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29

avril

2012

Lettonie: le prisme ethnique comme outil de dépolitisation

MEMOIRE OFFICIELLE, MEMOIRES CONFLICTUELLES

 

16 mars 2011. Plus de deux mille lettons, dont plusieurs députés, manifestent en hommage à la Légion Lettone. Officielle de 1998 à 2000, cette journée célèbre la mémoire de ceux qui ont combattu l’Armée Rouge dans les deux divisions lettones de la Waffen-SS. Comme chaque année, une gerbe de fleurs est déposée au pied du Monument de la Liberté, centre névralgique de Riga auprès duquel se tenaient les rassemblements contre l’occupation soviétique dans les années 1980.

En face, des contre-manifestants qui veulent « un monde sans nazisme ». Beaucoup d’entre eux font partie de la « communauté russophone », et ont servi dans l’Armée rouge. Comme chaque année, des militants antifascistes de différents pays ont été bloqués à la frontière. La forte proportion de manifestants de moins de 25 ans du côté des nationalistes s’explique par la vision de l’Histoire inculquée à l’école, où les « Légionnaires » sont présentés comme des combattants de l’indépendance lettone, et où leur rôle dans l’entreprise nazie est passé sous silence. Certains contre-manifestants brandissent des banderoles sur lesquelles on peut lire « Ethnocratie + Russophobie = Fascisme ». Qu’importe, le discrédit frappe les « partis russes », et peu de passants sont prêts à les écouter...

 

9 mai 2011. Plusieurs milliers de personnes commémorent la victoire alliée aux alentours du Monument de la Victoire de l’Armée soviétique, imposante construction érigée par Gorbatchev en 1985. Des associations et des partis lettons pro-russes se sont mobilisés avec l’Ambassade de Russie pour donner à la célébration le plus grand retentissement. Le maire de Riga, leader du parti russophone de gauche « Centre de la Concorde » (1), s’y exprime pour la première fois en russe. Un feu d’artifice aux couleurs des drapeaux russes et soviétiques clôt la soirée. Sur le chemin du retour, à l’entrée de la vieille ville, quelques centaines de jeunes scandent «Rossiya ! Rossiya ! ».

Des passants sont choqués : pour nombre d’entre eux, mai 1945 marque avant tout l’annexion de leur pays à l’URSS et le début de cinquante années d’occupation, transcrites dans l’imaginaire collectif comme le moment le plus noir de l’Histoire contemporaine lettone. C’est à cette période que se sont installées en Lettonie la plupart des familles russophones présentes le 9 mai au Monument de la Victoire. Dans ce groupe, si certains mettent seulement en avant la nécessité de rendre hommage aux soldats morts en combattant le nazisme, ou le refus du nationalisme dans la société lettone, il y a chez d’autres participants l’effervescence propre aux instants privilégiés. Comme si ce moment festif permettait d’évacuer les frustrations actuelles, et la nostalgie de l’URSS qui peut en découler …

 

Si ces deux dates n’en sont que des transpositions concrètes, le conflit sur l’Histoire lettone de la Seconde Guerre mondiale à l’indépendance de 1991 polarise la société. L’affaire Kononov, du nom du partisan russe condamné à la prison en 1998 pour avoir exécuté en 1944 des villageois qui collaboraient avec les nazis, en est une bonne illustration (2). Autre exemple éloquent : le « Musée de l’Occupation » à Riga, dont un panneau s’intitule « Nazisme : Espoir et désenchantement ».

 

DEPOLITISER POUR MIEUX REGNER : COMMENT LA LETTONIE A CREE SES APATRIDES.

 

Après l’indépendance obtenue en 1991, les frontières de l’identité nationale ont été construites sur la survivance d’une culture et d’une langue lettones ; la présence russe fut jugée trop récente pour être légitime, et trop forte pour ne pas être préoccupante. C’est sur l’exploitation de cette crainte que se fondent les programmes des années 1990, destinés à renvoyer « les non-Lettons dans leur patrie ethnique » (3). La distinction conceptuelle entre citoyenneté et nationalité – entendue comme l‘appartenance à une « ethnie » -,  a favorisé une politique d’Etat distinguant les « non-Lettons » des « Lettons de souche ». Dans les premières années de l’indépendance, seules les personnes ayant eu la citoyenneté lettone avant 1940  (date de la première annexion de la Lettonie par Staline), ainsi que leurs descendants, se sont vus reconnaître la citoyenneté lettone. Ceux dont la famille s’était installée dans la République balte après 1940 ont donc été cantonnés au statut-fantôme de citoyen soviétique, jusqu’à ce que les autorités soient sommées par leurs nouveaux partenaires occidentaux de réagir. En 1995, alors que la Lituanie laisse ses habitants libres de choisir eux-mêmes leur citoyenneté, la « solution lettone » est présentée sous la forme d’une loi à l’intitulé explicite : la « Loi sur le statut des anciens citoyens de l’URSS n’ayant pas la citoyenneté lettone ni celle d’un autre Etat », qui instaure le statut de « non-citoyen ». (4)

Le discours officiel actuel, incarné par l’ex-ministre de la Culture Sarmīte Ēlerte, consiste principalement à justifier l’existence d’une telle catégorie juridique en présentant les non-citoyens comme des individus privilégiés comparés aux personnes apatrides. Si les autorités lettones délivrent aux non-citoyens un passeport permettant de voyager à la fois en Russie et dans l’Union européenne, ainsi que des permis de travail et de résidence permanente, il n’en est pas moins que ce statut exclut de la participation aux élections générales et locales, auxquelles même les ressortissants des autres pays de l’UE résidant en Lettonie participent. De plus, les non-citoyens ne peuvent prétendre à l’embauche dans la fonction publique lettone, ou à certains emplois à caractère public (notaire, avocat assermenté…).

Présentés par les nationalistes comme des « occupants russes », beaucoup des non-citoyens affirment pourtant avoir soutenu l’indépendance de la Lettonie lors du referendum de 1991…Bien qu’une nouvelle loi sur la citoyenneté ait instauré en 1998 la possibilité pour les non-citoyens de se faire naturaliser, la création d’une catégorisation juridique discriminante, et les incitations constantes à apporter des preuves de loyauté envers la Lettonie, lourdes de symbole, ont amené nombre de non-citoyens à voir la naturalisation comme une étape humiliante, et à s'en détourner. Ces réticences expliquent en partie la persistance d’une proportion préoccupante de non-citoyens dans la population : plus de 326 000 personnes (soit autour de 15% de la population enregistrée) sont des « aliens », pour reprendre le terme qui apparaît sur leur passeport, dont des enfants nés en Lettonie après l’indépendance.

 

QUAND L’ETHNIE REMPLACE LE PROJET POLITIQUE

 

De la constitution d’un « corps étranger à la nation » découle une identité politique. Le simple fait d’être lecteur de la presse russophone forge le « caractère russophone », renforcé par l’utilisation récurrente du « nous » dans ces journaux (5). Le clivage droite/gauche s'est donc déplacé sur des considérations ethnico-linguistiques, où être de droite signifie être « pro-letton» et de gauche « pro-russe ». En plus d’accentuer les divisions et de justifier l’existence de deux presses séparées, l’utilisation des termes « russes » ou « russophones », invite à penser que seuls des gens de la même « ethnie » peuvent se représenter les uns les autres. Les considérations nationales sont donc utilisées à des fins de dépolitisation. A titre d'exemple, les manifestations de 2009 contre les effets de la crise, qui pouvaient faire consensus à l'intérieur de la classe des salariés, furent traitées à travers le prisme ethnique.

 

Les élections législatives anticipées de septembre 2011 ont vu la victoire du Centre de la Concorde, seul parti ayant fait campagne sur la nécessité de renégocier l'austérité imposée par le FMI. Bien qu’étant depuis le parti le mieux représenté au Parlement (31 sièges sur 100), il a été d’emblée écarté des tractations politiques du mois d’octobre, les « partis lettons » de centre-droit lui ayant préféré les ultra-nationalistes de VL-TB/LNNK (Tout pour la Lettonie-Pour la patrie et la liberté/Mouvement pour l’indépendance nationale de la Lettonie) pour former le gouvernement Dombrovskis III.

 

Il est évident que l'imposition de clivages ethniques au dépend de tous les autres rend difficile la possibilité d'un mouvement social et politique qui puisse faire front à l’austérité imposée par l’Union Européenne et le Fonds Monétaire International. En revanche, une lutte remettant en cause les emplois à soixante-dix lats par mois (environ cent euros), le plafonnement du salaire minimum à 230€ ou encore les restrictions budgétaires drastiques dans l'éducation pourrait substituer des considérations sociales à l'obsession nationale ...

 

Morgane

 

 

 

Notes

 

(1)  Il existe depuis novembre 2009 un accord de coopération entre le Centre de la Concorde et le parti poutinien Russie Unie, qui prévoit des rencontres régulières, des échanges d’information et «d’autres formes de dialogue». Voir «Malmenée par la crise, la Lettonie se tourne de plus en plus vers la Russie », Piotr Smolar, 02/10/2010 , Le Monde.

 

(2)  Sur ce cas encore sujet à polémiques, on peut se référer à l’article de de Bruno Drweski paru le 20 mai 2011 sur www.michelcollon.info, « Quand la Cour Européenne des droits de l’homme révise l’histoire ». 

(3)   La notion de «retour volontaire des non-Lettons dans leur patrie ethnique» est notamment contenue dans la Loi sur le rapatriement du 24 octobre 1995. Voir Nils Muižnieks, (dir.), How Integrated is Latvian Society? An Audit of Achievements, Failures and Challenges, Riga: University of Latvia Press (2010), http://szf.lu.lv.

(4)  La loi en question est notamment disponible en anglais sur la page du Conseil de l’Europe :http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/nationality/National%20legislation/Latvia%20-%20Law%20on%20non-citizens.pdf

 

(5)  A ce titre, on peut se référer au très bon ouvrage dirigé par Maria GOLUBEVA et      Robert GOULD, (dir.), Shrinking citizenship, Discursive practices that limit democratic   participation in latvian politics (Rodopi, 2010).

 

 

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Commentaires : 9
  • #1

    Damoiseau L'Xé (dimanche, 29 avril 2012 12:28)

    Merci pour cet éclairage.

  • #2

    Doise (dimanche, 29 avril 2012 15:01)


    Article lumineux, qui jette un très sinistre éclairage sur l'immigrationisme qui sévit dans les pays d'Europe.

    Provoquer des clivages ethniques en implantant délibérément des minorités, c'est s'assurer du contrôle des majorités comme des minorités.

    Au fond, le nouvel ordre capitaliste ne fait que reprendre les recettes staliniennes. La dictature communiste s'attachait à rendre l'URSS indétricotable en encourageant l'émigration de Russes vers les nationalités périphériques. C'est ainsi que le Khazakstan, les pays baltes, l'Ukraine etc. se sont retrouvés avec d'énormes minorités russes censées faire obstacle aux tentations centrifuges. En 1954, le régime est allé jusqu'à transférer à l'Ukraine des territoires essentiellement russes (dont la Crimée) rien que pour y attiser les clivages ethniques.

    Ce qui ne veut pas dire que l'Union Soviétique était l'outil du nationalisme russe, bien au contraire. Les Russes y étaient la composante la plus maltraitée. Toutes les républiques périphériques avaient leur propre parti communiste... sauf la Fédération de Russie.

    Cet aspect du fédéralisme lénino-stalinien est trop souvent ignoré. L'ex-Yougoslavie en était un autre exemple : les nationalités périphériques étaient chouchoutées, tandis que les Serbes de Croatie, de Bosnie-H. et du Kossovo était ouvertement réprimés. En faisant, tardivement, de Belgrade le centre d'une politique nationale purement serbe, Milosevitch a rompu avec la pratique de Tito (avec les conséquences que l'on sait, dont l'intervention d'un OTAN étrangement désireux de reproduire le statu quo ante de d'imposer explicitement l'existence d'Etats multi-ethniques.

    La guerre larvée qui se mène actuellement dans les nations d'Europe oppose le multiculturalisme des élites (depuis le MEDEF jusqu'à la direction du PS, en passant par l'ambassade américaine et Canal+) aux souverainismes.

    Arrive un moment où il faut choisir.

  • #3

    olivier (dimanche, 29 avril 2012 16:14)

    bonjour, je vois que vous êtes un site depuis 2011 et l'arrivée des indignés, un peu plus, mon nom est olivier Digne, on se connait? le le commentaire deux fini de manière simpliste, l'article en lui même c'est une info la pensée simple pour rassembler quand on est à court d'arguments... l'amalgame entre un corps le multiculturalisme et de soit disant élites en opposition avec les souverainistes...c'est là un peu trop...de raccourci c'est oublié les nation et les valeurs en jeu dans un monde multipolaire... cela étant il y a bien un problème entre un système en place qui doit évoluer et un autre...vieillissant et mourant jour après jour, mais celui qui meurt, c'est le monde néolibéral quoiqu'en pensent les médias...

  • #4

    Doise (dimanche, 29 avril 2012 23:13)


    Soit dit en passant, on pourrait aussi bien concocter un article sur "L'antifrontisme comme outil de démobilisation". La campagne du sieur Mélenchon a été un modèle du genre. Elle est partie d'un souverainisme subliminal qui n'osait pas s'assumer pour se laisser dévier vers un match perdu d'avance contre le FN, étant bien entendu qu'il était techniquement impossible que Mélenchon atteigne les 15% alors qu'il était exclu que Le Pen fasse moins.

    Que cette embardée dans l'antifrontisme théâtral ait été programmée et impulsée par les médias, histoire de faire du spectacle sur un scénario conventionnel, c'est plus que probable. Mais qu'elle ait été intériorisée par Mélenchon, dans la perspective d'accords avec le PS pour le partage de circonscriptions aux législatives, on ne peut l'exclure.

    En se recentrant sur l'opposition à l'opposition, e PdG a donc abandonné la protestation contre l'euromondialisme libéral au FN. Le lepénistes s'en réjouiront, ils y verront une illustration de la justesse de leurs positions, et une confirmation de leur stratégie du bunker.

    Mais ceux qui, comme moi, espéraient que la convergence des objections au système (qu'elles soient d'inspiration socialiste, colbertiste, ou nationaliste) se renforcent l'une l'autre n'y trouvent pas leur compte.

  • #5

    RadTranf (lundi, 30 avril 2012 11:37)

    La drogue c'est mal. Ou comment un article dénonçant l'instrumentalisation de la xénophobie à des fins politiques est utilisé par un commentateur pour justifier la xénophobie...

  • #6

    Doise (lundi, 30 avril 2012 20:13)


    "justifier la xénophobie..."

    — Nous sommes dans une guerre de libération. Ne sais-tu pas ?

    Si tu connais une guerre de libération qui s'est faite et a gagné sur des mots d'ordre comme "A bas la xénophobie", "accueil de l'Autre", "métissage", "mélange des cultures", "nous sommes tous des enfants de colonisateurs, première, deuxième, troisième génération...", tu serais bienvenu de m'en informer.

    C'est quand même invraisemblable qu'il faille revenir au rappel des fondamentaux.

  • #7

    Moi-même (mardi, 01 mai 2012 22:00)

    Tout de même incroyable que les Français ne comprennent pas qu'ils ne sont pas le centre du monde. La démocratie ethnique est relativement courante, l'Allemagne, par exemple, au hasard. La gauche nous colle à des pays qui rejettent l'autre, et cela, au nom de l'universalisme. Amusant, non? Que ferez-vous aux temps chauds, quand l'horreur reviendra? Une condamnation verbale de tel ou tel pays d'Europe qui se sera livré à des massacres de minorité? Après tout, il faut tout sacrifier à la fin des frontières!

  • #8

    johann (mercredi, 02 mai 2012 11:17)

    @ Toi-même

    La France n'est sûrement pas le centre du monde mais elle a inventé des clés pour un vivre-ensemble apaisé.

    ces clés sont un socle de valeurs dont les pays d'amérique ont su s'inspirer pour construire des Nations indépendantes.

    Il se dégage de l'examen des situations à l'étranger une impression de malaise quant à la reprise par l'extrême droite française des concepts archaïques et arriérés qui sont la négation même de ce qu'est la France.

    La France n'a jamais été une Nation ethnique et ne saurais le devenir. La France est une Nation civique, on ne naît pas Français, on le devient. L'identité de la France n'est pas ethnique, et c'est cette supériorité conceptuelle sur le chauvinisme ethnique qui en fait une nation rayonnante dans le monde, parce qu'elle contient des valeurs de concorde telle que la citoyenneté, la laïcité et les droits de l'Homme, en tant qu'il est vu comme être universel avant d'être un membre d'une ethnie ou d'une culture fermée sur elle-même.

    c'est justement la victoire idéologique en France des valeurs anti-républicaine et la création purement artificielle, par copiage des ethnicisme germaniques ou slaves, de l'idée d'une Nation ethnique et la prétendue existence de français de "souche", qui crée un terreau favorable au multiculturalisme. c'est le vol des symbole de l'unité et de l'universalité des valeurs françaises par l'extrême droite et les conséquences des guerres de nationalismes ethnique qui a sans doute poussé une certaine gauche à abandonner le combat pour la perpétuation de l'idée française de nation républicaine, en plus de son abandon de l'anticapitalisme, qui a privé la république de sa force de "fabrication de citoyens", de production d'une identité nationale vecteur de concorde et de vivre-ensemble, qui a conduit les victimes de la relégation et du racisme à se chercher des identités dans les pays de leurs ancêtres et à rejeter cette france qui les a fait non-citoyens et les cantonne au statut permanent d'"immigré".

    il est évident que le renouvellement de notre identité nationale s'impose, ne serait-ce que parce que la négation par les jacobins des identités "ethniques" des peuples et des cultures déjà installés en France (basques, bretons, provençaux, etc.) n'est pas recevable et constitue un héritage lourd de génocide culturel contraire à la pensée universaliste, mais cette identité ne peut pas se nourrir des idées barbares d'ethnicisme et de nationalisme ou de cléricalisme,

    tout simplement parce que la france est depuis toujours une terre d'immigration et qu'il est illusoire de vouloir y trouver une unicité génétique et surtout parce qu'il est évident que l'idéologie de la suprématie blanche et son masque désormais "victimaire" d'un soit-disant "peuple" "envahi" par des "autres", conduirait logiquement à évacuer par la violence des millions d'habitants et à en faire des apatrides.

    les négationnistes de la République, s'ils avancent désormais masqués, et qu'ils ne revendiquent plus la France comme territoire d'expansion d'une race, ou comme sous Vichy, une alliance de région "ethniques", sont un obstacles à la reconstruction d'une concorde nationale.

    j'estime, tant pour ceux qui s'abandonnent à ces idéologies délétères, que pour ceux dont le vide identitaire se comble par des allégeances à des traits culturels "étrangers", qu'il s'agit avant tout d'un problème d'éducation et d'adhésion à la seule voie possible pour un vivre ensemble apaisé et surtout pour avancer tous ensemble face aux véritables ennemis.

    S'il est indéniable que nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, il va de soi que nous avons d'abord à la faire cesser, telle est je crois la mission que le peuple français devrait se donner, tant qu'il compte en termes de poids économique et symbolique. la chasse à l'immigré est autant d'argent gaspillé et un puits sans fond.

    mais pour ce qui est notre vivre ensemble et de nos valeurs, la meilleure manière de faire devenir français celui qui est venu d'ailleurs est de le faire se sentir intégré, d'échanger, de sanctionner uniquement ce qui dans ses comportements et pensées serait contraire à l'universalisme républicain et à la laïcité. Mais ceci ne sera possible que lorsque cesserons les expressions répressives, racistes, intolérantes et les velléités de suprématie blanche ou catholiques. Impossible également si les derniers arrivés restent dans des quartiers de relégation, les premières victimes des politiques de maintien du chômage et d'assistanat sous l'angle de la "charité" et non de l'inclusion à la société.

  • #9

    johann (mercredi, 02 mai 2012 11:17)

    (suite du message précédent)


    si les gens qui votent FN ne sont pas racistes, c'est donc qu'ils souhaitent que les noirs et les arbes deviennent français et non pas qu'ils se comportent en individus anomiques piochant à la carte dans les identités d'ancêtres ou de "compatriotes" imaginaires,

    s'ils ne sont pas racistes, alors ils savent que le noir adopté par une famille de "braves gens" devient un brave type, mais peut-être ira-t-il voir du côté d'autres obédiences si la France et les "français" le voir d'bord comme un noir avant de le voir comme l'un des leurs...les remarques racistes, ça marque, à vie...

    si les français se rappellent de ce qui fait la France alors ils combattrons la misère et le capitalisme néolibéral ou le capitalisme tout court avant de s'acharner sur des chimères et de voter pour ceux-là mêmes qui accroissent leurs problèmes, et répéter comme des perroquets leurs visions démentes.