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10

juin

2012

La Roumanie face à son destin

Constanta, ville portuaire du Sud Est de la Roumanie, sur les rives de la mer noire. Une mer paisible, calme, presque éteinte. Reflet d’un pays qui souffre comme de nombreux pays en Europe. Il suffit d'observer la population roumaine pour comprendre cette souffrance. Pour voir la misère de familles, installées sur des bâches plastiques, essayant de faire sécher leur linge sur les brindilles d’un arbuste qui ne mesure pas un mètre. En Roumanie, comme souvent en Europe, les tziganes sont les premières victimes de l'exclusion. Leur vie s'apparente à celles de chiens errants, au regard triste, en quête de survie. En prolongeant son regard, le contraste peut être saisissant à la vue de résidences pavillonnaires calqués sur le modèle américain avec ses 4 x 4 flambants neufs ou ses énormes berlines de luxe. Nous sommes en milieu urbain, et les roumains, qui ont profité de la mondialisation, se sentent décomplexés. Ainsi va la Roumanie, qui poursuit son intégration dans le village monde, malgré les déséquilibres économiques et les troubles sociaux. Un pays en transition qui affiche néanmoins des ambitions à l’échelle d'une Europe, qui se cherche un modèle.

A la sortie de la dictature communiste de Nicolae Ceausescu, la Roumanie s'est jetée à corps perdu dans la version la plus extrême du capitalisme: le néo-libéralisme. La transition d'une économie communiste à une économie néo-libérale fut, comme dans de nombreux cas, une véritable catastrophe. Une poignée d'oligarque, comme Dinu Patriciu ou Iona Niculae ont ainsi pu faire faire main basse sur des pans entiers de l'économie du pays pour construire de gigantesques fortunes au détriment du peuple roumain. Aujourd'hui encore, le Président de la République, Traian Băsescu, élu depuis 2004, poursuit une politique d'obédience néo-libérale qui mène le pays à un échec certain. Dans un premier temps, l'illusion a été maintenue qu'une telle politique pouvait porter ses fruits et apporter la prospérité à la Roumanie. En effet, la faiblesse de ses salaires (salaire minimum de 157 Euros au 1er janvier 2011) et de son système fiscal ont attiré de nombreuses entreprises désireuses de profiter des dumping social et fiscal favorisés par le libre-échange intégral voulu par l'UE. Comme d'habitude les résultats ne se pas fait attendre puisque la Roumanie a bénéficié d'un taux de croissance de son PIB de + 8 % en 2007 et en 2008. Comme d'habitude, l'échec n'en fut que plus brutal. Historiquement, l'économie roumaine était dominée par les classes rurales qui représentaient 75,3 % de la population en 1950. La principale structure productive était le foyer familial, où chaque membre avait une place primordiale, l’enseignement scolaire était perçu comme inefficace en zone rurale par manque de perspectives économiques.

Suit l’époque dite de modernité, qui correspond à une politique soutenue d'industrialisation et de modernisation des infrastructures voulue par Ceausescu. En conséquence la population urbaine est devenue dominante pour s'établir à 54,3 % de la population totale au moment de la chute du régime du dictateur roumain. La fin du régime de Ceausescu coïncide avec la période postmoderne qui est marquée par une "réorganisation" des entreprises publiques, et par "l’aménagement" du tissu industriel. Ces politiques brutales de privatisation visant à démanteler l’économie étatisée ont conduit à une paupérisation globale liée à des vagues de licenciements massifs. Le nombre de salariés de 1990 à 1997 a chuté de près de 3 millions. Les premiers touchés ont été les jeunes urbains qui ont souffert d’un chômage de masse. Comme solution à ce chômage de masse, le système éducatif a été "réorganisé" pour permettre aux jeunes de "s’adapter au marché" et d’acquérir une certaine polyvalence. Selon les néo-libéraux, de nombreux fonds étrangers ont permis d’amortir les coûts de transition enregistrés avec le passage à une économie de marché. En réalité la contraction des secteurs secondaire et tertiaire a provoqué une baisse du revenu réel et une explosion de l'économie souterraine. La conséquence de ces politiques est que l'on observe un décalage entre une jeune génération surqualifiée par rapport aux besoins des entreprises locales. L'erreur majeure des néo-libéraux est de ne pas avoir envisagé de favoriser une industrie forte qui seule peut assurer les emplois durables de demain. Conséquence logique de ces politiques inconséquentes, la fracture sociale a commencé à se creuser. En 1997, le revenu total des plus riches (7,6 % de la population) équivalait presque au revenu total des plus pauvres (40% des habitants). Signe de ce mal être, le taux de fécondité est tombé à 1,38 enfant par femme c'est à dire nettement en dessous du taux de renouvellement des générations qui est fixé à 2,1.

L'explosion des inégalités en Roumanie ne s'arrêtent pas seulement aux Tziganes. Les zones rurales sont marginalisées puisque 95 % des jeunes diplômés sont issus du milieu urbain. Les femmes travaillent souvent dans des secteurs où la rémunération est faible et la parité n’est pas respectée au niveau salarial à compétences et à fonctions égales. 40 % du PIB provient de l'économie souterraine. Les néo-libéraux souhaitaient que la Roumanie s’engage dans une politique de privatisations des entreprises publiques, de restructuration de la production, de modernisation des exploitations agricoles en vues de parvenir à concurrencer les pays de l’Europe l’Ouest, et de profiter de cet élan communautaire pour redynamiser l’ensemble du pays. L'échec est cuisant. La stratégie économique du pays s'est basée sur la tertiarisation de l'économie et sur une politique de facilité d'accès au crédit. Comme partout dans le monde, ces réformes ont montré leurs limites. Le déclin du secteur agricole et la transformation des petites exploitations agricoles en grandes exploitations s'est effectué au détriment de la qualité des produits et en faveur de la productivité et de l'exportation. La politique de facilitation d'accès au crédit a gonflé artificiellement la croissance avant de faire plonger en profondeur le pays dans la crise. La politique d'attrait des IDE n'a été qu'un mirage puisque les entreprises étrangères étaient essentiellement attirées par les faibles coûts salariaux (le salaire mensuel moyen brut en Aout 2011 était de 466 euros) et de protections sociales qu'offrent la Roumanie. La qualité des matières premières facilement disponibles et la qualité de la main d’œuvre étaient également importants tout comme les efforts orchestrés par la Roumanie dans le domaine sanitaire, environnementale, garantissent une fiabilité d’installation pour les entreprises.

Certes plusieurs secteurs se sont développés. En 2007, le secteur automobile roumain (constructeurs, équipementiers, sous-traitants) a généré un chiffre d’affaires de 6.3 Milliards d’Euros (6% du CA des constructeurs français), la croissance annuelle des industries informatiques et technologiques est de l’ordre de 10 % (chiffre d’affaires estimé à 1.37 Milliards d’Euros), le secteur des télécommunications avec une croissance annuelle de 8 % s’est émancipé (hausse du chiffre d’affaires de 72 % de 2006 à 2010), et le secteur de la construction qui représente 11 % du Produit Intérieur Brut (PIB) a connu une croissance de 54 % en terme de chiffre d’affaires de 2006 à 2007 (la plus forte croissance de l’UE). La Roumanie est même devenue le troisième partenaire commercial de la France, 25ème importateur mondial en 2007. Les exportations roumaines vers la France ont progressé de 30,4% pour atteindre 2,99 Mds d’€ et le solde commercial entre la Roumanie et la France s’est inversé, la France est passée en 2010 à un déficit de 486 millions d’euros. Plusieurs raisons à cela, les délocalisations ont fortement progressé et les grands groupes se sont installés en nombre sur le territoire. Les pays de l’Europe de l’Ouest sous-traitent une partie de leur production en Roumanie et exporte les produits semi-finis pour terminer leur production localement et afficher, comme le fait l’Allemagne les logos de type « Made by Germany »  au lieu de « Made in Germany ». Les délocalisations sont désastreuses pour les pays de l'Ouest de l'UE mais la Roumanie a vu son taux d’emploi progresser. Ces dernières seraient encore plus facilitées si le pays appartenait à l’espace Schengen qui s’étend du Portugal à la Pologne, mais ce n’est pas le cas, car la Roumanie est jugée inapte à combattre les filières d’immigrations clandestines, et certains membres de l’UE craignent un afflux de travailleurs migrants venant chercher de meilleures conditions de travail et de protection sociale. L’émigration est un phénomène certain, nombreux jeunes frappés par la crise financière, économique et sociale de 2009, souhaitent quitter le pays pour oublier les désordres sociaux et la misère toujours présente.

Le problème est que ce système appauvrit les économies de l'ouest et n'enrichit les économies de l'est que dans un premier temps. Cela conduit à un appauvrissement global puisque des ouvriers payés à plus de 1000 euros sont remplacés par des ouvriers percevant une rémunération de 157 euros. La consommation européenne globale connaît donc une baisse dangereuse. Or la consommation était justement le principal pilier de la croissance roumaine. Une croissance fondée sur l'accès au crédit qui a connu un sérieux coup d'arrêt avec la crise de 2008 et la volonté des banques de réduire leur offre de prêt. Une croissance qui était également basée sur les exportations en UE, dont les possibilités ont été largement réduites avec la crise et l'appauvrissement global découlant des politiques néo-libérales. Dans le cas de la Roumanie comme, dans la majorité des systèmes néo-libéraux, l'euphorie ne dure qu'un temps. La Roumanie a ainsi été frappée de manière virulente par le crise de 2008. Les déséquilibres se sont fait sentir et le taux de chômage est passé de 4,0 % en 2008 à 8,2 % en 2010. Ce pays a ainsi pu constater les limites d'une politique basée sur les exportations, les services et l'accès facile au crédit. En 2009, une demande d'aide de 20 milliards d'euros auprès du FMI a été nécessaire. Et comme dans le cas de la Grèce, la sanction est tombée immédiatement: austérité. Alors l'Etat s'évertue à appliquer les recommandations du FMI qui ont pourtant montré à plusieurs reprises leur inefficacité: coupe des salaires des fonctionnaires de 25 %, gel des retraites et augmentation de la TVA de 19 à 24 %. Et comme si cela ne suffisait pas, le FMI et L'UE ont fait pression en faveur de la libéralisation du gaz et de l'électricité. Le paradoxe est là. Les mesures de libéralisation à outrance de l'économie roumaine ont amené le pays à la crise, donc la meilleure façon d'en sortir est de poursuivre ces mesures. Logique, non?

Le diagnostic du FMI fait froid dans le dos. Malgré des prévisions de croissance revus à la baisse, la Roumanie serait mieux armée que la Grèce ou le Portugal pour affronter la crise. Pourquoi? Parce qu'ils ont mieux appliqué l'orthodoxie néo-libérale. Pourtant en y regardant de plus près, on s'aperçoit que la croissance roumaine est essentiellement basée sur la consommation. Mais par quoi cette consommation va-t-elle être portée? Par la réduction des salaires des fonctionnaires? par le gel des retraites? Par l'exportation alors que l'UE est en pleine crise? Par l'accès au crédit, alors que les banques prêtent de moins en moins? La logique du FMI est désepérante et l'on se demande quand cette institution se décidera à faire réellement son auto-critique après des années d'échecs successifs. Pour sortir de cette crise qui la terrasse, la Roumanie lorgne vers la zone euro. Le désir de la Roumanie d’intégrer la zone euro d’ici 2015 est-il judicieux ? Non. Bien sûr que non. Elle se retrouverait prise au piège, comme la Grèce, en perdant la souveraineté de sa politique monétaire. Ainsi elle ne pourrait plus dévaluer le leu qui assure la compétitivité prix de son économie. De plus, elle serait contrainte de respecter le pacte de stabilité qui réduirait encore plus nettement ses perspectives de croissance et de relance d'une économie devenue atone. L'alternative de l'adhésion au mécanisme de taux de change européen II (MCE II) n'en est pas une. Le MCE II ne tolère qu'un écart de 15 % autour d'un taux de change initial entre la devise nationale et l'euro, ce qui risque de s'avérer rapidement beaucoup trop contraignant. Rappelons que pour entrer dans la zone euro, un pays candidat doit respecter cinq critères de convergence, dont les plus importants sont une inflation maîtrisée et une discipline stricte en matière de dépenses publiques. La Roumanie n'a pas besoin de s'imposer de telles contraintes alors que son peuple n'aspire qu'à une seule chose: améliorer ses conditions de vie.

La Roumanie est face à son destin. Elle ne doit pas se tromper de chemin car son peuple a déjà trop souffert. Elle ne doit pas se laisser charmer par le chant des sirènes néo-libérales, qui ne peuvent lui apporter qu'un bonheur artificiel sur une durée limitée. Le peuple roumain, à l'image du peuple grec ou du peuple espagnol doit avoir le courage de se détourner d'une idéologie qui ne mènera qu'à sa perte. Qu'il sache qu'il a le soutien du peuple de France et qu'il ne marchera jamais seul...

 

Stamina Tom

 

 

Notes:

 

 

1 Parmi cette population 65 % travaillait dans l’agriculture


 2 Un pourcentage révélateur du système qui tend néanmoins à s’améliorer, une commission spécialisée note sur la période 1994-1998 une différence de niveau de salaire moyen de 25 à 32 % entre les hommes et les femmes. Il est relativement difficile de quantifier l’activité productive, car l’économie souterraine est importante


3BIT 2000

 

4 Le taux d'inflation a baissé à 3,5 % en septembre 2011 en Roumanie et le déficit public devrait être sous la barre des 3 % en 2012, tandis que la dette publique est relativement faible, s'élevant à 33 % du PIB

 

 


Sources :

 

http://www.affaires-roumanie.com

http://www.diploweb.com

http://www.lpg-roumanie.ro

http://ec.europa.eu

http://www.lefigaro.fr

http://www.lemonde.fr

http://www.coface.fr

http://fr.euronews.com

http://www.77international.fr

http://fr.wikipedia.org

http://www.insse.ro

http://www.ilo.org

 

Aperçu de l’activité économique en Roumanie, Rapport de la Chambre Française de Commerce et Industrie en Roumanie

La politique de la jeunesse en Roumanie, Rapport d’un groupe international d’experts nommé par le Conseil de l’Europe, Octobre 2000

Roumanie, Une crise profonde et un dialogue social difficile, Chronique internationale de l'IRES - n° 127 - novembre 2010

 

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Commentaires : 19
  • #1

    Port Jeanne-d'arc (lundi, 11 juin 2012 14:10)

    Article très précis et documenté sur un pays dont personne ne parle jamais si ce n'est pour évoquer la prostitution. Mais si le sujet n'intéresse pas nos médias, l'histoire roumaine est pourtant riche de questions fertiles pour l'Histoire du monde en général. Voici un pays agricole, peu développé et peu instruit au début du siècle, longtemps sous le joug ottoman, qui a payé son lourd tribu à nos côtés pendant les deux guerres mondiales, avant de tomber sous l'emprise de la Russie. Cependant, au prix de la dictature, le communisme a développé dans ce pays une industrie et un niveau de vie que l'on pourrait qualifier d'intermédiaire, que le néolibéralisme détruit aujouyrd'hui comme l'expliquye bien cet article. Comprendre ces mécanismes, les identifier et les penser est une tâche certes plus difficile que d'abrutir les gens avec des clichés méprisants et stupides, mais c'est pourtant bien plus intéressant, comme en témoigne ce texte.
    Cependant je ne suis pas sûr, étant donné le niveau actuel, que "le peuple de France", soit aujourd'hui solidaire du roumain. Mais cela changera, comme beaucoup d'autres choses. Espérons-le.

  • #2

    Flikefrog (mardi, 12 juin 2012 08:50)

    "Cependant, au prix de la dictature, le communisme a développé dans ce pays une industrie et un niveau de vie que l'on pourrait qualifier d'intermédiaire, que le néolibéralisme détruit aujouyrd'hui comme l'expliquye bien cet article."
    Vous avez au moins pris le soin d'aller vérifier l'évolution du PIB par habitant de la Roumanie depuis 1989 avant de nous sortir ça? Je suggère que vous le fassiez:
    http://www.tradingeconomics.com/romania/gdp-per-capita-ppp

  • #3

    Port-Jeanne d'Arc (mardi, 12 juin 2012 11:47)

    Le problème est que le mode de développement choisi après 89 a été basé sur l'investissement étranger, l'accroissement des inégalités et le crédit. Ce qui implique une croissance momentanée et instable puisque les intérêts de l'industrie et des investissements roumains sont étrangers. Aussi en cas de crise, l'argent est rapatriéé et la Roumanie reste sur le carreau, sans investissement, sans crédit, sans industrie, les ressources naturelles quasiment expropriées. La croissance à crédit de l'après communisme fut une illusion qui mène le pays, comme bien d'autres, à une spécialisation dans la misère. Voyez l'Espagne, voyez la Grèce, tout est à reconstruire.
    Le communisme, quant à lui, a permis une certaine industrialisation dans un pays qui n'en avait jamais connu, et par conséquent une élévation modérée de la productivité et du niveau de vie. Cela dit cette élévation s'est réduite avec le temps, tant le système se sclérosait et se fermait aux innovations dues aux initiatives individuelles. Mais le néolibéralisme a soigneusement détruit ces acquis.

  • #4

    Gaetan CALMES (mardi, 12 juin 2012 19:30)

    Merci de cet article exhaustif et documenté.
    Merci aussi à Port Jeanne d'Arc d'avoir réagi comme j'aurais aimé le faire s'il ne m'avait devancé.
    A vous relire tous

  • #5

    Guti (mercredi, 13 juin 2012 10:06)

    Très bon article. Je n'ai pas de commentaires spéciaux à faire étant donné l'explication claire et documentée, je tiens juste à féliciter l'auteur. Je comprend mieux la situation de ce pays dont mes connaissances sont bien limités et que c'est agrèable de lire un article argumenté.

    Merci

  • #6

    ARGHIRIADE (lundi, 10 décembre 2012 20:04)

    Un "détail essentiel" est occulté dans cet article : la corruption généralisée qui gangrenne ce pays et surtout l'appareil politique.

  • #7

    clemence (lundi, 11 février 2013 14:16)

    Lasagne Findus au Cheval de Roumanie : L'incroyable Circuit de la Viande Voyageuse : COMIGEL , groupe français Pujol , Traders de Chypre, du Luxembourg et des Pays Bas qui achètent en Roumanie https://www.youtube.com/watch?v=Pz5X7KMSp4g

  • #8

    alexandre (mardi, 12 février 2013 00:07)

    en gros. Tout est de la faute des libéraux. venez donc faire un tour a l’île de la Réunion.
    80% des gens y votent a gauche (socialiste et communiste), une économie sous perfusion, des dirigeants (souvent de gauche) constamment condamnes par la justice mais qui reviennent vite fait sur le devant de la scène, plus de 40% de chômage, l'Etat principal employeur, une fiscalité insupportable pour ceux qui bossent, des émeutes régulières, l’île Maurice a cote (plutôt libéral) qui cartonne même si tout n'y est pas rose. C'est donc ça le modèle socialiste ou de gauche? la Roumanie est gangrené par la corruption (comme la Réunion) mais la Pologne (économie libéral) s'en sort plutôt bien. votre article est partisan, idéologique. Il convient parfaitement aux gauchistes de base sans notions économiques, ouverture d'esprit et attentifs a ce qui ce passent dans le reste du monde

  • #9

    Herbert (jeudi, 14 février 2013 13:46)

    @3 : "La croissance à crédit de l'après communisme (sic) fut une illusion qui mène le pays, comme bien d'autres, à une spécialisation dans la misère. Voyez l'Espagne, ..."
    On voit que vous connaissez bien l'Espagne :)

  • #10

    Marc (jeudi, 14 février 2013 13:46)

    Un pur exemple de langue de bois, tout est de la faute du néo-liberalisme, l'auteur s'arrête juste avant de réhabiliter Ceaucescu mais on sent qu'il hésite...
    L'auteur nous affirme que les secteurs de l'automobile, de l'informatique, des telecoms croissent de 8 à 10% par an, mais ce n'est pas bien parce que les ouvriers roumains sont moins payés qu'en France. Il fallait sans doute qu'ils continuent à crever de faim comme au temps du communisme ?

  • #11

    Scorilo (jeudi, 14 février 2013 18:21)

    Article très approximatif, voir imprécis sur certains points. Le problème principal du pays vient de la corruption et de l'incompétence de ses dirigeants.
    Le système basé sur une économie libérale de marché a fini par s'imposer, encore heureux, car il s'agissait de changer le système socialiste d'une économie planifiée en faillite. Mais le changement a été très laborieux et difficile, surtout au début des années 90, quand le slogan était "nous ne vendons pas notre pays", comprendre on garde en état les mastodontes industriels déficitaires.
    Les déséquilibres sont apparus quand ces mastodontes ont été enfin vendus par/à des gens corrompus et incompétents. Mais cela correspond aussi à la période où le PIB augmentait de 8% / an.

  • #12

    Jerome (jeudi, 14 février 2013 22:44)

    J'ai appris beaucoup de chose grâce à cet article. Bravo pour ce très bon travail. Merci

  • #13

    Balaen (jeudi, 14 février 2013 23:52)

    Entièrement d'accord avec Scorillo. Il faut vraiment n'avoir aucune connaissance de la Roumanie et de la nature de ses problèmes pour avaler le diagnostic simpliste de Stamina Tom. Il y aurait trop à dire à ce sujet pour l'espace d'une note de bas de page... et d'ailleurs pour mon temps libre. Mais on peut remarquer que le pays a été littéralement pillé par une mafia locale et internationale depuis la sois-disant "Révolution". P.ex., voir l'article du Monde sur le déboisement massif, essentiellement au profit des chinois. Les ressources minérales ne sont pas en reste (cf. Rosa Montana). Les industries de l'ère communiste ont été "offertes" à des mafieux qui les ont bradées (au moins un bon documentaire existe là-dessus). N'oublions pas que ce dépeçage a eu lieu avec la complicité des pouvoirs en place, à commencer par l'ancien bras droit de Ceaucescu, Ion Iliescu. En gros, disons que c'est la même nomenklatura qui a "géré" le pays pendant un bon bout de temps avant et après la soit-disant "libéra(lisa)tion". Il n'y eut aucune purge, et aucun changement ni de pouvoir, ni surtout d'habitudes. Seuls les échanges internationaux et surtout les contraintes imposées par l'UE on pu quelque peu tempérer, tant bien que mal, les effets d'une telle gestion de type mafieux. Les roumains en sont les premiers conscients, d'ailleurs =>
    http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/12/pourquoi-nous-ne-sommes-pas-dignes-de-confiance

  • #14

    Balaen (vendredi, 15 février 2013 00:22)

    Je note aussi que l'auteur dit une chose ("Les délocalisations sont désastreuses pour les pays de l'Ouest de l'UE mais la Roumanie a vu son taux d’emploi progresser."), puis son contraire: ces emplois n'apportent que du vent aux Roumains, puisque ça ne durera pas du fait que tout est basé sur une consommation qui n'existe plus. En attendant, à part l'auto-subsistance et surtout l'économie en noir (qui doit peser bien plus que ne le disent les statistiques), peut-on savoir que peuvent faire/espérer d'autre les roumains ? Sinon éventuellement partir travailler à l'étranger (notamment en Israël), ce qu'ils font déjà. Depuis plus longtemps que les Espagnols, et même que les grecs...

    Toutes choses qui font que j'ai des amis roumains vivants en plein bled, dans le Maramures, avec un salaire riquiqui de prof de collège et un autre d'artisan de la pierre, et qui réussissent à envoyer leur deux enfants à la fac. Car contrairement à ce qui est un peu sous-entendu dans l'article, l'éducation a toujours été une valeur primordiale en Roumanie. Et c'est son salut.

    Enfin, je suis peut-être pointilleux, mais "on" pourrait au moins se donner la peine de se relire => " nombreux jeunes (...) souhaitent quitter le pays"/ "Ce pays a ainsi pu constaté les limites"

  • #15

    balaen@gmail.com (vendredi, 15 février 2013 00:42)

    @alexandre: Vous auriez pu aussi prendre l'exemple belge (un pays que je connais encore mieux que la Roumanie, puisque j'y suis né et y vis). Au Sud, une Wallonie exsangue, avec 13 % de chômage; des routes que mes amis roumains trouvaient "pourries"(!); des friches industrielles qui s'écroulent depuis 40 ou 50 ans, inchangées; une urbanisation sauvage calamiteuse...: le paradis des socialistes. Au Nord, une Flandre qui manque de main d'oeuvre; des aménagements publics presque trop clinquants; des boutiques et des PMEs tous les 30 m. Et évidement des gens qui votent principalement à droite (un peu trop même, sans doute).

    Cela paraît caricatural, mais c'est indéniable. Et ça ne me réjouit pas, car j'ai plutôt le coeur à gauche.

    A noter par ailleurs que les propos de Port-Jeanne d'Arc sur le communisme roumain sont très censés.

  • #16

    Stupor Mundi (vendredi, 01 mars 2013 09:54)

    Port-Jeanne d'Arc, il vaut mieux lire votre prose que d'être aveugle...

    Quand on ne sait rien, on n'écrit rien.

    La population saignée à blanc pour rembourser les emprunts colossaux destinés à financer une industrie de pacotille et des projets urbains pharaoniques ; les coupures d'électricité (2 heures d'électricité par jour à la fin des années 80) ; la queue devant les magasins d'État, qui étaient vides les trois-quarts du temps ; les écoliers réquisitionnés pour récolter les fruits (le "travail patriotique") ; des infrastructures inutiles (les fameux canaux) bâties au détriment du développement des communications (réseau routier digne d'un pays africain en 1989). Je ne vous parlerai pas non plus des droits de l'homme, de la police politique, de la torture dans les prisons, des villages "systématisés" puisque tout ce qui compte pour vous, c'est manifestement le plat de mãmãligã du soir (si vous savez ce qu'est la mãmãligã, ce dont je doute).

    Je vous renvoie vers l'ouvrage de Lucian Boia -- un véritable historien celui-là -- "La Roumanie" publié aux Belles Lettres en 2003. C'est bien écrit, mais c'est abordable. Ça devrait être à votre portée.



  • #17

    Stupor Mundi (vendredi, 01 mars 2013 10:14)

    Quant à l'article, que j'ai survolé distraitement, car il ne fait que déblatérer les mêmes lieux communs sur le "néolibéralisme" (bouh ! le mal absolu), son fond militant lui enlève toute crédibilité.

    Il est évident que la Roumanie n'est pas une économie de marché conventionnelle mais une cleptocratie. Ceci n'est pas dû au néolibéralisme, mais aux effets délétères du système socialiste (ou communiste, si vous préférez). Et ce pour deux raisons essentielles :

    - C'est bien l'industrialisation à marche forcée, déconnectée de toute logique de rentabilité économique et de tout réalisme, mise en œuvre par les communistes, qui a détruit le potentiel agricole roumain et anéanti les structures traditionnelles de la société.

    - En 1989, c'est une caste d’apparatchiks soutenus par Moscou, menée par Ion Iliescu, qui a pris le pouvoir par un coup d'État et s'est partagé les restes de l'économie roumaine (qui étaient en lambeaux de toute façon, étant donné que sa prétendue productivité n'était que poudre aux yeux -- lire Emmanuel Todd, "Le chute finale"). Ce sont encore ces oligarques, anciens protégés du régime socialiste, qui contrôlent l'essentiel de l'économie roumaine. En menant sa politique "néolibérale", Bãsescu a surtout voulu permettre la création d'un authentique économie de marché, libre et basée sur la concurrence, en Roumanie. On pourra discuter de ses méthodes, mais le diagnostic du FMI est correct pour l'essentiel.

  • #18

    Juicers Reviews (jeudi, 11 avril 2013 02:14)

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  • #19

    u=53470 (dimanche, 21 avril 2013 17:34)

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