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2012

Fractures françaises (Christophe Guilluy)

L’ouvrage de Christophe Guilluy a fait battre le cœur de la dernière présidentielle française sans qu’aucun des « grands » partis ne le comprenne réellement. Le Parti Socialiste de François Hollande, perdu dans ses méandres attaliens boboïsants, l’a gentiment ignoré. L’UMP de Nicolas Sarkozy a utilisé allègrement le diagnostic tout en le vidant de sa substance au niveau des solutions préconisées. Le gâchis est immense car le travail réalisé par Christophe Guilluy apparait extrêmement pertinent. Il se libère du politiquement correct et de l’image d’une France idéalisée pour décrire notre pays comme il est. Sans concession.

 

Le premier apport d’importance de cet ouvrage est de mettre fin à l’image d’Epinal qui voudrait que notre pays se résume à une division entre des métropoles prospères et à des banlieues qui concentrent tous les problèmes. Une telle vision des choses oublie totalement la France rurale et périurbaine. L’attention des médias se focalise quasi-essentiellement sur les problèmes des banlieues dont les émeutes sont très télégéniques. Les voitures qui brûlent et le « callaissage » des voitures de police marquent l’opinion publique d’autant plus que ces actes sont souvent le fait de minorités « visibles ». Le problème est que ces révoltes ne relayent aucun message politique ni volonté de changer les choses. Elles sont souvent le fait d’une minorité de jeunes cherchant à attirer l’attention et dont les agissements pénalisent l’ensemble des habitants des banlieues.

 

A l’arrivée cette violence des banlieues sert le système en place puisqu’il suffit d’y apporter une réponse sociétale bien moins exigeante qu’une réponse sociale. Pour montrer que les banlieues ne sont pas délaissées, les politiques utilisent deux méthodes. La première coïncide avec une politique de la ville ambitieuse et médiatique. L’exemple type est la destruction de grandes barres d’immeubles qui sont elles aussi très télégéniques. La seconde réponse correspond à de la discrimination positive, qui permet par exemple de réserver certaines place à Sciences Po à des élèves issus des quartiers difficiles. De cette manière, le système libre-échangiste peut continuer sa route sauf que nos élites oublient une France : celle des invisibles.

Cette France des invisibles se rappelle aux bons souvenirs de nos politiques à chaque élection majeure comme la présidentielle ou le référendum sur le traité constitutionnel. A chaque fois les résultats constituent une surprise pour nos « élites » bien pensantes. Il s’agit en réalité du cri du cœur de la France rurale et périurbaine. Cette France qui reste majoritaire et qui contrairement à nos préjugés n’est pas une France vieillissante. Cette France détient la clé des élections majeures à venir. Malheureusement seule Marine Le Pen semble en avoir pris la mesure.

 

L’auteur décrit cette France rurale et périurbaine comme la grande perdante de la mondialisation. Elle est souvent aussi pauvre voire plus pauvre que la France des banlieues et contrairement à cette dernière elle ne bénéficie plus de l’ascenseur social. Elle s’est installée sur ces territoires pour différentes raisons. Tout d’abord, elle a suivi le mouvement des industries, qui se sont déplacées des métropoles vers la périphérie. Elle a ensuite essayé de maintenir autant que possible le cadre de vie des classes moyennes auquel elle n’appartient plus. La volonté de ces ménages populaires a été de vivre dans des pavillons. La forte hausse des prix de l’immobilier les a obligé à s’éloigner de la ville centre.

 

La troisième raison correspond au refus de ces classes populaires de vivre dans des banlieues où elles n’appartiennent plus à la culture dominante. Ainsi elles doivent aujourd’hui faire face à la modification du type d’immigration en France. Contrairement aux 30 glorieuses, où l’immigration était une immigration de travail avec souvent des jeunes hommes venant travailler en France et fonder une famille avec fréquemment une autochtone, l’immigration est devenue familiale. Dans ce type d’immigration, les nouveaux arrivants ne viennent plus dans les zones où la demande de travail est forte mais à l’endroit où vivent leurs connaissances, ce qui réduit la mixité sociale. A l’arrivée ces minorités deviennent majoritaires dans certaines zones de banlieue.

 

Ce basculement de type d’immigration pose un problème au niveau de notre modèle d’intégration. A l’époque de l’immigration de travail, les immigrés étaient essentiellement de jeunes hommes célibataires dont la rapidité d’intégration correspondait à l’adoption des valeurs du modèle républicain français. En conséquence, ils épousaient fréquemment des autochtones ce qui avait pour conséquence de favoriser une intégration rapide.

Christophe Guilluy
Christophe Guilluy

Le basculement à une immigration de famille génère l’apparition d’une majorité relative sur certains territoires pour ces minorités. Le processus d’intégration est alors totalement renversé. C’est ainsi que l’on peut voir certains autochtones adopter les codes des nouveaux arrivants pour favoriser leur intégration, comme par exemple la conversion à l’Islam. Ce renversement de la logique d’intégration peut créer une certaine insécurité pour des classes populaires attachées au territoire et au modèle républicain.

 

Pour éviter d’être confrontées à ces problèmes de majorité relative, les élites et les classes populaires mettent en place des stratégies d’évitement. Les élites achètent des biens immobiliers en centre ville ou dans « les plus beaux villages de France » qui les placent à l’abri des conflits potentiels avec la France des banlieues. Les « bobo » investissent, quant à eux dans les anciens quartiers populaires en voie de gentrification. Ils croient ainsi favoriser le « vivre ensemble » alors qu’ils chassent en réalité les couches populaires qui ne peuvent résister à la flambée de l’immobilier. Ces dernières adoptent une stratégie d’évitement en fonction de leurs moyens, qui les obligent à s’éloigner dans des lieux périurbains, c'est-à-dire au-delà des banlieues.

 

Les élites ont beau jeu de prôner le « vivre ensemble » à l’abri dans leur centre-ville ou dans leurs immeubles sécurisés. En réalité, ils imposent cette logique à la France populaire qui en subit toutes les difficultés et qui se retrouve assimilée à des racistes dès qu’ils soulèvent la moindre difficulté.

 

Le fait de vivre en zone rurale ou périurbaine signifie l’éloignement des zones les plus attractives économiquement. Il apparait donc que cette France rurale et périurbaine constitue le parent pauvre au niveau de l’offre de services, qu’il s’agisse de services publiques ou privées.

 

Cette France est aussi celle des petites villes industrielles qui subissent de plein fouet les délocalisations et les conséquences néfastes de la mondialisation. Cette France invisible est la grande perdante du système économique en place. La moins bonne qualité du maillage territoriale dans ces zones périphériques par rapport à la banlieue, offre souvent un moins bon accès aux prestations sociales ce qui accentue la précarité.

 

En conclusion, il semble essentiel de sortir de la dualité centre-ville-banlieue qui permet de remplacer les luttes sociales par des luttes sociétales. Ainsi des mesures de discriminations positives laissent croire que les choses évoluent alors que rien ne change puisque le néolibéralisme perdure. Il faut sortir de l’image d’Epinal qui voudrait que la France rurale et périurbaine corresponde à la classe moyenne alors qu’il n’en est rien. Il serait inconscient de laisser Marine Le Pen seule au chevet de cette France. La responsabilité du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon apparait lourde. La gauche doit avoir le courage de s’emparer de l’ensemble des questions qui heurtent cette France qui souffre. L’immigration en fait partie. Il faut s’emparer du sujet. Non pas pour trouver des boucs-émissaires à la sauce UMP qui permettent de mieux masquer les vrais problèmes, mais pour retrouver un modèle d’intégration similaire à celui des 30 glorieuses. La gauche ne peut pas rester muette sur cette question, sous peine de laisser le champ libre au FN. Mais il ne s’agira en aucun cas de considérer cette question comme prioritaire, puisque notre combat reste la lutte contre le chômage. Cela ne passera que par la réindustrialisation du pays grâce à des mesures telles que le protectionnisme, qui apparait être le meilleur modèle d’intégration qui soit. Mais surtout la France populaire ne doit pas se tromper d’ennemi. Les Français des banlieues, des zones périphériques et rurales doivent s’unir pour faire évoluer notre système économique qui mène notre pays dans l’impasse. Comme un retour de lutte des classes…

 

Theux

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Commentaires : 27
  • #1

    Woyzeck (mardi, 27 novembre 2012 22:42)

    Ca devient radio Goebbels ici !!

    1. La France rurale et périurbaine a toujours été le parent pauvre de la modernisation de la France, c'est pas nouveau depuis la mondialisation. Nos grands parents et nos parents proviennent tous d'endroits pourris, qu'ils ont bien fait de quitter lorsqu'ils pouvaient encore bénéficier d'une ascension sociale. Enfin, prétendre que les banlieues sont un lieu où on peut encore bénéficier de l'ascension sociale, c'est vraiment être aveugle. C'est vrai seulement pour la dizaine de mecs qui peuvent intégrer sciences po, et encore.

    2. L'immigration familiale est un droit de l'homme reconnu, entre autre, par le Conseil de l'Europe, et qui affecte l'ensemble des pays dudit conseil, c'est à dire près d'une 50aine de pays. Il n'y aurait qu'en France alors qu'on serait incapable d'assurer à nos immigrés des conditions de vie normales pour les permettre de s'intégrer ?

  • #2

    Nebehr (mardi, 27 novembre 2012 23:08)

    Je trouve que votre analyse de l'immigration est très insuffisante et mélange beaucoup de choses différentes sans en montrer l'articulation logique. Si on est passés d'une immigration de travail à une immigration par regroupement familial c'est précisément à la suite de la crise de l'emploi dans les années 70 qui a poussé les gouvernements à rendre plus difficile l'accès en France aux étrangers. L'économie et la politique comptent donc bien parmi les principaux responsables de ce changement dans l'immigration.
    Ensuite vous passez sous silence l'évolution de la société et du marché du travail au sujet des femmes, car à partir du moment où ce ne sont plus les hommes seuls qui bossent les femmes elles aussi peuvent traverser les frontières, du coup les anciens hommes travailleurs et célibataires peuvent trouver une copine "de chez eux" directement dans le pays d'accueil.
    Quant à la conversion à l'Islam pour favoriser l'intégration des nouveaux arrivants, je ne vois nullement comment cela pourrait être lié au regroupement familial. D'ailleurs vu comme ça ça m'a plutôt l'air d'un fantasme.
    Et puis quid dans votre discours des enfants d'immigrés de 2e ou de 3e génération nés en France et scolarisés en France et qui se voient renvoyer à la gueule tout le temps qu'ils ne sont pas des Français comme les autres ? Vous ne pensez pas que c'est là une bonne explication du repli sur ses racines plus ou moins imaginaires d'ailleurs ? Car si tu n'as pas le droit d'être Français en France alors que tout semble indiquer que tu en es bien un, la seule façon de ne pas sombrer dans un mépris total de sa propre personne (qui peut aussi améner au suicide) c'est de retrouver une identité de groupe à l'intérieur de laquelle sa propre personne a une valeur quoique souvent moins satisfaisante que celle qu'on aurait en tant que citoyen dans ses pleins droits.

    Pour résumer, c'est parce que l'immigration n'a plus été encouragée et que les immigrés ne sont plus les bienvenus qu'ils sont contraints à chercher leurs semblables et à se désinvestir de l'intégration. C'est ça qu'il faut comprendre et expliquer à la France déclassée, et non pas qu'ils sont devenus minoritaires parce que désormais les bougnouls forment des lobbys puissants qui font pression sur la société pour défendre leurs intérêts de groupe.

  • #3

    Pierre Feuille Ciseaux (mercredi, 28 novembre 2012 01:27)

    @Woyzeck
    Point Godwin atteint dés la première phrase bravo.
    Les problèmes d'intégration sont devenues récurrents partout en europe mais aussi dans les pays d'origine des migrants :
    http://www.rfi.fr/afrique/20121103-maroc-immigration-hebdomadaire-maroc-hebdo-accuse-racisme

    La mondialisation provoque un mouvement de balancier de plus en plus absurde qui oblige les pays d'acceuil à acceuillir des populations faiblement qualifiées tout en les contraignant à laisser filer l'industrie ailleurs ...Comment remedier à ce paradoxe ?
    C'est la question que ne se posent ni les libre-échangistes ni les chasseurs de nazis du dimanche !Question pourtant cruciale vu les déséquilibres que cela entraine.

  • #4

    Pierre Feuille Ciseaux (mercredi, 28 novembre 2012 02:07)

    @Nebehr
    """Pour résumer, c'est parce que l'immigration n'a plus été encouragée et que les immigrés ne sont plus les bienvenus qu'ils sont contraints à chercher leurs semblables et à se désinvestir de l'intégration.""""

    L'histoire de l'immigration en France démonte cette idée reçue ,des ghettos polonais , italiens , espagnols il y'en a eu des tas au siècle dernier,encore maintenant vous trouverez des quartiers portugais en IDF ou arméniens dans le PACA.
    Et ces immigrés étaient beaucoup moins acceptés que les ressortissants extra européens de maintenant , pourtant plus nombreux.

    Ce qui a changé entre temps c'est que les facteurs qui permettaient le brassage des populations ont disparu : le plein emploi ,l'école républicaine et la culture commune , l'exode rurale qui vidait ces ghettos de sa jeune population vers la ville et la banlieue...
    Et pour être issu de l'immigration je peux vous dire qu'on a pas besoin du FN ou des chantres de la diversité pour être renvoyé à ses origines , les unions mixtes sont en chute libre car le métissage est interdit dans certaines communautés.

  • #5

    Rurale (mercredi, 28 novembre 2012 11:45)

    Salut à tous

    Pour commencer, j'ai trouvé cet article très intéressant et cela m'a donné envie de lire le livre dans lequel je suis certaine il y a moins de raccourcis hâtifs.
    Je pense que effectivement, il y a un grand malaise actuellement en France, les classes rurales (et périurbaines) souffrant certainement d'une moins grande discrimination au faciès, mais souffrant d'horizons certainement (presque) aussi limités que dans les banlieues. C'est d'autant plus difficile à vivre que cela n'est pas reconnu dans la société.

    Je viens d'une famille pauvre et rurale et j'ai trois soeurs (mon nom et bien francais et je suis blanche). Je ne sais pas si vous connaissez le mot, mais nous étions ce que l'on appelle dans le jargon des cassos! Et je peux vous dire qu'il n'y a pas de pitié pour les gens comme nous.

    Une petite anecdote, je me débrouillais plutôt bien en Allemand, j'aimais bien ça, j'étais d'ailleurs la première. Une copine, Fatima, se débrouillait bien aussi, c'était une jeune fille adorable. Au milieu de l'année, ils sont partis tous en voyage en Allemagne, je n'y suis pas allée. A leur retour, la prof s'est félicitée d'avoir emmenée Fatima grâce à une aide sociale, puis elle m'a regardé et m'a dit un truc comme "tu aurais peut être pu en bénéficier, mais de toute manière, tu ne voulais pas y aller!". Peut être bien oui, mais jamais elle ne m'a proposé l'aide. Tout ça pour dire que je pense effectivement que ce voyage était plus bénéfique à Fatima (que l'on a marié de force très jeune d'ailleurs), mais bon ça illustre pas mal le désintérêt que l'on peut avoir pour les gens comme nous.

    Je ne vote pas Marine Le Pen (elle me fait peur) et je suis plutôt partisane du Front de Gauche, mais je suis d'accord que les problèmes de pauvreté (et les soucis sociaux et psychologiques) que cela engendre, sont pris de façon un peu trop unilatérale actuellement. J'espère que vous n'avez pas le sentiment que je nie les problèmes de racisme présent en France et cela me choque tout le temps d'entendre le discours des "fachos" qui je pense, se trompent effectivement de cible. Et, je souhaite que très bientôt, les gens cessent d'accabler les "bougnoules" de tous les maux de la société francaise. C'est stupide, cela fait du mal et qui plus est, cela ne changera rien à leur situation.

    Je voudrais souligner autre chose, pour moi comme vous l'avez très bien dit, il faut lutter contre le chomâge... Mais pas que! Je pense notamment au rôle fondamentaux des travailleurs sociaux de toutes sortes, car la pauvreté favorise l'exclusion et cela provoque des dommages psychologiques importants. Le problème est extrêmement complexe. Les gens ont besoin d'être écoutés et soutenus, mais il ne faut pas en faire des victimes non plus, car cela annihile la volonté.

    Je ne connais pas les banlieues alors le problème est loin de moi, mais je peux vous certifier qu'il y a des pauvres dans les campagnes, c'est certain, il y en a toujours eu, et il est vrai que l'on s' y sent délaissé.

    Bonne hargne à tous les moins que rien (black, blanc, beurs)!

  • #6

    diojaime (mercredi, 28 novembre 2012 13:48)

    la population étrangère et immigrée en france
    représentait respectivement 3.8 et 5.4 millions d'individus en 2009 (source INSEE).
    Ceci dit, il paraît incompréhensible que la 5ème puissance économique mondiale ait autant de mal à intégrer à peine 9 millions d'individus sur son territoire,(soit 14% de la population totale).
    Cependant, si on remonte à la cause des causes on constate que les 40% (de la population totale) les plus démunis dont les immigrés et étrangers, pour la plupart, font partis, reçoivent à peine 22% de l'enrichissement national.
    Conclusion, français, étrangers et immigrés pauvres vivent ensembles en se partagant la misère du pays.
    à mon sens, la difficulté d'intégration des immigrés est une des conséquences d'un seul et même phénomène:"la non-redistribution des richesses"

  • #7

    Horror (mercredi, 28 novembre 2012 16:14)

    @ Pierre Feuille Ciseaux

    La ghettoïsation est normale puisqu'elle est en fait un sas de décompression pour éviter un choc culturel trop grand et permettre une assimilation progressive. De tous temps et quel qu'en soit le type, les migrants se sont regroupés par nationalité d'origine, milieux social, métiers...
    On trouve dans pleins de villes étrangères des quartiers français, chinois... Ce ne sont pas des quartiers en opposition mais des petits bouts des pays d'origines qui n'empêchent aucunement l'intégration. C'est de l'importation culturelle positive.

  • #8

    Horror (mercredi, 28 novembre 2012 16:27)

    La politique d'immigration doit se calquer sur les besoins en cours de la Nation et être une politique d'offre.
    Le demandeur, candidat à l'immigration, doit remplir au mieux les critères demandés pour postuler et se conformer aux règles et Lois locales, de même qu'à sa culture afin de favoriser son intégration.
    A côté de cela, les Démocraties ont pour responsabilité d'avoir un flux lié à la protection des individus (réfugiés politiques...)
    Plus le flux naturel de regroupements familiaux.

    Aujourd'hui la France n'a économiquement pas besoin de flux d'immigration, alors qu'elle procure tous les attraits et facilités aux candidats. Il n'est pas besoin de détailler ces différents points archi connus.
    Economiquement parlant, l'immigration a un coût direct et indirect qui se chiffre entre 15 et 50 milliards l'an, disons que ça se situe à 30 milliards, le sujet étant relativement tabous et ceux qui s'y risquent sont brulés vifs en place de Grève par l'Inquisition bien pensante. Alors que notre dette est colossale, notre croissance en berne, notre chômage qui monte en flèche surtout dans la main d'oeuvre non qualifiée, notre déficit qui tourne autour de 100 milliards, une paupérisation croissante de la population locale, des problèmes structurels de logements... nous n'avons plus les moyens d'une intégration massive et aveugle.
    D'un point de vue comptable, il est donc urgent de réduire drastiquement le flux entrant qui augmente les coûts plus qu'il ne les réduit car nous avons une importation migratoire « low cost » (à très faible valeur ajoutée) alors que nous avons des exportations migratoire à forte valeur ajoutée. Le vase communiquant fonctionne dans le mauvais sens accélérant les risques de fracture françaises.

    Fractures qui sont amplifiées par la masse de l'immigration récente sur 2-3 générations qui a fait monter celle-ci à quelque 18%. Ce n'est pas le nombre mais la résultante qui pose problème d'un point de vue de société. Dans ce % se trouve une masse non négligeable de personnes non intégrées et plus grave non intégrables du au rejet du pays hôte.
    L'intégration requiert un effort plus particulier de la part du candidat qui doit faire sien le way of life du pays d'accueil, ou en tout cas ne pas chercher à imposer le sien. Chercher à le tordre pour l'adapter à soi ne fonctionne pas. Les communautés qui cherchent par la force à adapter nos sociétés à leur vision, religion... sont vouées à aggraver la fracture entre eux et les autoctones.
    Ce qui existe au niveau français n'est pas un particularisme puisqu'à l'échelle européenne, le communautarisme musulman, pour le citer est un vrai problème qui ne fait que s'aggraver et génère une fracture dangereuse. Ceux qui mettent cela sur le seul dos de la Crise se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.

    Last but not least, le fait que la population carcérale de notre pays soit représentée à près de 90% par la population d'immigration récente ou illégale alors qu'ils représentent bien moins de 20% doit nous apparaître comme un révélateur de la fracture croissante actuelle.
    Parce que des pauvres, des malheureux et des discriminés, il y en a également dans la population « caucasienne » rurale et périurbaine sans que cela n'explose la criminalité dans cette population.
    Alors les bien pensants mettront toute sur la faute sur l'Etat qui a , à n'en pas douter, ses torts. Mais quand on ne peut pas, et nous ne pouvons clairement pas faire mieux avec un tel flux, on ne fait pas surtout si cela dégrade la situation des nationaux. Le rôle premier de la Nation n'est  pas pour reprendre une formule célèbre, d'accueillir tout la misère du Monde, mais de préserver au mieux les intérêts et le bien être de ses ressortissants.

    D'ailleurs la montée du FN se situe surtout en zone rurale et périurbaine qui ne côtoie pas au quotidien les immigrés des villes. Par contre ils souffrent eux aussi, y compris avec une population d'origine immigrée mais assimilée, sans que leur douleur soit entendue (FN excepté), et on leur demande toujours plus de sacrifices pour accueillir une nouvelle population qui ne leur rend pas, bien au contraire. Cette immigration massive et dérégulée sape la nécessaire cohésion sociale de ce pays, qui n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment.


  • #9

    diojaime (mercredi, 28 novembre 2012 16:35)

    @ Horror
    et c'est quoi l'importation culturelle négative alors???

  • #10

    diojaime (mercredi, 28 novembre 2012 16:50)

    ça me soûle tout son barratin,??!!^**:://

  • #11

    yatim (mercredi, 28 novembre 2012 17:10)

    Bonjour,
    C'est l’émigration qui a libéré la France et qui l'a construite...Les peuples d'Allemagne,du Canada et même Anglais gèrent bien les différences...et ils tirent bien leur épingle des jeux sionistes...autour de la monnaie & des banques....
    Celui qui s’attèle aux jeux banquaires, au USA & Israël risque de couler avec....
    Marocain ayant étudié en France
    BONNE JOURNÉE

  • #12

    Horror (mercredi, 28 novembre 2012 18:09)

    @ Diojaime mon fan!
    Infibulation, polygamie....

    Je croyais que c'était un blog de réflexion économique et politique. Visiblement tu as du louper le mot réflexion. Si tu veux jouer la groupie de ton parti, il y a des tonnes d'endroit pour ça. Et si plus de 3 phrases d’affilée te saoulent, rien ne t'oblige de les lire (ils ont mis des images aussi) et à les commenter en creux.

  • #13

    Woyzeck (mercredi, 28 novembre 2012 18:53)

    @Pierre Feuille Ciseaux

    Le point Goldwin, c'est ma spécialité, je sais reconnaître des discours de fachos qui méritent des baffes quand j'en vois !
    Par contre le paradoxe que tu soulèves n'en est pas trop un à mon avis, étant donné que la majorité des immigrés qui arrivent en France sont plutôt aisés, hormis ceux qui viennent pour se faire soigner (ce qui est compréhensible), l'occident ne récupère que "la crème de la crème" des immigrés. Les plus pauvres sont au fond de la méditerranée ou dans des camps de l'ONU dans les pays du tiers monde.
    Enfin, je vois mal le lien entre délocalisation et immigration.

  • #14

    Pierre Feuille Ciseaux (mercredi, 28 novembre 2012 19:13)

    @Horror
    Nous sommes d'accord ,les immigrés doivent bénéficier d'un lieu familier ou ils peuvent se resourcer ,en revanche la comparaison entre les sas de décompression et les ghettos est un peu attive.
    Le plongeur n'est pas censé vivre X année dans le sas , on peut passer des décénies dans un ghettos sans connaître quoique ce soit au pays d'acceuil (modèle de la diaspora).
    Une des sources d'incompréhension mutuelle vient d'ailleurs de cette d'ignorance sociologique ,quand les français sont devenus minoritaires voire lorsqu'ils ont complètement disparu du quartier ,apprendre et adopter les codes du pays d'acceuil devient tout bonnement impossible.

    Je souscris au constat du 2ième méssage , par contre je suis étonné que vous n'établissiez pas le lien entre le décrochage de ces populations et la politique économique que vous vantez.
    Qui dit abandon du secteur secondaire au profit du tertiaire dit utilisation importante d'une main d'oeuvre pas cher et flexible (sous diplomée)pour soutenir l'activité des emplois annexes du secteur (nounous,agents d'entretien etc).
    De plus ,proner la libre circulation des biens et des capitaux mais pas des personnes entrave la maximisation des profits !
    Il faut bien une main d'oeuvre bon marché pour vendre les produits à bas couts qu'on importe ?

  • #15

    Pierre Feuille Ciseaux (mercredi, 28 novembre 2012 19:30)

    @Woyzeck
    Non je parlais de la cécité des experts du point Godwin et du point Ricardo ,+ il y'aura de délocalisations + il y'aura de chômage chez les immigrés faiblement qualifiés.
    ps: les immigrés ne sont pas majoritairement aisés on est pas au Luxembourg.

  • #16

    Nebehr (mercredi, 28 novembre 2012 19:47)

    @Pierre Feuille Ciseaux :
    les "ghettos" ou les sous-groupes sociaux sont depuis toujours une étape nécessaire à l'intégration de l'individu à la grande société. Il n'y a strictement aucune différence entre des groupes de Polonais, de Toulousains, de punks, de fachos ou d'étudiants en école de commerce à ce niveau-là, il s'agit toujours de se reconnaître dans une communauté culturelle dont on partage certaines valeurs et au sein de laquelle nous nous sentons à notre place. Les sociétés modernes sont trop grandes et trop mixtes pour qu'elles puissent fournir une identification immédiate à leurs valeurs, et de fait notre amour pour la France passe en général par l'amour pour un ou plusieurs groupes au sein de la société française (les gens de mon village, de ma fac, de mon lieu de travail, de mon parti politique, etc.) à partir desquels nous parvenons à avoir "prise" sur la société dans son ensemble.

    Or dès lors que l'appartenance à ces groupes est motivée uniquement par la peur ou par le mépris, c'est-à-dire que l'on ne choisit d'y appartenir que parce qu'on n'a pas d'autre choix pour ne pas se détester complètement, alors il se peut que le groupe se replie sur lui-même et qu'il commence à créer une kyste contre la société dans son ensemble. Remarquez, cette logique vaut pour les immigrés aussi bien que pour les jeunes identitaires : il suffit de voir les déclarations d'intention de ces derniers pour s'apercevoir de la manière dont le mépris subi structure leur vision du monde. Les accuser de se renfermer sur eux-mêmes et attaquer leur "communautarisme" ne fait donc que confirmer leurs idées et renforcer leur haine à l'égard de la société qui les a ignorés.

    Un premier pas si on veut résoudre le problème ce serait de reconnaître ces individus rejetés comme des citoyens égaux aux autres, de ne pas les obliger à sortir de leurs communautés par la force mais de leur offrir des voies de sortie par lesquelles ils pourront se sentir estimés sans devoir passer par leurs origines. Auparavant c'est le travail qui occupait cette fonction, mais comme aujourd'hui il y en a peu et les employeurs se montrent de plus en plus méfiants à l'égard de l'embauche d'étrangers c'est un moyen qui ne peut plus marcher de manière efficiente. Commençons à nous occuper de la question du chômage (qui touche souvent 40% dans les banlieues), on verra que la question de l'immigration deviendra de plus en plus secondaire.

  • #17

    Horror (mercredi, 28 novembre 2012 22:01)

    @ Pierre Feuille Ciseaux

    La Diaspora est un choix respectable au sens ou il ne cherche pas a s imposer aux autres communautés.
    Autrement les ghettos ne sont pas destinés à être définitifs. Mais on ne peut non plus sortir un individu contre son gré. Faites le et il reviendra magnetiquement. "L exfiltration" doit provenir d un choix et d une volonté individuelle pour être efficace.

    L éducation républicaine, absente désormais, l éducation donnée par les parents, souvent absente voire complice meme passive des exactions de leur rejeton, sont censées donner ces clés. Il est vrai que dans ces condition, cela devient compliqué et c est pour ça je pense que nous sommes face à des générations perdues.
    Une des plus grosse betise faite par Chirac a été la suppression du service militaire qui permettait à tous les jeunes hommes d une classe d âge de se rencontrer au moins une fois dans leur vie. Ils s apercevaient alors qu ils n étaient pas si différents, ce qu ils ne savent plus. Jeunés des villes, jeunes des champs, jeunes de cites.. Partageaient quelque chose en plus d une saine discipline, de valeurs noble et de l attachement à la Nation, notions qui ont complètement disparues de certains paysages.

    Je n ai pas tout saisi de votre histoire de décrochage. S il s agit de la disqualification des moins qualifiés, c est très clair quelque soit la provenance. Le soucis est que nous n avons pas anticipe pour les nationaux et que le devoir de la Nation est avant tout la. Laisser un flux migratoire entrant concurrent à ces populations ne fait que dégrader leur situation.
    Pour la libre circulation, c est à l intérieur ou des frontières ou d un espace commun.

    Enfin il y a un flux hyper néfaste qui sont ceux qui viennent de pays très pauvres et se contentent de nos minimas sociaux, sans jamais contribuer, qui représentent pour eux un pays de cocagne dont ils ne rêvaient même pas dans leur pays d origine. Cette mentalité hyper assistée tend à se développer avec la difficulté croissante pour s en sortir, avec un peu de "bricolage" en plus pour améliorer l ordinaire.

  • #18

    diojaime (jeudi, 29 novembre 2012 10:08)

    @ Nebehr
    concernant la dernière phrase: "Commençons à nous occuper de la question du chômage (qui touche souvent 40% dans les banlieues), on verra que la question de l'immigration deviendra de plus en plus secondaire".
    tout à fait d'accord avec vous!!

  • #19

    diojaime (jeudi, 29 novembre 2012 19:15)

    notons bien que le taux de chômage (année 2010) de la population étrangère est de 17.3% et atteint 23.1 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne.
    contre 8.9% pour les français.

  • #20

    Nebehr (vendredi, 30 novembre 2012 22:15)

    @Horror
    "Une des plus grosse betise faite par Chirac a été la suppression du service militaire qui permettait à tous les jeunes hommes d une classe d âge de se rencontrer au moins une fois dans leur vie."

    Pitié, quelles balivernes !! J'ai eu la chance de ne jamais faire de service militaire et ça ne m'a jamais empêché de rencontrer des gens de tout âge et de toute origine. Vous savez, il y a l'internet pour ça aujourd'hui... Il faudra donc que vous vous fassiez à l'idée que l'attachement à la nation ne pourra jamais plus se faire par une discipline autoritaire qui impose à tous la soumission à une même hiérarchie.

    Quant aux "flux hyper néfastes", je suis sidéré par votre façon de parler de population qui essaient d'échapper à la misère absolue comme des parasites dont il faudrait se débarrasser au plus vite... Je sais que ça peut gêner votre esprit sensible, mais la pauvreté existe dans le monde et ce n'est pas en fermant les yeux et en renvoyant la balle à quelqu'un d'autre qu'on va la résoudre. Votre propos serait cohérent s'il était accompagné d'une volonté de donner des subventions aux pays pauvres pour leur développement, mais dit comme ça ce n'est que de la crasse inhumanité. Si tous ceux qui ont fait le service militaire raisonnaient comme vous ce serait une raison de plus de ne pas le rétablir et de renvoyer définitivement aux oubliettes votre idéologie pourrie appartenant à une époque révolue !

  • #21

    Horror (samedi, 01 décembre 2012 08:06)

    @ Nebehr l angélique

    Moi je suis sidéré par votre discours capacité à raccourcir les raisonnements que ce soit sur des sujets que vous ne connaissez pas ou que vous ne comprenez pas.

    Comparer des rencontres de soirées, sur internet (lol si je puis dire), aller acheter une barette ou autres furtives avec le fait de vivre physiquement des mois (manger, chier, dormir) dans un melting pot de jeunes venus de tous horizons démontre bien que vous ne comprenez pas grand chose aux relations humaines. De plus votre petite expérience perso nombrilisme ne fait pas force de Loi, désole pour cette révélation qui risque de vous gratter le nombril surdéveloppé.

    Quand à la tartine de pathos dégoulinante que vous nous avez servie, votre restriction intellectuelle vous fait normalement vous attacher aux mots avec des raccourcis de forme que je ne fais pas, plutôt que de réfléchir sur le fond.

    Donc je ne vous en veux pas car s oppose mon idéologie pourrie à votre idéologie limitée, et ça vous n y pouvez rien.

  • #22

    diojaime (samedi, 01 décembre 2012 14:46)

    @ horror
    votre discours est au plus bas dans la médiocrité et l'impolitesse, à un point tel qu'il n'y a plus aucun intérêt à polémiquer avec vous!!

  • #23

    Horror (samedi, 01 décembre 2012 18:43)

    @ Diojaime commentateur sportif officiel du blog

    Non, rien en fait.

  • #24

    Marc12 (lundi, 10 décembre 2012 12:50)

    Ce qui m'étonne, ce n'est pas que les gens se tournent massivement vers cette pétainiste de Marine Lepen, mais qu'il n'y ait plus d'activisme politique violent. Il y aurait de quoi aujourd'hui voir renaître des groupes armés. Les idéologies sont-elles mortes ?

  • #25

    lol? (vendredi, 14 décembre 2012 12:05)

    Article intéressant ... il est toujours très difficile de résumer les choses en quelques lignes -> Cela oblige donc à prendre des raccourcis ! CQFD
    Ensuite, il est coutume de taxer les gens de racistes dès qu'on prononce les mots, immigrés, noirs, arabes ... Généralement cela est utilisé pour décrédibiliser l'auteur ainsi que son travail. Bon nous avons l'habitude de recevoir toutes ces leçons de pensés.
    En outre, je me fais insulter de salle « jambon » ou « rastek » dans la rue parce que je suis blanc. Il faut donc arrêter de croire que seule le Français est raciste ! Et que c’est un problème Franco Français de pure Franchouillard qui bouffe du jambon !
    Ensuite mon analyse est simple (hé oui je fais partie du bas peuple) : "si vous vivez dans la misère et que vous crevez la dalle, ben vous allez donner la seule pomme que vous avez a votre famille, a votre mère plutôt que tenter de couper cette pomme en autant de part qu'il y a de nécessiteux dans le monde !" -> Malheureusement, c'est chacun pour sa pomme :D

    Alors je sais, c'est triste, c'est la vie ... il faut arrêter de croire que tout est blanc ou noir ! Croire que nous naissons égaux ... dans le monde merveilleux des bisounours !

  • #26

    JiPe (samedi, 02 février 2013 05:51)

    Quand aurez vous tous enfin compris que le vrai problème existe entre ceux qui peuvent s'offrir des pains au chocolat et ceux qui sont obligés de les voler! Renaud l'avait très bien compris :
    http://m.youtube.com/watch?v=98DHprMTHUE

  • #27

    Dubreuil (jeudi, 07 février 2013 07:55)

    Arrêtons de tourner autour du pot ! Nous assistons simplement à la submersion des pays européens, de race blanche, par une immigration afro-maghrébine essentiellement...
    Mitterrand lui-même l'avait dit ouvertement. Si rien n'est fait (ceux qui tiennent la France encouragent ce métissage) la France va devenir une nation africaines, sous-développée, esquintée, "charianisée". Si rien n'est fait, nous allons mourir.