mar.

29

janv.

2013

Le Grand Retournement (Gérard Mordillat)

A l’origine il y a un homme, Frédéric Lordon, qui avait parfaitement analysé les dysfonctionnements du capitalisme financier dans son ouvrage « Jusqu’à quand ? ». Quelques années plus tard, il entreprit la rédaction « D'un retournement l'autre — Comédie sérieuse sur la crise financière — En quatre actes, et en alexandrins ». A sa sortie, cet ouvrage constituait un OVNI aussi bien dans le monde littéraire que politique. Avec ce mélange des genres, Frédéric Lordon souhaitait interroger le public en profitant du caractère tragi-comique de la crise financière. Des troupes de théâtre entreprirent de jouer cette pièce, avant que Gérard Mordillat ne tente le pari de son adaptation au cinéma.

La sortie du film est en lui-même un exploit. Le budget minimaliste (450 000 euros contre 60 millions d’euros pour le dernier Astérix) ne permet guère d’extravagances. Qu’importe, il est fidèle à lui-même. La symbolique est forte. Le décor épuré. Une usine désaffectée. Comme un air de désindustrialisation. Voilà pour l’économie réelle. Passons au monde virtuel.


L’action débute avec les soucis d’un banquier qui doit faire face à une forte perte financière. Lordon s’en donne à cœur joie dans sa caricature de l’opacité et de la complexité des produits financiers qui échappent à la maîtrise même des banquiers. Le cynisme et l’appât du gain du monde de la finance est mis en avant. Les dommages causés à l’économie réelle importent peu à partir du moment où une forte rentabilité des placements est atteinte. La logique financière devient folle. Il s’agit d’accroître son profit à n’importe quel prix.


Face à la perspective de voir ce système s’écrouler, les financiers sont prêts à tout. La méthode la plus efficace reste celle du bouc-émissaire, qui évite la remise en cause du système. Le trader, qui est le produit par excellence du capitalisme financier, endossera ce rôle avec l’appui de médias aux ordres.


Mais si le renvoi de la faute sur le trader permet à la finance de s’exonérer de ses fautes, cela ne lui permet pas pour autant de sortir la tête de l’eau. Ce rôle sera tenu par cette structure « obsolète » qu’est l’Etat. La manipulation se trouvera d’autant plus aisée que l’Etat est représenté par le sosie de Nicolas Sarkozy. Il suffira de deux ou trois flatteries pour que ce dernier, avec l’aide de la Banque Centrale, renfloue les banques sans contrepartie. Le « too big to fail » a encore fonctionné.

Ce passage est certainement l’un des plus savoureux du film, lorsque les banquiers convainquent le Président de la République de ne pas réglementer la finance, puisque la moralisation sera largement suffisante. Il est vrai que lorsque l’on repense à cet épisode, on se demande comment le gouvernement n’a pas réalisé que la déréglementation financière était à l’origine des crises financières et surtout comment il a pu accepter de consentir de tels efforts financiers sans demander aucune contrepartie. Il faut vraiment être un fervent supporter de l’idéologie néo-libérale...


La suite est prévisible. Les banques, aussitôt renflouées, se mettent à la recherche de nouveaux profits et spéculent sur la dette des Etats, désormais affaiblis. Le Président de la République, qui vient de congédier son conseiller qui lui disait la vérité, se retrouve confronté au discours de son remplaçant qui lui explique la même chose de manière plus habile.

 

La scène finale est apocalyptique puisque le Président de la République reste caché dans sa tour d’ivoire pendant que le Premier Ministre n’a que le mot austérité à la bouche. Le nouveau conseiller leur explique la situation telle qu’elle est. Le peuple se soulève car il ne supporte plus les injustices qui lui sont faites. On ne sacrifie pas le peuple pour sauvegarder l’intérêt de quelques privilégiés irresponsables coupés de l’économie réelle. Le message est clair même s’il est joliment agrémenté de vers en alexandrins.

 

Avant de conclure cet article et de remercier Gérard Mordillat et Frédéric Lordon pour leur travail, je suis contraint de me désespérer de la faiblesse de l’analyse de la presse « boboïsante ». Mention spéciale au Monde et à Noémie Luciani, qui parviennent à dénoncer la vacuité du discours du film, ainsi qu’à Pierre Murat et Télérama qui se lassent des vers de Lordon après s’en être amusés dans un premier temps. Vous avez dit : « donner de la confiture aux cochons » ? 

 

 

 

Theux

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Commentaires : 20
  • #1

    Guadet (jeudi, 31 janvier 2013 15:29)

    Merci, on ira voir.

    Pour les bobos vous gardez des illusions je vois …

  • #2

    why (jeudi, 31 janvier 2013 17:07)

    j'aime pas la publicité dans les commentaires des quotidiens.

  • #3

    FlikeFrog (vendredi, 01 février 2013 01:18)

    Donc quand les banques implosent c'est la faute des banquiers et il faut reformer le système.

    Et quand l'Etat est en situation de quasi-défaut après s'être endetté à 120% du PIB ça reste la faute des banques, même si en l'occurence la crise d'Etats comme l'Italie et la Grêce ne repose pas sur une bulle immobilière ayant affaiblie les banques locales.

    2 poids, 2 mesures.

    La faiblesse de l'analyse de Lordon d'ignorer le role de l'Etat dans l'avénement de la bulle immobilière aux US et de prétendre que les Etats sont de meilleurs gestionnaires par principe.

    L'ouvrage Fault Lines de Raghuram Rajan offre une lecture beaucoup plus fouillée et contrastée de la crise que Jusqu’à quand ? de Lordon (malgré l'effort d'analyse indéniable de ce dernier ouvrage). Je vous le recommande.

  • #4

    Jacques Bolo (vendredi, 01 février 2013 10:54)

    Aie. Quand je lis le mot "peuple", je me méfie.

  • #5

    diojaime (vendredi, 01 février 2013 15:50)

    et c'est qui qui a refinancé les banques sans contrepartie lorsqu'elles étaient en difficulté????
    et c'est qui qui a emprunté aux banques en leur cédant des intérêts non négligables depuis 1973????
    le Pape peut-être??

  • #6

    diojaime (vendredi, 01 février 2013 16:07)

    après on s'étonne que l'état soit rinçé!!
    et on dit qu'il est le plus mauvais des gestionnaires!!
    mais de qui se moque t'on??

  • #7

    Horror (vendredi, 01 février 2013 16:27)

    Flikefrog a tout à fait raison. Certes les banquiers ne sont pas des anges mais ils ne sont que les dealers d'Etats accros à la dépense Publique. Ils ne les forcent pas, ils les approvisionnent. Les responsables premiers sont donc bien les Etats qui ont des conduites budgétaires irresponsables depuis plus de 30 ans.

    @ Diojaime le militant de base "et c'est qui qui..?"
    Au lieu de répéter des âneries que tu entends dans les bureaux d'analphabètes économiques syndicaux, renseigne toi.
    La France a prêté à taux usuraire aux banques qui se sont dépêchées de rembourser, une fois leur pb de tréso résorbé, intérêts compris. L'Etat empochant au passage quelque 400 M€, ce qui était l'affaire de 2008.
    Quand on a choisi l'Europe et la monnaie commune, on a accepté dans un esprit de responsabilisation et de stabilité que chaque Etat paye le juste prix de son risque de crédit. Sans cela, les Etat cigales du Sud dont nous faisons parti seraient bien plus endettés aujourd'hui qu'ils ne le sont. Mais encore faut il connaitre un peu l'histoire et l'économie, pas juste beugler de faux slogans.

  • #8

    FlikeFrog (samedi, 02 février 2013 20:10)

    @ Diojaime,

    Vous avez le noms des banques qui ont été renflouées par la Grêce, l'Italie ou le Portugal, les montants en cause et les taux exigés par l'Etat? Vous avez comparé les sommes en question avec le niveau de dette publique pour ces pays dans les années précédant la crise et l'évolution de leurs déficits?

    Ou est-ce juste que vous partez du principe qu'un Etat ne peux pas être mauvais gestionnaire par définition et que les banques sont forcément responsables?

    Quand aux intérêts versés par ces Etats, les dettes souveraines des pays européens ont bénéficié, hors temps de crise, de taux très attractifs. Trop attractifs même dans la foulée de l'Euro, créant ainsi une incitation à l'endettement.

    Vu la profondeur de votre analyse on peut craindre que votre fameux projet de Démocratie populaire n'aboutisse qu'à transformer l'assemblée législative en café du commerce.

  • #9

    maris (samedi, 02 février 2013 21:42)

    @FlikeFrog @Horror,
    Je ne vais pas discuter avec vous cela ne servirait à rien puisque vous êtes tous les 2 des porteurs du pardigme néo-libéral. Un tas d'économistes sont aux antipodes de ce que vous prétendez. Mais cela ne fait rien, pour signez et persistez. Faites gaffe, on pourrait ressortir la guillotine...?
    N'insultez pas les gens : cela ne fait que mettre plus en valeur votre incroyable vanité et votre insupportable suffisance !

  • #10

    FlikeFrog (dimanche, 03 février 2013 12:19)

    @Maris,

    Vos arguments économiques et factuels sur le fond du sujet seront les bienvenus si vous en avez.

    Je ne commenterai pas vos menaces physiques à peine voilées. De mon coté je suis ouvert au dialogue bien que probablement plus exigeant que vous ne l'êtes sur la qualité de l'analyse.

  • #11

    Guadet (lundi, 04 février 2013 10:59)

    J'ai vu le film : très bien ! M; Lordon a un vrai talent de dramaturge. La seule faiblesse est la fin : le peuple en deus ex machina ; on sort complètement du réalisme.
    J'ai fait mes études à l'Université à l'époque des derniers beaux jours du système soviétique, quand on se permettait d'en faire des analyses critiques très sérieuses, ce qui me permet d'affirmer que le système actuel en est très proche. Comme le nazisme, ce sont des systèmes qui tiennent moins par la coercition que par l'asservissement des esprits, ce qui permet d'éviter tout risque de soulèvement populaire efficace. La force du système actuel est qu'il tient à la fois du vieux capitalisme anglo-saxon et de l'internationalisme libertaire de gauche. En France comme dans tous (?) les autres pays d'Europe, l'alternance entre la gauche et la droite n'a fait que renforcer son emprise. Le prétendu "débat démocratique" n'est plus qu'un leurre : malgré leur discours, Jospin et Hollande font passer la politique économique et sociale de la droite, tandis que la droite, qui fait mine de s'opposer au mariage gay, oublie qu'elle a introduit le "gender" à l'école, ce qui est beaucoup plus grave. Le but est de détruire la civilisation démocratique européenne et de réduire l'homme à une marchandise, à une machine programmable à volonté, avec pour justification la fin ultime d'une paix universelle. Ca a toujours été la justification de tous les systèmes d'asservissement. La peur de la guerre et de la violence a toujours mené à la destruction de l'Homme lui-même.

  • #12

    diojaime (lundi, 04 février 2013 11:40)

    c'est incroyable comment vous niez l'évidence, vos banques se sont rammassées en 2008 suite à la crise des subprimes, preuve irréfutable de leur dysfonctionnement (des banques, notamment en France, ont racheté aux banques américaines, en contrepartie de très fortes commissions, des crédits devenus plus que dangereux) et vous les défendez en y impliquant l'état comme principal responsable.
    quelle mauvaise foi!!!!

  • #13

    bob (lundi, 04 février 2013 13:24)

    pour info

  • #14

    Hadi (lundi, 04 février 2013 21:39)

    @Horror @FlikeFrog,
    je pense que vous vous méprenez sur le discours de Lordon.
    Son analyse est structurelle, c’est une critique du cadre « néo libéral » qui a été mis en place.
    Si les banques implosent pour lui c’est justement à cause de ce cadre qui leur permet de faire n’importe quoi,et les populations en subissent les conséquences.
    Le papier le dit clairement, dénoncer des banquiers (kerviel,Madoff etc ..)c’est trouver des boucs émissaires tout fait pour ne pas remettre en question un cadre générateur de crise.
    Lordon n’a jamais nié que ce sont les politiques,les Etats si vous voulez qui sont les grand artisans de cette déréglementation financière et bancaire. D’ailleurs pour lui le PS est un grand artisan de cette déréglementation en france.
    Cette déréglementation est bien sur , le fruit d’une construction politique et juridique (même si cela peut vous paraître paradoxal) .Voir d’ailleurs ses critiques sur la construction Européenne.
    IL est bon quand même de rappeler que, certe il y avait des problèmes de dette en Europes ,mais qu’elles ont explosé depuis 2007. De 2007 à 2011 La dette de la France passe de 63.8% du pib en 85.8% du pib , celle du Portugal de 62.7 à 108% .La dette publique d’Irlande est multiplié par 4 et celle de l’Espagne pratiquement par 2.
    Effectivement, la crise des subprimes n’a pas eu de répercussion sur les économies !!
    Mais Horror vous allez nous expliquer que, bien sur !
    Ce sont tous des Etats Cigales du sud, dont les citoyens,devenu 2 fois plus fainéants, voyant la crise arriver ce sont tous rués sur les anxiolytiques et on cessé de travailler !
    On notera au passage que l’Irlande est maintenant une grosse cigale du sud,c’est vrai que selon votre point de vue les celtes sont en faite des cigales latines !

    (Horror, Excuse moi je vous caricature mais je pense que c’est de bonne guerre,car vous passer votre temps sur ce blog à le faire et à cultiver une polémique stérile ,du genre « militant de base » qui est forcément est un gros idiot,au passage vous usez du même genre rhétorique qui dit que les patrons sont tous pourris !!!)

    Maintenant pourquoi dire qu’il n’y a eut aucune contrepartie lors du sauvetage des banques en 2008.Oui les banques ont remboursé les Etats avec intérêt et oui il était vital que les Etats renflouent les banques !
    Manifestement vous ne pouvez ou ne voulez pas comprendre,que lorsque que nous disons aucune contrepartie cela ne veut pas dire simplement que les banques remboursent les Etats,mais qu’il faut aussi et surtout une réglementation financière pour que cela n’arrive pas encore, or il n’en n’est rien et c’est une pure infamie(sans parler non plus de la récession qu’on s’est taper à cause de cette crise).
    Lordon l’a parfaitement expliqué chez Taddei.,
    Comme vous les savez les banques sont les déposiataires de 2 biens publiques essentiel.
    Elles détiennent les encaissent monétaire de l’ensemble des citoyens et s’occupent de la gestion de moyen de paiements.(opératrices de comptes).La vie des citoyens leur est donc intrinsèquement liée et si nous les laissons aller à la faillite plus personne ne pourra retirer de l’argent ou payer par cheque et carte bleu.
    C’est justement pour ça que l’Etat est obligé d’intervenir et qu’on ne peut pas laisser la vie des concitoyens dépendre d’ intérêt privés d’une finance si mal éclairée.( Voyez comment les agence de notations avait noté triple A des subprimes).
    Nos vies dépendent des banques, nous sommes forcé d’intervenir si elles s’effondrent, et nous n’avons pas vu la moindre transformation du système bancaire ni de réglementation d’activité financière après la crise.
    Mais bon on va encore nous expliquer que les Etats on fait une belle affaire en 2008. !

  • #15

    Horror (mardi, 05 février 2013 10:58)

    C'est vous qui vous méprenez. Je ne suis pas là pour défendre la situation des banques qui sont par ailleurs aux USA complètement responsables de la crise des subprimes en ayant quasiment organisé et programmé la faillites de leurs emprunteurs mais c'est un long et autres sujets.
    Pour faire court les banquiers sont des pourris et on est d'accord.

    Je m'élève juste contre ce hoax majeur à Gauche qui voudrait que les banquiers sont responsables des crises et de la situation catastrophique des Etats. Ils le sont pour les subprimes (avec la bénédiction des politiques quand même) mais ce n'est que la goutte qui a fait débordé le vase et mis en évidence la vraie tragédie des dettes d'Etats.

    Hors ces dettes d'Etats n'ont pas été provoquées par les banques qui n'en sont pas responsables même si elles ont pu jeter de l'huile sur le feu. Les vrais pyromanes et responsables sont les Etats et donc les politiques depuis plus de 30 ans.

    Ce ne sont pas les banquiers qui sont venus faire de la retape chez les politiques, c'est l'inverse. Après ce sont aussi ces responsables politiques qui ont donné aux banquiers les moyens de se faire enfler à posteriori. Ce sont ces même irresponsables politiques locaux qui ont endetté jusqu'à la moelle certaines communes ou régions (sur des investissements au demeurant souvent très douteux que personne ne remet en cause d'ailleurs puisque c'est la faute des banques) en allant chercher et en acceptant des prêts ultra toxiques qui les plombent aujourd'hui. La responsabilité quand on est aux manettes, elle existe et la gestion de bon père de famille a souvent du bon. Encore faut il considérer ses électeurs comme de la famille pas juste des veaux destinés à propulser des carrières individuelles et personnelles sponsorisées largement par l'argent Public.

  • #16

    usurier666 (mercredi, 06 février 2013 14:24)

    Je suis certainement au bon endroit pour que quelqu'un puisse me répondre à cette interrogation. On peut parler de dette lorsque quelqu'un doit rembourser une certaine quantité de ressources à un préteur. La dette devient un problème lorsque le prêteur souffre du manque réellement induit par le prêt. Si ce n'est pas le cas, on pourrait dire que ce n'est pas un problème et que la dette n'est que le processus naturel de redistribution des richesses. Or quand on parle de dettes aussi faramineuses que celles des états, on peut se demander qui est le prêteur en attente. C'est à dire qui est vraiment dans la merde du fait de cette dette? Je ne vois pas bien... A part bien sûr les esclaves. Et si la dette, n'était que l'expression de la scandaleuse dette que l'occident a envers les pays exploités? La solution pour résoudre la dette serait dans ce cas, de simplement commencer à mettre un terme à l'esclavage.

  • #17

    FlikeFrog (vendredi, 08 février 2013 01:08)

    @Hadi - Merci pour votre réponse argumentée.

    Cependant je ne crois pas me méprendre sur le discours de Lordon.
    Je comprends bien que ce qu’il incrimine c’est la structure même du système plus que la morale de ses acteurs.

    Il n’en demeure pas moins que la crise européenne soulève à mon humble avis de nombreuses questions en ce qu’elle affecte des pays dont les systèmes financiers n’étaient en rien aussi sophistiqués que le système américain. Je ne pense pas (mais je veux bien qu’on me prouve le contraire) que le problème principal de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal était une financiarisation excessive de l’économie, ni que ces Etats aient figuré au premier rang des investisseurs de subprime.

    Et si leur dette a explosé entre 2007 et 2011 c’est en grande partie parce que la crise économique en entrainant une diminution de leurs recettes fiscales et une augmentation des dépenses publiques a creusé leur déficit budgétaire. En outre leur ratio dette/PIB a augmenté du fait de la stagnation voire du déclin du PIB (autour de 20% pour la Grêce fin 2012 si je ne me trompe pas).

    Par ailleurs lorsque l’on prône une forme de reprise en main du système par des acteurs publics (Etats, organes de régulation…) on doit s’interroger sur les failles et vertus de ces mêmes institutions, ce que Lordon ne fait en aucune manière dans son ouvrage. A cet égard je serais particulièrement intéressé par une analyse détaillée de certains systèmes/institutions ou le rôle de l’Etat est proéminent en tant que source de financement, gestionnaire ou principal édicteur de règles (logements sociaux, système de retraite, chômage, santé, fiscalité). A mon avis si ces systèmes n’explosent pas à la manière d’un système financier ils n’en restent pas moins soumis au risque d’un lent délitement qui à terme est tout aussi nocif pour l ‘économie.

  • #18

    FlikeFrog (vendredi, 08 février 2013 01:17)

    toujours @ Hadi et un peu @ Diojaime pour la rigolade

    Sur même thème je note également que la gestion des finances publiques diffère notablement d’un pays à l’autre et que ces différences se traduisent de manière évidente dans les répercussion qu’a eu la crise (si l’on ne veux pas prendre l’Allemagne comme référence ici on pourra tout aussi bien prendre les pays nordiques dont le niveau de dépense publique est très élevé mais qui ont profondément réformés leur fonctionnement depuis la crise qu’ils ont connue dans les années 90).

    Enfin je m’interroge sur le rôle des politiques publiques visant à favoriser l’accès à la propriété (et les multiples incitations introduites dans ce sens notamment fiscales) dans l’émergence des bulles immobilières qui ont enfanté la crise. Les banques, à mon avis, ont surfé sur une vague alimentée par ces politiques publiques combinées à une politique monétaire accommodante. En outre le laisser-faire des dirigeants politiques quant aux fonctionnement de la sphère financière qui a alimenté la crise reflète à mon avis beaucoup plus qu’une simple adhésion au credo neo-libéral. Les dirigeants étaient fondamentalement satisfaits des résultats, à savoir une augmentation du taux de propriétaires et une augmentation de la valeur des actifs immobiliers qui confère un sentiment de richesse à une grande partie de leur électorat.

    @Diojaime.
    Je viens de réaliser qu’il y a ironiquement un fond de vraisemblance dans vos péroraisons. Il semble que les actifs de la banque du Vatican qui s’élèvent à près de €6md soient essentiellement investis en titres souverains (cf lien ci-dessous). En d'autres termes pour répondre à la question précédemment soulevée le pape finance en partie les Etats.
    C’est quand même marrant non?

    http://www.bloomberg.com/news/2012-06-28/vatican-bank-committed-to-fight-against-money-laundering-1-.html

  • #19

    diojaime (vendredi, 08 février 2013)

    certes, un peu de rigolade n'a jamais fait de mal à personne.
    j'aurais voulu la faire celle là, que j'y serais pas parvenu...

  • #20

    Hadi (dimanche, 10 février 2013 18:41)

    @FlikeFrog vous dites "Par ailleurs lorsque l’on prône une forme de reprise en main du système par des acteurs publics (Etats, organes de régulation…) on doit s’interroger sur les failles et vertus de ces mêmes institutions, ce que Lordon ne fait en aucune manière dans son ouvrage"
    je vous conseille de lire cet article ,sauf si c'est déjà le cas: http://blog.mondediplo.net/2009-01-05-Pour-un-systeme-socialise-du-credit
    Si mes souvenirs sont bon,le début risque de vous agacer puisque Lordon critique les libéraux,mais vous verrez que son discours est plus nuancé que vous ne le pensez.
    Désolé pour cette réponse un peu lapidaire,mais mon travail,qui n'a pas grand chose à voir avec l’économie m'accorde seulement quelque interstice de temps libre,je reviendrais discuter ou vous offrir une réponse un peu plus étoffée si j'en ai le temps.
    Cordialement.