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28

déc.

2011

Fin de l'euro: pourquoi Jacques Sapir s'est trompé

Dans de nombreuses tribunes sur Marianne 2, à ce soir ou jamais dans une démonstration magistrale, l'économiste Jacques Sapir avait affirmé à plusieurs reprises que 2011 marquerait la fin de l'euro (1). A quelques jours de boucler l'année en question, il faut bien constater la réalité: l'euro est moribond, l'euro est sous le feu des critiques, mais l'euro est toujours là.

Disons le d'emblée, nous sommes très sensibles sur ce blog aux arguments utilisés par Sapir, mais à bien y regarder, il nous semble que cette prévision manquée marque autre chose que la simple incertitude naturelle des évènements liée aux marchés et à leur comportement erratique. En fait, le sommet européen de fin octobre marque à notre avis une étape neuve dans la crise de l'euro.

La monétisation au compte-goutte

 

Le scénario de la fin de l'euro était basé sur quelques prévisions assez simples. Les différences de compétitivité entre pays de la zone euro ayant conduit à l'euro divergence d'une part , c'est-à-dire à des taux de financement différents pour chaque pays, et à des écarts de croissance d'autre part, dûs en grande partie aux déséquilibres commerciaux, la monnaie unique ne pouvait être sauvée que par des transferts budgétaires massifs ou par la création monétaire de la BCE (qui aurait l'avantage de solder une bonne partie des dettes des pays en difficulté et de faire baisser le taux de change). Mais ces solutions semblaient impossibles, les transferts budgétaires étant inacceptables pour les pays en excédent commercial, et la BCE s'opposant au prêt direct aux Etats. Face à ces incohérences consubstantielles, les pays fragiles tels la Grèce, devraient sortir de la zone, dévaluer et faire défaut. Les sommes en jeu feraient que la Grèce n'y couperait pas avant 2011, peut-être l'Italie, et l'Espagne certainement début 2012. Les réactions en chaîne mettraient fin à l'euro, mais ceci, il faut bien le voir, ne s'est pas produit.

Au sommet européen de fin octobre, les dirigeants européens, dont l'objectif prioritaire, l'objectif premier, ce point est décisif, est le maintien de l'euro, ont contourné ce qui rendait impossible le transfert budgétaire et la monétisation. Le FESF est en fait un transfert budgétaire potentiel, une caution, une promesse de dépense en cas de crise. En s'appuyant sur les pays les plus dynamiques pour sauver les pays les plus fragiles, il fonctionne comme une promesse de transferts budgétaires. Le système actuel, par l'intermédiaire du FESF, fonctionne donc comme une promesse de transfert budgétaire et bientôt une promesse de monétisation à travers le Mécanisme européen de solidarité (MES) qui sera directement géré par la BCE. En attendant, la BCE financera le FESF par petites doses, à travers le FMI ou d'autre manière. Le moyen a donc été trouvé, sans difficulté, pour contourner les statuts de la BCE. Par ailleurs la BCE a elle-même clairement amendé sa position puisqu'elle reconnaît indirectement, en soutenant le FESF, pouvoir financer les Etats par création monétaire. Ce système, qui certes peut apparaître baroque et instable à bon droit, semble n'avoir fait que « prolonger l'agonie de l'euro », mais il faut bien reconnaître qu'il a permis ce qui semblait difficile: le maintien de la Grèce dans l'euro. Le coeur du problème se situe donc désormais ici: que fait la BCE?

A cette question il nous semble devoir répondre de la façon suivante: La BCE, par idéologie ordolibérale, se refuse à monétiser les dettes des Etats, car elle considère que la dette est de leur responsabilité et que prendre en charge leur gabegie serait scandaleux. Cependant en dernier recours, devant la possibilité évidente de l'effondrement du système à la tête duquel elle se trouve, elle est contrainte de monétiser un minimum. Nous pouvons donc résumer ainsi sa position, qui se retrouvera sans doute en 2012 dans la gestion du MES: la BCE monétise au compte-goutte. Elle monétise après s'être assurée que les Etats appliqueront les politiques de rigueur qu'elle exige en contre-partie. Ainsi l'incohérence originelle qu'a parfaitement identifiée Sapir ne se résout pas dans une sortie de l'euro mais dans une utilisation de la dette des Etats et de l'antidote monétaire pour leur faire appliquer le libéralisme économique. Ajoutons que quand elle est contrainte de monétiser, la BCE choisit prioritairement de refinancer les banques privées, plutôt que de trouver un système de refinancement public.

La puissance de l'idéologie libérale.

 

C'est donc dans le fait que les politiques au pouvoir, tout comme la BCE, savent parfaitement contourner les règles qu'ils se sont fixées si c'est pour le bien du néolibéralisme que réside la capacité de l'euro à survivre encore. C'est cela, nous semble-t-il, que Sapir avait sous-estimé. Car l'euro, à travers son bras armé, la BCE, et ses protecteurs, les Etats, agit comme un outil très efficace du néolibéralisme, comme Serge Halimi l'a démontré implacablement en juillet. Toute la différence d'appréciation pourrait être résumé en deux phrases, Sapir affirmant chez Moati que nos gouvernements ne sont pas raisonnables, alors qu'Halimi n'hésite pas à affirmer dans son article que les politiques néolibérales de rigueur sont « rationnelles » puisqu'elles ne visent pas à la croissance mais à la libéralisation complète de l'économie.

Ainsi la sortie de l'euro n'était inévitable pour un gouvernement, dans le contexte actuel, que si celui-ci tenait effectivement à sortir de la crise dans laquelle nous sommes plongés. Est-ce bien le but recherché par les défenseurs de l'euro? Il est permis d'en douter.

 

A vrai dire, il semble que la doctrine néolibérale ait fait des progrès tels, depuis les années 70, que l'objectif unique des acteurs politiques est moins la recherche du progrès économique que l'application aveugle du libéralisme, conçu comme un aboutissement indépassable. Partout ses vertus sont enseignées sans nuance, partout dans les médias, sa logique est sous-entendue de façon vicieuse. Seuls les chercheurs qui la défendent sont honorés. Dans tous les champs de la connaissance, son influence se fait sentir. Comment dans ces conditions des gouvernants, qui ne sont rien d'autre que les représentants et les exécutants d'une pensée dominante à un instant t, pourraient-ils avoir suivi une autre politique que celle prescrite par la BCE, l'UE et le FMI? Aujourd'hui le gouvernement grec doit affronter la colère croissante de son peuple, la récession prolongée, il affrontera peut-être demain une crise de liquidité, mais il demeure dans l'euro, pire, aucun parti grec ne préconise d'en sortir.

Certes de telles situation se sont produites par le passé, et la dévaluation, crainte en tout temps, n'en demeure pas moins inévitable au bout d'un certain temps. Mais ce qu'il faut ajouter dans le cas de l'euro, c'est que la monnaie elle-même est en quelque sorte l'otage d'une croyance collective qui l'identifie à l'Europe. Ceci n'existait pas dans le cas argentin ou dans le cas russe et constitue un obstacle supplémentaire à sa disparition. Combien de grecs en effet n'osent pas franchir le pas de la revendication du retour à la drachme à cause de cette croyance et de peur d'être perçus comme hostiles aux peuples européens, aussi fallacieux que soit ce raisonnement?

 

Pour résumer les gouvernements ne sortiront pas de l'euro par eux-mêmes, et ils préfèreront, comme la BCE, la récession à la fin de l'euro, parce que l'euro est un outil efficace du néolibéralisme, idéologie qu'ils servent tous plus ou moins à l'heure actuelle. Il semble que Sapir ait sous-estimé la puissance politique de cette idéologie. Seule la révolte populaire les poussera à changer de politique, mais cette révolte, à son tour, buttera sur cette association malsaine de l'euro à la construction européenne.

Ces difficultés pourraient malheureusement prolonger longtemps la crise de l'euro, comme Sapir semble dorénavant l'envisager dans sa dernière note  où il parle d'une récession possible de l'économie européenne jusqu'en 2015, qui se transformerait en crise de liquidité et en crise mondiale.

 

 

Trémarec

(1) Il est vrai que son annonce s'étend à l'hiver 2011-2012, à ce stade il est donc possible que les faits lui donnent encore raison. Nous pensons néanmoins que l'euro va durer au delà de cette période et même après 2012.

 

 

illustrations issues du blog louk

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Commentaires : 14
  • #1

    sapir Jacques (mercredi, 28 décembre 2011 23:43)

    Ma prévision était que l'hiver 2011-2012 serait celui de la crise terminale de l'Euro (je n'ai JAMAIS dit que l'Euro disparaîtrait à cette période).
    Pour moi, une crise terminale est une crise dont on ne peut sortir. C'est la différence avec les crises de 2010 et du début 2011 où il y avait encore une possibilité de sortie "par le haut".

    Je pense que la zone Euro, dans sa forme actuelle, va disparaître dans les 18 mois à venir, mais ceci n'exclut pas la possibilité de voir l'Euro survivre autour d'un nombre réduit de pays (Allemagne, pays-bas, Autriche, Finlande par exemple).

    Quand vous critiquez un auteur faites attention de reprendre précisément ce qu'il dit et de ne pas lui attribuer des propos qu'il n'a jamais tenu.

    jacques Sapir

  • #2

    Trémarec (jeudi, 29 décembre 2011 13:10)

    @Jacques Sapir

    Je n'ai sans doute pas compris le terme de crise terminale de l'euro, les chapeaux introductifs de Marianne 2 m'ont sans doute induit en erreur. Au temps pour moi.

    Ceci dit je ne vois pas en quoi nous serions davantage dans une crise terminale aujourd'hui que hier. Certes les dettes augmentent, la croissance stagne de plus en plus, mais les possibilités de résoudre la crise à court terme sont toujours les mêmes (monétisation globale).

    Vos papiers dans Marianne laissent à penser que toutes les solutions disparaissent progressivement mais cela n'est qu'en partie vrai, ce qui caractérise la crise me semblant être le revirement brutal de ses acteurs.

    Un excellent exemple est le cas de la Grèce. Vous affirmiez dans votre tribune du 30 mai 2011 (derrière la crise grecque, l'explosion de l'euro ? ) que la Grèce allait inévitablement faire défaut (ce qu'en effet personne ne croyait à l'époque) et que ce défaut s'accompagnerait nécessairement d'une sortie de l'euro.

    En fait on a eu un défaut partiel et décidé au dernier moment et, surtout, pas de sortie de l'euro. Vous affirmez ensuite que cela ne règle que très partiellement le problème grec mais était-ce le but de l'accord? N'était-il pas plutôt, consciemment ou non, de maintenir coûte que coûte en place l'euro et avec lui le néolibéralisme?

    Toutes les décisions s'inspirent de ce fonctionnement: maintenir le malade dans le coma sans le tuer.

    La conséquence logique de cette méthode est justement le revirement de dernière minute qui permet de maintenir en vie le système euro sans le guérir. Si, pour cela, des règles qu'on s'était fixées doivent être contournées, on les contourne sans problème et je trouve que c'est de cela dont ne rendent pas compte vos analyses.

    Ainsi, vous dites dans votre tribune du 27 octobre 2011 (l'accord signé ne fait que prolonger l'agonie de l'euro), que les Etats s'interdisent la monétisation et condamnent ainsi l'euro. Je pense au contraire, qu'en cas de crise grave, une solution sera trouvée dans l'urgence pour monétiser juste suffisamment.

    A mon avis, c'est le néolibéralisme, davantage que la législation et les traités, que les gouvernements respectent en priorité.

    Peut-être ai-je mal interprété votre concept de crise terminale (pas par dilettantisme, croyez-le) mais il me semble que la réalité n'incarne qu'imparfaitement vos prévisions. C'est à comprendre pourquoi qu'était consacré cet article.



    Trémarec

  • #3

    boudjaaba (jeudi, 29 décembre 2011 20:09)

    Vous pensez qu'en cas de crise grave une solution sera trouvée dans l'urgence...
    Sans commentaire.

  • #4

    ernst T. (lundi, 02 janvier 2012 14:47)

    Très bon article, mais qui part du postulat d'une partialité de la monnaie.

    L'euro est-il obligatoirement ce sanctuaire du néolibéralisme que vous dépeignez, et ses partisans tous des partisans du conservatisme économique sans exceptions ?

    Attention à la caricature, le rôle de polémistes comme vous, s'ils veulent atteindre l'excellence, est aussi de dessiner les nouveaux contours à donner à une monnaie unique ou nationale qui ne soit plus au service des intérêts financiers des puissants.

    Une politique monétaire de gauche pour une monnaie commune en Europe est-elle selon vous possible ?

    Bien amicalement,

    Ernst T.

  • #5

    Antoine Pitrou (jeudi, 23 février 2012 16:54)

    Bonjour,

    À l'appui du raisonnement de Trémarec ("Toutes les décisions s'inspirent de ce fonctionnement: maintenir le malade dans le coma sans le tuer"), cette citation de Philippe Lefébure au détour d'un billet d'Arrêt sur Images (*) : « "Personne ne croit à ce plan. Il permet juste de gagner du temps." »

    (*) http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#13225

  • #6

    clgz11 (jeudi, 26 avril 2012 08:10)

    ll y a beaucoup de choses dans cet article. Mais d'abord, il ne faut pas confondre monétarisme et néolibéralisme. Ainsi,on peut être un monétariste (comme l'était JC Trichet à l'époque ou il gouvernait la BCE) sans pour autant être un néolibéral à 100%.

    Deuxième point : quand on parle de chômage, de croissance, et tutti quanti, il ne faut pas confondre deux choses : la conjoncture et la structure.

    La conjoncture, chacun la connaît : depuis le krach boursier de 2008, l'économie mondiale est en récession, et, pour certains pays, en dépression (à l'exemple de celle que connurent les différents pays du monde durant les années trente).

    S'agissant de la structure, l'Europe, depuis la néolibéralisation initiée par Reagan aux USA, et par Margaret Thatcher en Angleterre, a créé un fort chômage structurel en raison des délocalisations.

    ET comme ceux qui ont en bénéficié sont les pays émergents, ceux-ci souffrent beaucoup moins, aujourd'hui, de la crise mondiale, que les pays du premier monde. Et notamment les pays européens, puisque certains d'entre eux sont pris, aujourd'hui, dans le carcan de l'euro.

    En un mot comme en cent, si l'euro favorisa (reconnaissons lui ce mérite) l'intégration économique des pays de l'UE - et, par la même occasion, leur croissance -, il est aujourd'hui un élément séparateur et discriminateur parmi ces mêmes pays.

    Mais le problème principal de l'Europe, aujourd'hui, c'est d'être prisonnière d'une idéologie allemande qui croit qu'on peut gérer non seulement un pays, mais tous les pays, comme une épicerie, ce qui prouve que ces mêmes dirigeants sont de parfaites nullités en économie politique, puisqu'ils appliquent à l'Europe des théories microéconomiques alors que celle-ci devrait se voir appliquées des théories macroéconomiques.

    Bref, si l'Europe souffre aujourd'hui, c'est à cause d'une Allemagne dont les dirigeants pensent comme les petits bourgeois protestants qu'ils n'ont jamais cessé d'être et qui, après s'être fait dérouillés par les Russes et les Américains du temps du nazisme, ont prospéré, comme les enfants qu'ils sont, sous le parapluie de l'OTAN.

    Ceci dit, quand on veut gouverner l'Europe, il faut avoir un autre niveau que celui d'un petit bourgeois préoccupé uniquement de son petit jardin.

    Quant à la politique de la BCE, elle n'a fait, du temps de Trichet, qu'appliquer, au nom de la défense contre une inflation qui hante les Allemands depuis 1923, ce monétarisme totalement imbécile qui a étranglé l'Europe à la fin du mandat de ce monsieur, un monétarisme qui est d'ailleurs beaucoup moins dogmatique depuis l'arrivée de Draghi aux commandes de la BCE.

    ET une autre chose étrangle l'Europe : c'est ce néolibéralisme encore plus imbécile que le monétarisme de Mr Trichet, puisqu'il permit à toutes les entreprises multinationales de délcaliser leurs productions à l'étranger, et notamment dans les pays émergents.

    Avec ce résultat que l'Europe est en train de mourir, de sa belle mort, sur le plan industriel.

    Quant aux bouffons et autres crétins qui la gouvernent en ce moment, ils sont en train de tellement sucer et de tellement ponctionner les peuples, avec leur politique imbécile, aussi bien sur le plan du monétarisme que du néolibéralisme, que les partis de l'extrême gauche et de l'extrême droite ont encore, à défaut d'un revirement complet des politiques économiques, de beaux jours devant eux.

    Et si, dans ces conditions, l'euro survivra, les pays qui continueront d'y adhérer se se seront réduits de moitié. Ce n'est là qu'une question de temps.

  • #7

    Barry (lundi, 23 juillet 2012 09:13)

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  • #8

    kalish (mercredi, 07 novembre 2012 23:46)

    @clgz11 enfin si je vous lis, la crise de conjoncture est bien la conséquence de la crise de structure...

  • #9

    Jacques Bolo (vendredi, 01 février 2013 11:29)

    Faites attention quand même. Si quand ça ne marche pas comme prévu, c'est la réalité qui a tort, on finit par dire n'importe quoi.

    Pour les (néo)libéraux, ça s'appelle la rationalité limitée. C'est plus réaliste que de croire à la rationalité absolue toujours un peu implicite chez les (néo) marxistes.

  • #10

    Juicer Review (jeudi, 11 avril 2013 14:18)

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  • #11

    Juicers Reviews (dimanche, 21 avril 2013 17:33)

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  • #12

    sacepe (mercredi, 01 mai 2013 17:38)

    Toutes ces remarques , Sapir compris , sont pertinentes . Mais pourquoi personne ne fait reference a un specialiste de la critique de l'europe : Francois Asselineau . Allez sur le site de son (micro) parti et vous aurez beaucoup de reponses a nos interrogations . cordialement

  • #13

    Alex A. (mercredi, 09 octobre 2013 00:58)

    Je plussois Sacepe et en profite pour vous renvoyez vers mon article sur l'Union Européenne, que je vous invite à partager en masse http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/10/04/sortir-de-lunion-europeenne/

  • #14

    Georges B. (jeudi, 23 janvier 2014 17:34)

    M. Sapir nous prévoyait donc en 2011 tout de même la fin de l'euro qui n'a toujours pas eu lieu en 2014. De plus le nombre de pays concernés n'a pas diminué, condition qu'il donnait dans l'éventualité d'une survie. Comme quoi on peut assez bien analyser les causes (peut-être pas toutes) et en tirer des conclusions un peu trop hâtivement.
    Avec ou sans UE le problème de fond réside d'abord dans une mondialisation incontrôlée, qui ne profite pas (ou si peu) aux pays émergents et qui provoque, sans règles sociales et environnementales, du chômage de masse dans les pays développés. Ensuite ces paradis fiscaux accueillant la fraude et l'évasion fiscale prive les états de rentrées capitales, d'où leur endettement excessif et l'application de "remèdes" libéraux s'en prenant uniquement au social et au service public. Vous ajoutez à ça des concurrences tout à fait déloyales au niveau fiscal et social dans l'espace européen même et des crises genre subprimes (crise purement libérale) qui mettent en péril l'édifice déjà mal en point.
    On est bien dans une crise du libéralisme et on connaît bien la solution. Des règles et des luttes contre les pratiques honteuses de certains pays et beaucoup d'entreprises autistes qui ne fonctionnent que pour elles-mêmes avec pour objectif le profit maximal à n'importe quel prix.
    Mais là les solutions ne peuvent être que mondiales et nous sommes loin de les voir appliquées.