ven.

27

janv.

2012

L'Europe fantasmée du journal Le Monde

A l'heure où l'Europe néolibérale agresse les démocraties nationales avec suffisance et autoritarisme, le journal Le Monde dans son supplément Europa du jeudi 26 janvier, nous vend du rêve. Le problème est simple : il FAUT recréer ce désir d'Europe qui manque tant aux citoyens, visiblement trop peu éduqués à la chose pour comprendre la chance qu'ils ont de participer à cette grande aventure humaine, faite de voyages, de spectacle et de business au service des plus puissants comme des plus humbles, puisqu'on vous le dit. Derrière une succession d'articles aux titres glorieux, l'apologie du marché unique et de l'élite financière, entrepreneurs, artistes et footballeurs dont on ne peut que tristement conclure ceci : en Europe, les Peuples n'existent pas.

Des jeux sans le pain

 

L'article de Cayetano Ross est édifiant. Sa description de l'intégration du football continental depuis la fin des années 90, censée nous montrer la réussite de l'Europe, est en fait un terrible révélateur de ce qu'est le projet européen dans la tête des élites.

Les comparaisons avec le projet politique sont évidentes et voulues et le titre de la page, "l'Europe qui marche", nous dit assez quelle est la voie à suivre.

Ainsi l'arrêt Bosman, qui a permis le recrutement illimité de joueurs européens dans tous les clubs, est présenté comme une avancée pour tous, certes critiqué à l'origine mais en fait bénéfique. Francis Cagigao affirme que la libéralisation du marché a tiré tout le monde vers le haut, citant les championnats anglais et espagnols, s'achetant moult joueurs et techniciens réciproquement.

Tout le monde a donc été tiré vers le haut et en prime les "vieux stéréotypes" des styles de jeu nationaux ont été supprimés.

 

Ce que ne dit pas cet article, c'est que l'unification de cette Europe du foot s'est en réalité faite par et pour l'argent. L'arrêt Bosman a entraîné une mise en concurrence de tous les championnats conduisant à une position dominante de quelques clubs superpuissants en Espagne, en Angleterre et en Italie notamment, c'est-à-dire dans les pays prêts à débourser le plus d'argent pour payer ces demi-dieux que sont devenus les footballeurs de haut niveau. Au delà des styles de jeu nationaux (dont on peut parfaitement déplorer la disparition), ce fut surtout la fin de la possibilité, pour un grand nombre de pays, d'avoir des clubs compétitifs. Alors que la demi-douzaine de clubs espagnols anglais et italiens se partage les titres, les victoires des clubs roumains, serbes, français, hollandais, voire allemands sont devenus quasiment impossibles.

Surtout, cette libéralisation a entraîné une explosion des salaires qui a elle-même produit des joueurs stars toujours plus arrogants et coupés des réalités, enfants gâtés de 20 ans payés des millions et adulés par des smicards précarisés. Telle est "l'Europe qui marche" de Cayetano Ros.

 

L'Europe qui gouverne, l'Europe qui doute...

 

C'est entendu, tout eurosceptique est un nationaliste belliqueux, séparatiste et en somme un fasciste. Et pour bien vous en convaincre, Le Monde n'a pas lésiné sur ses illustrations. D'un côté les responsables des grandes nations aux portraits élogieux, emprunts de force et d'engagement pour et dans l'Histoire...

 

 

De l'autre, le Front National et les séparatistes de Padanie à la posture inquiétante.

 

 

 

Enfin, il y eut l' interview politique creuse d'Angela Merkel ; celles de Felipe Gonzalès, l'ancien premier ministre socialiste espagnol et d'Anthony Giddens, théoricien de la "troisième voie" (la gauche de droite), dont les solutions à la crise furent finalement les mêmes : compétitivité, austérité, fédéralisme, avec de bons sentiments pour vous faire passer le pillule. 

Encore un grand débat proposé par le journal français de référence. Aucune analyse du chômage de masse, de la paupérisation, de la désindustrialisation ou de la politique monétaire car le Monde n'est plus dans ces considérations ; après tout c'est bien vrai, sans les européens, l'Europe ça marche !

 

 

Trémarec et Frederichlist

Les articles pour continuer :

 

grec référendum crise austérité espoir
La fin d'un monde...
dévaluation espoir économie politique
Dévaluation ou chaos ?
euro arte propagande espoir europe yourope
Les fanatiques de l'euro

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Commentaires : 5
  • #1

    woyzeck (vendredi, 27 janvier 2012 18:23)

    On a laissé l'Europe à des personnes qui ne sautaient pas comme des cabris en criant "L'Europe! L'europe!", voilà ce que ça a donné...

  • #2

    fouloas (jeudi, 02 février 2012 02:23)

    On a rêvé d'une Europe libertaire ,sociale et apaisée,porteuse d'avenir, on nous a vendu ou imposé, lorsqu'on ne voulait pas l' acheter, une Europe financière, antisociale,antidémocratique et qui nous apauvri.Cette EUROPE on n'en veut pas.

  • #3

    CNR (jeudi, 09 février 2012 11:51)

    Oui mais il n'y a pas d'autre Europe possible.
    Les intérêts de chacun des Etats sont si différents qu'il ne peut y avoir de dénominateur commun.
    On s'associe par intérêt, de façon naturelle, pas par idéologie totalement abstraite.
    C'est pour cela qu'existe l'europe des élites ("financière, antisociale, antidémocratique et qui nous appauvri", intérêt bien compris des politiques soumis a l'empire américain, banquiers, financiers et multinationales) et que leurope idéalisée de ceux qui "sautent comme des cabris en criant l'Europe! l'Europe" ne verra jamais le jour car théorique, utopique, s'opposant aux intérêts particuliers des différents Etats (économie, langue, culture, conception de la société, vision du monde).
    L'histoire a démontré que l'Etat-Nation demeurait le seul cadre capable de satisfaire les intérêts des peuples dont le plus essentiel, la liberté pour eux de décider par eux-mêmes de leur destinée, en un mot la Démocratie et son corrolaire la Souveraineté (car un peuple ne peut gouverner par lui-même si le pouvoir n'est plus entre ses mains).

  • #4

    Mika (samedi, 14 juillet 2012 19:06)

    THX for info

  • #5

    Cheap Oakleys (lundi, 27 août 2012 03:08)

    When you feel hurt and your tears are gonna to drop. Please look up and have a look at the sky once belongs to us. If the sky is still vast,clouds are still clear, you shall not cry because my leave doesn't take away the world that belongs to you. On sales! dcyh000060827