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03

déc.

2011

La dévaluation ou le chaos

Pour la presse unanime, c'est entendu, une sortie de l'euro se solderait par un cataclysme économique. Pour ceux qui seraient condamnés à sortir de la zone, qui seraient « laissés au bord du chemin », il faudrait dévaluer et alors – c'est avec un serrement de gorge et une pensée secrète pour le cours tragique de l'Histoire Humaine que le journaliste l'affirme – le pays en question s'effondrerait.

Ce serait une question en elle-même passionnante que d'étudier l'efficacité de la persuasion par la peur et comment elle est systématiquement utilisée – du vote pour la constitution européenne jusqu'aux plans de rigueur – pour imposer le néolibéralisme à des populations qu'il appauvrit si manifestement.

 

Mais en vérité la peur de la sortie de l'euro est appuyée sur des bases théoriques faibles. Sans doute parce que les euro-critiques ont davantage étudié la question que les partisans de la monnaie unique, qui s'efforcent de défendre pour leur part le fédéralisme autoritaire budgétaire.

Hors une sombre étude d'UBS, une banque suisse, qui prévoit la récession prolongée en cas de dévaluation, rien n'a été étudié par les pro-euro.

 

En ce domaine comme en bien d'autres pourtant, l'observation simple des faits historiques peut apporter des réponses plus tangibles que celles de la spéculation intellectuelle.

 

8 pays pendant la crise des années 30

 

La crise de 29 provoque en gros la récession généralisée en 31-32 mais la décennie qui suit n'est pas une période de crise pour tous les pays, loin s'en faut.

En effet face à la chute du commerce, les différents pays sont obligés de rééquilibrer leurs déficits publics et commerciaux. Ils ont deux possibilités: la déflation salariale ou la dévaluation.

 

 

Contre toute attente, la Nation du libre-échange et du capitalisme débridé, l'Angleterre, enlisée dans la crise depuis 10 ans, rattrapée par ses concurrents et déchue de son statut de première puissance mondiale, prend une décision choc: elle dévalue la livre sterling le 21 septembre 1931.

Ci-dessous le cataclysme conséquent (en bleu le niveau de PIB avant la dévaluation, en rouge après):

La dévaluation en Grande-Bretagne
La dévaluation en Grande-Bretagne

La Grande-Bretagne connaîtra en fait un nouveau boum économique et industriel tout au long des années 30.

 

Mais un exemple ne fait pas loi. La Suède, également très industrialisée à l'époque prend la même décision 8 jours après et dévalue la couronne. Sans doute le fameux effondrement apparaitra-t-il plus nettement? (en jaune le niveau de PIB avant la dévaluation, en bleu après)

La dévaluation en Suède
La dévaluation en Suède

Le constat est le même, années trente riment avec croissance pour les suèdois.

 

Cependant, peut-être frappés par la douceur des catastrophes annoncées, voire intrigués par cette coïncidence hasardeuse entre dévaluation et retour à la croissance au sein d'un monde partout en crise, les Etats-Unis abandonnent à leur tour les plans de rigueur de Hoover et dévaluent le dollar le 6 mars 1933. En voici le résultat (en bleu le PIB avant la dévaluation, en blanc après):

La dévaluation aux Etats-Unis
La dévaluation aux Etats-Unis

Toujours le même constat.

 

Après une période de poursuite butée de la lire forte, Benito Mussolini comprend à son tour la nécessité de dévaluer, et l'Italie le fait encore un an après, le 28 avril 1934 (en rouge le PIB avant, en vert après):

La dévaluation en Italie
La dévaluation en Italie

Soyons bons joueurs avec nos camarades libéraux,  gardiens de la stabilité de la monnaie et autres conjurateurs "des heures sombres de l'Histoire",  supposons que les graphiques précédents sont le fait d'une coïncidence hasardeuse. Il nous faudrait montrer le cas des pays qui n'ont pas dévalué et qui s'en sont sortis par "une saine gestion des finances publiques". Un tel exemple - hélas - existe. Il s'agit de la France, qui sous l'influence de son grand homme, courageux et impopulaire à souhait, j'ai nommé Pierre Laval, avait choisi la rigueur et rejeté le franc faible.

Notre pays fut à peu près le dernier à dévaluer le 2 octobre 1936, en voici le résultat: (en bleu avant, en rouge après la dévaluation).

 

 

 

La décennie perdue en France
La décennie perdue en France

Alors que tous ses concurrents principaux connaissaient plus ou moins tôt la croissance grâce, en bonne partie, à l'expansion monétaire, la France, par obstination stérile, perdait du terrain et affaiblissait son industrie, après l'avoir grandement développée dans les années 20, à quelques années d'une guerre qui serait avant tout une guerre industrielle. On mesure la sagesse des propos d'un Wauquiez s'exclamant en gros à ce soir ou jamais: "si on avait suivi les bonnes politiques ds les années 30 (comprenez la rigueur) plutôt que de se croire à l'abri de la crise, on n'aurait pas connu la mauvaise situation qui perdurera jusque dans les années 40." Vous avez dit réécriture de l'Histoire?

 

Cependant cette stagnation est peut-être due après tout au si terrible modèle social français, qui, chacun le sait, est à l'origine de la faiblesse incurable de notre économie. Admettons, voyons donc à présent un pays réputé sérieux et qui dévalua tard, et observons les résultats. La Suisse industrielle et anti-inflationniste nous fournit un excellent test, elle qui dévalue le 27 septembre 1936: (en rouge avant, en blanc après dévaluation):

La décennie perdue en Suisse
La décennie perdue en Suisse

Le résultat, en vérité, est le même.

 

Pour finir, examinons le cas de deux pays européens moins industrialisés et dont l'économie dépend davantage de l'agriculture, et dont les politiques monétaires ont été différentes: la Hongrie et la Pologne.

 

La Hongrie dévalue au tout début de la crise, avant même la Grande-Bretagne, en 1931 (en bleu avant la dévaluation, en rouge après)

La dévaluation en Hongrie
La dévaluation en Hongrie

La Hongrie connaît bien la croissance dans les années trente.

 

La Pologne, pour sa part, ne dévalue qu'en 1936 (en blanc avant, en rouge après):

La décennie perdue en Pologne
La décennie perdue en Pologne

 Les fruits de cette politique: la stagnation, invariablement.

 

L'aveuglement jusqu'à l'écoeurement

 

En vérité nous le voyons, c'est la rigueur qui crée la stagnation et la dévaluation la croissance. Keynes n'avait pas identifié le rôle décisif de la monnaie pour rien: il vivait dans un monde où son importance évidente était chaque jour donnée à voir.

Nous pourrions bien-sûr rajouter le cas de l'Allemagne, que nous avons étudié en détail dans une dernière note.

 

Aujourd'hui les dévaluations argentine et russe, par la croissance qu'elles suscitent en deux ans maximum, et la liste infinie des plans de rigueurs au mieux stagnants, au pire récessifs, apportent d'autres preuves réelles du rôle de la monnaie et des conséquences de la déflation. Cependant le discours officiel ne semble pas tenir compte de ces faits et répète inlassablement la même antienne: la dévaluation conduit à l'effondrement économique.

 

Cette obstination à ne pas voir les faits, ne peut être le produit que de deux choses: la folie collective ou l'instrumentalisation de l'Histoire.

Que le maintien du système monétaire de la zone euro s'appuie à l'avenir sur l'une ou l'autre de ces tares, c'est ce dont on peut s'inquiéter. Nul ne sauvera le néolibéralisme sans en amender ses dogmes, mais vers quels désastres mèneront les tentatives acharnées pour le maintenir?

 

 

Trémarec


Les articles pour continuer :

 

  1. Le Libéralisme économique a-t-il enfanté Hitler
  2. Yves Calvi, l'indépendant...
  3. Fin de l'euro : pourquoi Jacques Sapir s'est-il trompé?
  4. Référendum grec : le chant du cygne de l'euro
  5. Vous n'avez pas voulu du mark, vous avez eu l'euro!

 

 

Sources

 

Sur les niveaux de PIB:

-Angus Maddison, the World economy, Volume II: Historical statistics

 

Sur les dates de dévaluation:

-Paul Bairoch, Victoires et déboires, Histoire économique et sociale du monde du XVIème siècle à nos jours, tome III.

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Commentaires : 10
  • #1

    StaminaTom (lundi, 05 décembre 2011 23:04)

    Les illustrations apportées sont très significatives et largement en faveur d'une politique de dévaluation.

    D'après tes interprétations, il serait judicieux pour la France de revenir à la monnaie nationale afin de voir les revenus globaux augmentés suite à une dévaluation. Le territoire serait alors plus compétitif sur les prix des biens et services face aux partenaires commerciaux. Mais cela ne conduirait-il pas à une contre-attaque des ces derniers ?

    ils pourraient par exemple engager des mesures de protection de leur marché face à l'entrée des produits dont la monnaie aurait été dévaluée. Je pense que nous devons conserver une coopération et un engagement avec nos partenaires pour un développement mutuel.

    Si nous souhaitons revenir à notre monnaie nationale, l'effort sera long et le risque élevé. D'autres pays de la zone euro feront surement ce choix pour rester compétitifs et résoudre en somme la crise de leur dette. Nous assisterons à des dévaluations compétitives et certains pays chercheront à gagner un avantage de coût aux dépens des autres.

    De plus sans l'euro serions nous capable de bénéficier de taux d’intérêts aussi bas qu'à l'heure actuelle?

    Enfin nous engagerons le risque de ne plus compter, à juste mesure, dans le monde au côtés des forces économiques telles que les états-Unis ou la Chine.

    Il est judicieux de conserver notre union monétaire pour être plus fort, et resté ouvert au monde, mais compte tenu de la hausses des inégalités due à une mondialisation excessive, d'une désindustrialisation inquiétante, je reste conscient que la dévaluation d'une monnaie nationale est une piste pour faire face aux pressions concurrentielles.

    la condition serait de suivre une gouvernance politique adaptée pour ne pas pas geler notre potentiel de développement sur la scène mondiale.

  • #2

    moricio (jeudi, 15 décembre 2011 18:47)

    un livre qui ne sombre pas dans le chaos :Jacques Nikonoff et le M’PEP "Sortons de l’euro ! Restituer la souveraineté monétaire au peuple." - Mille et une nuits, 2011 http://www.m-pep.org/spip.php?article2021
    un autre d'Aurélien Bernier et Michel Marchand: Désobéissons à l'Union Européenne ;mille et une nuits :http://www.m-pep.org/spip.php?article2020

  • #3

    Trémarec (jeudi, 22 décembre 2011 13:28)

    @StaminaTom

    Il est vrai qu'il faut veiller à ne pas être agressifs vis-à-vis de nos partenaires, et il est important d'avoir pour objectif un développement harmonieux et mutuel. Cela dit, il faut bien voir les faits: des politiques visant à faire baisser le coût du travail pour favoriser les excédents commerciaux sont en cours partout dans le monde, preuve que cette coopération, à l'heure actuelle, est un leurre. Face à ces politiques individualistes, il nous faut bien nous défendre, et par ailleurs il est difficile, d'un point de vue moral, de tailler nous-même dans nos dépenses sociales. C'est pourquoi il est nécessaire de réaliser un ajustement monétaire, c'est-à-dire une dévaluation. Celle-ci en ramenant notre compétitivité, constitue un argument de poids dans la négociation, dans le rapport de force, qui demeure dans les relations d'Etats à Etats. Certes des mesures de rétorsion sont toujours possibles, ou bien d'autres dévaluations, mais il s'agit là d'ajustements de toute façon inévitables dûs à l'accumulation excessive de crédits dans nos économies. Ainsi, tous les pays seront de toute façon amenés tôt ou tard à dévaluer, ou bien seront condamnés à une crise de liquidité qui bloquera totalement leur économie; voilà la logique de la crise, aujourd'hui comme dans les années 30.
    Il s'agit donc de se prémunir assez tôt contre ce risque et la seule solution, pour cela, est la création monétaire. Il faut donc créer des euros ou, si cela n'est pas possible, créer des francs. Par ce moyen le financement de l'économie est assuré et la contrainte des marchés limitée, la question des taux d'emprunt est donc secondaire.

  • #4

    erreipg (mercredi, 11 janvier 2012 08:19)

    C'est vrai que l'inflation et la dévaluation sont sont prodigieusement indolores pour ré-ajuster les mille milliards de paramètres individuels et collectifs dans une société comme la nôtre. C'est une espèce de tapis roulant de salle de sport qui donne l'impression qu'on avance alors qu'on fait du surplace voire, qu'on recule.
    Dans un cadre non inflationniste, ces ré-ajustements créeraient de drames. Va t-on baisser les salaires dans les secteurs en difficulté, réduire les prestations sociales, individuellement, va t-on réduire la salaire d'un salarié pas très sérieux ? Non ou alors avec une extrême prudence. Résultat : le maintien des rentes de situations avec comme corollaire la non reconnaissance pécuniaire des jeunes et des plus méritants.
    Cette sclérose liée à la non inflation est à craindre surtout dans les Sociétés où l’État s'implique dans la protection sociale et où la jeunesse est nombreuse.
    A cet hymne à l'inflation et à la dévaluation, il existe un contre chant. N'oublions pas les "montants compensatoires" qui contrecarraient les dévaluations, les hausses des droits de douanes qui limitaient le commerce international, les frais de change et la spéculation qui s'en donnait à cœur joie en jouant contre les diverses devises.
    En conclusion, je pense qu'à moyen et à long terme, pour peu qu'un effort de convergence soit fait, le maintien de l'euro est un plus incontestable.



  • #5

    Philippe Créations (mardi, 21 février 2012 11:51)

      Communiqué de : La Clé Inter Nations.
    Parce que, dans notre « Économie de Marché », il apparaitrait que 97% des échanges financiers dans les États sont spéculatifs, avec seulement 3% de la Masse Monétaire utilisable par les Acteurs de l’Économie Réelle (statistique moyenne mondiale). Cette situation engendre, dans le temps, épisodiquement, un chaos Économique et Social. Ses conséquences, ont contraint quelques Acteurs Sociaux à tenter d’instaurer de nouvelles valeurs, par des échanges localisés, dans le but d’installer une Économie plus Sociale.
     
    Son défaut est la mise en place de monnaies parallèles, multiples, déroutantes et éphémères, aux noms très fantaisistes, appelées familièrement : « monnaies de singe ». Ce modèle économique, impliquant parfois des Entreprises, régulièrement accusé de travail illégal, n’est pas viable à long terme, et conduit immanquablement le Pouvoir Politique des États à dénoncer ces pratiques et accuser ses protagonistes de « faux monnayeurs ».
     
    Cependant, la rigueur économique réinstalle actuellement ces monnaies alternatives locales, répertoriées dans plusieurs États Européens mais aussi partout dans le monde (plus de 20 en France, plus de 50 en Allemagne) toutes aussi déconcertantes que les précédentes.
     
    « La Clé », La Collectivité Laïque Équitable, vous offre, pour la première fois, le moyen de fédérer toutes les initiatives et les bonnes volontés, dans un esprit de parfaite équité, sans le risque d’une conséquence de « fausse monnaie ». Elle assure le maintien d’une meilleure structure économique, par une entraide collective, avec une possible incidence pour les Entreprises concernées, ou la création de nouvelles, sans le risque du travail illégal. « La Clé » permet une coopération avec les Collectivités, les Associations, etc… pour une récupération des « temps de bénévolat », bien légitime, généralement utilisés sans réciprocité. Une coordination avec les familles, d’une façon dynamiques en permettant une implication de tous les Acteurs Sociaux, y compris les plus vulnérables, basée sur la solidarité, la fiabilité, l’efficacité et la confiance. Son modèle d’échanges est très simple à utiliser, Il est concrétisé par un « bon  », ou une « carte à puce », avec une gestion et une comptabilité informatisées permettant un suivi très rigoureux des échanges. « La Clé », est le modèle actuel permettant l’épanouissement personnel par une répartition plus équitable des ressources collectives, pour un système  économique durable et enfin social permettant une amélioration de la qualité de vie, selon les instructions de sa « Charte ».
    Son Site Internet :
    http://www.la-cle-inter-nations.org/home

    Bienvenue sur le site de « La Clé » : La Collectivité Laïque Equitable ! Venez découvrir la Collectivité d’entraide, d’échanges de Biens et de Services, la Collectivité de Familles, la Collectivité de Recherche et d’Innovation, la Collectivité d’échanges avec l’Etranger, par un réseau de solidarité collective et bien davantage encore, fonctionnant par des dons de temps, établi de « gré à gré ». L’inscription est gratuite par Internet et c’est votre Organisation ! Comment récupérer vos temps de bénévolat ? Nous proposons que le bénévolat, malgré sa démarche philosophico-culturelle, puisse être récompensé par réciprocité, permettant justement l’épanouissement culturel. Nous avons tous besoin les uns des autres et les personnes qui bénéficient d’assistance doivent aussi pouvoir assurer une contrepartie. Cette Organisation n’est pas en concurrence avec les autres modèles philosophico-culturels, elle vient en complémentarité.
    Découvrez les Fondements, la Charte, la Stratégie, la Présentation, les Contacts, etc…
    Et, peut-être, aurez-vous la courtoisie de nous faire part de votre analyse ?
    Exprimez-vous aussi sur notre Forum Internet :
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    Avec toute notre sympathie.
    Contactez-nous ! : Pcg.france@gmail.com
    La Clé

  • #6

    greg (samedi, 03 mars 2012 02:50)

    Il me semble qu'il y a un problème dans la démonstration. En effet, une monnaie dévaluée a, par définition, moins de valeur. On ne peut donc pas comparer un PIB dans une monnaie avec un PIB dans la même monnaie, mais dévaluée. Normalement, doit apparaître une chute brutale du PIB (à monnaie constante) et donc un appauvrissement, ensuite bien sûr il augmente.
    L’intérêt de la dévaluation, dans la mesure où l'on fait marcher la planche à billets, est de créer un impôt facile à prélever, sur tous ceux qui possèdent de la monnaie. Et non pas de créer de la richesse de manière directe.
    enfin, me semble-t-il.

  • #7

    Trémarec (vendredi, 16 mars 2012 10:18)

    @greg
    Les courbes sont basées sur les données établies par feu Angus Maddison dans son livre "the world economy, tome II: Historical statistics", qui est une vaste fresque statistique de tous les pays du monde depuis plusieurs siècles pour certains.

    Le but de l'auteur est justement de produire des données quantitatives comparatives, ce à quoi il a consacré sa vie. Ainsi les niveaux de PIB utilisés dans les courbes ci-dessus (que j'ai construite à partir des données de Maddison), sont tous exprimés en dollars de 1990. Ils font donc apparaître l'évolution d'une richesse réelle.

  • #8

    lafouine (mardi, 15 mai 2012 13:16)

    Les recettes d'il ya 90 qui ont marché (ou semblé marcher) ne valent pas un rond à l'heure des économies ouvertes, aujourd'hui ou la Grèce est un pays très largement importateur, l'inflation liée à la dévaluation serait par conséquent une tragédie immédiate puisque les grecs devraient remplir leur réservoir avec des dollars, payer leurs machines, leurs vetements, les jouets de leurs enfants en yuan ou en dollar. Bref, à part les olives...
    Toutes ces explications ne valent pas un rond et même le sacro-saint exemple argentin des partisans du laxisme n'a pas survécu à la réalité.

  • #9

    Augustine (dimanche, 22 juillet 2012 09:06)

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  • #10

    Paul De Marco (lundi, 18 février 2013 18:42)

    L’argument contraire à la sortie de l’euro est exposé dans mon « To save the eurozone we must terminate the so-called universal bank » accessible dans Download Now, section Libres-Books du site www.la-commune-paraclet.com.

    Un retour à une politique « beggar-thy-neighbor » serait certainement de très mauvais augure, ce qui devrait militer en faveur d’une nouvelle définition de l’anti-dumping protégeant les trois formes de revenu des ménages ainsi que les normes environnementales, à défaut d’en revenir à des Préférences communautaires ou d’en arriver à une parité objective entre les principales monnaies servant aux échanges internationaux. M. Oscar Lafontaine avait fait une bonne proposition allant dans ce sens voilà quelques années.

    Cela dit, nos dirigeants européens sont bien plus cyniques qu’on le croit. Ils pensent sur le long terme à partir de dynamiques sous-jacentes savamment camouflées afin de conserver une certaine légitimité. La croissance – sous-entendu socio-économique menant au bien-être des peuples - est désormais le cadet de leur souci. Seul compte le bien-être, ou si l’on veut la « compétitivité », des transnationales au sein de la « gouvernance globale privée », flanquée par le capital spéculatif hégémonique (voir mon Précis d’économie politique marxiste au même lien.) Ils savent que la productivité réelle, notion incompréhensible dans le cadre du marginalisme qui a déjà beaucoup de mal avec les rendements croissants et décroissants – Sraffa - crée le chômage de masse en l’absence d’une forte réduction citoyenne du temps de travail. Les limites à l’accumulation dans des sociétés « matures » (F. Perroux) ne sauraient être levées par une politique à la Chicago Boys par laquelle il serait demandé à tous les pays simultanément de produire pour exporter dans le seul but de payer les sauvetages continus des banques privées contribuant à l’explosion des dettes publiques contemporaines. Du coup, la crise est l’instrument idéal démoraliser et diviser les citoyens entre eux et pour opérer la régression socio-économique capable de conserver la domination du capital malgré le chômage de masse.
    Ainsi au dernier G20 il nous fut expliqué que le Japon ne se livrait pas à une dévaluation compétitive au détriment de ses partenaires, mais qu’il luttait plutôt contre la « déflation » … Le secret de cette attitude « surprenante » de nos dirigeants fut livré par la citation que voici : "Il ne faut pas que les discussions sur les taux de change détournent les Etats des réformes structurelles. Nous continuerons de réclamer plus de réformes structurelles dans la zone euro, en Europe et dans le monde". La France et l'Allemagne favorables à une zone de libre-échange avec les Etats-Unis Le Monde.fr | 13.02.2013 à 16h22 • Mis à jour le 13.02.2013 à 19h23 http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/13/berlin-favorable-a-une-zone-de-libre-echange-avec-les-etats-unis_1832021_3234.html
    Le double intérêt de cette citation réside dans le fait qu’elle est tirée d’un article portant sur le libre-échange transatlantique, devant lui aussi être soumis à la logique délétère de la fonction de production de Solow (Y = f (K,L) donc l’équilibre atteint au seuil physiologique sur la base du seul salaire individuel capitaliste à l’échelle mondiale ; le tout appuyé par l’actuelle définition de l’anti-dumping à l’OMC qui exclut d’office toute référence aux droits du travail (y compris sous la forme minimaliste du BIT) ainsi que toute référence aux normes environnementales opérationnalisant le principe de précaution au nom de la préservation de la santé publique.

    Paul De Marco