sam.

25

août

2012

François Hollande sera le dernier président "socialiste"

Il est une contradiction fondamentale de notre époque – largement envisagée par Marcel Gauchet - dont il est complexe de se départir lorsque l'on veut penser l'évolution des sociétés européennes et donc française.

La voici : certes, nous constatons au quotidien, autour de nous, dans la rue, dans la presse, dans nos foyers, que les libertés fondamentales consubstantielles à ce que l'on nomme Démocratie  sont largement garanties et permettent au plus grand nombre d'accéder à l'école, à la sécurité, à la possibilité de travailler et de s'associer, d'avoir accès à la Justice, à la Santé et à des conditions de vie assez dignes...

Et pourtant... cette évidence est contredite par l'organisation des structures socio-économiques et supranationales dont les méfaits idéologiques n'agissent qu'à moyen terme et dont on peut observer qu'ils sont  sans conséquences décisives apparentes sur le quotidien des citoyens, alors même qu'ils hypothèquent à moyen terme toute perspective de changement.

 

D'où ce cruel paradoxe : bien qu'il soit abusif de déclarer que la démocratie n'existe plus aujourd'hui, on observe dans une indifférence absolue, naïve ou encore complice, que l'emprise des citoyens sur leur quotidien autant que la réelle capacité d'action de leurs représentants politiques, noyés qu'ils sont dans une monde trop ouvert, n'existent plus.

La ratification du Traité européen et du nouveau pacte de stabilité par François Hollande l'illustre encore une fois. Elle n'a posé aucun problème, ni au Journal le Monde, ni au Conseil Constitutionnel. Concrètement, rien n'a changé. La pays reste le même. Et notre drame, c'est bien que rien n'ait changé, alors même que la souveraineté nationale ( seule garante de la protection sociale et du contrôle des élites par le Peuple ) s'est éteinte.

La droite libérale, on la comprend partiellement, n'a rien à perdre directement à la ratification du Pacte : elle veut la réduction des déficits, l'alignement sur la politique allemande, la réduction de la protection sociale... bref, appliquer la politique de Bruxelles, et tant pis s'il faut une fédération pour cela. Symboliquement, il n'y a pourtant aucun doute quant à l'issue du processus : le mépris des identités démocratiques nationales est voué à l'échec, ce qu'a bien compris Nicolas Dupont Aignan.

 

A Gauche, le désastre est complet. Son fondement, l'Egalité, se trouve attaquée de tous les bords, par l'abandon des outils économiques monétaire, législatif, commercial et dorénavant budgétaire, seuls capables de garantir la redistribution et d'envisager le progrès social en garantissant un rapport de force équitable entre les citoyens et les puissances de l'argent. Le silence est total, au nom de la préservation de l'idéal européen, de l'intégration, de l'amitié entre les Peuples....blabla ; plus à gauche également, la timidité de Jean-Luc Mélenchon sur la question est regrettable ; certes le leader du Front de Gauche a dénoncé le Traité, mais sans vraiment avouer devoir se construire face aux institutions en place qui n'accepteront jamais (dans leur majorité) ni protectionnisme, ni plus d'égalité.

 

Après 3 mois de pouvoir, le Parti Socialiste a déjà baissé les bras : François Hollande, en bon libéral, n'a eu d'autre choix que de continuer la politique européenne de Nicolas Sarkozy, de pressurer la Grèce et l'Espagne, au mépris de leurs souverainetés, et de celle de son propre Peuple. Au bout du chemin, choisir l'Europe, c'est avaliser la réduction de la qualité de vie en France, au nom de la compétitivité des entreprises.

Car, enfin ! Il faut choisir : la protection sociale a un coût, la réduction du temps de travail, la sécurité également, protections qui entrent forcément en contradiction à terme avec la baisse exigée des impôts et des charges sociales.

 

Et l'horloge tourne : l'Euro fort, l'absence de tarifs douaniers, la concurrence illimitée entre toutes les Nations d'Europe, entre elles et avec le reste du monde détruit nos modes de vie, nos emplois et des savoirs faire qui une fois disparus mettrons des années à redevenir soutenables si toutefois on se décide à les protéger...

 

L'idée d'égalité ne mourra jamais, et si le Parti Socialiste en a abandonné la défense de fait, ses partisans, théoriciens ou modestes gens se reporteront naturellement sur le Front de Gauche ou le Front National, qui d'une façon radicalement opposée affichent au cœur de leur programme la défense des plus modestes et des apeurés du déclassement dont le nombre est amené à croître dans les prochains mois et prochaines années.

Que restera-t-il une fois le mariage homosexuel autorisé (question qui dépasse largement le clivage gauche/droite), et la prostitution abolie ? questions entendons-nous, qu'il faut traiter... Et bien, des pauvres, il restera des pauvres.

 

François Hollande n'avait déjà plus grand pouvoir que celui de faire de la représentation au Conseil Européen ou lors de voyages d'affaire ; il a décidé, dès son arrivée de réduire encore un peu plus ses marges de manœuvre en confiant la surveillance du budget français à des technocrates néolibéraux. Il reste peu de temps : si la crise touche notre pays rapidement, les français observeront qu'on les a engagé dans le silence le plus absolu sur une voie sans retour possible, de l'austérité (réelle cette fois) et de l'appauvrissement à long terme, sous couvert de solidarité entre états et de légitimité démocratique des urnes (chères à Jean-Michel Apathie).

 

Que la Grèce sorte de l'Euro et entraine avec elle d'autres pays, François Hollande sera discrédité, et le Parti Socialiste avec, le poussant à se recomposer entre fédéralistes et souverainistes autour d'un Jean-Luc Mélenchon, ayant définitivement rompu avec son illusion des prolétariats unis en Europe.

L'abandon de toute critique sérieuse de la société depuis Mitterrand semble avoir atteint un tel degré de compromission, dans la résignation et libéralisation que les conséquences en seront spectaculaires.

Le PS tel que nous le connaissons ne survivra pas à la fin de ce quinquennat ; et Hollande sera le dernier président d'un parti sans projet ni armes autres que son implantation conservatrice et clientéliste.

 

 

Frederichlist

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Commentaires : 29
  • #1

    Trubli (dimanche, 26 août 2012 15:00)

    Le parti socialiste ne fait que mener la politique exigée par sa base électorale. S'il en dévie cette base électorale lui coupera les couilles.

  • #2

    Frederichlist (dimanche, 26 août 2012 18:25)

    Probablement, bien qu'une large partie de son électorat soit bien plus radicale et vote par défaut, pour battre le droite. Les plus modérés des militants et sympathisants ne sont absolument pas en danger social actuellement ; d'où un vote de raison tout à fait compréhensible, mieux vaut la modération.
    Dès lors que la paupérisation touche les classes moyennes, celles ci peuvent alors basculer ; et chercher des réponses politiques ailleurs, ne dédaignant plus de s'intéresser aux problèmes des pauvres qui peuvent dorénavant les toucher.

  • #3

    galmi21 (dimanche, 26 août 2012 21:31)

    pari tenu. rendez vous dans 5 ans !

  • #4

    guevaranita (mercredi, 29 août 2012 14:31)

    Bonjour , je viens de lire votre excellent article et je souhaiterais être abonnée à votre newsletter , comment faire ?? quand je clique sur " s'abonner "je tombe sur erreur 404 !!!! merci de bien vouloir me répondre et cordial salut , guevaranita

  • #5

    Pierre Feuille Ciseaux (mercredi, 29 août 2012 20:29)

    Dans la conclusion vous posez la bonne question : le socialisme survivra t-il à François Hollande ?
    Combien de gens qui se disent "de gauche" se définissent comme socialiste comme avant on se disait gaulliste ou communiste ?

  • #6

    erreur 404 (mercredi, 29 août 2012 20:37)

    vous ne signez pas vos articles, vous etes pitoyable haha!!

  • #7

    L'Espoir (jeudi, 30 août 2012 13:51)

    @guevarnita, nous n'avons pas de newsletter, pour l'instant il vaut mieux passer par twitter si tu peux.
    Cordialement

  • #8

    Persicaire (lundi, 03 septembre 2012 10:13)

    Ayrault a annoncé dimanche qu'il laisse la porte ouverte à une hausse de la CSG, gouvernement girouette !

  • #9

    Douky (mercredi, 26 septembre 2012 11:32)

    Merci pour cet excellent article bref mais clair. Hollande n'a pas touché les CAC 4o, les milliardaires qui savent comment détourner les 75% d'impôts, etc.

  • #10

    Theotime (mercredi, 26 septembre 2012 14:21)

    Hollande n'est pas socialiste il est social-democrate nuance tres importante

  • #11

    airbag (mercredi, 26 septembre 2012 18:11)

    Si vous pouviez avoir raison ! mais à lire certains commentaire je ne suis pas convaincu qu'hollande sera le dernier président socialo !! y aurau encore trop de trou du cul socialo-assité pour voter pour une autre merde dans le même genre !!!! c'est grave de voir ou nous en sommes arrivés et de constater que des cons bavent encore devant ces minables...

  • #12

    cémonavi (vendredi, 28 septembre 2012)

    @airbag Je ne pense pas que l'auteur prévoit la fin du socialisme par manque d'électeurs, mais par manque de moyens. Si la France n'a plus de souveraineté, c'est l'U.E qui dicte ses lois. Actuellement l'U.E veut la réduction des déficits des états par la réductions des dépenses donc par des réductions ou des suppressions de budgets, ce qui fait que le gouvernement en place, n'aura plus un sou pour faire une politique socialiste, politique centralisé sur l'état protecteur. Il restera le nom de socialisme pour continuer à nous faire croire que nous avons le choix pour voter, mais les politiques seront identiques à celles de la "droite", ce qui, dans les grandes lignes , est déjà pratiquement le cas.

  • #13

    Gé D (mercredi, 03 octobre 2012 19:36)

    Il y a déjà bien longtemps que le parti socialiste ne l'est que de nom. Son électorat petit-bourgeois le pousse à se droitiser lui aussi de plus en plus. Ce pitoyable Valls en est la plus parfaite incarnation.

    Rien d'étonnant à cet abandon de souveraineté qui sonne comme une défaite des idéaux de la gauche en rase campagne. Ces imbéciles qu'on aurait pu croire plus inspirés que leurs misérables prédécesseurs sont en train de nous faire avaler de force la potion néo-libérale qui a pourtant montré depuis des décennies toute sa nuisance. Au lieu de s'attaquer franchement au lobby de la finance, à une réforme fiscale courageuse et indispensable, au mille-feuilles de l'Etat, voilà qu'Hollande se couche devant Merkel.

  • #14

    lolo57 (jeudi, 04 octobre 2012 08:58)

    Il va arriver à Hollande et au PS ce qui est arrivé à Jospin. Trop à droite pour l’électorat de gauche qui va se rabattre sur Mélanchon. Trop à gauche pour l’électorat de droite. Si Copé devient président de l’UMP nous allons voir revenir Bayrou occuper le centre droit. Et avec un front National au plus haut, il n’est pas exclut (même si peu probable) d'avoir un deuxième tour Mélanchon/Lepen en 2017.

  • #15

    Deres (jeudi, 04 octobre 2012 10:27)

    Hollande a la même politique que Sarkozy car ce dernier avait déjà une politique de gauche. La gauche lui crachait dessus uniquement pour des questions de rivalité politique et de prise de pouvoir, pas pour des raisons de politique mené. La TVA sociale, les plans de relance, les augmentations et invention massives d'impôts diverses, les fonds d'investissements, les tarifs sociaux, la taxe financière, Bâle III, ... Tout cela était déjà l'oeuvre de la droite. Étonnant non pour des gens que l'on dénonce comme des ultra-libéraux ...

  • #16

    dfg (mardi, 16 octobre 2012 22:11)

    J'espère que non... Pour une fois qu'on débarassé de l'agité du bocal... Le gros bourrin de droite...

  • #17

    Didier (samedi, 27 octobre 2012 23:21)

    Le système est bien verrouillé et assez stable : dans 5 ans, l'UMP reviendra. La peur de Mélanchon fera voter à droite d'abord pour l'UMP dès le 1er tour et la peur du FN fera voter à gauche pour le PS dès le 1er tour, même si les gens de droite comme de gauche sont sans illusion.

  • #18

    Oniris (dimanche, 11 novembre 2012 12:10)

    Je voterai toujours le plus à gauche possible,tant qu'il y aura un candidat éligible à gauche du centre ! Sinon je voterai blanc par nécéssité !

  • #19

    Lekkerman (mercredi, 14 novembre 2012 10:05)

    Je pense qu'un peu d'histoire de la pensée ne vous ferait pas de mal... je vous trouve très prompte à taxer de "libéral" tout et n'importe quoi (comme s'il s'agissait de la plus puissante des insultes d'ailleurs). Bruxelles n'est pas le chantre du libéralisme, loin sans faux.

    Certains libéraux sont très critiques vis-à-vis de Bruxelles et je vous encourage à lire le blog libéral http://institutdeslibertes.org qui vous montrera que certains libéraux ne sont pas pro-bruxelles, pro-euro etc...

    Ca vous aidera peut-être à dépasser les caricatures dont vous faîtes preuve...

  • #20

    Frederichlist (mercredi, 21 novembre 2012 10:26)

    Une critique de l'ordre économique établi et de ses dérives passe forcément par un questionnement sur le terme de libéral, dans le sens qui lui est donné médiatiquement et par ses défenseurs politiques à droite et à gauche, soit le libre échange, et le laissez fairisme ( en totale contradiction avec ses principes premiers ), qui induisent malheureusement une nécessaire adaptation à la contrainte extérieur et à ses institutions supranationales.
    Voyez les positions de l'Ifrap : la liberté autorise tout ! Non. Il faut revenir à l'essence du libéralisme politique, souverain, originellement modéré et cela passe par une forte régulation du commerce selon moi.

  • #21

    InternetDev (mercredi, 16 janvier 2013 15:25)

    Hollande est socialiste! Première nouvelle !

    Le postulat de départ bousille tout le reste du raisonnement.

    Prendre un ministre de l’intérieur plus grossier que Guéant et Sarkozy réunis : Sur un marché d’Évry Manuel Valls s’inquiéta bizarrement (comme un appel de botte F.N.) qu'il manqua "des Whites" des "Blancos" (ses termes exactes!).

    Ne pas défendre les 35h , allant de paire avec l'histoire, la mécanisation et l'informatisation (bref le progrès technique).

    Constater sans arguments valables, et pas moins que Sarkozy, que le coût du travail est supperieur à une moyenne.... N'importe quel socialiste réel n'utiliserai jamais "le coût" mais le prix, au pire. De plus il manque beaucoup de précision dans cette moyenne, dont on sait qu'elle est plombée sociallement pas un dumping des émergents (un socialiste veut-ils se rabaisser aux niveaux du pire).

    etc... etc... Hollande n'est pas flou par hasard, il est simplement de droite, et pas la plus futée, puisque mots pour mots, il ressort les arguments de N. Sarkozy.

  • #22

    bernard henry botul (mercredi, 06 février 2013 08:50)

    Pourquoi s 'entêter a appeller les partis neo liberaux europeens "socialiste" ca ne rend pas service a la presse qui n 'est plus prise au serieux par personne !!

  • #23

    Sergio44 (mercredi, 06 février 2013 17:36)

    Triste tous ces message, mais on à ce que l'on mérite, quand on à voté pour, il ne faut pas se plaindre

  • #24

    Totofly (lundi, 11 mars 2013 11:58)

    Je ne pense pas que le socialisme soit mort, il est actuellement empêtré dans ses contradictions, d'une part faire croire aux citoyens qu'il est capable de les protéger socialement en organisant la société de telle sorte que les plus démunis seront assistés et vivront dignement et d'autre part gérer le côté mondialiste de l'idéologie en laissant les populations les plus pauvres s'installer sur notre territoire, ce qui a pour conséquence d'être difficilement financé, d'amener de la pauvreté et de faire baisser les salaires donc d'appauvrir la population de souche.Il s'agit plus de la radicalisation des esprits, trompés par une croyance d'internationale socialiste qui a mutée vers une internationale socialo-démocratique et qui risque d'une part de muter vers un social-libéralisme et d'autre part vers un retour au communisme pur et dur. Donc point de mort du socialisme, un simple retour aux sources pour la plus grande joie des apprentis sorciers.

  • #25

    Bourex (mercredi, 13 mars 2013 10:45)

    Bravo pour cet article. Mais le PS est déjà mort depuis longtemps, en fait depuis sa prise en main par Hollande, qui l'a transformé en un parti de centre droit. Le vote PS à la présidentielle fut un vote par défaut, comme souvent maintenant que la pensée est unique,et particulièrement dans la presse "désinformative" nationale, et Hollande a raté le coche de la réforme économique et politique dès son élection. Les municipales en 2014 seront la juste sanction des électeurs envers sa politique de droite libérale, au sens péjoratif du terme, et non originel. Le PS va perdre forcément un grand nombre de communes. Hollande finira aussi impopulaire que Sarkozy, dont il n'est qu'une copie portant la même étiquette : made in Bruxelles. Et tout le monde sait que cela va très mal finir à l'échelle européenne, même si bon nombre des imbéciles incultes qui nous gouvernent en Europe préfèrent garder leurs oeillères dirigées vers le point de non-retour tant que leurs poches personnelles se remplissent.

  • #26

    Juicers Reviews (jeudi, 11 avril 2013 09:57)

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  • #27

    Juicer Reviews (dimanche, 21 avril 2013 16:43)

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  • #28

    anonyme (lundi, 11 août 2014 14:16)

    Hollande serait-il le fossoyeur du socialisme ?

  • #29

    Paramo (dimanche, 24 juillet 2016 12:08)

    Le parti socialiste est mort depuis 2005. Ce que nous voyons c'est un zombie, un spectre qui ne doit la vie que à la maladresse de la droite et l'incompétence de l'extrême gauche.

    Je crains que si Sarko est à nouveau candidat, cet spectre puisse réussir à survivra un peu encore.