mer.

23

janv.

2013

Nicolas Demorand, l'homme qui voulait faire table rase...

Nicolas Demorand est très en forme ces derniers temps.

Ses récents éditoriaux nous offrent un aperçu assez symptomatique de ce que les-gens « De Gauche ! » comme-François-Hollande, perçoivent de notre pays et de la situation du monde ; de ses conservatismes et de sa maladie fondamentale : le Passé.

Comme celui du mardi 22 janvier 2013 par exemple, titré « Parler au futur ».

Parler au futur, c'est déjà bien.

Savoir où l'on va, c'est déjà plus compliqué, mais nous verrons plus tard, n'est-ce pas ? C'est toujours cela que l'on dit.

 

En attendant, le monde « progresse » donc, à marche forcée même, on ne sait où, ni pourquoi, sans autre but que celui de libérer les forces productives... productrices de quoi ? [silence] 

Libération l'aime bien ce monde.

Libération l'apprécierait encore plus sans ces odieux petits français « conservateurs » et « antiquaires », incapables d'entendre une fois pour toute ce que la douce voix d'Alain Souchon murmurait, nostalgique : « on avance, on avance, on avance, c'est une évidence, on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, il faut qu'on avance... ».

 

A l'heure où les Etats Unis prennent globalement l'eau, Demorand lui, est un Obamaniac, hé oui, il en reste.

 

Il vient de passer quatre ans à la Maison Blanche, de faire une  campagne harassante et d’arracher sa réélection. Barack Obama prononce son discours d’investiture. Il parle malgré tout au futur.

 

 

On avait craint que trop fatigué, il parlât d'aller roupiller tranquillement pendant son second mandat.

 

Il se projette. Il clame que le meilleur est désormais à venir, au-devant des Etats-Unis. Il convoque les Wasp et les immigrés, les hommes et les femmes, les gays et les hétéros. A tous, il dit qu’il ne saurait exister d’inégalité de destin, que l’Amérique est précisément ce pays capable d’offrir l’avenir à qui veut s’en saisir, comme un Noir de Chicago devenu Président.

 

C'est un discours, Nicolas, un discours... calme-toi.

 

Même soumise à l’action corrosive du doute, cette mythologie dit quelque chose d’un pays qui est, demeure et se percevra toujours comme radicalement jeune. Qui pense que son identité reste à définir, conquérir, imaginer.

 

Ah... l'éternelle jeunesse des Etats-Unis... conquérir... imaginer...

On est loin de la France, n'est-ce pas ?


 

Triste retour en France : quel homme politique, ici, parle au futur ? Lequel ose dire que le passé est révolu, que le patrimoine nous fatigue de sa consensuelle pesanteur et que le progrès n’a jamais pris une ride ?

 

Limpide. Angoissant. La compréhension, la connaissance du Passé avait-on cru bêtement devaient seules permettre d'élargir la pensée d'un individu au delà de son « moi », afin de l'inclure naturellement au sein d'une lignée, d'une tradition, d'une Histoire, dont il pourrait ensuite faire l'inventaire, grâce auxquelles ils aurait la capacité de s’intéresser à celles des autres.

Non. Encore et toujours cette même rengaine selon laquelle l'enracinement dans un quelconque corps serait une atteinte à la Liberté humaine, tout apprentissage un odieux conditionnement, une propagande, en somme : un fascisme.

 

Un discours qui, malgré son progressisme revendiqué entre en absolu communion avec l'effondrement des régulations économiques et sociales depuis les années 1980.

 

C'est justement parce qu'elle est héritière d'une histoire immense, d'une langue complexe et belle que la France rechigne encore à s'adapter.

Faut-il le regretter ? S'adapter à une régression...

Est-ce là un « progrès » ? Le nivellement mondialiste, technocratique et cupide comme jamais, ne convient effectivement pas à la Culture, au Passé, à l'Histoire en somme qui résiste, qui nous donne des armes pour exercer notre jugement, qui sait combien l'évolution lors des siècles antérieurs s'est accompagnée de gains immenses autant que de douloureux changements, d'alternance entre excès et modérations, défaites et victoires, et combien il y eut des hommes pour justifier ceci ou cela.

 

Demorand est a-historique.

 

L'abandon de l'enseignement de l'Histoire en terminale S, la culture de masse divertissante à l'école plutôt qu'une Culture Classique ; l' « éducation populaire » faite de danses et de spectacles consensuels : tout cela fait bel et bien partie d'un processus de liquidation du Passé en même temps que du corps social.

Ainsi faut-il s'adapter sans cesse aux critères éducatifs consuméristes, à même de préparer les enfants à l'entreprise plutôt qu'à la citoyenneté par l'apprentissage des grands mythes humaines, des traditions culturelles, de l'émergence de la démocratie, de l'Humanisme, du Libéralisme au 18ème et tant d'autre récits qui nous lient les uns aux autres...

 

Ce « progrès qui n'a pas pris une ride », (même un lecteur de Libération aura tiqué, je veux le croire)... quel est il aujourd'hui, lorsqu'il n'est rien d'autre qu'un épouvantail grossier qui veut faire peur aux braves gens ?

 

La France, de gauche comme de droite, cultive la nostalgie. Elle la théorise et cherche même à la rendre moderne. Gérontocrate, antiquaire, peureuse, elle considère que la jeunesse va de 16 à 50 ans minimum. Etrange pays qui fait beaucoup plus d’enfants que la moyenne mais reste conservateur, rentier, à la retraite de lui-même.

 

Un paragraphe qu'auraient parfaitement pu écrire Nicolas Baverez, ou Christophe Barbier, J.M Apathie, F.O Giesbert, assez typique d'une élite médiatique qui déteste la France.

 

Et l'éditorialiste de conclure :

 

Que peut la politique face à la crise d’un régime d’historicité qui voit une ex-grande puissance regretter, dépressive, l’époque où tout était clair au lieu de faire table rase des souvenirs ? Que peut en la matière un Président, à part formuler des vœux, cette forme faible et pieuse de la volonté ? Il faudra plus de cinq ans pour réduire les profondes fractures générationnelles qui lézardent le pays.


 

L'époque où tout était claire ? Monsieur, elle n'a jamais existé.

Quant à faire table rase des souvenirs, c'est exactement l'entreprise culturelle et économique dans laquelle nous sommes embarqués depuis qu'il faut vendre tout et n'importe quoi, à n'importe quel prix et conditions de travail.

Depuis qu'il faut s'adapter, progresser, et ôter les dernières barrières mentales et historiques qui pourraient faire penser que ce monde est fou.

 

 

Frederichlist

 

 

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Commentaires : 19
  • #1

    Nebehr (mercredi, 23 janvier 2013 21:27)

    Nous avons besoins de tout le contraire que d'une table rase : nous nécessitons de toute notre mémoire historique pour nous rappeler les ravages du capitalisme et les solutions qui ont échoué à résoudre ses crises.
    Faute de cette mémoire, nous allons continuer à répéter les mêmes erreurs.
    Et le gouvernement, cela va sans dire, peine à se rappeler ce qui s'est passé il y a quelques ans, sauf si c'est pour discréditer l'UMP ou pour se défendre des attaques de celui-ci. Il ne sait pas qu'un autre monde a existé avant lui, ni qu'un autre encore va exister après.

  • #2

    Pierre Feuille Ciseaux (jeudi, 24 janvier 2013 12:02)

    Si j'ai bien compris l'idée de départ n'ayant pas lu l'édito , Demorand voulait parler du blocage intellectuel , économique et institutionnel qui mine le pays ?
    C'est dommage qu'il ne nous ait pas offert des exemples pour illustrer son propos ,on aurait pu assister à un joli numéro d'équilibriste ou il aurait du expliquer ,à ses lecteurs "de gauche" , que la précarisation du contrat de travail ou les délocalisations c'était l'"avenir"...et que le refus de cet horizon radieux , aux accents très 19ième , c'était faire preuve de passéisme.
    Comment peut-on être si paumé ?

  • #3

    Guadet (jeudi, 24 janvier 2013 12:29)

    Je croyais qu'il y avait eu suffisamment de grands penseurs qui ont prouvé que supprimer le passé empêche de préparer l'avenir. Mais ce sont des penseurs du passé …
    Je travaille en ce moment à un livre sur l'architecture en 1900, et je compte prouver que ceux qui avaient exactement le discours de Demorand sont ceux qui ont le moins bien su préparer l'avenir, et que les plus novateurs étaient ceux qui étaient traités de "passéistes".

  • #4

    Frederichlist (jeudi, 24 janvier 2013 20:09)

    @guadet
    Je ne savais pas que l'analogie fonctionnait également en architecture, c'est très intéressant, auriez vous des exemples ?
    Cordialement.

  • #5

    Guadet (samedi, 26 janvier 2013 11:19)

    @ Frederichlist
    Par exemple, le béton a été d'abord utilisé plutôt par des architectes classés"académiques" alors que les "modernes" en restaient au métal, pourtant en perte de vitesse. Métal et verre, créations de l'homme, matériaux prométhéens, ont toujours exercé une fascination sur l'homme.
    Les architectes de 1900 préparant vraiment l'avenir s'appuyaient sur le passé en prônant un retour au classicisme : Loos, Süe, Behrens, Perret, repris au début des années 1920 encore par Le Corbusier dans Vers une architecture.

  • #6

    Frederichlist (samedi, 26 janvier 2013 12:04)

    @guadet. Merci.

  • #7

    dd (lundi, 28 janvier 2013 09:47)

    Merci Frederichlist.
    Votre article donne effectivement espoir !
    On veut effacer le passé comme si c'était le Mal.

  • #8

    Guillaume (mercredi, 30 janvier 2013 10:45)

    Étant donné le taux de scolarisation en terminal générale aujourd'hui, finalement, le nombre de jeunes de 17 qui apprennent l'histoire aujourd'hui est sûrement plus important qu'il y a trente ans, et je ne parle pas d'avant guerre.
    Celui qui regarde le passé sait qu'elles ont été les ravages du capitalisme ? Et bien si le ravage du capitalisme c'est la hausse du niveau de vie, la hausse de durée de vie, la hausse de la population, la hausse des échanges, je vote capitalisme !
    Plus sérieusement, le contrat de travail était bien plus précaire dans les trente glorieuses, où par ailleurs nous n'étions pas en compétition avec 1,3 milliards de chinois sous-payés, un taux d'imposition bien moins important etc. Enfin bref, les bonnes vieilles recettes keynnesianistes à la française (collectiviste et administrative-rationnaliste), constituent pour le moment un échec considérable (plus de 10 % de chômage).

  • #9

    pierrot rochette (jeudi, 31 janvier 2013 21:18)

    wowwwwwwwwww
    bravo à votre équipe éditoriale
    bel article sur Obhama:)))

    Dans le cadre
    de notre projet de recherche
    mission sociale poétique,
    voici la question sur laquelle notre équipe
    (Marlene, Michel et Pierrot)
    réfléchissons:

    Si devenir rêveur équitable,
    c’est allumer le rêve
    d’une autre personne
    sans intérêt personnel caché,
    quels sont les gestes à poser
    pour allumer le rêve de l’humanité?

    Pour illustrer cette thématique,
    permettez-moi,
    au nom de notre équipe,
    de vous offrir
    une de mes chansons:))

    DANS UN CAFE PHILO

    COUPLET 1

    dans un café philo
    pour des profs des ados
    où la question était
    qu’est-il permis d’espérer?

    moi l’vieux hippie
    pas invité
    j’me suis levé
    et j’ai murmuré

    REFRAIN

    faut être prêt
    à mourir pour son rêve

    quitte à dormir dehors
    car la vie est si brève

    faut être prêt
    à mourir pour son rêve

    quitte à dormir dehors
    car la vie est si brève

    COUPLET 2

    dans un café philo
    pour des profs des ados
    j’ai dit mort à la mort
    par la vie privée oeuvre d’art

    face à leurs profs
    aux yeux sans vie
    les étudiants
    m’ont applaudi

    COUPLET 3

    dans un café philo
    dans les yeux des ados
    j’ai vu naître l’esquisse
    d’un pays oeuvre d’art,
    oeuvre d’artistes

    de jeunes rêveurs équitables
    des milliers de pèlerins nomades

    allumant des millions de rêves
    par des poignées de mains insatiables

    REFRAIN FINAL

    faut être prêt
    à mourir pour son rêve

    quitte à dormir dehors
    car la vie est si brève

    oui moi je dors dehors
    qu’importe si j’en crève

    parce que déjà
    ma vie privée oeuvre d’art
    s’achève

    Pierrot
    vagabond céleste

    http://www.reveursequitables.com
    http://www.enracontantpierrot.blogspot.com

    sur google,
    video vagabond celeste, conteur Simon Gauthier.

    merci:)))

  • #10

    Gérard Cadieux (anonyme) (dimanche, 03 février 2013 02:34)

    La pire chose qui peut arriver à un philosophe c'est :

    Qu'un professeur de philosophie médiocre (Pierre Rochette) dénature sa philosophie sur le rêve pour se partir une « gagne ».

    Je ne pensais pas vivre cela de mon vivant!

    Pierre Rochette a bénéficié d'un accès privilégié à mon processus de création. Il aurait pu faire le choix de faire le bien, en le fessant bien! Il a plutôt choisi la facilité de la tricherie malgré les enseignements que je lui ai donnés.

    Moi, Gérard Cadieux créateur de la philosophie du Wow et auteur du livre " Le Prince a réussi" tiens à me dissocier des activités de "Rêveur équitable" et de ses exploitants.

    Le tout étant fait sans mon consentement.

    Puisse le fatum rattraper les tricheurs et tenir loin de vous les tueurs de rêves! Wow-T=G3 (wow moins la tricherie égale le génie au cube)

    Gérard Cadieux

    Créateur de la philosophie du Wow décrite dans le livre "Le prince a réussi"

    Père de la formule Wow-T=G3

  • #11

    LOUANCHI (dimanche, 10 février 2013 16:32)

    HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :


    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.


    Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

  • #12

    pierrot, vagabond des mots (vendredi, 01 mars 2013 16:46)

    DES NOUVELLES
    DU CONTEUR INTERNATIONAL
    SIMON GAUTHIER

    ET DE SON SPECTACLE
    LE VAGABOND CELESTE

    PRESENTÉ
    EN EUROPE

    courriel du
    1ER MARS 2013

    Allo Pierrot, je suis en France.
    Je rentre demain au Québec.

    Il fait froid et humide partout, même dans les lieux publics.
    Il fait gris et un brin de soleil redonnerait du tonus à tout le monde!

    Je voulais te dire que j'ai raconté (ou plutôt) le vagabond céleste est
    passé et a été entendu
    à Quévin (près de LOrient en Bretagne)
    Il a été entendu à la prison de Béthune (Nord de la France) et pas un
    prisonnier ne s'est levé durant le spectacle (comme il est de coutume) les
    gardiens mon dit que c'est la première fois qu'ils voyaient ca!)

    et le Vagabond à passé à Lille avec son et éclairage, 3 rappels!
    Les gens sont restés longtemps
    et plusieurs larmes d'espoir brillaient dans le noir.

    Plusieurs messages me sont parvenus pour te dire merci!
    Merci!
    Merci!
    ++++

    Autrement la tournée me rentre dans le corps. Un bon brin de fatigue et de
    grippe à la gorge.
    De bonnes tisanes et des amis pour guérir
    +

    +++
    J'espère que tu vas bien et que ton travail de vulgarisateur âme, société,
    gens et pays oeuvre d'art
    va bien!

    On se voit sous-peu
    en mars, si la vie le veut!
    pour aller plus loin!

    Bonne journée
    Simon :+)

    -----
    REPONSE DE PIERROT
    A SIMON GAUTHIER
    CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC

    Cher Simon

    Je te prédis un succès international
    parce que tu es un poète-passeur:)))

    Bravo Simon
    longue vie à ta vie d'artiste
    et de conteur international

    Pierrot
    vagabond des mots

    www.reveursequitables.com
    www.enracontantpierrot.blogspot.com

    www.demers.qc.ca
    chansons de pierrot
    paroles et musique

    sur google,
    Simon Gauthier, conteur, video vagabond celeste, promotion

    merci

    pierrot
    vagabond des mots
    et des routes

  • #13

    VAGABOND DU QUEBEC (lundi, 04 mars 2013 16:58)

    QUI EST SIMON GAUTHIER
    CONTEUR INTERNATIONAL
    DU QUEBEC?

    Simon Gauthier est arrivé au conte comme on tombe amoureux, avec fougue et passion. Depuis plus de douze années, il captive tous les publics par son imaginaire débridé, son énergie incandescente et sa sensibilité de poète.

    Natif de Sept-Îles, diplômé de l’UQAM en animation et recherche culturelle, Simon Gauthier est conteur professionnel depuis 1998. C’est après avoir vu le conteur Michel Faubert en spectacle, en 1997, que Simon a eu la piqûre pour ce métier. On peut dire que cette soirée de contes a été un point tournant dans sa vie professionnelle ; en effet, le lendemain de cette veillée mémorable, Simon s’est littéralement plongé dans la littérature de contes et a ainsi dévoré toute la section « conte » de la bibliothèque de l’UQAM, que ce soit les contes traditionnels du Québec ou ceux d’autres traditions. Cette nouvelle passion poussa Simon à se lancer impétueusement dans une aventure qui sera sa première tournée de conteur et qui le fera voyager sur toute la rive nord et la Côte Nord du Saint-Laurent, de Québec à Natashquan. Année marquante pour Simon Gauthier tout autant que pour les habitants de Natashquan, puisque c’était l’année même de l’ouverture du dernier tronçon de la route 138, de Havre-Saint-Pierre à Natashquan !!! En cet été 1997, Simon donnera donc quarante-deux spectacles, dont six à Tadoussac, au Café du Fjord, endroit mythique où s’étaient déjà produits Richard Séguin, Richard Desjardins, Claude Dubois et autres Fred Fortin de la chanson québécoise.

    Dès l’été suivant, en1998, Simon entreprendra une série de quelques dizaines de représentations de spectacles de contes qui auront lieu à la salle du CIMM (Centre d’interprétation des mammifères marins) à Tadoussac. Jusqu’à l’été 2003, Simon passera ainsi ses étés à Tadoussac et fera quelques dizaines de prestations, de fin juin à début septembre, soit durant la haute saison touristique.

    En 2000, Simon a fondé un festival de contes à Tadoussac, Conteurs en rafale, festival dont il assura l’organisation et la direction artistique jusqu’en 2004.

    Depuis 2004, bon an mal an, Simon effectue de trois à cinq tournées en France, d’une durée moyenne de deux à trois semaines chacune, présentant ses spectacles aussi bien dans des festivals qu’en salles ou en milieu scolaire. Il a aussi conté en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas, au Burkina Faso, en Tunisie et au Maroc. Bien sûr, il se produit régulièrement au Québec et a aussi conté en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

    Simon Gauthier est un conteur établi et reconnu, tant par ses pairs que par le public, autant au Québec qu’en France. Un conteur phare nommé Auteur Nord-Côtier de l’année (Salon du livre de la Côte-Nord 2002) et récipiendaire du titre d’ambassadeur de la Côte-Nord (Les Grands Prix du tourisme québécois 2001).

    Le vagabond céleste




  • #14

    VAGABOND POETE (lundi, 04 mars 2013 16:59)

    Durée

    1h10



    Public visé

    à partir de 12 ans



    Simon Gauthier raconte l’abandon, l’abondance et le succès d’un homme qui avait tout pour être heureux. Mais un soir, il décille. Pierrot rêve de tout changer; il troque sa maison contre une paire de bottes, pour aller plus loin dans sa vie.

    Depuis, il marche le Québec. Réel, intense et actuel, Pierrot le vagabond enlumine la conscience des gens qu’il croise. Le rencontrer, c’est recevoir un grand souffle de poésie qui nous étreint, comme des bras chauds venus nous réconforter durant une nuit d’hiver, sans abri. Du bonheur à travers le froid. Un récit émouvant porteur d’avenir.



    Textes

    Simon Gauthier



    Direction artistique

    Daniel Gaudet

  • #15

    VAGABOND POETE (lundi, 04 mars 2013 17:00)

    JOURNAL LE REFLET DE TADOUSSAC
    VOLUME 7, NUMERO 34
    MERCREDI 29 AOUT 2012

    CRITIQUE

    DÉDÉTORIAL
    LE VAGABOND CELESTE DE SIMON GAUTHIER
    Bien fatigué, j’y suis allé avec la peur de m’endormir.
    Finalement je voulais que ce récit ne puisse finir afin de ne
    pouvoir partir pour continuer mes rêves.
    Quelle prestation! C’est l’histoire inspirée d’un personnage qui
    est passé par Tadoussac et que plusieurs ont eu la chance de
    côtoyer. Dans un premier temps il a séjourné trois semaines
    à l’Eau Berge puis il est revenu pour repartir sur la route de
    ses rêves. C’était un petit «grand homme» à chapeau, barbe
    blanche et guitare en bandoulière qui composait des chansons
    sur les gens rêveurs essayant de réaliser leurs rêves. Plusieurs
    personnages de Tadoussac ont noirci son cahier.
    Son Histoire remonte à plusieurs années alors qu’il était bien
    installé dans le nord de Mtl plus précisément à Val David. Là-bas,
    il avait tout pour être heureux, maison, femme, famille
    et argent…...
    Un matin il s’est levé pour annoncer autour de lui qu’il laissait
    tout et partait sans le sous, vivre ses rêves. On a cru à un
    coup de déprime, on a tenté de le retenir mais devant ses
    arguments on a fini par le comprendre et lui souhaiter bonne
    chance dans son rêve. Pendant 5 ans il a fait les quatre coins
    du Québec sans rien demander à personne. Les hasards de
    la vie le guidaient au quotidien. Il attendait qu’on lui offre
    une «raye» pour avancer, sinon il marchait inlassablement.
    Jamais il a demandé à manger ou coucher, c’était... quand on
    l’invitait!
    Simon Gauthier l’a rencontré par le biais de Richard Fontaine
    qui lui aussi à sa façon, vagabondait ici et là avec ses pinceaux
    comme compagnons de route.
    Depuis, selon Simon ce «Vagabond Céleste» a balancé sa
    guitare à la rue pour s’installer dans une petite chambre
    dénudée près de l’Oratoire St Joseph, et il parcours les
    bibliothèques. A date il a à son actif une maîtrise et plusieurs
    doctorats en poche sur le rêve.
    Son nom est Pierrot (mais lequel?) Un monument existe
    encore en son honneur, rue St-Paul dans le bas le la ville de
    Mtl.
    Fondateur des Deux Pierrots dans le vieux, cette
    boite mythique des plus fréquentée encore, est le seul endroit
    qui ait survécu aux Boites à Chansons qui nous ont donné
    nos grands: Claude Léveillé, Vigneault, René Claude, Claude
    Gauthier, Raymond Lévesque, etc
    Si Pierrot en quittant, gloire, succès et argent pour vivre ses
    rêves est un message d’espoir, un baume sur le mal de vivre
    qui nous guette, Simon Gauthier par son spectacle nous a fait
    découvrir quelqu’un de chez nous porteur de bonheur.
    Simon offre à quiconque veut découvrir plus intimement
    ce personnage, de venir dans vos maisons, vos salons, vos
    verrières vous présenter cet être lumineux.
    Est-ce le présage que notre conteur national se prépare à
    parcourir les routes du monde avec dans son pack sac Pierrot
    le Vagabond Céleste disposé à vous faire du bien à l’âme et
    vous brasser les idées?

  • #16

    VAGABOND POETE (lundi, 04 mars 2013 17:01)

    L’OPINION D’UNE SIMPLE SPECTATRICE
    Bien sûr, l’avoir croisé à Natashquan au moment même
    où il rencontrait celui qui serait le personnage principal
    de son conte a ajouté beaucoup de magie au voyage
    onirique dans lequel m’a emporté Simon Gauthier ce
    mercredi¸15 août 2012 à Tadoussac.
    Pourtant, cela n’est pas nécessaire car le Vagabond
    Céleste transporte n’importe quel spectateur sans que
    celui-ci ne sourcille un instant, car nous apparaissent au
    travers de la voix du raconteur et de celle du musicien qui
    l’accompagne, Benoit Rolland, de «sacrés personnages»,
    au sens de personnes extraordinaires, dont on aime tirer
    exemple, car elles nous aident à vivre mieux.
    Lors de cette envolée entre réalité et rêve, entre un
    village et l’univers, entre ce que l’on est et ce que l’on
    voudrait être, on sourit, on rit parfois, on pleure même...
    Mais surtout, on touche du bout des doigts l’essence
    même de la vie: l’amour universel.
    Hier soir, mon esprit a grandi de cette bouleversante
    rencontre avec la vie d’un homme merveilleusement
    mise en mots par Simon Gauthier, et je souhaite qu’il en soit
    de même pour vous

    WWW.SIMONGAUTHIER.COM

  • #17

    pierrot, vagabond du quebec (vendredi, 15 mars 2013 22:24)

    PARIS

    SIMON GAUTHIER
    CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC

    SPECTACLE
    « LE VAGABOND CELESTE »

    25 MAI 2013
    21 H À 22H 30
    LE PETIT NEY
    10 AVENUE PORTE-MONTMARTRE

    PARIS

  • #18

    PIERROT VAGABOND DE SMOTS ET DES ROUTES (samedi, 23 mars 2013 17:32)

    merci, mais quel bel échange de mots, de tendresse, entre vous et ce poète passeur. J'aime ces découvertes magiques sur internet, ces rencontres...J'aimerais bien être là, à son passage à Paris le 25 mai, qui sait ...

    Merci Pierrot

    Réponse de gus il y a 4 jours à 13h24

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    Ici Pierrot, reveur equitable du Québec

    Effectivement, mes 64 ans et mon vagabondage philosophique et poétique ont été bouleversé par ma rencontre avec ce poète-passeur de 38 ans si courageux qu'est le conteur international Simon Gauthier.

    Ce créateur s'est inspiré de ma démarche pour créer quelque chose d'immensément plus grand que ma personne et que j'appellerais un conte philosophique post-moderne, LE VAGABOND CELESTE

    Je n'ai pas vu son spectacle et par pudeur comme par vénération, je n'ai pas l'intention d'y assister. Mais je sais existentiellement qu'un être humain qui pose 4 questions sur scène....

    1- quel est-ton rêve?
    2- dans combien de jours?
    3- qu'as-tu fais aujourd'hui pour ton rêve?
    4-en quoi ton rêve est-il équitable?

    ... est INTENSÉMENT habité par une intention de bienveillance universelle, ce qui suscite toute ma passion hivernale à tenter de le faire connaître par internet

    longue vie à vous et votre blogue

    Pierrot

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    merci encore Pierrot et surtout ne m'oubliez pas envoyez moi des nouvelles de temps en temps, des messages, des lumières de rêves...des poussières de rêves... un peu de poésie...

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  • #19

    pierrot vagabond des mots et des routes (jeudi, 04 avril 2013 16:20)

    ENTRE MONTREAL ET PARIS
    SIMON GAUTHIER
    LE VAGABOND CELESTE

    courriel de Simon Gauthier
    du 3 avril 2013
    le lendemain de son spectacle
    LE VAGABOND CELESTE
    à la maison de la culture
    cote des neiges, montreal

    Salut Pierrot,

    Tu dormais mon cher,
    sur ta paillasse
    hier au soir
    tu dormais sur la plancher
    de ton ami chansonnier

    tu dors dans les draps de ton doctorat

    pendant que je conte
    l’histoire de cet homme vagabond
    de cet écho de ta vie
    de cet inspirant récit
    d’un homme voyageur
    vêtu de lumière

    Pendant que le vagabond céleste marche
    parmi les étoiles
    tu peux dormir mon ami
    tu peux dormir

    dans l’esprit des gens
    réunis,
    tinte tinte les clefs
    tinte
    tinte
    le rêve
    Le vagabond céleste
    habille de chaleur

    le corps désir de ceux qui rêvent et de ceux qui pleurent
    ceux qui rêvent et de ceux qui pleurent

    Bonne journée Pierrot

    Simon

    ——

    réponse de Pierrot

    Cher Simon

    Oui, hier soir, je dormais avec, dans mes bras, la biographie de Cervantes
    de Jean Canavaggio. Ce Cervantes qui a écrit Don Quichotte à 53 ans alors qu’il était en prison et qu’il lui manquait un bras.Qui aujourd’hui ferait confiance à un homme de 53 ans en prison à qui il manque un bras?:))))) Seul un impossible rêve permet un tel surgissement d’impossible réalité.

    On m’a rapporté l’immense délicatesse atistique avec laquelle tu redonnes
    espoir à ceux et celles qui écoutent le conteur-poète de la Côte nord.Autant Mon ami Woodart que mon compère de bibliothèque Raymond le philosophe ont été invités par ta passion de passeur de rêves à naviguer vers leur rêve personnel. Tu as fait de ma démarche un conte post-moderne qui risque d’enflammer les humains comme des lampadaires. Tu es vraiment devenu un allumeur de coeurs-réverbères. Woodart a été plus qu’épaté. Lui qui me connait à l’usure depuis 40 ans, il a noté ta force à coudre des tableaux de mots par de la lumière de rêve dans laquelle il a reconnu ta signature d’une très grande maturité créatrice.

    Une vie d’artiste, c’est une longue marche
    et je te vois enjamber des continents
    un flambeau à la main.

    Mes 64 ans bien au calme
    dans leurs bottines
    qui se préparent à repartir le 15 juin
    saouls de liberté, te souhaitent

    Bonne route internationale camarade, car,
    comme Félix, un jour, le succès t’attendra
    ici au Québec à un de tes retours d’Europe.

    Pierrot