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04

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2012

De la société de consommation à l'acroissance

Quel est le but des Hommes ? Consommer plus, gagner plus ou vivre mieux ? Les citoyens sont ils réduits à de simples unités de production et de consommation ? La crise que nous traversons et les débats quotidiens sur « comment boucler le budget à la porte de la récession ? » amènent des interrogations. Notre système est à la dérive et l’écologie est sacrifiée sur l’autel de la crise. Il est temps de revoir notre manière de penser.

La fonte des glaces s’accélère. Au Groenland, l’année 2012 se dirige tout droit vers un niveau record de fonte. La surface de glace et de neige va passer en dessous des 4 millions de kilomètres carrés, ce qui est inférieur de plus de 40% à la moyenne constatée entre 1979 et 2000.


Selon le CNRS, le niveau des océans a augmenté de 6 cm depuis 20ans. Cette augmentation est liée pour 1/3 à la dilatation des océans, dilatation liée elle-même au réchauffement climatique, et pour 2/3 à la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires. Une augmentation du niveau des mers implique des inondations, des maladies et des mouvements en masse de population. A titre d’illustration, au Bangladesh 17 millions de personnes vivent à moins d’un mètre au dessus du niveau de la mer.


En plus de la hausse du niveau des mers et des océans, le réchauffement climatique provoqué par le rejet de gaz à effet de serre, accélère le cycle de l’eau. En effet, il augmente l’évaporation dans les régions chaudes et le volume des précipitations. De plus, il modifie des courants marins comme le Gulf Stream, qui eux aussi interviennent dans la stabilisation des climats.

Le nombre de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté dans le monde s’est réduit de 1,9 à un peu moins de 1,3 milliard entre 1981 et 2008, si on intègre la Chine. Sinon il n’a quasiment pas évolué. En France, si l’on considère le seuil de pauvreté à 50% du niveau de vie médian, on remarque que le taux de pauvreté a diminué des années 70 aux années 90, puis s’est stabilisé. Depuis 2002 il a augmenté de 20 % ! Cette même hausse est de 40% chez les 18-29ans…
Parallèlement, les 0,01% des revenus les plus riches de France, ont vu leurs revenus augmenter de 33% entre 2004 et 2008.

La population mondiale dépasse les 7 milliards d’individus et devrait atteindre les 9 milliards dès 2050. Comment allons-nous nourrir la planète et à quel prix ? Selon l’OCDE et la FAO, l’agriculture devra augmenter sa production de 60% sur les 40 prochaines années, ce qui représente une hausse d’1 milliard de tonnes de céréales et de 200 millions de tonnes de viande supplémentaires. Cela passe par une gestion durable des espaces. A ce jour 25% des terres agricoles sont considérées comme très dégradées. Si la production agricole ne franchit pas un cap, la hausse de la demande face à la rareté du produit risque de faire s’envoler les cours. De surcroît, une hausse du prix de l’énergie et de la demande en biocarburants accentuerait encore cette tendance. La perspective du rapport de l’OCDE et de la FAO, table sur une augmentation du prix du bœuf d’environ 60% entre 2009 et 2021. Le blé subirait une hausse d’environ 30% et l’huile végétale de 40%. Si cette tendance de prix se combine à l’évolution de la pauvreté en France, vers quelle crise alimentaire nous dirigeons nous ? Quel raisonnement adopter ? Faut-il continuer à avoir une vision court-termiste des profits ? ETF securities propose des produits de placements indexés sur le cours des matières premières ce qui, via la spéculation, gonfle artificiellement les marchés. Le blé sert désormais aux plus riches à gagner encore plus d’argent alors que d’autres ne peuvent plus acheter de farine. Faut-il continuer à générer davantage d’argent en dégradant la Terre qui nous nourrit ? Je ne le crois pas. Gagner plus pour pouvoir payer plus cher son steak est une fuite en avant qui ne conduira l’Homme qu’à sa perte. Dans notre modèle productiviste plus l’Homme produira plus il accéléra la dégradation de son environnement et plus se nourrir lui coûtera. Finalement il devra travailler plus dans des conditions sociales moins favorables pour pouvoir tout juste couvrir ses besoins primaires. Est-ce là l’avenir de nos enfants ?

Assez d’estimation de PIB, de croissance ou de peur de récession, intéressons nous à l’indice de développement humain, l’empreinte écologique et l’indice de santé sociale. Croître plus n’est pas un remède à la crise sans précédent que nous traversons. Croître, croître croître et demain encore croître notre espace est fini contrairement à nos perspectives intellectuelles. Nous l’allons pas planter des carottes sur la Lune ! Il est temps de stopper les machines. Nous sommes arrivés au terme d’un système qui s’épuise. La crise n’est qu’une conséquence logique d’un système productiviste et consumériste. Les technologies nous poussent au-delà de la réalité humaine. Un cerveau humain ne peut pas réfléchir aussi rapidement qu’une machine. Prenons l’exemple de l’e-mail : il raccourcit les distances entre 2 salariés mais il sature le salarié. Combien de personnes se plaignent de recevoir trop d’e-mail au travail ? Couplé au Smartphone le courriel crée une véritable addiction au travail. Les vacances n’existent plus pour les cadres sur-connectés ! Revenons aux choses simples. Evitons l’effet rebond qui consiste à réinvestir ce que l’on gagne dans un loisir consommant des ressources, d’autant plus quand ce loisirs vous aliène. Nourrissons-nous de produits locaux et faisons vivre nos économies locales. Il existe par exemple les AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) qui consistent en des associations de consommateurs d’un territoire qui achètent les produits d’un ou deux producteurs locaux. Ces derniers bénéficient de produits de qualité en acceptant la saisonnalité des productions.

Les capitaux doivent être redistribués vers des secteurs bénéfiques à l’homme et non visant à réaliser plus de profits. Par exemple, les salaires dans les milieux financiers sont supérieurs et évoluent plus rapidement que dans les milieux non financiers. Selon l’INSEE, en 1995 ce salaire était supérieur de 35%, en 2006 la différence passe à 50%. On ne peut pas dire que faire de l’argent avec de l’argent est utile à l’Homme…

Tout le monde sera acteur de la construction de la société de demain. Les évènements que nous traversons doivent être perçus comme une chance. L’accroissance ne signifie pas un retour en arrière mais une prospective sociale et économique vers un système durable. Exploitons les capacités infinies de l’intellect humain pour bâtir notre futur en s’opposant à l’exploitation limité de notre espace par nos aïeux.

 

 

Persicaire

 


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Commentaires : 8
  • #1

    jojo (mercredi, 05 septembre 2012 14:11)

    C'est quoi cet article? Selon les auteurs, il faudrait retourner à l'âge de pierre? C'est ça l'espoir?
    On nous dit de consommer local et plus haut c'est dit que consommer c'est détruire la planète. Plein de contradictions.
    Sinon la meilleure solution c'est de tous mourir.

  • #2

    persicaire (mercredi, 05 septembre 2012 19:44)

    peut être me suis je mal exprimé. Le but n'est pas de retourner en arrière comme je l'écris dans le dernier paragraphe: "L’accroissance ne signifie pas un retour en arrière mais une prospective sociale et économique vers un système durable."
    Je ne dis pas non plus consommer = détruire la planète. Je dis que continuer à consommer comme nous le faisons aujourd'hui nous conduit effectivement vers un problème environnementale. Consommer local c'est consommer durable voilà ce que cela signifie. Il n'y a aucune contradiction. Pour votre dernière remarque c'est un peu exagéré... merci d'avoir pris le temps de lire cet article.

  • #3

    Pierre (mercredi, 05 septembre 2012 22:51)

    Je pense que vous avez entièrement raison nous ne pourrons pas aller en croissant sans arrêt mais certain s'illusionne d'y croire. Trop peu d'homme politique on le courage de le dire ils n'ont que le mot croissance à la bouche et ceux qui le disent sont classé dans les extrêmes.
    Mais le retour a plus de vie local sera certainement le seul moyen de créer du travail et de préserver la planète. Sans chercher à gagner toujours plus. Moi ça ne me gène pas de gagner moins si je vie mieux. C'est un choix que l'on peu faire aussi sans revenir à l'age de pierre.

  • #4

    Loveyall (jeudi, 06 septembre 2012 09:26)

    Jojo >> C'est quoi ce commentaire ? Il y'a une confusion malheureuse entre espoir et prendre ses rêves pour une réalité. Pour de l'espoir bon marché, écouter Hollande suffit amplement. Restez comme vous êtes braves gens, je m'occupe de tout. Pour de l'espoir raisonné, cela implique d'essayer d'analyser objectivement les contraintes qui nous attendent, et celles-ci sont bien réelles malheureusement.

    Pensez-vous que l'humanité pourra croître indéfiniment ? La science serait elle devenue le nouveau dieu sur lequel tout le monde compte pour résoudre les problèmes de demain ?

    Un peu de lucidité ferait pourtant vite comprendre que vouloir croire que tout ira bien ne garantit en aucun cas une croissance infinie et sans heurt de l'humanité.

    Une dernière chose, les révolutions industrielles, l'augmentation du niveau de vie et les progrès de la science découlent d'un monde où l'énergie est peu cher et abondante mais aussi finie. Cf Jancovici, l'homme n'a rien eu à payer pour la formation du gaz et du pétrole, le prix n'est que le coût d'extraction. Une logique intelligente et durable (surement incompatible avec la logique économique actuelle) aurait été d'utiliser ces ressources pour développer en priorité des énergies renouvelables.

    Le niveau de vie des individus dépend in fine bien sûr de leur travail mais aussi et surtout de la quantité de ressources disponibles que les hommes peuvent se partager : bois, ressources halieutiques, animaux, surfaces cultivables, le tout étant bien sûr interconnecté. A nous de trouver un mix intelligent qui permette une gestion durable des écosystèmes (qui accessoirement est aussi l'endroit où l'on vit)

  • #5

    jacky (jeudi, 06 septembre 2012 15:03)


    Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste
    ( Kenneth Boulding )

    « Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. » ( Pierre Rabhi )

    La société changera quand la morale et l'éthique investiront notre réflexion.( Pierre Rabhi )

  • #6

    kimo (jeudi, 06 septembre 2012 22:55)

    Le capitalisme a gagné, il est déjà trop tard. Il ne reste plus qu'à attendre le désastre.

  • #7

    Loveyall (vendredi, 07 septembre 2012 23:24)

    Ce fatalisme ne fait que renvoyer à sa propre impuissance à se changer soi-même.

  • #8

    diojaime (vendredi, 14 septembre 2012 16:27)

    tout à fait d'accord avec l'article,
    Revenons aux choses simples,
    une économie vers un système durable n'est
    envisageable que si la production (locale)
    dépend des besoins de la population et pas
    l'inverse.