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25

nov.

2011

La France face aux marchés

 

Dans quelques jours, Moody's va dégrader la France.

Après avoir raillé les mauvais payeurs de la zone euro et humilié les peuples grecs et italiens en convoquant leurs premiers ministres avec une vulgarité sans nom, Nicolas Sarkozy va connaître lui aussi les foudres des marchés financiers et leur implacable logique. Embourbé dans le cycle infernal de la contraction des dépenses qui conduit à la récession et à l'augmentation des dettes -faute de recettes fiscales-, notre pays n'échappera pas, dans les conditions actuelles, à une succession de plans d'austérité dont le résultat ne fait aucun doute, puisqu'il fut toujours le même dans l'Histoire, en Allemagne dans les années 30, en Amérique Latine dans les années 80, et en Afrique dans la décennie 90(1).

 

 

La rigueur

Les corbeaux
Les corbeaux

 

De tout temps le chômage et la misère se sont aggravés suite à ces politiques dogmatiques affublées dans les années 90 du doux nom de « Consensus de Washington ». Elle conduisirent à la dégradation de la situation sociale, commerciale et productive de tous ces pays.

Face à la crise de la dette pourtant, les exemples argentin, russe et islandais nous ont montré qu'il est possible d'emprunter d'autres voies. Lorsqu'à la suite de la désastreuse décennie Menem (90-99), l'Argentine sombre dans la tourmente financière, deux choix s'offrent à elle : rembourser la dette colossale au prix d'un effondrement de la demande intérieure durant des années, ou le défaut, la cessation de remboursement, et la dévaluation : l'abandon de la parité 1 peso =1 dollar qui pesait sur son commerce : ce qu'elle fit. Dès 2003 (2), la croissance redémarrait dans une Argentine libérée de la tutelle internationale et des marchés financiers.

 

Que faire?

 

Si la banque centrale européenne prête directement aux états, la dépendance vis à vis des marchés financiers est immédiatement rompue. L'endettement est ainsi assuré à bas coût et permet de dégager des marges de remboursement à long terme, sans toutefois empêcher la pratique du déficit si besoin, lorsque jouent les stabilisateurs automatiques et lorsqu'il faut investir dans la croissance future. Un tel financement par la Banque Centrale Européenne suppose une intégration toujours plus grande à l'intérieur de l'Union, ce qui dans l'environnement actuel est inadmissible socialement et démocratiquement. Un financement par la Banque de France implique la sortie de l'Euro, que nous pensons inévitable autant que bénéfique. Elle implique une réflexion approfondie sur sa mise en place : monnaie commune (et non unique) ou retour aux monnaies nationales?

 

La question commerciale est avant tout politique

 

Une fois admise l'idée que la dette n'est ni insupportable, ni un bien en soi et que nous sommes parvenus à éviter le piège de la déflation, se pose la question de l'emploi et des salaires qui dans les conditions contemporaines de commerce reste entière, depuis que les grandes armes keynésiennes de lutte contre le sous-emploi ont été abandonnées par des économies désormais trop ouvertes au monde pour agir seules -c'est le tournant de 1983. Nous pensons qu'il est nécessaire de repenser cette ouverture aux échanges internationaux à travers le redéploiement de l'activité industrielle sur notre territoire à l'abri des concurrences fiscales, sociales et monétaires que nous font un grand nombre de nos partenaires. Par le protectionnisme et la défense souveraine de nos intérêts économiques, l'objectif fondamental reste la restauration de la puissance du politique, de sa parole autant que de sa capacité à influer sur le bien être des citoyens, qui doivent pouvoir CHOISIR s'ils veulent plus de santé, plus d'écologie, plus de culture et plus de solidarité sans toujours se voir répondre que la mondialisation, la concurrence ou le réalisme les en empêchent. Et que d'ailleurs, ils sont déjà bien trop gatés.

 

 

La  perte prochaine par la France de son triple A nous met au pied du mur. Nous devrons tout simplement décider de qui nous gouverne et pourquoi. Les espagnols ont choisi les marchés, les italiens et les grecs n'ont même pas été consultés. Les islandais eux, ont dit que ce serait le Peuple. A notre tour : nous avons le choix.

 

 

 

 

 

Frederichlist

 

 

(1)Joseph E. Stiglitz, La Grande Désillusion, Fayard, juillet 2002

(2) http://www.indexmundi.com/g/g.aspx?c=ar&v=66&l=fr

 

Country

1999

2000

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Argentine

-3

0,8

-14,7

8,7

8,3

9,2

8,5

8,7

6,8

0,9

7,5

 

 

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Commentaires : 7
  • #1

    Jeannine (jeudi, 01 décembre 2011 13:41)

    Bonjour Friedrichlist,

    Bien que je sois dans le fond plutôt d'accord avec ton article, notamment sur la perte de croissance que peut entraîner un plan d'austérité ainsi que sur la nécessité d'une monétisation de la dette européenne, je te trouve cependant un peu restrictif quant à ta vision des effets du désendettement. Je suis d'accord que celui-ci ne doit pas devenir une finalité en soi, mais je trouve que tu te limites trop aux exemples qui n'ont pas marché, même s'il est vrai qu'ils sont assez frappants. En effet, des finances publiques saines (ce qui ne signifie pas forcément parfaitement équilibrées) présentent tout de même des avantages, ne serait-ce qu'en termes de taux d'intérêts, et certains pays -je pense ici tout particulièrement au Canada (entre 1994 et 1998) ou à la Suède- ont réussi à gérer harmonieusement un plan de désendettement sans comprimer leur croissance, voire en dégageant certains financements depuis les dépenses de fonctionnement vers des programmes de croissance potentielle.
    Certes, ces programmes s'appuyaient sur un consensus national beaucoup plus fort que celui qu'on peut trouver actuellement en Europe.
    Mais tout ça pour dire qu'à mon sens ta vision du désendettement est un peu manichéenne, et que si la tournure actuelle des évènements et le discours idéologique dominant sur la dette appellent certes une forte critique, toutes les politiques d'austérité ne se valent pas et certaines ont pu assainir les économies nationales (ex. que j'ai cités ci-dessus).
    Sur ce, bonne continuation à votre blog

    Jeannine

  • #2

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  • #5

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