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19

oct.

2012

Un nigaud, Denisot, Parisot !

« L’Argent valeur suprême de tout », est un aphorisme bien connu depuis Balzac. Pourtant, il sont rares ces instants où nous apparaît sans fard, l'expression du mépris le plus grand des riches envers les gens simples, les gagne-petit, les fonctionnaires... faisant du chômeur un fainéant assisté, loin des discours policés repris dans les médias qui tournent systématiquement avec une perversion crasse, mais sans jamais le dire, les pauvres contre d'autres pauvres.

Paix à son âme ! L’État se meurt, sous les coups de boutoir de la Commission, des investisseurs institutionnels et des élites traîtresses à la patrie ; terrassé par la liberté des capitaux et des marchandises au plus bas prix, il est à l'agonie ; dans un dernier sursaut il tente de répondre au chantage insolent de Google, de Ryanair, du grand Capital qui le menacent. Il bredouille penaud, quand l'Europe veut lui privatiser sa Sécu !

Lorsque lobotomisé par les voix de Laurence Parisot, je rêve, délicat, dans un monde ouaté, presque je m'émeus de cette merveilleuse folie libérale, me reviennent heureusement à intervalle régulier, ces images de la théorie mise en pratique. La vérité est toujours la même, malgré toutes les circonvolutions langagières de Madame Parisot ou des pigeons entrepreneurs qu'on spolie en taxant leurs magouilles : l'argent donne tous les droits, celui d'insulter, celui de se sentir plus utile – quand bien même on vendrait sa camelote futile ou dangereuse – de faire la morale sur le SMIC trop élevé et de traiter les élus et le Peuple comme des larbins...

 

L'argumentaire est imparable : il existe des gens méritants qui se sont fait « tout seuls », et qui par là même obtiennent respect et considération pour la charité qu'ils veulent bien offrir aux inférieurs. On écoute ce Monsieur affabuler :

Anecdotique, cet épisode ? Un peu c'est vrai, d'autant plus que notre homme est « en proie à des difficultés personnelles » nous explique un ponte du groupe Orange, au cas où on en aurait douté.

Mais en y réflechissant bien, c'est également ce que pensent l'intolérable Michel Denisot et son caniche Apathie déclarant à Nicolas Dupont-Aignan, leurs mythiques « c'est moi qui vous paye !», et « je le mérite moi, mon salaire Monsieur ! » comme une faveur ultime, concession du riche faite à la Démocratie.

 

Et non, Apathie, c'est toi qui donnes des leçons.

 

Enfin, au bout du bout, il y a Nicolas Doze, (auquel il faut reconnaître le panache de ne pas y aller par quatre chemins) qui derrière ses préconisations économiques ne fait que théoriser ce même discours anti-parasites que ses deux compères suscités, estimant certainement que son salaire à lui est légitime à valoir x fois le SMIC pour sa grande productivité, sa participation au bien être et au bon fonctionnement de la société.

 

 

On est rassurés.

Ces témoignages touchants ne sont évidemment que la déclinaison d'une seule et même réalité. Comme il est rare de voir un Smicard proposer la baisse de son salaire déjà ridicule, les pourfendeurs de la fonction publique, de l'intérêt général et de la médiocrité française sont systématiquement de grands privilégiés, statut qu'ils accordent pour leur part aux assistés fonctionnaires et aux pauvres : bien à l'abri au fond de leurs niches médiatiques et financières d'où ils sont indécrottables, ils sévissent en donneurs de leçon et reçoivent des salaires indécents.

 

On ne lutte pas contre l'arrogance de ces gens avec l'indignation : il faut limiter les revenus, maintenant ! dans le public autant que dans le privé. Si aujourd'hui seul le Front de Gauche s'est fait défenseur d'un tel radicalisme, il n'a pourtant toujours pas tiré les conséquences politiques et économiques qu'implique une telle mesure. Car le politique ne peut rien tant qu'il reste dépendant de l'économie mondialisée. Et prendre à rebours ce processus est inconciliable avec le maintien de notre pays sous dépendance de toute organisation supranationale à vocation libérale et libertaire. Être en mesure d'appliquer un tel programme passe par une sortie de l'Euro, d'abord, et de toutes les instances (OMC, FMI, OTAN, Banque Mondiale, et Union Européenne s'il le faut) dont l'idéologie concurrentielle est incompatible à moyen terme, avec l'exercice de la solidarité et l'espérance d'un mieux disant social et démocratique.

En attendant, l'incohérence européenne de Jean-Luc Mélenchon laisse la voie libre au Front National.

 

 

Frederichlist

Jusqu'où irez-vous Madame Merkel ?
Jusqu'où irez-vous Madame Merkel ?
La Gauche française malade du fédéralisme
La Gauche française malade du fédéralisme

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Commentaires : 13
  • #1

    webdejour (samedi, 20 octobre 2012 09:06)

    Hélas! Vous pourriez conspuer tous les infâmes et toutes infamies de nos vies factices, je crains que la seule idéologie qui prévale en ce monde se situe("A la latitude des chiens qui pissent"): "Seuls les plus méritants, ect..."(Je vous mais au défit de trouver un politique capable de tenir un autre discours...), arrivent à leur fin("Faim...") Bref, on est pas sorti de la sacro-sainte épopée de "La morale triomphante et de son corolaire magnifiant: (La culture de la bienséance qui donne "Le rose aux joues" aux enfants bénis...)Pour autant, les hiérarchies se reforment inlassablement en ce monde: Dieu y reconnaîtra les siens? Je vous pari personnellement que oui...

  • #2

    Cornegidouille (samedi, 20 octobre 2012 11:20)

    C'est bien vrai qu'on a envie de partir en vacances avec le monsieur des 70 000 euros...
    Quelqu'un a son mail ?

  • #3

    Lino83 (samedi, 20 octobre 2012 12:13)

    pas d'accord avec votre dernière phrase, Jean-Luc Mélenchon est le seul à combattre véritablement le FHAINE

  • #4

    Frederichlist (samedi, 20 octobre 2012 13:05)

    Combattre le FN nécessite une cohérence politique et économique sans faille, un cap, et ne peut se satisfaire de discours anti-capitalistes et de positions floues sur l'Euro, et l'Union européenne. Il va bien falloir assumer que certaines positions économiques sont communes, afin d'expliquer en quoi les programmes diffèrent absolument sur la société que nous voulons construire.

  • #5

    Nebehr (samedi, 20 octobre 2012 20:38)

    D'accord avec vous sur le FDG. Hollande une fois a dit : le seul problème avec Mélenchon c'est qu'il a été socialiste toute sa vie et ça va le hanter pour toujours... cela se remarque hélas par ses positions bizarres sur l'euro aussi bien que par ses réflexes anti-FN qui font le jeu de ses anciens camarades solfériniens comme on l'a vu dans le malheureux épisode d'Hénin-Beaumont. Les Français n'attendent pourtant que son ralliement clair contre l'euro pour lui donner pleine confiance et échapper ainsi à la nécessité douleureuse de voter Marine Le Pen. On espère que quand le moment sera venu de faire un choix il saura rejeter son passé mitterrandien et faire ce qui est bon pour le peuple français.

  • #6

    Aguilulfe (dimanche, 21 octobre 2012 17:03)

    Tout à fait d'accord avec votre conclusion et sur la nécessité de sortie de l'euro et du modèle libéral européen actuel pour pouvoir envisager une autre politique.
    D'accord aussi avec le clou enfoncé sur votre conclusion par Nebehr ... Mélenchon doit dépasser ses incohérences s'il veut espérer circonscrire le front, malheureusement aujourd'hui promis à un bel avenir.
    Finalement, un contre-aggioramento Mélenchon + Montebourg, sous le patronage bienveillant de Chevénement me paraît le seul espoir ...

  • #7

    JMM-Largemain (dimanche, 21 octobre 2012 17:26)

    Je crois que JLMelenchon a raison de vouloir tordre de l'intérieur toutes les saloperies qui se trouvent à sa droite, donc pour commencer, celles des socialistes -usurpateurs de l'appellation.
    Quand je dis de l'intérieur, je pense évidemment à l'Europe, celle des peuples et je crois vraiment qu'un retour aux frontières nationales, une sortie de l'euro donc de l'Europe -à priori- nous isolerait gravement: le monde a besoin de l'Europe, mais peut se passer de la France !

  • #8

    Damoiseau L'Xé (lundi, 22 octobre 2012 12:23)

    Il faudrait que ce cher Nicolas Doze voie le film de Pierre Carles "Attention Danger Travail" ! Il s'en étranglerait !

  • #9

    Woyzeck (lundi, 22 octobre 2012 21:52)

    On fera quoi quand on aura quitté toutes les institutions internationales ? On se mettra potes avec Kim Jong 5 pour sortir en boîte avec sa meuf ?
    L'argumentation est bonne, mais les solutions sont faciles ! Reconnaissons aux socialistes l'audace de vouloir réformer le système !

  • #10

    luc (lundi, 22 octobre 2012 21:53)

    j'ai regardé ce film il y a des états d'esprit intéressants mais que se passe t il si plus personne ne travaille ? Tous les métiers ne sont pas aliénants. il est certain que travailler dans une hotline ou faire les 3 huits çà doit être le bagne mais que faites vous des métiers utiles à notre société ? infirmiers, soldat du feu ...il y a tout de même mieux que boire des verres avec des copains en touchant le rsa.

  • #11

    Frederichlist (lundi, 22 octobre 2012 23:04)

    Sur Attention Danger Travail, les positions adoptées sont souvent intransigeantes. Elles mettent néanmoins en valeur le gouffre qu'il existe entre travail épanouissant des stratèges (et encore...) et le travail précaire subi.
    @Woyzeck
    Sortir de l'Union Européenne et de toutes ces grandes instances internationales aura pour effet de rebattre de nombreuses cartes. Nous ne seront pas seuls, autre chose se reconstruira, sur des bases plus équilibrées. Effectivement c'est un pari. Quant aux socialistes ils ne me paraissent pas très audacieux.

  • #12

    Damoiseau L'Xé (mardi, 23 octobre 2012 13:14)

    Ce que je retiens surtout de ce film, c'est l'intervention de Loïc Wacquant (qui doit dater de 1999 !), où il dépeint fort justement ce système libéral dans lequel l'humain n'est qu'une variable d'ajustement. Une force de travail qui doit se montrer docile et flexible si elle veut s'adapter au merveilleux monde moderne qu'on nous vend (et qui, in fine, ne profite vraiment qu'à une minorité).
    En outre, ce film ne saurait se résumer à des types qui préfèrent "boire des verres avec des copains en touchant le rsa". C'est surtout une critique de la société de consommation. Il pose de nombreuses questions sur la condition humaine ou les besoins de l'Homme.
    Pour finir, c'est un diptyque avec "Volem rien foutre al païs" (que je n'ai pas encore vu), qui traite de la décroissance, et de voies alternatives à cette société de consommation.

    En tout cas, merci Luc de ne pas me faire dire ce que je n'ai pas dit.

    J'ai simplement évoqué ce film en m'amusant à imaginer la tête de Nicolas Doze en train de le regarder.

  • #13

    Guadet (mardi, 06 novembre 2012 12:39)

    Personne n'a suffisamment souligné l'immense mérite d'entreprises comme France Telecom et Orange qui n'hésitent pas à employer des gens « en proie à des difficultés personnelles ». D'autres n'auraient pas cette fibre humanitaire d'employer des handicapés mentaux maniaques du suicide ou des paroles malheureuses.