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nov.

2011

« Sortons de l'euro! » Jacques Nikonoff

La période trouble et incertaine que traverse l'UE, place au centre du débat la monnaie unique. Ce livre arrive donc à point nommé pour analyser les forces et les faiblesses de l'euro. Le titre a le mérite de la clarté. Jacques Nikonoff se place en fervent opposant de la monnaie unique et s'attache à le démontrer au cours des 4 parties qui structurent cet ouvrage.

La première partie s'intitule: « Bilan de l'euro: négatif » et autant le dire tout de suite elle est loin d'être la meilleure.

Ainsi on peut reprocher à Jacques Nikonoff de se montrer trop partisan dans sa recherche de mise en lumière des failles de l'euro. Il en résulte un manque de cohérence de sa démonstration puisque les meilleurs arguments sont pollués par ceux manquant sigulièrement d'épaisseur.

Dans un premier temps il cherche à prouver une corrélation entre mise en place de l'euro et augmentation des demandeurs d'emploi. Dans ce but il utilise les chiffres du taux de chômage au sein de la zone euro sur les années 2000, 2004,2006 et 2010 et compare ces statistiques avec l'UE des 27. Il montre alors qu'en 10 ans le taux de chômage a progressé plus rapidement en zone euro que dans l'UE 27 (1,5 points contre 0,9). Cependant une comparaison plus fine relativise ces chiffres. Ainsi on s'aperçoit que certains des pays les plus riches de l'UE 27 hors zone euro, comme le Danemark et la Suède, ont vu, sur cette période, leur taux de chômage croître nettement plus vite que la moyenne de la zone euro (3,2 points pour le Danemark et 2,8 points pour la Suède). Cela semble minorer l'impact de l'euro sur le taux de chômage, puisque la bonne performance de l'UE 27 apparaît essentiellement liée au dynamisme des pays d'europe centrale. Dynamisme en partie lié à des phénomènes de délocalisation en provenance des pays d'Europe de l'ouest, favorisés par des politiques de dumping fiscal et social. Cette analyse est absente dans la démonstration de M. Nikonoff, du moins dans cette partie, et c'est un manque.

La force de son argumentation est également mise en difficulté au niveau de sa comparaison avec le Japon et les Etats-Unis, car si le premier s'en sort mieux que la zone euro (+0,4 points sur la période), ce n'est pas le cas du second (+5,6 points)

 

Camille Pissarro
Camille Pissarro

Dans un second temps, il s'attache à montrer que la monnaie unique ralentit la croissance du PIB. Dans cette optique, il compare les taux de croissance de la zone euro, de l'UE 27 et des pays qui composent cette zone. Il indique alors qu'en comparant le taux de croissance de l'année 2000 avec celui de l'année 2010, le différentiel pour l'UE 27 et la zone euro est respectivement de -2,2 et -2,1 points. M. Nikonoff conclut qu' « avec des PIB aussi faibles, il ne faut pas s'étonner du maintien d'un taux élevé de chômage ». On peut le rejoindre parfaitement sur ce point mais une telle démonstration ne permet pas d'accuser l'euro puisque la situation est la même pour les pays européens hors zone euro.

Sa démonstration prend plus d'épaisseur lorsqu'il compare les performances de la zone euro avec des pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Suède puisqu'on s'aperçoit que ces pays ont réalisé une meilleure performance. Cependant ce raisonnement est fragile puisqu'il suffit de remplacer 2010 par 2009 pour avoir des résultats qui s'inversent. On peut donc reprocher à l'ancien leader d'ATTAC d'avoir utilisé des données à un instant t au lieu de s'être basé sur une moyenne, ce qui est une forme de manipulation statistique1.

 

Jacques Nikonoff s'intéresse ensuite à l'impact de l'euro sur l'évolution des salaires. Avec une démonstration beaucoup plus solide, M. Nikonoff nous montre qu'en tendance (moyenne 99/2009), la zone euro subit une inflation salariale (-0,2%) inférieure aux pays de l'UE 27 (+0,2%). Une analyse plus précise nous donne cependant des données contrastées entre les pays, où l'on observe en particulier une baisse importante en Allemagne (-1,3%) liée à une politique d'augmentation de la « compétitivité » chère à M. Schroeder et à Mme Merkel alors que la France reste stable. Cette analyse relativise l'impact de l'euro sur l'évolution des salaires au profit des politiques mises en place dans chacun des pays membres.

 

La suite logique l'amène à étudier l'influence de l'euro sur la hausse des prix. Sa démonstration se borne à mesurer l'inflation depuis la mise en place de l'euro et à déterminer pourquoi le sentiment généralisé de baisse du pouvoir d'achat ne coïncide pas avec les indicateurs de l'INSEE. Il note que la hausse des prix a en réalité eu lieu un ou deux mois avant la mise en place de l'euro. Il remet ensuite en question, les indicateurs de l'INSEE qui ne prennent pas, par exemple, en compte l'acquisition d'un logement neuf comme une dépense de consommation mais comme une dépense d'investissement. Enfin, il indique que l'inflation a tendance à se concentrer sur des dépenses « contraintes » (logement, alimentation, assurances...) au détriment des dépenses « plaisirs » (HI-FI, voyages...) et sur les premiers prix plutôt que sur le haut de gamme. Il ne rend pas l'euro unique responsable mais il souligne le fait que la monnaie unique n'a pas permis d'éviter cette inflation. Il remarque également que la monnaie unique n'a pas pu éviter la flambée des taux d'emprunt des pays les plus fragiles de la zone euro, ce qui est vrai mais qui, à mon sens, ne peut pas être garanti par une monnaie quelle que soit sa puissance.

Gustav Klimt
Gustav Klimt

Jacques Nikonoff s'attaque ensuite au statut de monnaie mondiale de l'euro. Il reconnaît que la monnaie unique a pris de l'importance mais qu'en aucun cas elle est en mesure de concurencer réellement le dollar. Il indique que l'euro a progressé comme monnaie de réserve (de 17,9% en 1999 à 27,3% en 2009) mais qu'elle reste très loin du dollar (62%). Dans les autres domaines sur lesquels sont jugées les monnaies internationales (transaction, financement, facturation), l'euro ne concurrence le dollar que sur la partie financement pour les émissions obligataires d'Etats et d'entreprise, ce qui est insuffisant.

 

Le porte parole du M'PEP s'essaye ensuite à une démonstration hasardeuse sur les inconvénients à voyager dans d'autres pays de la zone euro pour les touristes. Il tente de montrer que le passage à l'euro s'est accompagné d'une hausse des frais bancaires qui accroît les coûts supportés par les touristes. Cette démonstration n'apparaît pas convaincante car sans l'euro les prestations bancaires auraient certainement aussi augmenté. Il n'en reste pas moins que le passage à la monnaie unique a largement simplifié les démarches des touristes (suppression des changes de monnaie) et leur a fait gagner du temps et de l'argent. Il faut savoir reconnaître les points forts de ses adversaires.

 

L'ancien dirigeant d'ATTAC attend le dernier chapitre de cette première partie pour sortir l'artillerie lourde. Il combat l'idée d'une zone monétaire optimale et soulève le fait que la politique monétaire ne peut pas convenir à l'ensemble des pays qui ont des économies trop divergentes. Ainsi, il démontre les limites de la zone euro qui se matérialisent avec la crise des dettes souveraines.

 

Vincent Van Gogh
Vincent Van Gogh

La seconde partie du livre, de bien meilleure facture, s'intéresse au cas allemand. On passera rapidement sur les deux premiers chapitres qui ont pour but de montrer que l'Allemagne est à nouveau prête à conquérir le monde et qu'elle souhaite y parvenir en convertissant l'UE à son modèle. La politique allemande a donc pour but de favoriser les intérêts du pays. Dans cet objectif, les dirigeants allemands ont souhaité mettre en place un modèle basé sur les exportations pouvant leur apporter des excédents commerciaux importants. Marquée au fer rouge par l'hyper-inflation de la République de Weimar, elle impose son modèle d'orthodoxie monétaire à ses partenaires européens. Pour accroître sa compétitivité-prix, l'Allemagne affaiblit son code du travail, baisse ses salaires et sous-traite dans les pays d'Europe centrale. Il s'agit d'un phénomène de passager clandestin puisqu'elle en profite pour vendre ses produits au sein d'une zone euro qui n'a pas réduit sa consommation intérieure par une politique semblable. Ainsi elle profite des avantages de l'euro fort pour s'approvisionner sans en ressentir les désavantages au niveau de ses exportations. A l'inverse les partenaires économiques allemands subissent le contre-coup de cette politique puisqu'ils voient leurs exportations vers l'Allemagne baisser en raison de cette politique de déflation salariale. Jacques Nikonoff dénonce avec pertinence « l'anti-modèle » allemand en démontrant que l'Allemagne réalise ses excédents commerciaux majoritairement dans l'UE et qu'elle est déficitaire vis-à-vis des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). Le porte parole du M'PEP se questionne également sur l'intérêt de ce mode de fonctionnement où l'Allemagne bénéficie d'une forte croissance tout en voyant son PIB par habitant dépassé par celui de la France (29 900 contre 29 100 en 2009 alors que l'Allemagne était devenu 1er pays exportateur). De plus, il remarque avec justesse qu'une politique de déflation salariale ne fonctionne que lorsqu'un nombre limité de pays la pratique. Il cite alors Jacques Sapir pour affirmer que si les autres pays européeens avaient conduit une politique identique à l'Allemagne, l'Europe aurait été plongée dans une terrible dépression (cercle vicieux entre déflation salariale et baisse de la consommation intérieure).

Alberto Giacometti
Alberto Giacometti

La troisième partie de ce livre, « le consensus implicite pour ne pas sortir de l'euro », est un formidable diagnostic de l'ensemble des partis politiques et permet de mettre en lumière l'inaction sur la scène européeenne à laquelle on assiste depuis 20 ans.

Pour schématiser nous avons trois types de comportement. Le premier (Exemple: UMP) assume le néo-libéralisme et fait en sorte de l'appliquer et de le suivre au niveau européen. Le second (exemple: PS) est conscient des méfaits du néo-libéralisme et cherche soit à l'appliquer de manière plus ou moins contrainte (ce n'est pas un système parfait mais nous n'avons pas le choix) soit à le modifier sans succès au niveau européeen (nous voulions modifier certaines choses mais nos partenaires ont refusé). Dans les deux cas, le résultat est identique puisque des politiques néo-libérales sont appliquées. Enfin le troisième (Exemple: M'PEP) diagnostique les dérives du néo-libéralisme et propose des mesures réellement applicables pour en sortir quitte à qu'elles soient unilatérales c'est à dire prises au niveau national quelle que soit la position de l'UE.

Jacques Nikonoff procède ensuite à l'étude un à un des partis et organisations politiques et syndicales du pays. Une certaine proximité est trouvée avec « Debout la République », « Mouvement républicain citoyen » et le « Parti de Gauche », bien qu'il reproche à ce dernier de ne pas s'être encore « libéré complètement du mythe européeen ». Néanmoins on sent bien que c'est avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, que le M'PEP serait le plus proche de collaborer.

Wassily Kandinsky
Wassily Kandinsky

Enfin la quatrième partie, « sortir de l'euro pour pouvoir mener de vraies politiques de gauche », ressemble à un véritable programme économique pour la présidentielle. Elle commence par sa volonté de vouloir fédérer une gauche européeenne souhaitant sortir de l'ordre néo-libéral. Il évoque ensuite l'annulation des plans d'austérité, la restructuration de la dette et le défaut de paiement. L'annulation des plans d'austérité doit permettre aux pays de préserver leur croissance grâce au maintien de leur consommation intérieure. La restructuration de la dette et le défaut de paiement doivent avant tout permettre d'économiser la part gigantesque du budget affectée au paiement des intérêts de cette dette. Il en résulterait alors une impossibilité d'emprunter sur les marchés financiers,ce qui imposerait un financement de la dette éventuelle par la banque centrale, par l'épargne des résidents ou par un système d'emprunt « forcé » à un taux très bas auprès des organismes financiers. Jacques Nikonoff propose également de procéder à une discrimination au niveau de la restructuration de la dette. Ainsi il souhaite protéger les petits porteurs au détriment des spéculateurs (Hedge Funds, établissements financiers, fonds de pension...).

Les chapitres suivants sont, à mon avis, les plus intéressants puisque le porte-parole du M'PEP s'interroge sur la politique monétaire. Il argumente en faveur d'une sortie de l'euro et d'un retour aux monnaies nationales qui rendraient la souveraineté monétaire aux peuples.

Pour bloquer le risque de fuite des capitaux liée à une restructuration de la dette ou à une sortie de l'euro, il préconise un contrôle des changes accompagné d'une non-convertibilité de la monnaie. On pourrait lui objecter que les marchés pourraient anticiper cette politique et qu'elle n'éviterait donc aucunement une fuite des capitaux.

Pour accroître la compétitivité de notre économie, il propose de dévaluer la monnaie2. Cette dévaluation s'accompagnerait d'un taux de change fixe permettant de s'extirper de la pression des marchés.

Afin de rompre avec l'idéologie néo-libérale, la France doit, selon lui, quitter l'OTAN, l'OMC, le FMI, la banque mondiale, l'OCDE et l'UE. La France quitterait ainsi ces modes de gouvernance tout en reprenant en main son gouvernement.

Sa remise en cause du statut d'indépendance de la Banque Centrale permettrait de rendre à cette dernière la primeur de la création monétaire. La régulation de cette politique serait assurée par un système d'encadrement, qui limite la création de monnaie, et de sélectivité du crédit, qui.permet de favoriser certains secteurs de l'économie (exemple: énergies renouvelables) et d'en freiner d'autres (exemple: activités spéculatives).

L'activité des établissements financiers s'étant éloigné de leur rôle originel, il est essentiel de les nationaliser pour qu'ils servent à nouveau l'intérêt public. A cette occasion, M. Nikonoff reprend la théorie de Frédéric Lordon qui propose de nationaliser les banques au moment de leur faillite, c'est à dire au moment où le cours de l'action est proche de 0, pour que le coût soit le plus bas possible pour le contribuable.

Il s'attaque ensuite au démantèlement des marchés financiers, précisant que la Taxe Tobin était dépassée. Pour éviter toute spéculation sur la dette des Etats, il veut fermer le marché obligataire. L'achat des obligations d'Etat ne serait possible que par les résidents, les banques commerciales ou la banque centrale. La revente serait limitée à quelques cas exceptionnels comme pour les plans d'épargne entreprise (PEE). Le marché secondaire serait supprimé.

Jacques Nikonoff souhaite ensuite organiser le dépérissement de la bourse en rétablissant un impôt de bourse, en nationalisant les banques ainsi que les entreprises stratégiques pour le développement du pays et en interdisant les opérations les plus spéculatives ainsi que les hedge funds. De telles initiatives auraient le mérite de mettre fin à des opérations qui pertubent nos économies, même si la résistance aux pressions des lobbys serait extrêment ardue.

Auguste Renoir
Auguste Renoir

Le reproche que l'on fait le plus souvent aux mouvements de gauche est le caractère inapplicable de mesures qui constituent pourtant de bonnes idées. Le fait d'agir dans un contexte mondialisé et concurrentiel empêche souvent la réalisation de ces beaux projets. Les propositions de Jacques Nikonoff ont l'immense mérite de renverser cette logique. Ainsi il assume l'idée de désobéissance européenne qui consiste à s'opposer à l'idéologie de Bruxelles quitte à partir de l'UE. Pour contraindre l'Allemagne à jouer le jeu de l'équilibre des balances commerciales, il est prêt à mettre en place des barrières douanières de manière unilatérale. Ce protectionnisme assumé peut être également utilisé à l'égard des pays pratiquants le dumping fiscal, environnemental ou social.

Seule une politique de cet accabit peut permettre à la France de se ré-industrialiser en dissuadant les délocalisations et de sortir de l'idéologie néo-libérale imposée par Bruxelles. Ce n'est qu'à ce prix que nous sortirons d'une crise qui nous a déjà beaucoup trop fait souffrir.

 

Si l'on fait abstraction des démonstrations trop hatives sur les effets néfastes de l'euro, ce livre de Jacques Nikonoff reste très intéressant dans le sens où il propose une synthèse sur les déséquilibres de l'euro tout en proposant des solutions réalistes et applicables permettant d'en sortir.

 

 

Theux

 

Sources:

 

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Commentaires : 7
  • #1

    Coralie Delaume (dimanche, 13 novembre 2011 10:51)

    Voici un bien beau blog que je suivrai volontiers désormais....

  • #2

    Melle Z. (dimanche, 13 novembre 2011 12:18)

    Une remarque purement formelle. J'adhère complètement à la politique illustrative de L'Espoir, inspirée du Diplo si je ne m'abuse, agrémentant la sécheresse des textes d'analyse économique de toiles des grands maîtres de la peinture moderne. M'enfin là, Pissarro, Klimt Van Gogh, Giacometti, Kandisky et Renoir dans la même page, c'est un poil lourdingue.
    Amitiés à Frederich et Trémarec.

  • #3

    Le Nasik (dimanche, 13 novembre 2011 22:39)

    Une analyse très instructive. Je me pose deux questions : d'abord il semble tout à fait possible de rompre unilatéralement d'avec l'euro, l'Europe...etc, néanmoins, les conséquences anticipées me paraissent un peu floues. Quelle pourrait être l'ampleur d'une fuite des capitaux (cf argentine en 2001) et son impact sur l'économie à court terme ; est-il possible de l'anticiper?
    Deuxième chose, le financement hors marchés financiers (BC+ épargne) est-il suffisant pour la France? Les problèmes de financement qu'a connu l'héxagone dans les années 50-60 (ex: plan Pinay) sont-ils définitivement derrière nous? Et d'ailleurs d'où venaient ces problèmes. Je me renseigne de mon côté. Merci de votre aide.

  • #4

    Alexander Hamilton (dimanche, 20 novembre 2011 19:55)

    J'ai lu avec attention ce post sur cet ouvrage. Avant d'aller plus loin je préfère précisé par honnêteté intellectuelle que je suis en profond désaccord avec les théories "gauchistes" de l'auteur et de ses collègues. Néanmoins ce livre est intéressant car il oblige à se poser des questions et à confronter ses idées à celles de ses adversaires. Voilà les quelques commentaires qui me viennent:
    Tout d'abord, je pense que Nikonoff ne démontre en rien l'échec de l'euro. Son analyse ne pose pas les bonnes questions (ou les pose trop rapidement). Montrer à l'aide de simples corrélations et statistiques descriptives que l'euro est néfaste ne vaut rien. Il n'y a aucun contrefactuel solide ni aucune prise en compte des autres facteurs ayant pu affecter les évolutions économiques. Je pense que l'auteur aurait du être plus rigoureux en étudiant les canaux par lesquels l'euro a (aurait) pu avoir un effet néfaste sur l'activité et l'emploi. Ces canaux sont de trois types: (i) la politique monétaire de la BCE; (ii) le problème central de l'absence de zone monétaire optimale à la Mundell et de la perte d'une variable d'ajustement; et (iii) le problème du commerce international (baisse des exportations, etc.?).
    Bien qu'étant en désaccord avec de nombreux points, je partage la critique de la politique allemande qui a su tirer parti de l'euro.
    Concernant la partie 3, il s'agit sans doute d'une analyse d'économie politique. Je suis en revanche plus alerté par la dernière partie. Les propositions avancées me semblent d'un autre âge. Rompre avec no principaux partenaires risquent d'induire une forte croissance de l'inflation (tout comme la financiarisation de la dette par la création monétaire, la sortie de l'euro et la dévaluation du franc). Au delà de son analyse, une question se pose:
    -Sortir mais à quel prix. Cette sortie posera une nombre importants de questions par exemple comment évaluer les dettes libellées en euro par exemple?
    Enfin, je propose à M. Nikonoff deux choses: D'une part, aller demander aux Grecs de financer leur Etat. D'autre part, de m'expliquer en quoi la guerre des monnaies qu'a connu l'UE ne se fera plus jour demain?
    Ces propositions relèvent à mon avis d'une simple chimère intellectuelle.

  • #5

    Theux (mardi, 29 novembre 2011 21:28)

    @ Coralie Delaume: Merci du compliment et je t'assure que la réciproque est vraie pour l'arène nue

    @ Melle Z.: C'est intéressant d'avoir des avis sur la forme.

    @ Le Nasik: Concernant la fuite des capitaux, la difficulté est de faire face à l'anticipation des marchés en cas de "risque" (pour les marchés) d'accession à la présidence de la République d'un candidat alternatif. Il faudrait essayer de mettre en place une coopération avec la présidence en place, ce qui semble assez délicat.
    Au niveau du financement de notre économie par la banque centrale et l'épargne,le potentiel est suffisant. La question reste de savoir si les ménages accepteront de prêter à un Etat dont la situation financière est délicate ou ayant fait défaut sur sa dette.

    @Alexander Hamilton: Pour évaluer les dettes libellées en euros, la solution fiscale peut venir à notre secours. On laisserait le choix au détenteur de la dette de conserver la dette en euro ou de la transformer en franc, avec un régime fiscal dissuasif pour le premier (exemple: taxation des intérêts à hauteur de 25%). Concernant tes questions sur les désavantages de la dévaluation, nous préparons un article qui en démontre les bienfaits.

  • #6

    Madrepore (mercredi, 29 février 2012 10:02)

    Je vous conseille, en complément de cet article, le dernier livre de Jacques Nikonoff "La confrontation, argumentaire anti-Fn" publié au Temps des Cerises.

  • #7

    JEAN LES MARMOTTES (jeudi, 15 mars 2012 02:06)

    LES GAFFES SOMT FAITES, TROP TARD ,....