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25

janv.

2013

Krugman – Stiglitz : le débat inachevé

Le récent débat ayant opposé les deux Prix Nobel d’économie par blog interposé, n’a pas manqué d’intérêt. Stiglitz a dégainé le premier en montrant la corrélation entre les inégalités de revenus aux Etats-Unis et la faiblesse de la croissance. Krugman lui a répondu en s’attachant à montrer que le lien était loin d’être évident. Le débat aurait pu nous satisfaire. Il nous laisse un goût d’inachevé. Explications.

Afin de mieux comprendre la teneur du débat, il apparait indispensable de revenir sur les arguments dévoilés. Commençons par ceux de Stiglitz. L’analyse du Prix Nobel 2001 se base sur le fait que la faiblesse de la croissance américaine serait liée à l’accroissement des inégalités entre les 1 % d’américains les plus riches et le reste de la population. Il est à noter que les inégalités ne se situent pas uniquement au niveau des revenus mais également au niveau du capital social c'est-à-dire du « réseau ».

 

Le premier argument est en rapport avec la baisse du revenu réel de la classe moyenne américaine depuis 1996, notamment en raison de l’accaparement de la croissance de la richesse par les 1 % d’américains les plus riches (93 % en 2010). Stiglitz établit sa démonstration sur le fait que les classes moyennes américaines ont une propension marginale à consommer supérieure à celle des américains les plus riches. Or si l’immense majorité des hausses de revenus est capté par les américains les plus riches, la probabilité de voir cet argent être épargné plutôt que consommé est extrêmement forte. A l’arrivée, il est logique que la croissance du PIB, dont la consommation représente plus de la moitié, soit ralentie.

 

Mais cette baisse des revenus de la classe moyenne américaine implique également des conséquences indirectes. Ainsi Stiglitz met en exergue le fait que les américains les plus fortunés ont plus facilement tendance à mettre en place des stratégies d’ « optimisation » fiscale que ceux de la classe moyenne. En conséquence, l’Etat fédéral est confronté à une baisse des recettes fiscales qui le contraigne à réduire l’investissement public. Stiglitz y voit un danger pour les années futures puisque cela revient à négliger les infrastructures publiques, l’éducation, la recherche et la santé.

De plus, l’ancien économiste en chef de la Banque Mondiale montre que les difficultés financières des classes moyennes ne leur permettent plus d’investir dans leur avenir. Ainsi ils se détournent de projets aussi essentiels que l’éducation des enfants, la formation continue, la création d’une entreprise ou son développement.

 

Enfin, Joseph Stiglitz évoque un dernier argument qui constate que la hausse des inégalités va de pair avec la hausse de la vulnérabilité de l’économie et de sa volatilité. On serait tenté de dire que ces phénomènes correspondent à la prise de pouvoir d’une idéologie économique nommé néolibéralisme et de conseiller à notre prix Nobel la lecture de Maurice Allais mais nous nous en garderons, pour le moment.

 

Poursuivons le raisonnement de Stiglitz qui montre que la panne de l’ascenseur social pour les classes moyennes et populaires est une catastrophe pour les Etats-Unis. En effet, en délaissant la majeure partie de sa jeunesse, ce pays se prive de nombreux talents, dont il a grand besoin pour relancer sa croissance.

 

Il évoque ensuite le problème du chômage de masse, que les américains haïssent plus que tout, dont la récente retombée à 7,8 % ne doit pas faire illusion. Elle résulte en réalité d’un découragement des chômeurs ou de l’acceptation d’un emploi précaire à temps partiel.

 

Puis il détaille le durcissement des conditions de vie des américains qui voient leur rêve américain se détériorer peu à peu. Ainsi la crise des « subprime » a appauvri de nombreux américains qui ont vu leur crédit atteindre une valeur nettement supérieure à celle de leur bien immobilier. La stagnation des salaires a coïncidé avec le renchérissement du coût de l’éducation. L’emprunt est bien souvent devenu la seule chance d’accéder à l’Université pour la majeure partie des américains. Et la dette des crédits étudiants promet déjà de faire suite à la crise des « subprime ».

La conclusion de Stiglitz est à la fois pertinente et effrayante. Il admet que la mondialisation a placé les multinationales en position de force. Les syndicats se sont affaiblis. Le chômage peut ainsi s’expliquer par la libéralisation du commerce et par le progrès technique. Mais il estime que les forces du marché ont été façonnées et qu’elles n’existent pas dans le vide. Pour Stiglitz la solution réside dans l’investissement dans la jeunesse américaine (équipement, éducation, recherche, santé) ainsi que dans le passage vers un système fiscal plus progressif et une taxation des mouvements de capitaux spéculatifs.

 

La description du système américain est intéressante, le constat également, mais des questions restent en suspens. Comment empêcher la désindustrialisation américaine, qui constitue l’une des meilleures garanties d’une bonne répartition des revenus. Comment empêcher les investissements des firmes multinationales américaines qui verraient d’un mauvais œil la progressivité du barème fiscale ? Idem pour les stratégies d’évasion fiscales des 1 % les plus riches ? Stiglitz ne nous donne pas les réponses. Regardons du côté de Krugman.

 

Paul Krugman axe sa réponse à l’analyse de Stiglitz sur un point majeur : la sous-consommation des classes moyennes. Cette dernière poserait un problème en raison d’une plus grande propension marginale à consommer des classes moyennes par rapport aux américains les plus aisés. Krugman indique que la consommation future se base sur l’anticipation des revenus futurs. Il établit un graphique qui montre la part de l’épargne au sein du PIB. Il met ainsi en évidence que ce rapport avait tendance à diminuer avant la crise alors qu’il s’agissait d’une période où les inégalités étaient fortes. De plus, il montre que la hausse soudaine de l’épargne liée à la crise n’était pas liée à une hausse soudaine des inégalités.

L’analyse macroéconomique de Krugman peut difficilement être remise en question. Et pourtant est-ce que ce phénomène de faible épargne ne correspondrait pas à un appauvrissement des classes moyennes, qui seraient contraintes de recourir aux crédits pour maintenir tant bien que mal leur niveau de vie ? A ce moment là, l’analyse apparait différente puisque cela mettrait en exergue la fragilité du système économique américain comme la crise des « subprime » l’a parfaitement montrée. Puisqu’en réalité l’essentiel n’est pas de mettre en exergue un faible taux d’épargne pour montrer un fort niveau de consommation mais plutôt de s’interroger sur le niveau de consommation et sa soutenabilité. Contrairement à l’analyse de Krugman, il ne me semble pas qu’une croissance basée sur l’achat de produits de luxe par les 1 % les plus riches puisse constituer une croissance pérenne, parce que cela signifie que l’on se désintéresse de l’immense majorité de la population. Et cela ne parait pas viable. Cela fait penser au soi-disant « boom » des services à la personne qui consiste à mettre des employés payés au SMIC au service d’employeurs plus riches. On peut alors très vite retombée sur une société coupée en deux.

 

En conclusion, si les analyses de Joseph Stiglitz et Paul Krugman sont intéressantes, on ne peut s’empêcher d’être déçu par le manque d’approfondissement de leurs théories. Leur incapacité, pour l’instant, à remettre en cause le libre échange intégral et les pratiques de dumping salarial, social ou environnemental biaise leur analyse. Ainsi il serait intéressant d’obtenir leur avis sur la contraction de la demande mondiale, engendrée par la mondialisation et les délocalisations, qui ne pourra pas être éternellement compensée par des politiques monétaires accommodantes. Alors peut-être nos deux Prix Nobel se pencheront plus franchement sur la question du protectionnisme et du rapprochement des zones de production et de consommation.

 

 

 

Theux

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Commentaires : 22
  • #1

    Amsterdammer (vendredi, 25 janvier 2013 22:55)

    Faudrait peut-être… le leur écrire? :-D

    Stigliz en particulier, a su voir l'échec des remèdes de cheval de son ex-employeur, le FMI, quand d'autres s'enfoncent encore plus dans leur logique mortifère, disant que si ça ne marche pas, c'est parce qu'on a pas assez libéralisé.

  • #2

    Zoé (samedi, 26 janvier 2013 12:36)

    Juste trois petites remarques:
    - Qu'est ce qui vous permet d'affirmer que d'"empêcher la désindustrialisation [...] constitue l’une des meilleures garanties d’une bonne répartition des revenus. A l'heure actuelle, aucune étude sérieuse (me semble-t-il ne permet de prouver une telle assertion mais il ne reste plus qu'à me prouver le contraire). Cette vue me rappelle un peu les travaux de Kuznets sur les liens entre développement économique et inégalités.
    - En outre, avant d'arborer fièrement le logo du FMI et de dire que Stiglitz en fut le chef économiste, veuillez vérifier son CV. Stiglitz n'a jamais travaillé au FMI mais à la banque mondiale (http://www2.gsb.columbia.edu/faculty/jstiglitz/download/Stiglitz_CV.pdf)
    - Enfin, comme toujours votre analyse se résume à une critique de la mondialisation. Or, sans nier ses méfaits éventuels, je doute que tous les maux américains ne soient dus qu'à la mondialisation. En effet, les Etats-Unis sont peu ouverts à l'extérieur et leur politique commerciale est loin d'être libre-échangiste.

  • #3

    Theux (samedi, 26 janvier 2013 14:50)

    @Zoé

    - Concernant la meilleure répartition des richesses dans les pays fortement industrialisés, je vous recommande la lecture de l’ouvrage de Reinert : « Comment les pays riches sont devenus riches et pourquoi les pays pauvres restent pauvres ». Jacques Sapir évoque également le sujet dans cet article : http://russeurope.hypotheses.org/472

    - Mea Culpa pour le CV de Stiglitz, il me semblait qu’il s’agissait du FMI et non de la Banque Mondiale

    - Je n’ai jamais indiqué que l’ensemble des problèmes des Etats-Unis étaient liés à la mondialisation. Il me semble cependant qu’elle joue un rôle majeur dans leurs difficultés et j’aurais été curieux de connaître l’analyse de Krugman et de Stiglitz sur la question. De plus ce n’est parce que les Etats-Unis ont un taux d’ouverture au commerce relativement faible, qu’ils ne sont pas concernés par la mondialisation. Ils le sont et subissent largement les effets liés à la pression des multinationales aux délocalisations vers des pays à coûts salariaux plus « compétitifs ». La désindustrialisation du pays ainsi que l’accroissement des inégalités est largement lié à ce phénomène. Encore une fois sur ce sujet je ne peux que vous conseiller Reinert.

  • #4

    Jpr (dimanche, 27 janvier 2013 11:49)

    Ou avez vous vu que la mondialisation entraine une contraction de la demande ? C est l inverse en global au niveau mondial et de loin .maintenant il y a des perdants et des gagnants et la croissance est bien loin d etre egalitaire comme tjs .

  • #5

    Theux (dimanche, 27 janvier 2013 22:14)

    @Jpr

    La logique même des délocalisations est de faire baisser les coûts de main d’œuvre c'est à dire par exemple de remplacer un salarié français payé au SMIC par un salarié chinois payé dix fois moins cher. Au niveau macroéconomique ce phénomène provoque une contraction de la consommation donc de la demande au niveau mondial.

  • #6

    Horror (lundi, 28 janvier 2013 00:12)

    C est assez drôle ces visions schizophréniques des choses. En quoi le chômage de quelques centaines de milliers de français au profit des quelques millions de chinois va t il contracter la croissance mondiale? Alors que c est le contraire qui se produit.

    Avec une vision étriquée nombriliste et "CGTiste" de la chose économique, on passe a côté de l essentiel qui devrait pourtant vous faire bondir de joie égalitariste.

    Car ce a quoi nous assistons au niveau mondial avec le liberalisme, n est ni plus ni moins qu un rééquilibrage égalitariste ou les anciens riches exploitants de l Ouest perdent et ou les anciens pauvres exploites de l Est gagnent.

    Et si finalement, le libéralisme n était que la forme globale, viable et aboutie du communisme?
    Peut être pas vu de notre petite vision égoïste, mais vu des indiens, des chinois, des brésiliens, des pays de lEst... nettement plus déjà, et comme ils sont plus nombreux...

  • #7

    Raphael (lundi, 28 janvier 2013 10:35)

    Avec un point de vue sur la crise à rapprocher de celle de Stiglitz, je vous recommande cet excellent blog si vous le connaissez pas déjà : http://criseusa.blog.lemonde.fr/2012/08/05/la-crise-expliquee-par-la-secession-des-elites-revenu-patrimoine-endettement-des-menages-1989-2007-v/

    Horror, les inégalités de richesse dans les pays émergents mettent à mal ta vision "égalitaire" du libéralisme.

  • #8

    Horror (lundi, 28 janvier 2013 12:40)

    @ Raphael

    Tu te concentres sur la paille alors qu'il faut regarder la poutre.
    L'important est la moyenne de la masse globale (le salaire mondial moyen pour faire court), pas les écarts particuliers qui ne représentent rien.
    Quelque soit le système, il y aura toujours une infime minorité qui drainera beaucoup plus que les autres. C'est également le moteur de la création de richesse et c'est la vertu du modèle libéral qui bien que s'appuyant sur l'avidité, créé de la valeur dont une partie est forcément redistribuée puisque c'est par la consommation de masse qu'elle peut exister.

    On peut à l'Ouest s'offusquer des ultra riches dont la redistribution égalitaire n'amènerait aucun avantage à ceux qui en bénéficieraient ponctuellement. Cela ne ferait que casser la machine à créer de la valeur et tout le système s'effondrerait.
    On peut également s'offusquer à l'Est quand on est un ouvrier gagnant 30 € par mois et voir un ouvrier de chez nous gagner 1500 € + d'innombrables avantages que le premier n'a pas.

    Hors le libéralisme fait baisser les salaires à l'Ouest et augmenter ceux de l'Est générant un rééquilibrage "égalitariste" tout en générant une progression du pouvoir d'achat global moyen. C'est la vision du communisme en mieux, non?

  • #9

    captp (lundi, 28 janvier 2013 18:17)

    "Quelque soit le système, il y aura toujours une infime minorité qui drainera beaucoup plus que les autres."

    Ha bon. J'aimerais bien savoir d'où vient cette vérité universelle si possible? C'est le fameux théorème de Horror j'imagine. Il porte bien son nom dans ce cas.

    Quant à l'expression : "Moteur de la création de richesse." pour qualifier la minorité qui accapare la richesse, il faudrait expliquer parce que c'est loin d'être évident.

  • #10

    LaurentL (lundi, 28 janvier 2013 21:44)

    Justement Horror, "Quelque soit le système, il y aura toujours une infime minorité qui drainera beaucoup plus que les autres.", que cette minorité, l'élite financière, entrepreneuriale, artistique, j'en passe, draine plus, le problème en est la mesure, parce que "beaucoup plus", c'est bien là que le bât blesse. C'est avant tout une question d'équilibre et je parie bien volontiers que le capitalisme existera encore longtemps.

    Je trouve qu'il est difficile de discuter d'un sujet comme celui-ci sans regarder le volet social. La fortune ne peut être constituée qu'avec l'aide de la base, au risque du déséquilibre de la pyramide bâtie par l'ensemble lorsqu'une des strates prend trop de poids par rapport aux autres, en l'occurrence la finance est une cause majeure du déséquilibre. Les problèmes viennent quand la redistribution n'est plus suffisante pour permettre à tout le monde de vivre correctement. Je l'ai déjà dit au sujet d'un autre article sur ce blog: au début des années 80, la répartition des revenus du capital et des salaires était dans les années 80 de 34% pour le capital et 66 pour les salaires, aujourd'hui 44% contre 56. Le capitalisme n'est plus régulé aujourd'hui car il repose uniquement sur l'idée unique du profit immédiat. Malgré ça, je suis convaincu qu'il a encore de beaux jours devant lui, mais régulé...

    Pas la peine d'être outrancier dans vos formules, vous vous fourvoyez à croire qu'il faut en arrêter avec le capitalisme (je ne crois pas que ce soit le cas, mais proposez des solutions, même si c'est pour défendre la fin du capitalisme, c'est la moindre des choses quand on veut construire et débattre, faire un constat, très bien, mais ensuite? et c'est bien de cela qu'il est question sur ce blog, non?) alors que c'est de réglementations et reconstructions sociales, économiques bien sûr, mais aussi écologiques d'à peu près toute l'organisation de beaucoup de pays, dont la France, ont besoin.

    Faire un constat sur la situation, d'accord, mais ensuite?...

  • #11

    diojaime (mardi, 29 janvier 2013 12:03)

    certes j'insiste lourdement, mais il faut donner le pouvoir politique au peuple afin que l'ensemble de la population puisse s'exprimer, débattre et proposer des solutions aux problèmes écologique, économique et social(inégalités générées durant des décénies par le pouvoir économique).
    car il n'est pas concevable que bientôt 50% des richesses se retrouvent dans les mains du grand capital comme l'indique LaurentL.
    un tel déséquilibre est nuisible pour la société.
    il faut que le peuple prenne le contrôle car nos représentants sont soumis aux conflits d'intérêt puisqu'ils sont choisis par les puissances d'argent avant qu'ils le soient par les citoyens.
    par conséquent nos représentants ne peuvent pas nous représenter, et c'est pas de leur faute d'ailleurs.
    c'est aussi simple que ça...

  • #12

    Zyx (mercredi, 30 janvier 2013 03:28)

    Ajoutons à l'analyse de Stiglitz que l'excédent de revenu perçu par le "1%" est non seulement optimisé fiscalement mais investi où le rendement est le meilleur et donc dans les pays émergent plutôt qu’aux Etats-Unis. On attend toujours une étude sur la corrélation possible entre les avantages fiscaux gigantesques offerts par Bush aux plus riches et la désindustrialisation des Etats-Unis et le développement de l’outsourcing. Le fait que Durant les années Bush, les Etats-Unis aient perdu 1/3 de leurs emplois industriels ainsi que des millions d’emplois dans les services n’est pas une coïncidence.

  • #13

    Horror (mercredi, 30 janvier 2013 09:44)

    Mais vous êtes tous pathétiquement obnubilés et en boucle avec vos riches.
    Les ultra riches s'en tamponnent car ils sont au delà des Etats qui voudraient les spolier. Si ça tourne mal, ils s'en vont sous des cieux fiscaux plus cléments (car les Etats sont en concurrence également) et le tour est joué, emmenant avec eux capitaux, investissements et emplois. Le calcul n'est donc pas bon et le discours stérile.

    Par contre personne pour ferrailler sur ma théorie "révolutionnaire" du libéralisme comme forme globale viable la plus aboutie du communisme. Voilà un vrai sujet!

  • #14

    LaurentL (mercredi, 30 janvier 2013 22:46)


    @Horror : D'où vient le problème alors si la répartition des richesses ne pose pas problème? Question d'obnubilation, quel constat attristant, attristant parce que sans issue positive si vous menez votre point de vue jusqu'au bout... Point de vue non étayé ici, certes, mais l'accroissement des inégalités ne mène nulle part d'autre, passé un certain degré, qu'à à la guerre, civile ou pas, question?...
    D'un autre côté, quitte à le redire, la sortie de crise passe par une meilleure redistribution des richesses, et, toujours en passant par le social. Et à regarder l'histoire dans le bon sens, quand c'est le cas, si l'homme a réussi à "domestiquer", relativement, certes, la nature, en passant un autre problème épineux qui se profile avec le réchauffement climatique, les diverses pollutions, l'acidification des océans, j'en passe quelques unes, ainsi que pas très loin non plus la fin de certaines ressources naturelles, c'est par le l'écologie. Avec un peu d'anthropologie et de sociologie, (d'ailleurs, ces critiques sur la télé sont incompréhensibles, comme partout ailleurs il y a à boire et à manger, mais regarder C dans l'air, de voir comment le débat évolue, une base pour se placer de ce point de vue et de regarder ce qui, selon vous, cloche dans l'organisation, m'enfin... et puis toutes ces émissions sur l'histoire, les peuples, la civilisation, l'espace, l’anthropologie...), E. Morin, J. Diamond, C. Levy-Strauss,- difficile de ne pas constater que sans le lien social, l'humanité n'en serait pas arrivée jusque-là si cette dimension de l'homme n'avait pas été déterminante. Vous oubliez un peu rapidement que les pays de l'OCDE, la tendance est à l'équilibrage comme vous dites, n'empêche, cela ne fait que depuis les années 40-60 selon les premiers pays à ce stade, que moins de la moitié de la population travaille dans l'agriculture. Ce sont les 2-3% d'agriculteurs qui restent, (et pas tous encore...) qui portent une des graines de la subsistance, un lien fondamental, vous me l'accorderez, avec la nature. Un des problèmes de fond est que les gens ont oublié ça, car la société est devenue beaucoup plus complexe depuis 200-300ans, particulièrement depuis les années 50-60 et qu'elle s'est perdue dans une logique délétère à terme avec des bonus, des CDS, des rationalisations du profit, 2-3% par 2-3% éclatés dans le peuple, voire moins, que la civilisation est devenue spécialiste, certes, mais qu'elle oublie en même temps ce qui a été la condition et le chemin menés par les civilisations depuis l'homme des cavernes... Je trouve que la pluridisciplinarité est oubliée à tort, les conséquences vont devenir catastrophiques si l'on continue ainsi... Bon, je ne commencerai pas le débat sur l'éducation...
    Trois dimensions majeures donc (...) pour penser le futur, l'économie, l'écologie, la sociologie (ou le social si vous préférez...), dans l'ordre que vous voulez, mais d'un poids certainement équitable, si vous voyez ce que je veux dire... Maintenant, me restent quelques arguments dans la besace, c'est une autre histoire...
    Pour la théorie "révolutionnaire", ce serait bien si ceux qui s'appauvrissaient ne provenaient pas de pays dont le salaire était plus élevé que la moyenne. A long terme, je vous rejoins, avant certainement pas.
    Entre temps, la montée des extrêmes, ça ne vous dit rien?...
    Retour au point de départ et répartition des richesses donc... Au fait c'est quoi la richesse? Un zéro de plus ou de moins?

  • #15

    FlikeFrog (vendredi, 01 février 2013 02:15)

    @ Theux

    Vous faites un faux procès à Krugman en lui reprochant de ne pas associer la baisse de l'épargne avec l'appauvrissement d'une partie de la population. Tels n'était pas son propos.

    Ce dont il fait preuve ici c'est d'une superbe honnêteté intellectuelle puisqu'il réfute l'affirmation de Stiglitz (selon laquelle l'augmentation des inégalités constitue un frein à la consommation et donc à la reprise du fait de la propension des riches à épargner plus) sur la base de statistiques, et ce alors même que, comme il le dit lui même, d'un point de vue politique il est parfaitement à l'aise avec une telle affirmation.

    Cette honnêteté tranche avec votre démarche qui consiste à plaquer les mêmes conclusions stéréotypées anti-libérales sur tous les articles que vous postez et cela sans aucune forme d’argumentation économique.

    Si le débat vous intéresse donnez vous le mal d'aller chercher les propos de Krugman et Stiglitz sur les inégalités puisqu'ils abordent tous deux abondamment ce thème par ailleurs, tout comme celui de la globalisation.

    En outre peut-on savoir sur quelles données vous fondez l’affirmation que la demande mondiale se contracte? Parce que d’après les graph de PIB que je regarde, à part un reflux en 2009, la croissance globale reste positive, tirée par les pays émergents. Vous réalisez tout de même qu’il y a aujourd’hui des pays a 7/8% de croissance au sein desquels la consommation des ménages augmente rapidement?

  • #16

    Horror (vendredi, 01 février 2013 16:30)

    @ LaurentL
    apprenez un peu à structurer votre discours, c'est inintelligible dans le fond et la forme.

  • #17

    LaurentL (lundi, 04 février 2013 11:49)

    Bien sûr Horror, je suis comme ça, inintelligible.

  • #18

    tchayapluk (dimanche, 10 février 2013 16:41)

    Je suis d'accord sur l'égalisation par l'ouverture... et je suis effaré de la petitesse des cerveaux "bienpensents"... Ce qu'il faut regarder ce n'est pas l'équivalent salaire en dollar constant, mais bien l'équivalent salaire en pouvoir de vie... Je suis retraité avec 900 € par mois "un privilégié" et je vis dans un pays d'Asie du sud-Est... Avec ca, je fais vivre une famille de 5 personnes et paye des études de médecine à une des filles de ma femme... et je dois verser ma sécu et la CFE pour moi... alors qu'avec cette somme en France, je n'y arriverais pas pour moi tout seul... Cherchez l'erreur

  • #19

    La FIN ! (dimanche, 10 février 2013 22:46)

    La fain arrive la fin arrive.

  • #20

    king (lundi, 18 février 2013 17:08)

    S'il y a bien une chose que je partage, c'est la vision de Horror (cela peut faire peur d'ailleurs son prénom). Originaire d'un des pays les plus pauvres du monde, j'ai marché jusqu'à 10 ans pieds nus. Je n'ai jamais eu un vélo, je ne me rappelle pas avoir eu un seul jouet...bref...

    Je suis arrivé en france il y a 3 ans, après avoir vêcu respectivement 10 ans dans 3 pays d'Afrique, parfois sans manger.

    Quand j'entends qu'il y a la crise en France, je suis stupéfait.
    Je suis d'accord sur une chose, c'est qu'il est temps que ceux qui vivaient misérablement vivent en peu mieux. Ce à quoi on assiste et on assistera, c'est tout simplement un reéquilibrage. Il n'y a aucune raison qu'en Occident les gens mangent à leur faim, ont un travail, se paient une voiture (d'ailleurs j'en ai 2, alors que j'ai jamais pu me payer 1 vélo en Afrique pendant les 30 ans que j'y ai vécus) tandis que les populations du reste du Monde meurent de faim.....

  • #21

    feawing (mercredi, 20 février 2013 12:14)

    Je vais sembler dur, mais je crois que ce qui vous chagrine n'est pas le 'manque d'approfondissement' c'est le manque d'idéologie. Je ne dis pas que votre vision est dénuée de fondement d'un point de vue sociologique (tant s'en faut), mais l'un comme l'autre ont eu l'intelligence de se borner à leur domaine d'expertise: l'analyse macro-économique. Il me semble que vouloir fonder une société saine et pérenne sur une base macroéconomique bancale relève de l'illusion. (L'inverse me semble vrai aussi, et je vous rejoins sur ce point, je crois)
    A noter que dans son post, Krugman commençait en expliquant qu'il aurait préféré avoir une base solide et etchnique pour affirmer que les inégalités étaient la mère de tous les maux.. mais qu'il n'avait pas trouvé cet argument.

  • #22

    pascal millet (mercredi, 24 avril 2013 10:43)

    Je serais personnellement du côté de Stiglitz. Toutefois je lis en ce moment un ouvrage de Nate Silver (the signal and the noise) qui met en évidence le caractère "aléatoire" de la plupart des avis d'experts, surtout en matière d'économie, qui, pour la plupart ne font pas mieux que le pile ou face (ou le vol des oiseaux). Cet ouvrage très bien documenté me parait une lecture indispensable.
    Toutefois, politiquement, le soutien à l'élargissement du bien être social me parait ethiquement le meilleur choix, même si son efficacité à court terme (et l'optimum de ses modalités pratiques) reste à prouver. par contre, son efficacité à long terme me semble évidente au vu de l'histoire de nos sociétés.
    Amicalement