ven.

27

avril

2012

Que Faire après le premier tour ?

Après la drôle de campagne pour le premier tour de la présidentielle, les résultats nous rappellent qu'en matière électorale le concept de rationalité n'existe pas. Le candidat du front de gauche, qui a mené la plus longue campagne (depuis juin 2011) et qui a le plus anobli la politique, en la replaçant au coeur de la cité, en donnant aux électeurs des raisons complexes mais rationnelles de voter pour lui, n'a pas été récompensé de ses efforts.
Sa campagne ne brille peut-être que par contraste avec la noirceur de celles des autres. Qu'importe, les deux finalistes sont les candidats qui ont émis le moins d'idées nouvelles, et dont aucune des propositions ne peut être développée par quiconque. Pour eux, les idées importent peu, seul
l'exercice du pouvoir attire. Signe que le cours des choses semble leur convenir. Comment rester lucide devant la fête improvisée des militants des deux partis qualifiés pour le second tour devant une victoire qui n'est pas la leur, mais celle de l'ignorance et de la haine. Quelle indécence à festoyer quand on apprenait le score du Front National - FN (estimé sur le moment à 20%, finalement de 17,9%) qui atteignait le score en pourcentage et en nombre de voix le plus élevé de son histoire ? Autant manger des petits fours pendant que le pâtissier tombe dans le pétrin. Autant jouir de l'argent perçu de juifs en l'échange du tissu jaune qu'on leur vendit en 1942.
Il convient alors, en bon juriste de revenir à la question des responsabilités. Qui est responsable de la médiocrité de la campagne ? Qui est responsable des résultats ?

I- Médiocrité de la campagne :


Pour la médiocrité de la campagne, il suffit d'avoir assisté à une réunion publique de quelconque candidat et d'avoir suivi les commentaires (ou pire l'absence totale de commentaires) qui en étaient fait dans les médias pour comprendre que la responsabilité incombe en première ligne aux journalistes qui n'ont fait que rendre médiocre le débat politique en l'abaissant à des oppositions puériles entre des personnes alors que les débats existaient réellement. Il était d'ailleurs consternant d'entendre ces mêmes journalistes artisans de la médiocrité constater que « les Français » trouvaient la campagne sans intérêt.
Je ne partage pas l'avis de ceux qui reporteraient cette responsabilité sur les lecteurs ou auditeurs des journaux qui finalement auraient très bien pu ne plus s'informer ou alors le faire par leurs propres moyens. Je rejette cet argument facile qui néglige les inégalités d'accès au savoir, les
déterminismes sociaux, les différents parcours de vie. Il n'est pas facile quand on grandit dans un environnement raciste de comprendre par soi même que les arabes aujourd'hui ne sont pas plus un problème que les juifs dans les années 1930. Il n'est pas facile quand on reçoit chaque matin depuis des années devant une entrée de métro deux quotidiens gratuits (ou plutôt que l'on suppose gratuit, puisque le prix est payé, à travers la publicité, dans les produits que l'on consomme tous les jours) de cesser d'en parcourir la lecture et de se tourner vers un journal qui demanderait immédiatement 1,40 € minimum par jour. Comment ce
lecteur de Direct matin ou Direct soir pourrait-il savoir que le gratuit qu'il lit est la propriété de M.Bolloré, ami de M. Sarkozy, sur le yacht duquel ce dernier était parti en retraite pendant l'Etat de Grâce en 2007. Faut-il souligner que cette information ne figure pas en première page du
quotidien ? Il n'est pas facile pour le lecteur des Dernières Nouvelles d'Alsace, du Progrès, du Républicain lorrain, de l'Est Républicain etc. de savoir que son journal est détenu à 100 % par le Crédit mutuel, raison pour laquelle en période de crise financière, les premières pages penchaient plutôt en faveur du capital que du travail. Qu'elles insistaient plutôt sur la responsabilité du resquilleur de la sécurité sociale que sur celle de ses traders qui avaient inventé des mécanismes financiers si complexes et si absurdes qu'ils ont eux mêmes été dépassés par ceux-ci. Si les lecteurs recevaient chez eux le magazine de « communication interne » de l'entreprise, peut-être se méfieraient-ils devant l'affichage de telle ou telle information puisque le journal porterait comme titre « journal de communication interne du Groupe Crédit Mutuel ». Peut-être le liraient-ils (par curiosité), mais la circonspection serait plus grande. En revanche, je maintiens que ce travail critique est plus difficile à entreprendre pour un journal que l'on feuillette chaque jour depuis 20 ans et qui, malhonnêtement n'a jamais trop informé ses lecteurs sur les conditions de sa fabrication.
Voici pour la médiocrité de la campagne.

II- L'orientation des résultats :


Exonérer les électeurs de leur responsabilité devient ici plus acrobatique puisque le résultat des urnes est directement imputable à leur fait. Pourtant, le même exercice que précédemment pourrait être appliqué. Mais la liste des coupables serait longue, et un an d'échafaud sur une place publique pourrait ne pas suffire à tous les pendre sans procès équitable. Alors contentons nous de définir des catégories génériques de responsables par ordre décroissant d'importance dans les résultats.


1- Les membres du FN :


Les pires, bien sûr, sont les protagonistes du résultat que nous critiquons : les membres du FN. Ceux qui ont fait campagne ouvertement contre une partie de la population, ceux qui ont été les instigateurs de telle ou telle ligne de la campagne. Ce sont eux qui ont choisi de parler de la viande
Halal, qui ont choisi de parler des horaires de piscine décalés pour les hommes et les femmes, feignant de croire que cela allait défigurer notre pays. Rappelons nous que de l'affaire Dreyfus aux années 1940 en Europe, il a été facile de se tourner contre les juifs (et d'autres minorités) pour trouver des responsables aux maux de nos sociétés coloniales afin d'éviter de nous poser les bonnes questions sur celles-ci. Nous tourner aujourd'hui contre les musulmans, autre minorité visible, est tout aussi facile et pourrait tout aussi mal se terminer quand, en tant que fiers français, nous n'avons entrepris aucun travail sur notre histoire, sur notre responsabilité et sur les mécanismes conduisant des braves gens à commettre du sale boulot. Laissons nous aller à remplacer dans les discours nauséabonds les mots « musulman » par « juif », « immigré de deuxième (voire troisième) génération » (image de celui qui est sans pays) par « juif errant », etc.
Si vous croisez un partisan du FN, interrogez le sereinement sur les différentes étapes de sa réflexion, ne vous arrêtez pas à la première ânerie, et poursuivez jusqu'à ce qu'il vous décrive concrètement les conditions dans lesquelles il souhaiterait renvoyer les musulmans « chez eux ». Il devrait réaliser lui même que ce qu'il dit est totalement absurde. Attention cela recommande beaucoup de sang-froid, et la condition étant toutefois de rencontrer quelqu'un qui vous avoue avoir voté FN, car ceux-ci ont honte. Ils ont honte d'appartenir à un parti qui au nom de la souffrance de quelques uns propose de faire souffrir les autres.
Alors contrairement à ce que demande M. Sarkozy, non, ne respectons pas et ne respectons jamais les électeurs du FN qui mettent en relation des comportements sociaux avec des caractéristiques raciales. C'est inacceptable puisque c'est ne pas tenir compte de l'histoire et du contexte sus décrit où l'on mettait aussi en relation des comportements sociaux (être pingre et donc voler notre économie) et des caractéristiques raciales (l'appartenance à la « race » juive). En revanche, essayons effectivement de les comprendre et ne cessons jamais d'essayer de les comprendre, mais là encore, contrairement à M. Sarkozy, n'essayons pas de les comprendre pour mieux nous adapter à leurs attentes, comprenons les pour leur dire qu'ils ont tort. Une discussion avec un membre parisien du FN nous a appris beaucoup et surtout pas à nous abaisser à leurs arguments. Puisque voici leurs arguments : A ma question de savoir s'il n'estimait pas que nous serions plus efficace à nous regrouper tous ensemble pour réfléchir à sortir de la démesure de la finance, qui prend en otage toute la société, plutôt que de distribuer des tracts appelant à l'étiquetage de la viande Halal (ce qu'il était en train de faire), celui-ci m'a répondu :
« Peut-être, mais au moins étiqueter la viande Halal, c'est une mesure facile à prendre ». Surpris par cette réponse, je lui demande s'il ne serait pas contre l'effort intellectuel pour se laisser aller à des choses « faciles » à penser, et je lui dis qu'il est selon moi « un flemmard de la pensée ». A ma grande stupéfaction, celui-ci m'a répondu, « c'est vrai que c'est un peu ça ». Face à ces premiers responsables, retenons une chose : Méfions-nous des arguments simples et de la haine contre les agneaux lorsque les loups triomphent.

2- La droite décomplexée dé-De Gaulisée :


Le « bruit et l'odeur », c'était déjà eux. Le débat sur l’identité nationale, c'était eux. La polémique sur la burqa c'était eux. Les moutons égorgés dans les baignoires, encore eux. Les civilisations qui ne se valent pas toutes, toujours eux. La liste devrait pouvoir se prolonger dans les prochains jours. Eux, ce sont bien sûr les bâtisseurs de ruines de l'UMP. Plutôt que d'affronter la complexité de la débâcle financière où leurs idées nous ont mené (rappelons qu'en 2007, M. Sarkozy avait inscrit dans son programme la création de Subprimes à la française pour permettre une « France de propriétaires », l'imminence de la crise a fait qu'il n'a même pas eu le temps de la mettre en oeuvre) ceux-ci, par le même mécanisme que celui des premiers responsables, ont préféré recourir à la facilité de la recherche de l'ennemi intérieur. Dé-De Gaulisée car s'il y avait encore un Gaulliste dans leur rang, peut-être aurait-il empêché ou alerté sur la division du pays que l'UMP instaurait quand De Gaulle appelait à gouverner au dessus des partis, c'est à dire pour l'intérêt général, ce qu'il a fait à travers le Conseil National de la Résistance. Que dirait De Gaulle d'ailleurs s'il savait que M. Mélenchon, qui est l'allié des « rouges » est le seul à revendiquer l'héritage du Conseil National de la Résistance alors que ses descendants autoproclamés le démantèlent ?
S'ils n'ont pas initié le débat nauséabond sur la viande Halal, ils se sont engouffrés dedans alors qu'en bons républicains, ils auraient dû lui barrer la route. Mais trop occupés à délaisser le plus rapidement tout débat sur la situation économique et sociale, ils triomphaient de gloser sur ces non
thèmes. Les défenseurs des thèses régressives ne manquant pas dans le parti présidentiel, devenu parti pestilentiel, MM. Guéant, Buisson et Hortefeux revinrent à la rescousse pour alimenter le débat avec les inféodés de Mme Le Pen. Précisons que pour la première fois de son histoire, le mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a porté plainte à deux reprises durant ce quinquennat contre des ministres de la République. C'est aussi l'UMP qui a érigé la situation des étrangers en « problème » national. Jamais un gouvernement n'a eu une gestion aussi abjectement comptable de l'expulsion des étrangers que le
leur. Quiconque verrait une séance ordinaire dans un tribunal administratif ou un centre de rétention n'oserait plus prononcer l'expression juridique aseptisée de « reconduite à la frontière ». Les préfets, ayant d'importantes prérogatives, ne rechignent pas à remplir leur quota d'expulsion d'étrangers. Devant les tribunaux, les demandeurs d'asile peuvent expliquer que le retour dans leur pays les exposerait à des traitements inhumains ou dégradants. Le juge ne les croira pas sur parole, il exigera
d'eux des preuves écrites. Or, comment prouver des sévices futurs. Si le pays est réputé « sûr », alors le demandeur est « reconduit ». Le Préfet ou le Juge expliqueront qu'ils ne peuvent pas distinguer ceux qui mentent, et ceux qui sont sérieux. Or, dans ce doute légitime, il conviendrait,
pour la cinquième économie mondiale de se payer le luxe, d'accueillir aussi ceux qui mentent, plutôt que d'expulser aussi ceux qui disent la vérité. Sur ce point, observer une file d'attente d'étrangers devant la porte d'une préfecture de grande ville est épouvantable. Enfin, si l'on manquait d'argument, souvenons nous du thème phare du parti : la sécurité. Avec ces caméras de surveillance, ces radars routiers devenus la seule politique de sécurité routière, l'omniprésence policière et sa politique du chiffre instaurant un climat de peur et de méfiance. Face à ces deuxièmes responsables, retenons qu'il est devenu ténu d'établir une différence entre le discours du FN et le leur. La frontière continuera à se réduire, une union entre la droite et l'extrême droite n'est pas à exclure.

3- « Plutôt Hitler que le front populaire » :


C'est aussi aux descendants de ceux qui dans les années 1930 pensaient « Plutôt Hitler que le Front populaire » que tout citoyen sensé devrait en vouloir et parmi eux à trois types d'acteurs :


a) Les membres du parti socialiste(PS)


Que l'on ne partage ou pas les idées de M. Mélenchon, ne fallait-il pas au moins reconnaître qu'il a fait oeuvre de salut public en orientant sa campagne contre le FN en rappelant que ce parti n'est pas comme les autres. Il est tellement différent que des pays voisins, comme l'Allemagne, interdisent ses confrères. Quelle tristesse d'avoir vu M. Mélenchon agir seul dans cette ligne. Quel désarroi de n'avoir pas vu ses anciens compères socialistes le soutenir, au simple motif politicard qu'une chute du FN rendait caduque le vote utile, leur seul argument politique. Ainsi les résultats du 22 avril leur permettait de jubiler car leur plan de campagne de 2017 était déjà tout ficelé. Ils pourront devant la menace de la
montée du FN qu'ils ont eux-mêmes favorisée appeler à voter utile.
Une transfuge du PS, passée dans les rangs du front de gauche, m'avouait son dégoût d'avoir vu un cadre parisien du PS lui expliquer comment il fallait militer dans les banlieues. « Ne cherche pas à comprendre les problèmes des gens, avait-il dit à cette banlieusarde de naissance, tu es là pour leur dire de voter Hollande, c'est tout ». Pas d'idée, pas de projet politique, pas de proximité avec les gens, seule la volonté d'accéder au
pouvoir.
L'indifférence à l'égard de M. Mélenchon ne leur suffisait pas, ils se sont mis à l'attaquer. Ainsi M.Gérard Collomb, maire de Lyon, a-t-il qualifié son ancien camarade de Khmer Rouge voulant faire de la France un régime communiste. Pourtant en terme de trahison du peuple, celui qui a troqué
gratuitement tous les panneaux publicitaires de sa ville, à M. Jean-Claude Decaux, publicitaire et ami de M. Sarkozy, présent au Fouquet's le 6 mai 2007, a plus d'expertise que le PolPot en puissance.
Alors quelle proximité avons nous avec ces barons ?

b) Les membres d'Europe écologie les Verts


Plus ridicules, ceux qui comptaient s'abstenir de faire campagne après avoir contracté leur accord avec le PS, étaient tellement en colère de voir que leur seul argument de campagne (pleurer que personne ne parle d'écologie) tombait puisque M. Mélenchon parlait de « leur » thème, qu'ils ont changé de stratégie de campagne en attaquant eux aussi le candidat du front de gauche. On eut droit à « la vie n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon » de M. Cohn-Bendit (honorable
renégat passé du Col Mao au Rotary), puis au «Il est dans la démagogie » de M. Jean-Vincent Placé, et au « Mélenchon fait campagne avec un rétroviseur » de Mme Cécile Duflot. Autant de personnes qui ont jugé plus important d'attaquer le candidat de gauche que Mme Le Pen, et de
laisser M. Mélenchon seul dans son combat contre le fascisme.
Il est vrai que faire connaître « leurs » arguments sur l'écologie eût été plus fatiguant.


c) Les journalistes


Par les mêmes procédés néfastes, les journalistes de la gauche caviar (tel que Le Monde, ou Libération qui ont ouvertement fait campagne pour Hollande) ont agité le chiffon noir de Marine Le Pen durant toute la campagne et depuis plus d'un an, répétant sans cesse qu'elle était une menace pour la démocratie, lui conférant tellement d'importance qu'elle en est effectivement devenue une...


Cette menace leur permettait d'appeler à voter pour M. Hollande. Puis dans la dernière semaine, doutant que leur stratégie ait fonctionné, ils ont sérieusement pris les choses en main, et ont lancé une campagne calomnieuse contre M. Mélenchon. Le lundi, ils annoncent qu'il a assisté à la remise de légion d'honneur de M. Patrick Buisson, conseiller spécial raciste du Président de la République. Le mardi, ils annoncent qu'il a mangé avec Henri Guaino. Le mercredi, photo diffusée à 4 millions d'exemplaires avec M. Bachar al Assad.


C'en était fini.

III- Alors comment faire un choix pour le deuxième tour ?


1) Pour le PS ?


Appeler à voter pour le PS au deuxième tour relève de l'impensable. Personne n'y pense raisonnablement. Même les militants socialistes n'y pensent pas, eux qui pendant toute la campagne ont appelé à voter seulement contre Sarkozy. Il y a tout lieu de croire que leur gestion sera
catastrophique puisqu'ils ne veulent pas « sortir du cadre » imposé par le carcan des traités européens. Ainsi, dès la première semaine, les électeurs de François Hollande auront beaucoup de peine à le voir se démener, la voix encore toute enrouée, avec les financiers qui ont, contrairement à ce qu'il a annoncé, des noms, des visages et des adresses. Ces derniers se serviront de leur nouvel outil financier (contrats à terme sur la dette française) confectionné pendant la campagne électorale (durant laquelle ils ont avoué avoir été très patients)
pour spéculer contre la dette. En assez peu de temps, celle-ci devrait mécaniquement augmenter, de même que le déficit en raison de l'augmentation du taux d'intérêt d'emprunt qui s'ensuivra... Baisse
des notations... Cercle vicieux classique. M. Mélenchon rigolera, quoique vu la gravité de la situation future, il n'aura pas cette indécence. Il dira que se passe ce qu'il décrivait quand on l'injuriait de populiste.
Ne nous attendons à aucune bonne nouvelle (sauf peut-être une diminution de 30 % du salaire du Président de la République et de tous les ministres) de la part du PS qui s'est fait remarquer entre 1998 et 2002 en ayant le gouvernement le plus privatiseur de l'histoire. Ainsi devrions nous peut-être prévenir les militants socialistes de ne pas faire la fête dimanche soir, au moins pour ne pas paraître ridicule le lendemain.

2) Pour l'UMP ?


Qu'on se rassure, leur gestion de la première semaine (et du futur quinquennat) ne sera pas plus honorable. Eux qui pendant cinq ans, et avec l'aubaine de la crise financière la plus importante depuis les années 1930, n'ont pas réussi à interdire certains produits financiers spéculatifs et ne sont pas parvenus à empêcher le monde de la finance de dicter ses règles.
A la question de l'intellectuel américain Thomas Franck « Pourquoi les pauvres votent-ils à droite ? » le mandat de M. Sarkozy permet de répondre avec assurance. En stigmatisant certains pauvres (par exemple un chômeur, soit il fraudeur d'ailleurs), il a permis à d'autres pauvres (par
exemple, le travailleur pauvre, gagne-t-il 1500 € /mois d'ailleurs)- qui pensent alors faire partie des riches! - de trouver des coupables. Le travailleur pauvre n'a pas eu tort d'être irrité par ce voisin chômeur qu'il connaît et grâce auquel il peut personnifier et s'approprier les arguments faciles, mais il était manipulé.
Car ce n'est pas à ce travailleur pauvre que M. Sarkozy a rendu service lors de son mandat ni même au petit patron, figure qu'il a tant instrumentalisée. Sinon, pourquoi les PME paieraient-elles
toujours plus (proportionnellement) de cotisations sociales et d'impôts que les entreprises du CAC 40 ? Une représentante de petite PME m'expliquait d'ailleurs que les ouvriers tombaient plus souvent dans le piège de cette instrumentalisation que les petits patrons eux-mêmes. Prenons l'exemple de la réforme des retraites. Le débat peut légitimement être posé sur le
financement plutôt public ou plutôt privé des retraites, sur l'âge de départ, sur l'avantage ou l'inconvénient qu'a représenté la réforme du quinquennat... Mais ce qui ne fait pas débat est que les bénéficiaires de cette réforme sont les groupes privés qui proposaient des solutions de retraites par capitalisation, et parmi eux celui de M. Guillaume Sarkozy, frère du Président de la République et Délégué Général du groupe Malakoff Médéric, entreprise de retraite et de prévoyance. Ce n'est pas le légendaire petit patron ni le travailleur pauvre qui étaient au restaurant du Fouquet's le 6 mais 2007 au soir, mais une cohorte de grands patrons qui sont les vrais amis de M. Sarkozy, et si ce dernier a pu nous émouvoir en avouant avoir regretté l'impudeur de cet événement, il ne pourra pas nous faire oublier que les gens qui y étaient sont véritablement ses amis... et que c'est eux qu'il a servi pendant son mandat. Par exemple, Martin Bouygues, premier actionnaire de TF1 qu'il a remercié en supprimant la pub sur France Télévision, ce qui a augmenté mécaniquement le prix de
la pub sur TF1. Serge Dassault, que l'Etat remercie régulièrement en achetant du matériel de guerre. Henri Proglio, qu'il a nommé comme PDG d'EDF. Bernard Arnault, Vincent Bolloré, François Pinault et d'autres milliardaires à qui il a rendu service par les réformes fiscales. Disons nous une chose. Lorsqu'ils appellent à la privatisation de l'enseignement, de la santé, de l'eau et d'autres pans de l'action publique, ce n'est pas pour présenter aux usagers un service moins cher et plus efficace, mais parce que ces pans, s'ils étaient privatisés, leur rapporteraient des sommes
considérables. L'échec de ces futures réformes, puisque c'est ce à quoi nous promet un deuxième mandat de M. Sarkozy, ne les dérangera pas. La fin de la gratuité des soins les gênera-t-elle ? Non, ils pourront payer un médecin hors tarification de la sécurité sociale. L'inégalité d'accès à l'école et les classes surchargées ? Non, ils ont, eux, un capital culturel à transmettre à leurs enfants, et n'ont pas besoin de l'école publique pour ce faire, au pire se paieront-ils des cours de soutien scolaire privé. La disparition des bibliothèques publiques ? Non, ils n'en ont pas besoin, ils ont dans leur salon des bibliothèques privées. La fin de la gratuité de l'avortement ? Non, si leur fille est accidentellement enceinte, ils pourront payer un avortement. Sur la fin de son mandat, M. Sarkozy a même honoré cette prophétie de Victor Hugo « fermez des écoles vous construirez des prisons ».

 

Pour finir, je propose de faire un choix au deuxième tour en fonction de l'ordre des responsabilités établi ci-dessus, les plus responsables ne méritant pas notre voix, les moins, un peu plus. Nous revivons le second tour de 2002 avec un candidat de droite et un candidat d'extrême droite. A n'en plus douter, il faut virer celui d'extrême droite.

 

La Galoche

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Commentaires : 23
  • #1

    Damoiseau L'Xé (vendredi, 27 avril 2012 11:46)

    "Quelle indécence à festoyer quand on apprenait le score du Front National - FN (estimé sur le moment à 20%, finalement de 17,9%)"

    C'est exactement le sentiment que j'ai éprouvé sur le moment. J'ai été pris d'un dégoût en voyant les socialistes faire la fête à Solférino.
    Je me suis interrogé : en fait en 2002, ce qui les a le plus choqués, ce n'était donc pas le score du front national, mais bien l'absence de leur candidat au second tour...

  • #2

    Damoiseau L'Xé (vendredi, 27 avril 2012 12:26)

    Magnifique billet, bien rédigé, avec un remarquable travail de synthèse ! Bravo !


    Juste une petite remarque sur la forme : "des horaires de piscine décalées" (II- partie 1) ; c'est "horaires décalés" - horaire étant masculin (ceci dit, c'est plus facile de voir une faute, que d'écrire un tel texte - Encore BRAVO!)

  • #3

    duagt (vendredi, 27 avril 2012 14:23)

    Quel article partisan et qui ne comprend rien..
    critiquer le bilan de sarkozy pdt cette crise cest comme critiquer une digue car on a recu quelques gouttes apres un tsunami, la ou chez les voisin, ils sont noyés.

    Avez vous vu a quoi on mené les gouvernement socialiste lespagne, la grece ?
    22% de chomage, ça vous parle ?


    Concernant le FN, tant que certains comprendront pas qu'il ne s'agit pas de "racisme" mais de "cultur-isme"..
    Voir des HLM pousser dans la plus belle ville du monde, par demagogie, faire chuter le tourisme. Avoir même creer le syndrome de paris qui fait que les japonais entrent en depression apres avoir vu l'etat de la ville..

    Ne pas comprendre qu'un mec dans son village, qui a vecu 60ans, et aime sa culture, ne supporte pas de voir changer son paysage et ses reperes...

    L'immigration à la base est basée sur l'integration. = Adopter la culture et les codes du pays daccueil. il ne sagit pas d'origine, mais de culture.
    Inviter quelqu'un chez soi, cest une chose deja honorable, sans qu'on ait besoin que celle ci vienne changer toute la déco.

    Un immigré, si la culture lui convient pas, il a le choix de retourner dans son pays d'origine et retrouver ses codes.
    Un vieux francais, si vous lui changez sa ville, ses codes, alors qu'il a rien demandé, il va ou ? Chaque année l'immigration est de 1%, ce qui veut dire que chaque année, le pouvoir de vote, et d'influence des "ancien francais" se retrouve dilué de 1%.
    Que peuvent il faire pour continuer à vivre comme ils le souhaite ? Ils veulent pas forcement fermer les frontiere, il sont pas contre l'accueil mais ils veulent au moins ne pas "moins bien" vivre qu'avant.




    Ce sont des préoccupation légitimes. l'immigration n'a rien de nuisible mais il faut que la personne qui decide de venir, s'adapte. c'est pas au pays de s'adapter à elle.

    Je trouve tout principe colonial culturel horrible ça fait perdre de la richesse au monde.

    Abbattre des pagodes au japon pour y construire des macdo... ce genre de chose.
    A vouloir melanger des cultures dans tous les pays, des cultures bleu, rouge, vertes, on finit par avoir un violet sans nuance partout. On finit par y perdre en diversité au final et cest regrettable.

    Le dernier aspect cest qu'on fait venir des gens qui ne travaillent pas et pesent sur le systeme. sur les aides, d'une part, et comme ils sotn chomeur, cela cré de la delinquance d'autre part.

    Ces gens n'y sont pas insensibles.

    Ce qui est le plus effrayant cest que les endroit ou le front national est le moin elevé, c'est seulement les villes ou la part de la population d'origine immigré est forte et dilue les sondages.

    Il y a des inquietudes... des problematiques qui sont soulevés. Il ne sagit pas de racismes mais de culture. Il ne sert à rien de jeter la pierre à des gens qui vivent mal certaines choses.
    il ne sagit pas de "renvoyer les gens chez eux" mais au moins de travail à l'integration, et de veiller au ralentissement de changement culturel. en l'espace de 50ans le paysage francais a changé, on y perd notre histoire.

    Donc oui à l'immigration si elle rime avec integration. Si cest pour venir et tout changer, alors Non à l'immigration.
    mettre de la viande hallal, changer les horaires des piscines etc.. cest des details , au final on s'en fou mais cest revelateur du changement en question.

  • #4

    Damoiseau L'Xé (vendredi, 27 avril 2012 15:11)

    @duagt
    "critiquer le bilan de sarkozy pdt cette crise cest comme critiquer une digue car on a recu quelques gouttes apres un tsunami, la ou chez les voisin, ils sont noyés."

    C'est bien, t'as bien retenu ta leçon...
    Faut être vraiment de mauvaise foi (ou de l'UMP!) pour tenter de faire croire au mythe du "président protecteur" ! Ton nabot, hormis les moins exposés, n'a protégé personne !
    Même si je ne crois pas trop en Hollande, ce qui fera plaisir, c'est de voir le nain se manger une bonne tarte ! Et voir sa tronche le 6 mai au soir ! J'espère un discours ou une intervention mémorable à la VGE...

  • #5

    RadTranf (vendredi, 27 avril 2012 15:20)

    C'est sur que le bilan des partis de droite, comme par exemple Berlu en italie est génial.

    C'est sur que la priorité en ce moment c'est de savoir si ton voisin mange Hallal ou pas.

    Ce qu'on vient bien par contre, c'est que derrière leur beaux discours sur la france, l'europe ou le peuple, le FN et ses partisans n'ont en tête qu'une idée et qu'une cible: les immigrés pauvres.


    Moi ce qui m'étonne , c'est que les gens se laissent prendre à la réthorique nationale du FN. Ce n'est après tout, qu'un parti fondé par des collaborateurs et des membre de l'OAS, donc ce que la France a connu de pire comme traitre à la patrie. Attendre d'eux qu'ils se mettent à servir la France, revient à espérer que sarkozy devienne un ascete adepte du la simplicité volontaire.

    Il faut admettre que, malheureusement, la responsibilité va en partie à la gauche, qui au nom de l'internationalisme et de l'antinationalisme (éminement respectables), a laissé à la droite les notions de république et de nations.

  • #6

    Damoiseau L'Xé (vendredi, 27 avril 2012 15:30)

    @duagt

    Au passage, ton discours est bourré de clichés, et ne considère en aucun cas la complexité de la société. Alors défendre le vieux français dans sa campagne, c'est bien, presque louable, mais tu te trompes sur la réalité du terrain. De plus, si l'on suit ton raisonnement au pied de la lettre, on vit comme au moyen-âge et on parle le latin... Et encore, après, il faudra trouver encore plus traditionnel...

    Et l'apothéose : "Ce qui est le plus effrayant cest que les endroit ou le front national est le moin elevé, c'est seulement les villes ou la part de la population d'origine immigré est forte et dilue les sondages."

    Tu considères donc que le fait que le FHaine fasse des scores modestes dans les villes et les quartiers populaires urbains, c'est "effrayant"...

    Dis-moi si je me trompe, mais je pense que tu serais favorable à une droite à "l'italienne" où se mélangent, dans un grand bouillon de culture, les différents courants de la droite traditionnelle et de l'extrême droite. Du moins, c'est que ton discours laisse transparaître...

  • #7

    duagt (vendredi, 27 avril 2012 15:43)

    Je dis juste qu'il y a des preoccupations
    20% d'electeur, cest tout de même 1 francais sur 5.
    Retire ceux tiré de l'immigration des 50 dernieres années, et tu arriverai à 1 francais sur 3.
    C'est pas rien !

    Mais vous devez avoir raison, ces millions de francais doivent etre membre de l'OAS, faites ce que la gauche sait le mieux faire :
    Des discours complaisant et de la politique de l'autruche.

    Nier les problemes , eviter les reformes facheuses et anti populaires.. prenez exemple sur la grece.

    A vouloir faire remotner tout le monde sur le bateau, avant la fin des reparation, et c'est tout le monde qui se noie.

    Voila la realité des programmes :

    Complaisance electorialiste vs realisme.

    http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/04/26/01039-20120426ARTFIG00712-sarkozy-hollande-passez-les-programmes-au-banc-d-essai.php

  • #8

    Doise (vendredi, 27 avril 2012 22:02)

    Entretien avec Christophe Guilluy,
    http://www.slate.fr/story/54109/fn-stupide-gauche-guilluy

    "La gauche pense que si les gens votent FN, c’est parce qu’ils sont vraiment cons. Quand les experts disent par exemple que ce sont des gens non diplômés, disons les choses clairement: ça veut dire qu’au fond s’ils étaient allés à l’école, avaient réfléchi et qu’ils avaient eu un diplôme, ils voteraient socialiste."
    "C’est une condescendance que j’ai souvent trouvée en discutant avec le PS. Pourtant au XXIème siècle, qui est le siècle de l'accélération de la mondialisation et de l’émergence des sociétés multiculturelles, on ne peut plus aborder la question sociale sans évoquer la question identitaire."

    La gauche est pourtant forte en 2012, y compris chez les classes populaires…

    "Heureusement. On vient d’une époque où la majorité de l’électorat populaire votait à gauche. Les gens vont voter pour Hollande par rejet de Sarkozy. Mais il y a quand même une fracture sociale importante, par exemple chez les jeunes entre les diplômés des grandes villes et les jeunes prolétaires. Et l’ouvrier de base a compris qu’Hollande n’allait pas changer sa vie, ça ne sera pas vraiment un vote d’adhésion."
    "Regardons le socle électoral de Marine Le Pen: des actifs de 20 ans à 55 ans, des jeunes, et socialement très majoritairement des ouvriers et des employés. C’est-à-dire la sociologie de la gauche. Si c'est pas une forme de lutte des classes, alors qu’est-ce que c’est?"
    "Elle a en plus capté pas mal de voix de femmes, donc on peut avoir une femme caissière et un homme ouvrier qui sont dans le même trip, avec un vote très rationnel par rapport à leurs conditions de vie."
    "Quant au «J’entends ce cri de colère» lancé par la gauche, c’est la même chose depuis 20 ans, ils ont l’air de découvrir que les ouvriers votent FN. C’est un peu surjoué. Après les élections, ça sera terminé et tout rentrera dans l’ordre. On reparlera des classes moyennes, des banlieues…"

    Et Mélenchon?

    "Il est encore au XXe siècle voire au XIXe. C’est plutôt La Bête Humaine et Jean Gabin, il aurait dû mettre une gapette pour aller jusqu’au bout. Il ne manquait plus que l’accordéon."
    "C’était certes sympa. Je ne dirais pas ça s’il avait obtenu 15% à 20%. Mais à 10, on peut s’interroger. Qu’est-ce qui fait que malgré une offre sociale géniale, un discours fantastique de tribun, les classes populaires ne l’ont pas choisi? Alors qu’il était sur le papier ce qu’il y avait de mieux."
    "On dit toujours que les classes populaires sont parties du PS parce qu’il n’était pas assez à gauche. Là pour le coup on avait la possibilité de voter bien à gauche. Donc il faut prendre en compte ce constat, mais la gauche refuse malgré tout de le faire."

    Que pensez-vous des analyses expertes du vote FN qui défilent depuis dimanche?

    "On finit toujours pas la même conclusion: ces gens sont trop stupides. On décrit ces gens comme s’ils n’étaient jamais allés à la ville du coin. On peut habiter dans un village d’Alsace et être allé à Strasbourg, ou avoir un cousin qui y vit, c’est de l’ordre du possible! La mobilité et la capacité d'analyse ça peut exister même en milieu populaire! Pour les gens, le rural ce sont des paysans et des retraités, alors que ce sont d’abord des actifs ouvriers et employés."
    "On est encore dans la condescendance, comme quand on dit «Ben c’est parce qu’ils regardent trop TF1». Après il ne faut pas écarter le racisme, on ne peut pas le nier. Mais il faut quand même réfléchir à ce que sont les flux migratoires et ce que ça suggère comme instabilité culturelle."
    "Idem sur la question des préoccupations lors de l’élection présidentielle. Même quand on est ouvrier, on peut penser à deux trucs à la fois. Comme vouloir bouffer, se loger, nourrir ses enfants mais comme on a un cerveau, on peut aussi avoir un avis sur l’immigration. Or les flux migratoires ont un impact sur la vie des gens, surtout s’ils sont dans une vision où ils peuvent devenir minoritaires."

  • #9

    Franck Delarbre (samedi, 28 avril 2012 12:40)

    @Doise : Et si tu "pensais" par toi-même?

    Mets un lien si tu penses vraiment que cet entretien est lumineux, mais le pose pas en argument d'autorité. Que tu kiffes le géographe préféré d'Eric Zemmour c'est ton droit et je le respecte, mais s'il te plait épargne nous les copier-coller!

    @Duagt : En lisant ta prose, j'ai ressenti(après avoir vomi) la souffrance dans laquelle tu devais te trouver pour considérer des gens qui, eux ou leurs aïeuls, aurait eu le tort d'arriver en France après toi. En digne descendant direct de Clovis, j'imagine que tu dois être outré par ces gens "sympathiquement invités qui changent la déco".

    J'essai l'ironie pour essayer d'en rire, mais ça fait pas de miracle..

    Je pressens en toi un amalgame de toutes les personnes venues en France après toi. Essai de te pencher sur les individualités plutôt que sur les généralités à la Pernaut, tu verras c'est plus humain et cela t'empêche de voir en l'étranger un "Valérie Damido de la France" en puissance.

    Enfin, je te rappelle que l'immigration rapporte plus qu'elle ne coûte! (Ministère des affaires sociales, juillet 2010)


  • #10

    Doise (samedi, 28 avril 2012 13:51)

    "je te rappelle que l'immigration rapporte plus qu'elle ne coûte! (Ministère des affaires sociales, juillet 2010)"

    — C'est une vérité. C'est la raison pour laquelle Marseille et le 93 sont les zones les plus prospères de France. Plus il y a de chômeurs et plus les comptes sociaux s'améliorent, qui irait le nier ?

    L'immigration procurant un enrichissement net, on se demande pourquoi tout le monde est d'accord pour essayer de l'endiguer. Pour faire accéder le Maghreb à un niveau supérieur de développement, il faut absolument, au plus vite, y implanter quelques millions de Maliens, Congolais, Nigérians.

    Il faut absolument que les hommes puissent librement circuler partout comme les capitaux et les marchandises, et la main invisible de Mr Smith se fera corne d'abondance.


  • #11

    Franck Delarbre (samedi, 28 avril 2012 15:40)

    @Doise : Tu mélanges tout, tu caricatures et tu ironises. Voilà un état d'esprit fort constructif!

    Alors je vais essayer d'être didactique :

    L'immigration rapporte plus A L'ETAT (et non au citoyen!!) qu'elle ne lui coûte.

    Je n'ai JAMAIS dis que le chômage rapportait de l'argent.

    Je citais une étude du ministère FRANCAIS des affaires sociale (concernant donc le cas de la France, si si!!), et non du Maghreb.

    Enfin, pour reprendre ta caricature : "On se demande pourquoi tout le monde est d'accord pour essayer de l'endiguer (l'immigration)".
    C'est possible, mais uniquement dans ton monde. Fort heureusement, il demeure encore des personnes en France qui pensent que le métissage des Hommes est une richesse culturelle et une réussite économique.

    Au vue du fort remugle de ta contribution au débat, j'imagine que de constater un effet bénéfique de l'immigration reviendrait quasiment à t'arracher la gueule. Par conséquent je suis malheureusement sceptique quant à la suite de nos "échanges".

  • #12

    Doise (samedi, 28 avril 2012 16:12)


    "le métissage des Hommes est une richesse culturelle et une réussite économique."

    Oui, c'est le discours de l'UE, de Terra Nova, du MEDEF (et par voie de conséquence de l'administration française), du Nouvel Ordre Mondial. C'était aussi celui de Sarkozy durant son mandat, hors campagnes électorales.

    Je ne pense pas que ce soit ici le lieu de nous le régurgiter.

  • #13

    Franck Delarbre (samedi, 28 avril 2012 16:32)

    Doise! Je veux fumer la même que toi!

    D'assimiler mon discours aux réalités politiques xénophobes de Parisot, de Bruxelles et de Sarkozy... Chapeau l'artiste on me l'avait pas encore faite!

    Change rien,

    Et hésite pas à me fournir l'adresse de ton dealer!


  • #14

    Doise (samedi, 28 avril 2012 17:02)


    Laurence Parisot :
    "Pour la patronne des patrons, diminuer le nombre d'étrangers autorisés à immigrer en France est une aberration. Laurence Parisot appelle à davantage de modération de la part du gouvernement : « Restons un pays ouvert, qui accueille de nouvelles cultures et tire profit du métissage »
    http://www.laurence-parisot.com/tl_files/pdf/laurence-parisot-le-monde.pdf

    Nicolas Sarkozy :
    "L’objectif, c’est relever le défi du métissage, défi du métissage que nous adresse le XXIe siècle. Ce n’est pas un choix. C’est une obligation. C'est un impératif. On ne peut pas faire autrement."
    "Nous devons changer, alors nous allons changer. On va changer partout en même temps, dans l'entreprise, dans les administrations, à l'éducation, dans les partis politiques, et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra (sic) alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore. »
    http://www.youtube.com/watch?v=UCs4ZcsDo4E

  • #15

    Doise (samedi, 28 avril 2012 17:18)


    "constater un effet bénéfique de l'immigration reviendrait quasiment à t'arracher la gueule"

    — Je cpncède volontiers que sans Nafissata Diallo, tu serais à l'heure qu'il est en train de faire la campagne d'un directeur du FMI (propulsé à ce poste par Sarko, à propos).

  • #16

    Franck Delarbre (samedi, 28 avril 2012 17:42)

    Comme tu peux être naïf...

    Les bras m'en tombent

    Merci pour ta brillante démonstration, je m'incline!

    Pour conclure on aura qu'à dire que le Medef et l'UMP défendent l'immigration et proposent aux migrants (Roms, maghrébins et africains par exemple) des conditions d'accueil bienveillantes respectueuses de leurs différences ...

    C'est affligeant. Finalement tu vas finir par me faire renoncer à la drogue...

    Je te laisse avec tes idées que je considère comme naïves et dangereuses. Tu cris dans le sens du vent, défendant ainsi les 20% qui pensent comme toi que l'autre est responsable de tout.

    Merci pour la leçon de sociologie, un excellent vomitif!

    Monsieur le Prix Nobel, mes hommages


  • #17

    Sylvain (samedi, 28 avril 2012 18:59)

    Moi j'aime bien les sushis, les plats vietnamiens,le coucous et les tajines,le curry indiens...

    En revanche quand ils sont préparés par mon traiteur alsaciens elles ont toutes un goût de choucroute...

    Allez savoir pourquoi

  • #18

    Damoiseau L'Xé (samedi, 28 avril 2012 21:14)

    @doise

    Je ne savais pas que t'étais branché théorie du complot et NWO. Avec tes positions politiques, cela fait un savant mélange. Prochaine étape : tu vas nous avouer que t'es millénaristes?
    Je rajoute qu'au fil de tes commentaires, on comprend bien que seules les questions de préférence nationale et de contrôle de l'immigration (en fait, les thèmes xénophobes et racistes policés et "politiquement-correctisés") t'intéressaient dans le programme du FHaine.

  • #19

    Thib (samedi, 28 avril 2012 21:48)

    @duagt
    "20% d'electeur, cest tout de même 1 francais sur 5.
    Retire ceux tiré de l'immigration des 50 dernieres années, et tu arriverai à 1 francais sur 3.
    C'est pas rien !"

    Le FN a comptabilisé 6 421 426 voix et nous sommes 65,35 millions d'habitants en France (selon l'INSEE) en 2012. Ceci fait donc 9,8% de la population FRANÇAISE.
    Mais visiblement les français ne savent même plus compter. L'idée de créer 60000 postes dans l'éducation n'est peut être pas une si mauvaise idée finalement...

  • #20

    Jard. (dimanche, 29 avril 2012 10:06)

    C'est la faute des autres est un résumé de votre texte. Je ne vois pas pourquoi je devrais accorder ma confiance au PC qui a été stalinien le plus longtemps possible, qui a soutenu Jospin. Changer de discours ne suffit pas, on le reproche suffisamment à Le Pen. Faut faire ses preuves.
    Les médias n'ont pas empêché la victoire du "Non" en 2005.

  • #21

    johann (mercredi, 02 mai 2012 10:13)

    @ Jard,

    Il ne faut accorder sa confiance à personne, la qualité de citoyen implique de ne jamais se positionner en "sujet", en "électeur-consommateur", mais en acteur politique.

    cela fait bien longtemps que le PCF n'est plus "stalinien", d'ailleurs le soutien à la législature "jospin" en est une preuve,

    cela dit, il demeure un problème qui concerne la plupart des partis à des degrés divers, c'est un problème fondamental qui explique bien des dysfonctionnements et des décalages entre le sens de notre république et la réalité des décisions prises.

    Il s'agit en fait d'une quasi absence de démocratie à l'intérieur des partis, et à l'aune de ce critère, objectivement, le PCF serait bien mieux noté que le PS, l'UMP et pire le FN,

    d'autant que la mutation en cours du PCF par l'action des militants de ce parti mais aussi et surtout par l'émulation au sein du FdG, se lit dans les modalités de rédaction du programme du FdG, programme construit par les militants, issus d'échanges et de débats parfois vifs, mais programme construit démocratiquement.

    Aucune autre candidature à part celle de P. Poutou ne pouvait se prévaloir d'être l'expression d'un mouvement politique démocratique, tous, Bayrou, dupont-aignan, le pen, sarkosy et surtout Hollande, ont fait leur programme autoritairement, dans leur coin, entre apparatchiks, et leurs partis sont des écuries électorales cherchant à mobiliser des troupes de suiveurs, alors que le FdG est avant tout une école de pensée et un mouvement conscient qui construit sa cohérence par des allers-retour de bas en haut, et croismoi, c'est un effort intellectuel conséquent qu'ont à accomplir les vieux militants du PC pour s'approprier les idées écologistes, les idées libertaires d'exigence de démocratie directe et d'autonomie. Tout n'est pas rose bien sûr, et les moutons se retrouvent partout, certains idolâtres mélenchoniens au PG aussi, mais ces travers s'observent à la marge. En tout cas jamais les militants-sympathisans du FdG n'auraient accordé un quelconque crédit pour défendre le peuple à une héritière chatelaine...elle a beau faire crier à ses troupes "communistes assassins", les assassins (de communistes notamment) en France, ce sont eux, à commencer par son père tortureur, ses profanateurs de tombes, ses crânes rasés et ses policiers.

    les héritiers de Vichy sont mal placé pour invectiver les communistes français, et nous aurions moins de problèmes avec "les immigrés" si les amis de Fantz Fanon avaient dirigé la France plutôt que ceux des grandes banques d'affaire...

    mais étant plus à gauche que cela, je préfère ne pas regarder dans le rétroviseur et souhaiter que la France soit dirigée par les français. Ceci implique d'ailleurs qu'un citoyen libre et autonome dans la Cité, ne peut être à la fois serf dans l'entreprise et soumis aux forces du "marché" (i.e. la loi du capital accumulé)...d'où l'idée "socialiste" ou "communiste libertaire" selon laquelle la prolongation de la République et son achèvement consiste à créer de nouveaux droits sociaux pour assurer liberté, égalité et fraternité.

    on lira donc le programme du FdG sous cet angle de la prolongation et de l'élargissement des droits du citoyen.

    la mutation idéologique par rapport au "marxisme-léninisme" et sa version "stalinienne" est totale: les proposition de nationalisations ou de "pôle public" sont assorti d'un contrôle direct par les travailleurs des entreprises concernés, pour le reste il s'agit de favoriser une économie de coopératives, d'artisans, etc. par différents outils juridiques mais aussi via la reprise des mécanismes de crédit (pôle public bancaire) et d'investissement (contribution citoyenne, investissement étatique par subvention à partir de prêts à taux nuls d'une banque centrale au statut différent).

  • #22

    johann (mercredi, 02 mai 2012 10:14)

    (suite du post précédent)

    Il s'agit également de revenir sur la direction que le capitalisme cupide à fait prendre à l'économie pour opérer une transition centrée sur les besoins et sur la préservation des ressources naturelle, là encore le terme de planification écologique est assorti de précision rassurantes, puisqu'il s'agit d'une part de construire par un débat national large et horizontal un indicateur consensuel de développement qui remplace la mesure du seul PIB, et d'autre part de piloter les axes de renouvellement de l'appareil productif en s'appuayant sur les travailleurs, sur les citoyens, associations etc., dans une vision planificatrice décentralisée et démocratique, on est donc loin d'une planification comme la France à pu en connaître sous la dictature Gaulliste, décidée par les polytechniciens et autres énarques "sachants".

    alors bien sûr, la vigilance citoyenne est la clé de la réussite de ce programme voire de son dépassement, mais encore faudrait-il pour que le FdG puisse "faire ses preuves" qu'il soit porté par les français lorsqu'on leur demande de choisir dans quelle société ils veulent vivre et voir vivre leurs descendants...la victoire du "Non" en 2005 n'a pas suffit, encore faut-il une traduction politique pour lui donner un sens...l'humain d'abord!

  • #23

    Cheap Authentic Jerseys (vendredi, 09 novembre 2012 03:51)

    Never frown, even when you are sad, because you never know who is falling in love with your smile. I don't think that when people grow up, they will become more broad-minded and can accept everything. Conversely, I think it's a selecting process, knowing what's the most important and what's the least. And then be a simple man.And yellow leaves of autumn, which have no songs, flutter and fall there with a sign.  dcyh000061109