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2012

Démondialisation : s’inspirer de Gandhi

Comparer le combat en faveur d’une démondialisation avec celui de l’indépendance de l’Inde peut sembler exagéré. Il ne l’est pas. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le sort réservé à nos amis grecs dont les hôpitaux publics n’ont plus les moyens de soigner des maladies graves telles que le cancer ou le diabète. Faute d’une alternance politique hostile au néolibéralisme, les choses ne changeront pas et l’ensemble des pays de l’UE se retrouveront confrontés à la tiers-mondialisation. Il nous faut donc agir même si la tâche est rude, comme l’était celle de Gandhi. Nous devons suivre son exemple pour se libérer du joug néolibéral comme les indiens se sont libérés du joug de l’empire britannique.

 

« Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir »


Cette première citation de Gandhi apparait essentielle à deux niveaux. Le premier est d’analyser la situation dans laquelle nous nous trouvons et qui fait que nous obéissons à des lois injustes. Les Indiens devaient ainsi comprendre que le peuple britannique n’était pas nécessairement fait pour gouverner et qu’il n’y avait aucune raison qu’ils aient plus de droits que les Indiens eux-mêmes en particulier dans la gestion des affaires politiques indiennes.


Notre situation peut apparaitre comparable notamment par rapport au déni de démocratie dont fait preuve l’UE. Il n’y aucune raison pour que l’organisation de Bruxelles applique un traité qui a été rejeté par les peuples français, irlandais et néerlandais. Et nous devons en être convaincus.


Le second point d’intérêt de la citation de Gandhi réside dans l’auto-persuasion de la possibilité d’un changement. Gandhi était convaincu que l’Inde obtiendrait son indépendance malgré l’opposition de l’empire britannique. Nous devons adopter la même conviction en ce qui concerne notre capacité à renverser le néolibéralisme.

 

 

« Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble produire le bien, le bien qui en résulte n'est que transitoire, tandis que le mal produit est permanent.  »


Ce point apparait comme le plus aisé à respecter en comparaison avec la lutte du Mahatma. Il est clair que nous ne devons en aucun cas adopter des attitudes violentes notamment lors de manifestation voire d’émeutes à venir. Dans cette optique, tant que la prophétie d’Emmanuel Todd de la suppression du suffrage universel ne s’est pas réalisée, le moyen le plus pertinent à l’accession au pouvoir réside dans les élections législatives et présidentielle.


Cependant le message de Gandhi doit s’analyser plus largement et il va nous falloir respecter nos adversaires même lorsqu’ils adopteront des attitudes honteuses. Il nous faudra nous attaquer aux idées et non pas aux personnes pour laisser à ces dernières la possibilité d’évoluer. L’inspirateur de la révolution indienne ne disait pas autre chose lorsqu’il affirma : « Ayez de la haine pour le péché et de l'amour pour le pécheur ».

Je pense au combat de Jean-Luc Mélenchon contre le FN. Il nous faudra continuer à combattre les idées tout en ayant la volonté de convaincre les personnes mais avec calme et sans violence verbale ni physique.

 

« Le patriotisme n'est pas exclusif : c'est la même chose que l'humanité. Je suis patriote parce que je suis homme et humain.  »

 

Le patriotisme de Gandhi peut s’analyser comme une forme de souverainisme dans le sens du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le mahatma peut être considéré comme un démondialiste avant l’heure, puisqu’il ne pouvait concevoir que les vêtements portés par les indiens soient produits en Angleterre.

 

Ce combat s’apparente totalement au nôtre, nous qui voulons que les lieux de production coïncident avec les lieux de consommation afin de favoriser l’emploi et la réindustrialisation.

 

Cette même volonté a poussé Gandhi à effectuer sa fameuse marche du sel afin de s’opposer au monopole britannique sur la production du sel indien. Quant à nous, il nous faut reprendre la main sur des multinationales qui se désintéressent de notre économie. L’exemple de Mittal, qui n’a vraiment que la nationalité en commun avec Gandhi, est caractéristique. L’Etat doit reprendre la main sur les outils de production du territoire afin de favoriser les intérêts de la France.

 

« Les systèmes économiques qui négligent les facteurs moraux et sentimentaux sont comme des statues de cire : ils ont l'air d'être vivants et pourtant il leur manque la vie de l'être en chair et en os.  »

 

Cette citation est une magnifique critique du néolibéralisme et de son homo œconomicus, cet être tellement rationnel qu’il en perd toute dose d’humanité. On pourrait dire la même chose des modèles économétriques ou du comportement des traders.

 

La marche du sel
La marche du sel

« L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.  »


Cette phrase est centrale. Gandhi a dû s’élever d’un contexte de colonisation, où on lui répétait que les choses devaient aller ainsi. Notre comportement doit rester le même face à la domination sans partage des médias en faveur du système dominant.


« Il faut être fier d'avoir hérité de tout ce que le passé avait de meilleur et de plus noble. Il ne faut pas souiller son patrimoine en multipliant les erreurs passées.  »

 

L’apprentissage des erreurs passées doit être répété inlassablement aux néolibéraux afin d’éviter de continuer à reproduire les mêmes erreurs que lors de la crise de 1929.

 

« Les masses affamées ne réclament qu'un seul poème : de la nourriture réconfortante. On ne doit pas la leur donner en aumône. Il faut qu'elles la gagnent à la sueur de leur front.  »

 

Il est certain que notre priorité devra être de donner du travail au peuple notamment en favorisant la réindustrialisation par des mesures protectionnistes pertinentes et en luttant contre la spéculation financière grâce à l’instauration d’un contrôle des changes.

 

«D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez»

 

L’Inde est devenue indépendante.

 

«Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde.»

 

La démondialisation triomphera…

 

Theux

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Commentaires : 14
  • #1

    Horror (samedi, 15 décembre 2012 20:32)

    On dirait une affiche de la glorieuse époque soviétique ou l'ouvrier était représenté comme un super héros alors qu'il faisait la queue avec ses tickets de rationnement devant des magasins d'Etat aux étals vides.
    Vous avez cette capacité, un peu puérile il faut le dire à Gauche, à écrire des belles histoires dont vous êtes les seuls héros.

    Faire le grand pont entre le doux Ghandi et le pédant et surtout grossier Melenchon était osé.

    Pour l'histoire, la minorité était représentée les anglais face à la majorité des indiens. Ce que vous occultez les démondialistes, c'est que quantitativement en France et en Europe, vous êtes les anglais. Il y a encore du chemin.

  • #2

    Pierre Feuille Ciseaux (dimanche, 16 décembre 2012 14:18)

    @Horror

    Vous nous apprenez une drôle de nouvelle là, les démondialisateurs sont à la tête d'un dominion qui gouverne la France et l'Europe ?
    Les Anglais ,qui dominaient l'Inde avec une poignée de fonctionnaires (quelques milliers) , ce sont les employés des grands groupes financiers et industriels ,sans parler des institutions non démocratiquement élues (FMI,OMC ,Commission Européenne)...les Indiens d'aujourd'hui sont les Grecs ,ce sont eux qui ont vu débarquer au printemps dernier dans leurs ministères des fonctionnaires français et allemands.

  • #3

    Horror (dimanche, 16 décembre 2012 20:11)

    @ Papier Feuille Ciseaux
    Ne faites pas celui qui n a pas compris, j ai juste dit que les demondialisateurs en Europe sont aussi nombreux comparativement que l étaient les fonctionnaires anglais en Inde. Ce n est pas moi qui le dit, ce sont les urnes.
    D ou la façon cocasse d écrire cette jolie histoire qui vous laisse assez peu d espoir.

  • #4

    Jos Le Fur (dimanche, 16 décembre 2012 21:42)

    @ Horror
    Vous en êtes au stade 2 : "Then they laugh at you." Rendez-vous au stade 4.

  • #5

    Captp (lundi, 17 décembre 2012 11:20)

    Les urnes ne disent strictement rien.

  • #6

    Guadet (lundi, 17 décembre 2012 11:20)

    Très juste : le combat de Gandhi doit être le nôtre aujourd'hui. Plus proche de nous, on pourrait retrouver des choses intéressantes chez certains non-conformistes et penseurs chrétiens des années trente et quarante : hostiles aux idéologies matérialistes - fascisme et nazisme, communisme et capitalisme - ils ont beaucoup inspiré le programme de la résistance : par exemple Emmanuel Mounier. Le capitalisme ultra libéral reste la dernière des sanglantes idéologies du vingtième siècle à détruire : ce ne sera pas facile.

  • #7

    diojaime (lundi, 17 décembre 2012 20:18)

    quand les maîtres néolibéraux du monde auront affamé la multitude, quand les populations des pays riches n'auront plus rien à perdre, La démondialisation aura enfin une chance de voir le jour.
    Effectivement ce ne sera pas facile.

  • #8

    jacktrans (mardi, 18 décembre 2012 20:33)

    Il y a encore des Gandhi en Inde, bien au fait de la mondialisation et de ses problèmes pour les pauvres. consulter: ektaparishad.com

  • #9

    JANCAP (vendredi, 21 décembre 2012 14:50)

    Un article d'une lucidité réconfortante qui cite des enseignements très pertinents de Gandhi. Pour la conquête de l'autonomie et pour le développement humain, il faut cependant une stratégie affirmée et des gouvernants au service du Peuple, ce qui est loin d'être le cas actuellement.
    Les néolibéraux ne font pas des erreurs mais des fautes. Leur pratique sous entend le mépris de l'humain et des sociétés, pour deux objectifs uniques : le fric et la domination du monde par la pauvreté.

  • #10

    diojaime (vendredi, 21 décembre 2012 18:23)

    @ JANCAP
    merci à vous, pour votre contribution lucide et humaniste que je partage

  • #11

    David R (mercredi, 02 janvier 2013 13:37)

    Il y a tout de même une différence majeure entre la situation indienne et la grecque, qui semble d'ailleurs vous avoir échappé: La Grèce a massivement emprunté auprès des "anglais" qui n'ont strictement rien tiré de la Grèce (uniquement 100 à 200 milliards de pertes que les contribuables européens ont payé, d'une manière ou d'une autre), alors que la puissance coloniale anglaise a vidé l'Inde de ses richesses.

    Par ailleurs je doute que l'on peut comparer la volonté anglaise de produire le textile anglais à une quelconque mondialisation: l'objectif ici était pour les anglais de monopoliser les tâches à valeur ajoutée. Gandhi s'est battu pour le rapatriement de la production textile, pour donner accès aux indiens à des techniques qui leur étaient refusées par la domination anglaise. À ce sujet on pourrait aussi comparer ce mouvement à ... une première délocalisation.

  • #12

    Migrador (vendredi, 25 janvier 2013 17:31)

    J'ai du mal à lire un article quand il commence avec de grosses erreurs... D'abord orthographiques "l’indépendance de l’Inde peut sembler exagérer"...

    Ensuite factuelles:
    "Il n’y aucune raison pour que l’organisation de Bruxelles applique un traité qui a été rejeté par les peuples français, irlandais et néerlandais. " D'abord, Bruxelles n'applique pas ce traité et ensuite même s'il l'appliquait, je pense que la démocratie, c'est la voix du plus grand nombre non? Je pense que 3 pays sur 25 n'est pas démocratique (et encore dans ces 3 pays tout le monde n'est pas "anti" constitution...)

    Ensuite le gars continue avec "Et nous devons en être convaincus.": Dogme.

    Quand on parle de "joug", ça me fait bien rire aussi.... comparer la situation Indienne de 1947 à l'Européenne de 2013..

    Ensuite il y a tout le fatras de langage des mélanchonistes et associés que j'ai du mal à avaler.. puis ça: "Le mahatma peut être considéré comme un démondialiste avant l’heure"... Rien de plus faux. Je viens de terminer le livre "Cette nuit la liberté" qui raconte comment L'inde est devenue indépendante, et Ganghi voulait l'inverse de la division de "son" pays. Il voulait garder l'Inde avec les mêmes tracés que celle des anglais et pas le diviser entre le Pakistan, le Cashemire et l'Inde comme ça a été fait. Il était tout sauf souverainiste comme toute la clique de Mélanchon. Il voulait une grande Inde.

    M'enfin, j'ai tout lu jusqu'au bout et j'ai bien ri ;-)))

  • #13

    Best Juicer (vendredi, 12 avril 2013 06:35)

    This is a great write-up! Thanks for sharing with us!

  • #14

    Best Juicer (dimanche, 21 avril 2013 16:54)

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