • #10

    Damian (dimanche, 22 juillet 2012 02:27)

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  • #11

    missjeans (lundi, 05 novembre 2012 21:51)

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  • #12

    JS (vendredi, 23 novembre 2012 10:30)

    Comme disait Goebbels:

    « Nous sommes socialistes parce que nous voyons la question sociale comme une question de nécessité et de justice pour l'existence même d'un État pour notre peuple »

  • #13

    Le Parisien Libéral (mardi, 22 janvier 2013)

    Avez vous lu le socialisme en chemise brune, de Benoit Malbranque ?

    Cordialement

  • #14

    Robert (mardi, 29 janvier 2013 11:41)

    Bravo !
    On ne saurait expliquer, démontrer et prouver que les anti-libéraux sont, par essence, et sous divers masques concrets, des NAZI.
    Comment dresser cette vermine ? Voila question..

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