jeu.

24

janv.

2013

Mariage pour tous... et après ?

Nous poursuivons notre politique d'ouverture du blog à nos lecteurs avec cet article du chevènementiste Joseph Lenje. L'intérêt de ce texte est d'aborder les conséquences juridiques du mariage pour tous. Précisons à nouveau que cette publication ne signifie pas que nous partageons entièrement l'ensemble des idées abordées. Cependant l'angle apporté nous semble de nature à faire progresser le débat.

Les opposants au mariage pour tous ne manquent pas d’interroger François Hollande sur les raisons qui le poussent à précipiter, sans plus de débat, le calendrier législatif de sa désormais célèbre proposition électorale n°31.

 

Ils ont beau jeu, en effet, d’objecter à celui-ci que, dans les circonstances économiques que traverse aujourd’hui la France - et à considérer la paupérisation et la marginalisation d’une frange grandissante de sa population -, les français souhaiteraient le voir s’affronter plus urgemment à d’autres défis.

 

 L’opposition parlementaire souligne encore, non sans quelque malice, que c’est justement parce qu’ils avaient identifié dans le programme du candidat Sarkozy un risque de division nationale que les français ont, à une courte majorité, opté pour le candidat socialiste.

 

Or, c’est justement sur une division ancienne de notre société que le président nouvellement élu entend jouer, afin de resserrer les rangs d’une gauche que les premiers mois d’exercice de son pouvoir ont quelque peu clairsemés.

 

 Cette division, bien connue, prend sa source dans les guerres de religions et oppose, très schématiquement, la France catholique, légitimiste et conservatrice à la France judéo-protestante, révolutionnaire et progressiste.

 

Ainsi, dans l’esprit de ses promoteurs, le mariage pour tous présente-t-il l’intérêt à peine voilé d’un marqueur idéologique symboliquement fort, mais dont les conséquences politiques semblent à premières vues limitées - tant il est vrai que la ligne de fracture sur laquelle il vient peser paraît s’être estompée à notre époque de modernité(s) triomphante(s).

 

A opérer ce constat, tout républicain se trouve immédiatement tenté de rappeler à Monsieur Hollande le mot de Goethe selon lequel il faut parfois préférer une injustice à un désordre.

 

Une injustice relative, au cas qui nous occupe, tant il est vrai - pour reprendre l’argument rhétorique massue et imparable, rabâché à longueurs d’ondes - qu’il est bien plus injuste pour l’enfant de deux parents hétérosexuels de vivre une enfance de misère, de coups et d’abus sexuels, que d’être élevé par un couple homoparental aisé, épanoui et respectueux, dont un seul conjoint se voit toutefois reconnaître par la loi la qualité juridique de père ou de mère.

 

Une injustice relative, encore et surtout, parce que le droit français permet déjà de reconnaître un rôle au conjoint du père ou de la mère de l’enfant (quel que soit son sexe) et qu’il le fera sans doute encore mieux demain, puisque le gouvernement entend prochainement (et fort justement) faire progresser notre législation sur cette importante question de société.

 

Les désordres que risquent d’induire le projet de loi, en l’état de sa rédaction, sont en revanche parfaitement prévisibles.

 

Et ces désordres ne se confondent absolument pas avec une vision naturaliste et obscurantiste, religieuse, rétrograde, voire intangible du modèle familial.

Vers une loi de nul effet ? C’est que les inconséquences de nature factuelle et juridique du projet de « mariage pour tous » vont entrainer des déclinaisons futures inéluctables qui sont volontairement soustraites du débat aujourd’hui soumis par ses promoteurs à l’opinion publique.

 

Inconséquences factuelles, en premier lieu, puisqu’il est certain que le mariage pour tous se heurte de plein fouet au mur têtu de nombreuses réalités.

 

Réalité bien connue, d’abord, de l’absence criante d’enfants susceptibles d’être adoptés en France (que ce soit par des couples hétérosexuels - demain homosexuels - ou pour des personnes se présentant à l’adoption en tant que célibataires).

 

Réalité tout aussi incontestable, ensuite, de procédures d’adoption internationales guère plus aisées qui, le plus souvent, se trouvent fermées aux couples homosexuels. De cet état de fait il résulte, s’agissant des adoptions « stricto sensu » (c’est-à-dire celles qui concernent des enfants déjà nés et abandonnés par leurs parents biologique) que la loi présentée comme « progressiste » ne résout en rien une vraie inégalité objective (et de nature purement économique) entre les couples qui auront les moyens financiers de contourner ces difficultés et ceux qui ne les auront pas.

 

Bien plus, la loi future promet d’avoir un effet pervers en induisant, par ricochet, un risque fort de fermeture du processus d’adoption par certains pays à tous les ressortissants français.

 

En effet, ceux de ces pays qui ne reconnaissent pas l’adoption pour les couples homosexuels seront demain parfaitement fondés, au regard du droit international, à refuser purement et simplement l’adoption de leurs enfants abandonnés à tous nos concitoyens (par peur de détournements de leurs lois nationales ou parce que de tels détournements auront été constatés par leurs administrations).

 

Inconséquences juridiques, en second lieu, puisque la simple ouverture de l’adoption plénière au conjoint homosexuel du père ou de la mère de l’enfant (qui est la véritable nouveauté du projet de loi) ne permettra nullement de saisir ou de limiter les pratiques existantes de fécondations artisanales et de procréations croisées (deux hommes en couple et deux femmes en couple décident de concevoir ensemble des enfants) ou les recours à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui à l’étranger.

 

Car, en l’état de sa rédaction, ledit projet ne fait qu’offrir sur ce point la seule perspective (certainement pas le cadre efficient) d’une légitimation future des conséquences de toutes ces pratiques, dont elle interdit, pour l’instant, l’accès aux femmes célibataires et aux couples lesbiens (PMA) ou à tous les couples (GPA) et qu’elle condamne même pénalement (dons de sperme réalisés par tout autre organisme que le CECOS notamment).

 

Il demeure en effet qu’en l’état du droit, la Cour de Cassation refuse, au motif du détournement d’institution, de reconnaître juridiquement l’adoption plénière à l’épouse (demain l’époux) d’un homme ayant loué à l’étranger le corps d’une mère porteuse !

 

 

Egon Schiele
Egon Schiele

Et il est à parier que cette juridiction conservera non seulement sa jurisprudence juridiquement imparable, mais la transposera encore dès demain aux épouses homosexuelles ayant eu recours à la PMA à l’étranger.

 

A tout le moins jusqu’à ce que le parlement légifère de nouveau, d’abord sur l’accès des couples lesbiens à la PMA.

 

A ce stade, donc, la loi qui nous est promise reste concrètement très limitée dans ses effets juridiques puisqu’elle ne permet pas, en toute hypothèse, d’offrir à elle seule un cadre légal pour appréhender le statut juridique des enfants nés ou à naître de ces pratiques (contrairement à l’un des objectifs principaux qui légitime, selon le gouvernement, l’adoption de la future loi).

 

Elle ne permet ainsi en l’état :

 

-          - ni que soit légalement reconnue l’adoption plénière de l’enfant conçu au moyen de la GPA (à l’étranger) par le conjoint (ou la conjointe) du père biologique ;

 

-          - ni que soit reconnue l’adoption plénière de l’enfant (conçu par PMA à l’étranger) par l’épouse de la mère inséminée.

 

En l’absence d’un dispositif légal de présomption de maternité pour les couples de femmes mariées il paraît juridiquement difficile d’imaginer que l’officier d’état civil puisse inscrire sur l’acte de naissance de l’enfant, l’épouse de la mère biologique comme second parent. Cet enfant aura en effet toujours un père biologique susceptible de revendiquer la paternité de l’enfant. Tout comme il pourra être l’objet d’une action en recherche de paternité de la part de ce dernier.

 

Pour tenter d’échapper à cette difficulté juridique, la mère biologique pourrait imaginer de dire qu’elle a eu recours à la PMA à l’étranger. Mais l’épouse de cette dernière risque fort, dans un tel cas, de se voir refuser l’adoption au motif du détournement d’institution, tant que la loi française n’aura pas ouvert l’accès de cette pratique médicale à d’autres motifs que l’infertilité ou le risque pathologique.

 

         - ni que soient réglés les problèmes de paternité, voire de maternité (couples croisés) posés par les pratiques « artisanales » auxquelles recourent aujourd’hui certains couples homosexuels.

 

 

Pour toutes ces pratiques, en effet, il existe au minimum un père ou une mère, un second « parent », conjoint du premier, ainsi qu’un géniteur ou une génitrice qui ne se trouve protégé(e) par aucun anonymat (et risque donc de faire l’objet devant les juridictions françaises de futures actions en reconnaissance de paternité… ou de maternité).

 

Si l’on préfère maintenant regarder les choses d’un côté positif, la loi future (en l’absence de toute autre déclinaison) permet uniquement :

 

         - au terme du processus d’adoption français long et difficile (rarement moins de 3 ans - procédure d’agrément pénible) à quelques dizaines de couples homosexuels d’adopter conjointement un enfant ;

 

 

-          - permettre plus hypothétiquement encore, au terme d’un processus d’adoption, coûteux, long et difficile, que de très rares enfants soient adoptés à l’étranger par des couples homosexuels.

 

 

Ainsi, une loi serait-elle prochainement votée au bénéfice minime (pour ne pas dire symbolique) de quelques dizaines d’enfants qui sont loin pourtant de vivre, aujourd’hui en France, en marge des cadres juridiques permettant de les protéger de manière très satisfaisante (si c’est bien le cas de tous les enfants adoptés à ce jour par des célibataires) ?

 

Certainement pas !

 

Dans ces conditions, ce n’est pas faire un procès d’intention à l’exécutif que d’affirmer que son projet ne peut (quelles que soient ses promesses) se résumer au texte qu’il présentera dans quelques jours à l’assemblée nationale.

 

Vers la reconnaissance programmée d’un droit à l’enfant.

 

Car en instillant dans l’esprit des milliers d’adultes la faculté symbolique de pouvoir prochainement fonder une famille, au sens de la loi, ce projet va susciter - serait-ce au corps sincèrement défendant de ses promoteurs - l’explosion d’un désir et donc d’un marché.

 

Dit autrement, la loi promise implique bien nécessairement l’idée même d’un « droit à l’enfant », dont il faut immédiatement souligner qu’il n’est pas nécessairement incompatible ou contradictoire (n’en déplaise aux détracteurs du mariage pour tous) avec les droits de l’enfant et qu’il ne concerne pas que les seuls couples homosexuels.

 

Ce faisant, la loi future crée donc les conditions mêmes de sa propre justification et de ses déclinaisons futures, tant il est vrai que chacun trouvera préférable que notre droit puisse demain saisir ce nouveau marché « du droit à l’enfant », plutôt que de l’abandonner à l’amateurisme et à l’improvisation militante, ou au sordide de l’exploitation mafieuse.

 

Et ce n’est donc évidemment pas un hasard si la question de l’ouverture de la PMA pour les femmes prochainement mariées est d’ores et déjà inscrite à l’ordre du jour des débats parlementaires.

 

 

Un mariage vraiment « gay » ?

 

Contrairement à ce que tente d’affirmer Najat Vallaud-Belckacem, un couple de femmes – serait-il demain autorisé à se marier - ne se trouve absolument pas dans une situation de droit (philosophique et psychologique) objectivement comparable à un couple hétérosexuel dont le mari, pour des raisons de maladie, d’incompatibilité chromosomique, de malformations congénitales ou accidentelles, se trouve dans l’impossibilité de transmettre son patrimoine génétique à son enfant.

 

Avec la prochaine réforme, il s’agira donc bien d’ouvrir à des conditions totalement nouvelles l’accès à une technique médicale (jusqu’alors envisagée comme un palliatif à une cause naturelle objective) pour une catégorie particulière de couples.

 

La réforme de la PMA est donc bien étroitement imbriquée à la réforme du mariage pour tous en ce qu’elle doit permettre que se concrétise, pour les couples lesbiens uniquement, l’idée même du droit à l’enfant.

 

 

Elle introduira ce faisant dans le dispositif légal un droit préférentiel d’accès à l’enfant pour une catégorie très identifiée de couples mariés.

 

Un droit de préférence qui s’exprime d’abord par rapport aux couples homosexuels masculins (fondé sur un argument purement physiologique) mais aussi et de manière plus discriminatoire encore, par rapport aux couples hétérosexuels non confrontés à la stérilité masculine.

 

Une préférence qui risque très concrètement et très rapidement de transformer – si le droit n’évolue pas - le mariage « pour tous » en un mariage de plein effet réservé aux seuls couples hétérosexuels et aux couples lesbiens.

 

De fait, les couples homosexuels « gay » devront se contenter, pour leur part, d’une union aux effets purement symboliques si l’on considère que le PACS présente aujourd’hui les mêmes effets patrimoniaux que le mariage (et que l’on retient les difficultés auxquelles ils seront confrontés s’ils souhaitent adopter).

 

Une telle discrimination ne sera bien évidemment longtemps tenable, ni socialement, ni juridiquement.

 

Et la question de la GPA se posera donc à terme, ne serait-ce qu’au regard de l’impossibilité de discriminer, s’agissant du « droit à l’enfant », entre les différents couples mariés (hétérosexuels, homosexuels féminins et homosexuels masculins) qui seront tous dans la même situation objective au regard de ce droit.

 

Questions de PMA

 

L’accès futur à la PMA promis aux couples lesbiens induit une autre question d’importance.

 

Car celui-ci va créer une concurrence entre les couples homosexuels féminins et les couples hétérosexuels confrontés à la stérilité masculine.

 

En effet, comme ne manquent pas de le rappeler tous nos médias, les dons de sperme sont actuellement très inférieurs aux besoins des seuls couples stériles.

 

Il faudra donc que notre société, soit se satisfasse et entérine des pratiques artisanales de don de sperme (en modifiant en profondeur ses conceptions de filiation) soit qu’elle vienne à créer les conditions d’un rééquilibrage entre l’offre et de la demande exprimée.

 

A cette fin, les conditions actuellement imposées aux donneurs pourraient certes être élargies, quoiqu’un tel élargissement n’aille pas sans soulever de nombreux problèmes éthiques (lesquels ont jusqu’alors fondés les restrictions existantes).

 

Mais le moyen qui garantira le plus surement ce rééquilibrage - si ce n’est de manière totalement suffisante, à tout le moins acceptable - sera évidemment la rétribution du « don » de sperme (fut-ce sous la forme d’une « indemnisation » comme cela se pratique par exemple en Belgique).

 

 

Robert Doisneau
Robert Doisneau

Quelle place pour l’enfant dans notre société ?

 

N’en déplaise à ses défenseurs – dont la sincérité et la générosité ne sauraient être mises en cause – la question posée par le mariage pour tous n’est pas simplement la question d’une meilleure reconnaissance de l’amour homosexuel au sein de notre société.

 

Présenter la question sous cet angle est d’abord insultant pour une grande majorité de ceux qui s’opposent à ce projet – dont la sincérité et la générosité ne sont pas moins grandes – qui se trouvent très injustement taxés d’homophobie.

 

C’est ensuite et surtout faire de l’enfant, non simplement l’objet d’un droit futur, mais littéralement un biais de légitimation sociale d’une orientation sexuelle particulière.

 

La question ne se résume pas, non plus, à l’acceptation d’un ordre anthropologique en mouvement, dès lors que ne sont ni discutées, ni saisies par les lois annoncées, les formes multiples qu’empruntent aujourd’hui les familles dans notre société.

 

Ainsi, pour passionnants et pertinents qu’ils soient, tous les articles d’experts au sujet de la multitude de formes qu’empruntent les structures familiales à travers le monde, comme le très récent papier de Michel Serre présentant la Sainte Famille comme une allégorie de l’adoption, paraissent-ils hors sujet.

 

Car la question sociologique véritable que nous posent collectivement le projet de mariage pour tous et ses déclinaisons attendues, est surtout celle de la place de l’enfant dans notre société.

 

Question, autrement formulée, de la signification du projet parental, dès lors que l’enfant se présente désormais le plus souvent comme un enfant désiré et donc comme un vecteur de réalisation personnelle.

 

Réfléchir à cette question, au moment même où l’idée d’un devenir collectif semble morte, c’est sûrement commencer à résoudre le paradoxe d’un peuple français qui, bien que majoritairement déprimé par les effets de la mondialisation, voit pourtant sa courbe de natalité sans cesse progresser.

 

 

Vers l’assimilation définitive du modèle libéral ?

 

D’un point de vue politique, la question de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels (et ses conséquences) nous amène plus surement encore à nous interroger sur l’assimilation d’un pan considérable du modèle libéral dominant par notre modèle républicain original.

 

La logique est ainsi faite que l’équation annoncée par les prochaines réformes gouvernementales est la suivante :

 

Droit symbolique à la création d’une famille = reconnaissance d’un « droit à l’enfant » seul capable de concrétiser le projet familial = besoin de satisfaire ce droit (aujourd’hui par des pratiques artisanales et illégales, demain par la PMA, après-demain par la GPA) = marché (confrontation d’une offre et d’une demande) = prix (encadré ou non).

 

Confronté à cette équation, notre système juridique sera contraint d’accepter, à terme, que le corps et ses produits soient objet de commerce(s).

Ne faut-il pas reformuler la question ?

 

C’est évidemment à l’unique condition de se poser aussi honnêtement la question et d’envisager sérieusement toutes ses conséquences, que le Parlement sera susceptible de réduire véritablement les injustices qu’il entend corriger tout en contenant les désordres qu’il a pour devoir de prévenir.

 

Ce n’est qu’à cette même condition d’une formulation honnête et totalement conséquente, que le gouvernement permettra également aux français de résoudre la contradiction quasi schizophrène qu’ils confessent actuellement dans les sondages, entre  leur accord massif pour une reconnaissance plus officielle des couples homosexuels dans notre société, leurs interrogations sur l’ouverture au bénéfice de ces derniers du droit d’adopter et leur refus de banaliser l’accès aux techniques de procréation assistées.

 

La question ainsi posée est absolument actuelle et mérite certainement d’être débattue.

 

Mais elle relève à l’évidence d’un véritable choix de civilisation.

 

Elle ne saurait ainsi être réduite à un clivage sociétal simpliste entre citoyens généreux (de gauche) et citoyens réactionnaires (de droite).

 

Elle ne peut, non plus, être résolue par comparaison avec les réponses apportées par d’autres pays occidentaux au mariage homosexuel (l’état de Californie, sans être à feu et à sang, reconnaît le mariage homosexuel, permet l’accès à la GPA pour des questions de simple confort et connaît des banques de sperme inaccessibles aux foyers modestes puisque elles vendent à prix d’or le sperme de prix Nobel, de champions sportifs ou d’artistes célèbres).

 

Elle nous interroge sur la possibilité de maintenir l’idée d’une transcendance au sein du pacte républicain ou sur la nécessité d’une conversion définitive de ce dernier au matérialisme libéral dominant.

 

Elle se résume à cette question de conscience, essentielle pour nos concitoyens et si justement formulée en son temps par Régis Debray : « êtes vous démocrate ou républicain »[1] ?

 

 

Joseph Lenje

 



[1] Dans l’article éponyme publié dans le Nouvel Observateur le 30 novembre 1989, Régis Debray développe en ces termes introductifs son interrogation :

 

« La question ne sera-t-elle donc jamais posée ? Celle qui commande à tous les débats du jour l’identité d’une république, par quoi notre pays fait, en Europe et dans le monde, exception. (…) 

Nous payons tous à présent, par une indéniable confusion mentale, la confusion intellectuelle entre l’idée de république issue de la Révolution française, et l’idée de démocratie, telle que la modèle l’histoire anglo-saxonne. On les croit synonymes, et chacun de prendre un terme pour un autre. Pourquoi les distinguer ? La société libérale et consumériste n’est qu’une figure parmi d’autres de la démocratie, mais si dominante et communicative qu’on la croit obligatoire, y compris dans les pays où la démocratie a pris d’autres visages. »

 

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Commentaires : 22
  • #1

    Nebehr (jeudi, 24 janvier 2013 23:41)

    Depuis quand vous avez décidé de publier des articles aussi rétrogrades ?
    Le droit A l'enfant existe déjà, c'est simplement qu'il est restreint aux seuls couples hétérosexuels pour des raisons qui seraient claires à quiconque ait étudié un tout petit peu l'histoire de l'institution du mariage monogame dans la société humaine.
    Je trouve d'ailleurs très frappant que ce soit l'un des arguments les plus rabattus par les manifestants, un peu comme si leur bonne (fausse) conscience se rebellait soudain contre leur inconscient qui, lui, considère véritablement l'enfant comme une propriété personnelle qui sert à continuer la ligne patriarcale de la famille.
    Le saviez-vous que dans les institutions familiales primitives l'enfant ne pouvait jamais connaître son vrai père et que de ce fait il était adopté ou bien par la famille de la mère ou bien par la communauté toute entière ? En quoi cela les aurait-il empêchés de se développer ?

    La seule chose qui compte c'est de s'assurer que l'enfant puisse grandir et s'épanouir dans un environnement heureux. Tout le reste on s'en fout.

  • #2

    captp (vendredi, 25 janvier 2013 12:07)

    Quand la maison brûle, normalement ce n'est pas le moment idéal pour choisir la couleur de la tapisserie.

  • #3

    bornéo héo (vendredi, 25 janvier 2013 12:12)

    @nebeher Ce texte n'est pas "rétrograde" comme vous dites. Je suis personnellement pour le mariage gay, ce développement est toutefois intéressant.
    C'est un peu facile de dire que "tout le reste on s'en fout." C'est justement l'inverse que démontre l'auteur.

  • #4

    Horror (vendredi, 25 janvier 2013 12:41)

    A défaut d'être bon dans quelque domaine que ce soit, principalement dans les domaines régaliens et autres... les socialistes dont l'égo ne se satisfait pas de cette médiocrité, se sont fait une spécialité du sociétal.
    Que retient on de toutes les catastrophes Mittérandiennes qui ont fait souffrir (et continuent encore) le pays? Pas grand chose sauf à s’intéresser un peu à l'histoire pour les plus jeunes ou avoir un peu de mémoire pour les autres. Par contre il est un point dont tout le Monde se souvient : la suppression de la peine de mort. Celle qui permet de rester dans les manuels d'histoire et dans la conscience collective.
    Le mariage gay, Hollande a décidé que ce serait sa suppression de la peine de mort qui lui permettrait de passer à la postérité une fois que sa médiocrité se serait estompée avec le temps. Ce qui n'est pas sur car au train ou l'on va car elle sera en concurrence avec le titre de plus mauvais Président de la Vème.

    Je me suis un peu éloigné du sujet principal mais c'était pour planter le décor qui a son importance.
    Côté principaux intéresses. Ils sont une poignée au regard des français et ne représentent qu'une minorité d'une minorité. Nombre de gays ne revendiquent pas ce mariage, même si les lobbies gonflent comme des poissons lune et votent façon AG d'une université écrasant par leur omniprésence tout avis contraire en leur sein. Quel intérêt donc de faire descendre la France dans la rue pour si peu ? Etait ce le bon moment alors que les français souffrent assez en ce moment ?
    Car la motivation de Hollande le « rassembleur » n'est pas d'offrir ce mariage aux gays au nom d'une « pseudo justice  juste » ou de servir le plus grand nombre, poste pour lequel il est élu à la base.
    Sa motivation et ses intérêts sont multiples :
    Servir son propre intérêt personnel en marquant de son empreinte l'histoire de ce pays (comme tous ces ministres qui accolent leur nom à une Loi, ces élus locaux qui font construire des temples à leur gloire sur le dos de leurs électeurs et des autres...)
    Cliver la Droite et une fausse Gauche qui fait croire qu'elle l'est encore tout en faisant une mauvaise politique de Droite.
    Récompenser et fidéliser, là encore spécialité socialiste, une corporation qui compose son noyau dur en favorisant des intérêts particuliers au détriment des intérêts des français. Le lobby gay est particulièrement PS, cercle que l'on peut élargir aux bobos que cela rassure cette envolée pseudo progressiste.
    Détourner le regard des français des responsabilités premières de ce gvt, à savoir la protection, l'apaisement entre les citoyens, un environnement et des orientations économiques propices au développement de la croissance et de l'emploi.... toutes ces responsabilités ou ce gvt faillit et les a dégradé à une vitesse stupéfiante.
    Faire passer la Droite pour de Réac catho facho rétrogrades. Sauf que plein d'électeurs de Gauche y sont également silencieusement opposés de peur de l'anathème bien pensant.
    Alors qu'il était très simple et acceptable de faire passer cela par un débat (il suffit de voir comment cela se passe pour le non cumul des mandats par exemple alors que 100% des français sont pour) et d'aménager le PACS. Les socialos viscéralement haineux vis à vis des catholiques ont décidé de détruire le caractère sacré et civilisationnel du mariage pour les punir au nom de leur idéologie. C'est la vision socialiste de la tolérance.

    Au delà de l'aspect anthropologique qui montre que ce mariage est une hérésie, cette demande indue d'un Droit à l'enfant entrainera à coup sur des dérives impensables aujourd'hui (cf Guigou après le PACS il n'y a pas si longtemps) et il y a fort à parier que les chiffons rouges agités par les opposants (éthique ou juridique comme dans ce papier) se retrouveront à un moment donné sur la table. Les lobbies utilisent la technique du cliquet, cran par cran.

    La gouvernance clientéliste sans courage et sans orientation ne mène qu'à ces dérives.
    Hollande reste droit dans ses bottes car c'était inscrit sur son programme, sauf qu'une part très importante de ses électeurs n'ont pas voté pour lui, mais contre l'autre. Ca change beaucoup de choses !

  • #5

    diojaime (vendredi, 25 janvier 2013 19:11)

    l'affreux de retour.....

  • #6

    Christophe (samedi, 26 janvier 2013 13:12)

    @Nebehr vous êtes très simpliste : "La seule chose qui compte c'est de s'assurer que l'enfant puisse grandir et s'épanouir dans un environnement heureux. Tout le reste on s'en fout. " et revenir aux sociétés primitives ne me semble pas être très progressiste....

  • #7

    Guadet (lundi, 28 janvier 2013 11:40)

    Enfin un article qui utilise la raison pour analyser le bien fondé de cette loi. D'une façon ou d'une autre, celle-ci en vient à considérer le processus de naissance d'un enfant comme une production mécanique qui doit rentrer dans le système ultra-libéral. Sinon, comment oser parler d'"égalité" entre un couple hétéro et un couple homo ? Qu'un couple homo ne doive pas être méprisé est une chose ; en faire quelque chose d'interchangeable avec un couple hétéro en est une autre, monstrueuse. L'enfant ne doit pas être une marchandise qu'on peut produire quand on en a envie.
    La lutte contre l'homophobie est une bonne chose, sauf si elle est menée avec de mauvaises armes. Aujourd'hui on veut faire de l'homosexualité quelque chose de parfaitement normal, bien rentré dans le rang, estampillé par les autorités, tout à fait "égal". Il est malheureux d'être dans une société où on n'accepte que le "normal" et l'"égal", une société de l'uniformité où tout ce qui ne sera pas reconnu "normal" par la loi sera combattu.
    La position de ceux qui pensent que l'homosexualité n'est pas normale mais qui se montre bienveillants avec les homos me semble moins homophobe que la position de ceux qui considèrent que l'homosexualité doive être considérée comme normale pour que les homos soient acceptés dans la société.

  • #8

    Guillaume (mardi, 29 janvier 2013 03:10)

    @ Guadet : "La position de ceux qui pensent que l'homosexualité n'est pas normale mais qui se montre bienveillants avec les homos me semble moins homophobe que la position de ceux qui considèrent que l'homosexualité doive être considérée comme normale pour que les homos soient acceptés dans la société. "

    Comment expliquez-vous les actes homophobes (qui va de l'insulte aux agressions graves) d'une petite minorité certes, qui se sentent en complète impunité et qui profite de cette différence de reconnaissance sociale et légale entre hétéro et homo ?

    De mon point de vue, la loi qui reconnaîtra les couples homo comme légaux égaux des autres couples contribuera à réprimer cette homophobie latente qui sommeille chez certains de nos concitoyens les plus mal éduqués ou des plus religieux ou moyenâgeux ou les plus obtus ou les plus désoeuvrés ...

  • #9

    chapron (mardi, 29 janvier 2013 17:58)

    pauvre France,c'est la ruine,la pauvreté , dans tout les sens du terme/ intellectuelle,morale,financière,et j'en passe et des meilleures,quelle déchéance.

  • #10

    jerome (mercredi, 30 janvier 2013 10:34)

    Taubira? Elle a fait chuter Jospin enn 2002; elle devrait faire chuter Hollande en 2013. C'est peut être sa façon de régler ses comptes avec l'homme blanc.

  • #11

    Laissebienfaire (jeudi, 31 janvier 2013 15:03)

    La GPA, le PACS et le Sida, c'est avant tout des trucs d'hétéro. #humourdedroite

  • #12

    gb (jeudi, 31 janvier 2013 20:51)

    NON le PACS ne donne pas la pension d e réversion ni le droit au séjour; en quelle langue faut-il le rappeler ? Donc non le mariage pour les couples d'hommes n'est pas que symbolique

  • #13

    un citoyen (vendredi, 01 février 2013 11:49)

    Il me semble que le problème concerne surtout les enfants. Il ne fallait pas regrouper 3 sujets aussi différents (mariage, adoption, PMA).
    Au sujet du mariage : Le PACS ne devrait pas exister, le droit au mariage aurait dû être donner aux homosexuels depuis longtemps. L'adoption est la vraie question.
    Si un enfant n'a pas de parents, qu'il en ait deux du même sexe ne lui posera pas de problème. deux personnes prêtes à donner leur temps, leur amour et leur énergie à l'éducation d'un enfant doivent pouvoir adopter. On dit qu'il est déjà difficile de permettre à tous les couples d'adopter. Certes. Mais c'est un autre débat. Peut-être faut-il assouplir les règles de l'adoption dans notre pays.
    La PMA est encore un autre sujet qui ne concerne pas que les homosexuels, et qui n'a absolument rien à voir avec la discussion que nous sommes en train d'avoir.
    je trouve que le gouvernement a fait n'importe quoi avec cette histoire, ils ont tout confondu et ils font passer nos concitoyens pour des rétrogrades. Le monsieur qui dit que le mariage homosexuel sera "l'abolition de la peine de mort" de Hollande a bien un peu raison. Je crois que la France est tolérante, moderne mais pas aveuglée. Faisons les choses lentement en y réflechissant.

  • #14

    jerome (vendredi, 01 février 2013 18:45)

    "NON le PACS ne donne pas la pension de réversion"
    si l'on fait abstraction de l'état critique des régimes de retraite, et si on ne relève pas l'aveu que la motivation de tout celà est financière, on peut quand même rappeler que le principe de la reversion date des familles où l'épouse ne travaillait pas (et ne pouvait donc cotiser) pour élever les enfants du couple. Nous voyons tout de suite le lien entre mariage et enfants (comme le le précise le code civil). Tenter de séparer les deux n'est que tentative de tromperie.

  • #15

    Hervé (samedi, 02 février 2013 09:49)

    Je vous cites : "Confronté à cette équation, notre système juridique sera contraint d’accepter, à terme, que le corps et ses produits soient objet de commerce(s)." Mais le corps humain est déjà l'objet de commerce en voici une liste non exhaustive :
    1 - La prostitution
    2 - Le mannequinat
    3 - Les Sportifs
    4 - Les modèles pour artiste
    5 - Les cobayes humains
    6 - Les nez de la parfumerie
    7 - Les goûteurs de l'industrie agroalimentaire
    Etc...
    Et d'une manière on pourrait dire que toute personne qui travail contre rémunération loue tout ou partie de sont corps. Alors que devons nous faire ?
    En ce qui concerne un prétendu droit à l'enfant comme le dit si bien Nebehr #1 qui existe déjà il n'est en rien incompatible avec les droits de l'enfant. En effet les enfants nés d'une PMA ou adoptés ont bien actuellement les mêmes droits que les autres.
    De plus vous nous dites : "Contrairement à ce que tente d’affirmer Najat Vallaud-Belckacem, un couple de femmes – serait-il demain autorisé à se marier - ne se trouve absolument pas dans une situation de droit (philosophique et psychologique) objectivement comparable à un couple hétérosexuel dont le mari, pour des raisons de maladie, d’incompatibilité chromosomique, de malformations congénitales ou accidentelles, se trouve dans l’impossibilité de transmettre son patrimoine génétique à son enfant." ceci est le comble de l'hypocrisie en effet pourquoi un état naturel pourrait être contourné médicalement chez les hétérosexuels et non chez les homosexuels.

  • #16

    Philippe (samedi, 02 février 2013 17:07)

    Message à Nebehr : votre première phrase que je cite : "Depuis quand vous avez décidé de publier des articles aussi rétrogrades ?" m'a démontré à l'évidence votre négation profonde de la démocratie. J'ai cessé de lire votre post, car je ne veux lire que des choses intelligentes et respectueuses de l'avis des autres.

  • #17

    alexandre clement (mardi, 05 février 2013 09:23)

    Le débat sur le mariage homo est une guignolade. La droite déconne comme à son habitude, mais la soi-disant gauche c'est pareil. En effet, voilà un sujet qui n'intéresse qu'une poignée de personnes. Le plus important serait de sortir de la crise économique et sociale, réduire les inégalités, créer des emplois, etc. ça ça intéresse des millions de français, mais la pseudo-gauche préfère déconner sur les sujets de société. En 2017, c'est sur les questions économiques et sociales qu'Hollande sera jugé. Il est bien parti pour se faire jeter, et amener ainsi la fin du PS. Conséquence, on va se retrouver avec les débiles de l'UMP.

  • #18

    De gauche et triste de la décadence où on fonce (jeudi, 07 février 2013 11:25)

    @nebeher
    "La seule chose qui compte c'est de s'assurer que l'enfant puisse grandir et s'épanouir dans un environnement heureux. Tout le reste on s'en fout. "
    Eh bien c'est ça, allons-y, à chaque naissance, enlevons tous les enfants naturels de leurs mères et pères et confions-les à des familles riches et épanouies. Superbe société que vous nous proposez là.
    Le meilleur des mondes n'est pas loin et je suis triste de voir que c'est la gauche qui nous y emmène

  • #19

    @ludovic (samedi, 09 février 2013 10:44)

    on ne parle pas du droit de Mayote à la polygamie est légale ou c'est la femme seule qui touche les allocations familiales
    A quand ce droit sur l'ensemble du territoire ?

  • #20

    Alain (samedi, 09 février 2013 11:45)

    Très bon article ! Même si, pour moi, il manque un paragraphe sur la GPA, et qui se résumerait ainsi. Une fois que la GPA sera autorisée dans notre pays, l'effet collatéral sera une ouverture également pour les couples hétérosexuels (on n'imaginerait pas que ce soit autorisé uniquement pour les couples homo). La brèche ouverte, le barrage aura toutes les chances de céder. Qu'est-ce qui dit que dans 20 ans, ou plus, ou moins, l'évolution des mentalités aidant, un couple hétéro fertile ne ferait pas appel à la GPA pour "sauter" l'étape de la grossesse ? Car si la PMA est encadrée car se limite aux couples infertiles, l'adoption (la GPA s'en rapproche, si ce n'est que c'est une adoption "commandée") est autorisée aux couples fertiles.

  • #21

    Billy (mercredi, 27 février 2013 21:35)

    Merci pour cet article extrêmement intéressant, et surtout à mon avis parmi les plus objectifs que j'ai lus sur le sujet.

    @Hervé
    1. Est-il besoin d'ajouter des points supplémentaires à votre liste non exhaustive ?
    2. Vous posez très justement la question de la justification de la PMA pour les couples hétérosexuels stériles... Ce qui est possible médicalement est-il souhaitable humainement ? Cependant, un point important à mon sens est "Si on autorise la PMA pour les couples hétérosexuels "malades", en l'ouvrant aux couples homosexuels, cela revient-il à considérer l'homosexualité comme une maladie ?". Ce qui me semble bien rétrograde...

  • #22

    David Gasnier (vendredi, 13 décembre 2013 22:38)

    Personnellement j'aurais préféré l'abolition du mariage civil, j'estime que dans un état laïque le mariage ne devrait concerner que les croyants et leurs religions, renvoyons donc le mariage a l'église, car c'est la qu'est sa place.