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Pourquoi les journalistes sont-ils nuls en économie ?

La tendance actuelle des médias nationaux consiste à diffuser l’idée selon laquelle les Français seraient nuls en économie. Cette analyse, basée sur un « sondage » réalisé par l’IFOP, permettrait d’expliquer le manque de compréhension de nos compatriotes vis-à-vis de notre environnement économique. En d’autres termes cela expliquerait la résistance des Français au néolibéralisme, qui est un système économique tellement performant que seuls des ignares peuvent le rejeter. Une marche a été franchie avec la publication d’un article de challenges intitulé : « Les Français sont nuls en économie : est-ce la faute des profs ? »

L’affirmation, qui indique que les Français sont nuls en économie sans aucune démonstration ni renvoi à une quelconque étude ou à un obscur sondage, apparait déjà osée. On pourrait se demander ce qui serait susceptible de rendre un Français moins performant en économie qu’un Italien, qu’un Allemand, qu’un Chilien ou qu’un Américain. Selon nos « experts » il semble que cela soit presque génétique un peu comme notre soi-disant niveau affligeant en langues étrangères…

 

Heureusement le titre de l’article nous apporte rapidement la solution. Si les Français sont des « quiches » en économie c’est à cause de leur système scolaire. D’ailleurs l’auteur de l’article, Marc Baudriller, s’appuie sur les propos d’un « expert » pour justifier son raisonnement. Le dit-expert affirme sans broncher que la France est un des pays les plus analphabètes en économie. Mais qui est-il au fait cet expert ? Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric et ancien PDG de cette entreprise. Précisons au passage qu’il est membre du conseil de surveillance de Vivendi et de Norbert Dentressangle ainsi que vice-président et trésorier de l’Institut Montaigne. Autant dire qu’il s’y connait, Henri, en néolibéralisme économie.

Michel Pébereau
Michel Pébereau

Mais passons sur ces détails et revenons à notre « problème maintes fois abordé mais jamais résolu ». Thierry Breton, ancien Ministre des Finances et ex-PDG de France Telecom, estime que l’économie n’est enseigné qu’à moitié au Lycée. Donnons-lui raison sur ce coup. L’ancien PDG de BNP Paribas, Michel Pébereau estime que l’image qui est donné des patrons dans les manuels scolaires n’est pas positive. Admettons, mais il ne faudrait pas que ce dernier confonde l’éducation scolaire avec une campagne de publicité pour BNP Paribas…

 

Venons-en à la répartition des citations presse. Nos tenants de l’idéologie dominante s’indignent de voir Alternatives Eco à 40 %, Le Monde à 40 % alors que Challenges ou Capital n’y apparaissent pas. On nage en plein délire, Le Monde représente parfaitement l’idéologie dominante et Alternatives Eco est une opposition bien tiède. Après que Challenges ou Capital n’y apparaissent pas semble assez logique sauf à s’interroger sur des sujets aussi existentiels que : « Immobilier : est-ce le moment d’acheter » ou « Le classement des écoles de commerce ». Pour l’auteur rien n’y fait, la répartition est biaisée. Parce que différente de C dans l’air ?

 

Abordons maintenant le débat habituel entre l’enseignement de la microéconomie ou de la macroéconomie. Michel Pébereau, avec toute la mesure qu’on lui connait, affirme que : « La microéconomie est une science, il n'y a rien d'idéologique là-dedans: c'est cela qu'il faut enseigner ». On l’aurait parié Michel ! L’économie ne fonctionne que par modélisation qui se base sur des évènements passés pour prédire l’avenir. Ces modèles ont d’ailleurs prouvé leur efficacité lors de la crise des « subprime » qu’ils n’ont jamais vu venir. L’analyse des faits économiques, la macroéconomie cela ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas néolibéral. Excuse-moi Michel, j’avais oublié qu’il n’y avait pas d’alternative. J’ai une excuse, je suis Français. Ces gens qui ne comprennent rien à l’économie.

Puis l’article s’attaque à ce pan obsolète de l’économie française : l’Etat. L’auteur s’étonne qu’un manuel scolaire puisse consacrer 50 pages à son action économique, lui qui ne sert qu’à gaspiller l’argent de nos impôts.

 

La suite constitue une surprise puisque le patriotisme économique est évoqué. Mais rassurez-vous la bête immonde qu’est le protectionnisme n’est pas abordée. L’auteur critique le fait que les manuels évoquent plus les entreprises étrangères que françaises, mais oublie sans problème la question de la localisation de la production. Visiblement le fait que l’économie française se portera mieux si Toyota produit à Valenciennes que si Renault produit à Tanger n’interroge pas l’auteur de l’article.

 

La critique suivante aborde le fait que les manuels scolaires ne valorisent pas assez le bonheur de créer son entreprise et de l’activité sur un territoire. Difficile de ne pas adhérer à cette idée puisqu’il est certain que la volonté d’entreprendre ne peut que dynamiser notre économie. Las, on déchante rapidement lorsqu’on comprend que la volonté sous-jacente est de faire entrer l’entreprise dans les classes. Si l’idée peut être intéressante pour la culture générale des lycéens, il est essentiel de comprendre que l’école se doit avant tout de former des citoyens qui seront alors les meilleurs employés pour faire évoluer nos entreprises dans le bon sens.

 

Messieurs les journalistes avant de traîner les Français dans la boue, interrogez-vous sur vos propres compétences et sur la façon dont les puissants vous manipulent pour imposer leur système économique. L’exercice est, il est vrai, autrement plus délicat…

 

Theux

Cameron: nous ne t'aimons pas non plus
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La Maison Nucingen (Balzac)
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Commentaires : 20
  • #1

    Trémarec (mercredi, 21 novembre 2012 11:31)

    +1

  • #2

    Horror (mercredi, 21 novembre 2012 13:12)

    Savez vous quel était le mot le plus accolé à celui de Sarkozy 5 ans avant la présidentielle dans les écrits des journalistes, les dires des politiques et repris en coeur par les millions de posteurs? Fouquet's!
    Bon nombre de votants contre ne l'ont fait qu'avec ce seul argument de forme, alors que pendant 5 ans il y a eu une succession de crises que l'on peut qualifier d'économiques et dans lesquelles Sarkozy a été un acteur majeur.
    A-t'on fait tout un plat de "Chez Laurent" la cantine de Hollande qui pourrait faire passer le Fouquet's pour un flunch? Non pas les journalistes en tout cas.
    Demandez donc à 10 français de vous expliquer l'histoire de la crise des subprimes pour ne reprendre que la première. Si vous en avez 1 qui vous l'explique vous aurez tiré le pompon. Les 9 autres n'en connaissent que le mot (et encore) qu'ils associent à quelques chose de sale, et c'est tout.
    C'est du même tonneau que les 600 milliards que Sarkozy aurait dépensé pour ses amis riches (ou les 15 milliards de TEPA pour les seuls riches). S'il y a un français sur 100 000 capable de savoir de quoi sont composés ces déficits et leur raison, c'est le gros lot de la loterie.

    Les journalistes ont-ils fait leur travail de pédagogie ou se sont ils arrêtés au vernis racoleur? La réponse est dans la question.

    Nos journalistes sont plus journaleux que journalistes. On peut être partisan mais on a l'obligation quand on fait ce métier de donner du fond. Hors on ne voit dans des articles dits de fond que de la dilution de gros titres racoleurs fait de phrases chocs et de raccourcis.
    Il faut dire que comme dans aucun autre pays démocratique politiques et journalistes font lit commun au propre comme au figuré. Dans le pays le plus ultra libéral que vous exécrez, les journalistes s'engagent par écrit à ne même pas déjeuner avec un politique, fusse-t'il le poulain maison. C'est ça l'objectivité.

    Le dernière énormité journalistique suit l'intervention en matinée (17h) de notre Président. Libé n'avait pas grand chose à dire sur les aberrations économiques de ce gvt ( et Moody's vient de nous le rappeler) et s'est contenté d'un satisfecit sur le fait que Hollande après 6 mois d'élection ressemblait enfin à un Président. On croit marcher sur la tête quand on lit des conneries pareilles, ce n'est pas du journalisme, ce n'est même pas de la propagande, c'est de la bêtise.

    Les journalistes comme les français sont nuls en économie. Parle-t'on à nos enfants de Keynes, de Marx ou de Ricardo pour ne parler que de ceux là qui sont à la base de la compréhension économique? Jamais, et pour les rares à qui on en parle c'est une vision orientée et syndicaliste (auteurs obligent) de l'économie avec les gentils syndicats et les méchants patrons.

    La culture économique dans notre pays est d'une ignorance crasse à tous les étages.

  • #3

    Hypokrit (mercredi, 21 novembre 2012 15:09)

    @Horror : j'ai bien peur que votre vision de la presse (et des grands médias en général) soit erronées. La presse est morte dès le milieu du XIXème siècle avec l'apparition de la publicité, mort entérinée en 1863 avec l'émergence de la presse à 1 sou et symbolisée par l'arrivée du Petit Journal.
    Dorénavant ce n'est plus au journaliste d'instruire le lecteur mais au lecteur de s'instruire en autonomie.

  • #4

    Horror (mercredi, 21 novembre 2012 19:45)

    @ Hypokrit.
    Nous arrivons au même constat que la presse est d'une nullité confondante.
    Vous le généralisez WW, je pense que même si la pub joue un rôle WW nous avons encore bien une "exception culturelle" bien à la française qui nous garantit plus de médiocrité qu'ailleurs.

  • #5

    Woyzeck (mercredi, 21 novembre 2012 19:50)

    Le principe du journalisme n'a jamais été d'expliquer l'information aux masses ! Ca c'est le boulot des professeurs et des personnes qui travaillent dans les institutions morales de la République (curés, syndicalistes, patrons, associations, bref, la société civile). Le désengagement de ceux-ci a laissé la place à une source d'abrutissement intarissable dans nos sociétés : le journalisme. Dans son essence même, le journalisme n'est que l'expression des rapports de force idéologiques, et par conséquent, des rapports de force entre les possédants. Les pauvres sont donc laissés à leur sort de pauvres qui n'y comprennent rien, mais il ne faut pas blâmer les journalistes, mais plutôt les profs, les curés, les syndicalistes, les patrons et la société civile. Heureusement que ce blog est là pour sauver le reste !
    Enfin Horror, vous exprimez seulement là votre opinion, pas du tout la vérité... Votre discours économique est lui aussi assez orienté... Aux syndicalistes qui ont une vision biaisée méchants patrons/gentils syndicats vous semblez opposer: entrepreneurs bons en économie/gauchistes voleurs. C'est du même niveau pour moi... Si les patrons français comprenaient qqch en économie et étaient si intelligents, pourquoi serions-nous dans un tel marasme économique ?

  • #6

    Hypokrit (mercredi, 21 novembre 2012 20:01)

    Votre dernière phrase m'a fait tiquer Woyzeck. Vous semblez penser que les grands patrons français souffre de ce que vous appelez un marasme économique, or, je ne pense pas que cela soit une généralité.
    Pour prendre un exemple personnel mais qui n'est pas isolé pour autant, mon père (je ne suis qu'étudiant) fait parti de la direction d'une grande entreprise transnationale, qui ne c'est jamais aussi bien portée ! Je suis, comme Horror, de tendance libérale (plutôt libertairenne même), mais force est de constater que dans certains domaines en SE il n'existe pas ou peu d'intérêt commun entre les différents acteurs. Ainsi la catastrophe pour une majorité se transforme en aubaine pour une minorité.

  • #7

    jl dac (mercredi, 21 novembre 2012 21:48)

    C'est une réaction bien naturelle pour des chiens de garde que de se demander pourquoi des gens refusent comme eux de manger la pâtée qui leur est tendue et qu'ils trouvent si bonne.
    Ils se demandent tout naturellement: "Pourquoi ces idiots refusent ils la pâtée que nous tendent nos bons maîtres", leur état de servilité ne leur permet pas d'envisager d'alternative.

  • #8

    diojaime (mercredi, 21 novembre 2012 22:33)

    @ Hypokrit
    c'est bien ce que l'on peut reprocher au libéralisme d'ailleurs.
    d'être une doctrine politique permettant aux
    plus "chanceux" de prendre le pouvoir (économique puis politique)et le garder en veillant bien que la catastrophe perdure pour la majorité des acteurs.
    le malheur des uns fait bien le bonheur des autres dit-on...
    alors,qui nous empêche de programmer la misère du monde??
    certainement pas le libéralisme...

  • #9

    Horror (mercredi, 21 novembre 2012 22:37)

    @ Woyzeck
    Bien sur que mon discours est orienté car j ai fait ma sauce entre Keynes, Marx et Ricardo (et d autres) et c est grâce à eux que je l ai faite.
    J essaie cependant d avoir un discours le plus objectif possible base sur des faits, pas sur de la croyance.
    Je ne suis pas d accord avec vous quand vous dites que la culture économique est de la responsabilité de la société civiles notamment patrons, syndicats et cures. Eux ne sont que des prêcheurs qui œuvrent pour leur paroisse. Les prof, les politiques et les journalistes ont eux une vraie responsabilité pédagogique vis à vis de leurs élèves, électeurs et lecteurs. Aucun de ceux la ne faisant correctement son boulot éducatif, la masse suit et ne peut faire son propre cheminement personnel. On reste sur du seul slogan de poissonnière sur un marche.

    Enfin, pour votre raccourci me concernant. D une je ne décris que ce que l on peut lire et voir à tout bout de champs sur les patrons/syndicats sans jugement de valeur, meme si je trouve cela catastrophique vis a vis des jeunes et des patrons de PME.
    De deux, j ai une détestation de certains patrons des GE du CAC 40 car ils sont arrivés non par leur mérite mais par leur réseau politique ( tous bords) et qu enfin que leurs résultats soient bons ou pas ils gagnent. Ça c est très mauvais, dans un vrai système méritocratique que je défend quand tu es mauvais, plus tu es haut, plus tu morfles.
    J aime beaucoup le syndicalisme à l Allemande car hyper responsable et implique. Ils sont pour quelque chose dans la réussite de toutes ces entreprises allemandes. Nos syndicats qui se réfugient derrières des combats d il y à plus de 50 ans, ne font que fossoyer l economie et les travailleurs depuis pour des intérêts bien plus particuliers que collectifs.

    Pour les patrons nuls en économie, laissons les d abord créer de la valeur sans les vampiriser non stop surtout dans une période aussi délicate. Entre les multiples taxes qui leur sont promises l année prochaine, et la mauvaise blague des irresponsables municipaux qui leur ont envoyés des taxes CFE x2 x3 x4 x5 voire x6 à payer avant fin décembre, elle est la la nullité.

  • #10

    Woyzeck (mercredi, 21 novembre 2012 23:27)

    @Horror: Je pense tout de même que les patrons, curés et les syndicats ont un rôle à jouer dans l'explication à donner aux masses de toute l'information qu'on nous délivre. Autrefois (j'ai pas connu ce temps), je crois qu'il y avait quand même plus d'amicales laïques, ou d'association des jeunesses ouvrières et sûrement d'autres genres de représentations patronales qui faisaient les étals de marché pour prêcher pour leur paroisse. Ca permettait déjà l'échange, et c'est, on peut l'espérer, le début d'une réflexion chez certains! On ne peut pas demander à tout le monde de lire Marx, Ricardo, Keynes et compagnie, d'autant qu'une majorité de nos politiques ne les ont pas lu dans le texte non plus. Donc il faut se raccrocher à des discours idéologiques clivant qui engagent la réflexion. Ce que critique avant tout cet article, c'est le manque de représentativité des opinions dans les médias en général, puisque les analyses économiques radicales de gauche n'apparaissent jamais autrement que pour être critiquées : on sait pourtant que la crise de 2008 a été prévue par ATTAC, et un bon nombre de spécialistes, et que les critiques de l'extrême gauche sur la zone euro ont parfois rejoint les pires serments des néo-libéraux sur la faillite du système de la zone euro..

    Et moi dans le genre, je suis plus fan des patrons allemands, qui savent former leur main d'oeuvre, et parler avec des syndicats ! Encore que ca reste circonscrit aux PME, les gros industriels rhénans, même s'ils ne sont pas sortis de nos grandes écoles sont tout autant des incapables privilégiés que nos grands patrons !

  • #11

    Ahuri (vendredi, 23 novembre 2012 09:12)

    @Horror
    N'hésitez donc pas à allez vivre dans un de ces merveilleux pays dont le peuple à tous compris.

    Au revoir...

  • #12

    Horror (samedi, 24 novembre 2012 15:35)

    @ Ahuri effectivement!
    Quelle pertinence dans l'argumentation.
    Mais c'est prévu si ça continue dans cette voie.

  • #13

    vincent (mercredi, 28 novembre 2012 12:41)

    @horror
    j'ajouterais Frédéric Bastiat à votre liste, un des plus grands penseurs en économie et dont je pense moins de 1% des français connaissent, alors que ses démonstrations sont à la portée du grand public.

  • #14

    Alfrank (mardi, 01 janvier 2013 10:15)

    Je suis, pardonnez-moi, étonné de voir parler tant "d'économie" : l'économie est constituée de diverses matières difficiles, nécessitant quelques années d'études.

    Un seul exemple : Expliquer, avec exemple et calculs à l'appui, la notion de "coût marginal". Ce n'est pas trop difficile...à condition d'avoir étudié ce sujet (ce qui a bien peu de rapport avec "lire un article")

  • #15

    Pierre (vendredi, 11 janvier 2013 01:11)

    Pas de cours d'économie pour les bacs S, L, STI... seuls les ES en bénéficient. Il n'est donc tout à fait normal que nous soyons nuls en économie. Seuls ceux qui s'intéressent à ce sujet se renseignent et essaient d'en apprendre plus...

  • #16

    Pol75 (vendredi, 11 janvier 2013 01:14)

    Heureusement qu'on a des génies comme Horror... on en a quelques millions je crois.

  • #17

    Marc12 (vendredi, 11 janvier 2013 01:16)

    @Pierre... il est très français de croire que tout s'apprend durant les études et qu'après c'est terminé. C'est ridicule.

  • #18

    Inspecteur Juve (vendredi, 11 janvier 2013 10:09)

    Consignes du prof d'économie de ma fille en 1ère ES : "abonnez-vous à Alternatives Economiques et lisez la page du lundi de La Croix".
    Et si on apprenait l'économie avant d'apprendre les alternatives ;-) ?

  • #19

    lgd190 (mercredi, 06 février 2013 00:38)

    Je dois bien avouer que je ne connais pas bien les tenants et les aboutissants des analyses des gens (néolibéraux, selon vous) que vous citez. Cependant, votre billet est non seulement indigeste et partial (pour ce qui est de partial, c'est votre droit) mais votre raisonnement est indigent. Tout est dit dans votre phrase qui finit par ces mots : "il est essentiel de comprendre que l’école se doit avant tout de former des citoyens qui seront alors les meilleurs employés pour faire évoluer nos entreprises dans le bon sens". Si pour vous il est indigne qu'un citoyen soit autre chose qu'un employé (soit, à tout hasard et a contrario de votre vue, entrepreneur, chef d'entreprise), c'est que vous voyez le "citoyen" dans un rôle d'esclave, d'exécutant, tout juste bon à gagner sa croûte en suant en tant qu' "employé", et être "citoyen" pour voter pour les hommes politiques ineptes qui dénigrent, tout comme vous, les entreprise et leurs dirigeants. C'est oublier que c'est l'entrepreneuriat qui fait vivre (via les taxes, et aussi via les salaires, taxés eux aussi) à la fois ces parasites que sont nos politiciens, et les soi-disant journalistes (lire, propagandistes) qui sont de mèche avec lesdits politiciens et qui racontent n'importe quoi à tout bout de champs.
    Oui, les Français sont mauvais en économie, et ce ne sont pas les preuves qui manquent. S'ils ne l’étaient pas, Mélenchon aurait 0% de votes, car ce qu'il dit c'est idiot, de A à Z ; Montebourg aurait déjà été forcé de démissionner ou aurait été passé au goudron et aux plumes ; les socialistes (du PS ou de l'UMP) ne seraient pas au pouvoir.
    Attention cependant, je n'ai pas dit que le Français serait bête (ou plus bête qu’un Italien, qu’un Allemand, qu’un Chilien ou qu’un Américain) ; il est maintenu dans l'ignorance, et notamment de ce qui crée la richesse du pays. Il est dressé comme un animal, il est conditionné à aboyer dès qu'il entend le mot "patron", ou "chef d'entreprise", ou "entrepreneur". Sans même réfléchir pourquoi. Réflexe pavlovien. On n'enseigne plus à réfléchir de toute façon, on "simplifie" tous les ans un peu plus le programme scolaire. L'économie n'est pas simple. Il faut se donner la peine de comprendre, et pour commencer il faut être motivé pour comprendre. Et lorsqu'on vous dit que l'entreprise c'est le mal absolu et que comprendre quelque chose à l'économie, à la bourse, etc. c'est mal, et que vous l'entendez tellement que vous finissez par l'intégrer, la motivation est forcément pas grande à vouloir comprendre comment ça marche. Ce qui arrange les "élites" (lire, les voyous cyniques) au pouvoir, puisque si les gens comprenaient comment marche l'économie, lesdits voyous se feraient chasser du pouvoir avec force coups de pieds au cul (dans l'hypothèse la plus sympathique).
    Ce pays est tellement gangréné par l'incompétence de ses dirigeants, par l'absence d'un vrai quatrième pouvoir (et là je parle d'un vrai journalisme, pas de celui qui tous les jours se complaît dans sa relation incestueuse avec le pouvoir en place) que toute son économie ne marche presque plus que par inertie... Hélas, on sait depuis Newton que tout mouvement s'arrête si la cause (la force) qui l'a provoqué n'est plus là. Or depuis un moment tout est fait pour que cette force, et nommons là, je veux parler de l'entrepreneuriat, disparaisse. Quand on y sera arrivé, ce ne sera pas joli joli !

  • #20

    lgd190 (mercredi, 06 février 2013 01:46)

    @Horror (#9 surtout) : +1000 !!!!