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10

févr.

2013

François Lenglet revient sur Terre … enfin presque !

Dans son nouvel ouvrage « Qui va payer la crise ? », dont l’analyse est relatée dans cet article de Boursorama, François Lenglet met fin à des années de coma. Il prend enfin conscience que le modèle néo-libéral n’a plus aucun avenir. Le retournement est spectaculaire pour le journaliste économique préféré des médias Français. Son courage est cependant à saluer. Nous le saluons même si le raisonnement n’est pas encore abouti. 

Afin de bâtir sa théorie, François Lenglet se base sur des constats. La faiblesse de la croissance sans équivalent depuis les années 30 ainsi que les niveaux inégalés de taux de chômage. La suite se déroule comme dans un rêve les néo-libéraux sont placés sur le banc des accusés, notamment Reagan et Thatcher, avant que le journaliste star de la présidentielle ne s’attaque à Milton Friedman et à ses thèses monétaristes. Il stigmatise notamment la « préparation » des esprits à ces thèses qui sont parvenues à se développer à cause de la crise du keynésianisme.

 

Les « baby-boomers » sont accusés d’avoir facilité le développement des thèses néo-libérales, qui s’accommodaient bien avec la jouissance sans entrave héritée de Mai 68. Cette analyse n’est qu’en partie vraie puisqu’en plein bouleversement néo-libéral, les Français portent au pouvoir en 1981 un homme avec un programme largement axé à gauche. L’erreur de cette génération est plutôt de s’être laissée convaincre par la suite qu’il n’y avait pas d’alternative.

 

Ce sentiment sera bien sûr largement facilité par la chute du communisme qui semble illustrer cette démonstration. A la fin des années 80, les Français vont même se persuader que le néo-libéralisme va de pair avec la démocratie. La ficelle était grossière, mais les Français s’y sont laissés prendre. Ils entrent dans l’ère du capitalisme financier, du marché roi et des valeurs issus de la nouvelle économie. Tout est basé sur du vent ou plutôt sur des bulles qui s’auto-alimentent. Qu’importe les Français jouent au casino. Evidemment ces bulles sont savamment entretenus par des Banques Centrales qui sont devenues indépendantes.

L’analyse de François Lenglet devient particulièrement pertinente lorsqu’il s’inspire des théories de Jacques Sapir pour dénoncer les méfaits de l’euro. L’impossibilité pour la BCE de s’adapter à des économies divergentes est expliquée.

 

Pour sortir de la crise, François Lenglet ne distingue que trois solutions : la croissance, l’inflation ou le défaut. Dans la situation actuelle, il ne croit pas aux deux premières, la troisième s’imposerait donc. Nous en revenons à des théories proches de Stiglitz ou Krugman. Pourtant il semble qu’il ne faille pas s’intéresser au défaut en lui-même mais plus sûrement aux conditions de réalisation de ce dernier. En d’autres termes, soigner la cause plus que le mal, faute de quoi ce dernier sera toujours appelé à réapparaître.

 

François Lenglet finit par opposer le rentier au travailleur, ce qui apparait être une excellente analyse. Malheureusement, il ne résiste pas à la tentation de glisser sur le terrain de la bataille générationnelle. C’est sans doute en partie vrai, puisque l’on sait que les « baby boomers » détiennent souvent d’importants patrimoines. Mais c’est également en partie faux, puisque tous les « baby boomers » sont loins de se trouver dans une telle situation. Pourquoi François Lenglet n’en est pas resté à l’opposition entre rentiers et travailleurs qui, elle, reste parfaitement pertinente ?

 

Cette analyse permet cependant d’expliquer pourquoi l’Allemagne reste aussi attachée au respect d’une inflation faible, qui risquerait de faire fondre les revenus de sa population vieillissante.

 

L’analyse de François Lenglet était intéressante. Dommage qu’il n’ait pas poursuivi son raisonnement pour aller sur le terrain de la lutte des classes au lieu de se contenter d’une lutte de générations qui apparait incomplète. Dommage aussi qu’il n'ait pas poursuivi plus loin ses propositions de réglementation d’une finance folle. Dommage surtout qu’il ne soit pas allé sur le terrain du protectionnisme et de la démondialisation qui semblent constituer les meilleures garanties du retour à une croissance durable et à une meilleure répartition des richesses.

 

François Lenglet semble donc en passe de revenir sur terre. C’est dire si la fin du néo-libéralisme est proche…

 

Theux

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Commentaires : 52
  • #1

    Horror (lundi, 11 février 2013 13:52)

    Déjà je ne vois pas comment lui ou vous pouvez écrire une énormité aussi grosse en écrivant sur "la faiblesse de la croissance sans équivalent depuis les années 30".
    En lissant les cycles de Kondratieff, on a une croissance mondiale annuelle moyenne du PIB en volume supérieure à 3%, alors que les siècles précédents n'avaient jamais vu plus de 1%. Je veux bien que le PIB ne dise pas tout, qu'il y a eu des crises en 29 et en 71 mais cela ne remet pas en cause cette formidable poussée.

    La lutte des classes qui vous permet d'exister n'est plus qu'une illusion en réalité et Lenglet à raison quand il parle d'inégalités intergénérationnelles.
    Ce sont les baby boomers qui ont tout croqué!

    Alors ils ne l'ont pas fait en pleine conscience mais ils ont bénéficié d'une série de conjonctions exceptionnelles.
    Ils ont bénéficié des 30 glorieuses avec une croissance moyenne >5%, ainsi que le plein emploi.
    Ils se sont considérablement enrichis par le double effet du développement du crédit et de l'inflation qui fait qu'ils ont pu se créer un capital à coût très faible.

    Enfin, profitant de cette conjoncture faste ils ont multiplié des systèmes Keynésiens qui ne fonctionnaient que dans leur époque faisant fi d'une démographie vieillissante et d'un retournement économique qui n'ont pas manqué d'arriver, rendant tout le système caduque.

    Ils sont aujourd'hui majoritairement à l'abri du besoin grâce à leur capital et au généreux système de retraite dont ils seront sans doute les derniers à bénéficier, les générations suivantes payant pour eux.

    Générations qui ne connaissent plus le plein emploi, pour lesquelles l'accès au crédit et à la propriété est très faible, qui sont ponctionnés bien plus que leurs aînés sans pouvoir espérer de retour sur invest.

    Ce ne sont donc pas des patrons (de plus en plus pauvres) qui exploitent des ouvriers mais bien une génération qui a fait main basse sur les richesses des suivantes.

    Ils sont passés au travers des contrecoups négatifs des hausses de coûts massifs qu'ils ont générés entre inflation et Etat Providence, creusant ainsi la tombe des suivants. Ces coûts qui ont transféré la croissance de l'Ouest vers l'Est, nous laissent des dettes massives d'un système généreux non remis en cause et qui nous conduit à la banqueroute tout en accélérant la désindustrialisation et le chômage massif. Il n'y a aucune autre issue qu'une longue récession sauf à vouloir opérer une saignée de tous, que personne ne veut.

    Si vous avez des enfants et que vous les aimez, préparez les à aller voir ailleurs une herbe qui sera forcément plus verte. Ils n'ont pas à payer nos agapes.

  • #2

    diojaime (lundi, 11 février 2013 16:12)

    "inégalités intergénérationnelles", encore un terme de plus pour monter le peuple contre lui-même.
    et le top ten alors, qui monopolise 50% des richesses du pays, Lenglet a oublié d'en parler bien sûr...
    pour preuve, en m'appuyant sur l'analyse de l'observatoire des inégalités: "Les 10 % les plus fortunés disposent de près de la moitié de l’ensemble de la richesse du pays détenue par les ménages, les 50 % les moins fortunés en possèdent 7 %... L’inégalité des patrimoines est encore plus accentuée que celle des revenus : ce qui est logique car il s’agit de revenus accumulés dans le temps. Contrairement à une idée répandue, patrimoine et revenus vont globalement ensemble, même si, à catégorie sociale équivalente, le fait de posséder ou non son logement modifie le niveau de vie réel.

    Ces énormes inégalités sont à la source de la reproduction sociale de génération en génération, et pourtant, on continue de réduire l’impôt sur l’héritage, une pratique au final qui favorise la rente au détriment du travail...".
    c'est pas pour faire de la propagande antiriche, car je suis bien conscient que dans n'importe quel système il y en aura toujours, mais il faut avouer tout de même que lorsque la possession de 50% des richesses de la nation par une minorité avec tous les pouvoirs qu'elle confère (notament le pouvoir politique) ne peut être que néfaste pour le pays!!
    il ne s'agit pas de faire des riches des boucs émissaires (on ne va pas pleurer non plus sur leur sort actuel) mais de veiller à l'égalité du pouvoir politique.
    si nous avions été vigilant sur ce point nous n'aurions pas cet abîme entre les 10% les plus riches et les autres...
    le peuple doit garder le pouvoir politique.

  • #3

    LaurentL (lundi, 11 février 2013 18:08)

    Oui, le débat doit sûrement être situé entre les 10% de la population qui possèdent 50% de la richesse, et les plus de 65 ans qui capitalisent plus de 50% de la richesse en France... Par quel bout on le prend? Euh... Mais les deux!...

  • #4

    zorlk (lundi, 11 février 2013 18:09)

    "Dans n'importe quel système il y aura toujours des riches." Autrement dit : tout système possible (toute organisation de société) est inégalitaire par définition.
    =>Non.

    Dans la suite du commentaire #2 les propos reviennent à dire que les riches (l'élite) abusent un peu avec l'appropriation des ressources : il faut quand même en laisser un minimum aux autres (les inférieurs). Parce que c'est vrai qu'on a besoin d'eux pour produire les ressources primaires et exécuter les basses besognes. Et puis ils sont très nombreux, ils faut mieux pas trop les énerver.
    En fait, c'est un peu comme un troupeau de bétail quoi, il faut quand même le soigner un minimum pour en tirer les meilleurs bénéfices.

    C'est la vision du monde que tout le monde partage ça, mais sans la formuler explicitement. C'est pourquoi on est incapable de penser en dehors de ces clous. ("-Et si un chirurgien avait accès à la même quantité de ressources qu'un caissier vous vous rendez compte ?" "-oui plus personne ne voudrait faire d'études de médecine." "-haha c'est clair.")

  • #5

    Pierre Feuille Ciseaux (lundi, 11 février 2013 20:02)

    A votre avis combien de temps faudra t-il pour que les dirigeants fassent le même constat que F.Lenglet ?
    Parce que c'est pas le premier ,en l'espace d'un an et demi on a vu :
    -un Marc Fiorentino qui demandait une nationalisation temporaire des banques, histoire de remettre de l'ordre dans leurs pratiques
    -un Marc Touati qui nous annonçait la mort et l'ineptie de l'euro (d'ailleurs il a disparu)
    -un Daniel Cohen émettait une critique "sévère" à l'égard de l'homo économicus
    -un Alain Minc qui redécouvrait l'existence des Nations
    -un Jean Claude Trichet qui faisait marcher la planche à billet pour le bohneur des banques tout en foulant au passage les statuts de la BCE
    Sans oublier les Krugman et Stiglitz qui , même s'ils sont beaucoup écoutés aujourd'hui chez les alternatifs, ont malgré tout participé à la construction de la machine infernale et à sa promotion.

    Evidemment aucun ne remet profondément le fonctionnement du système en cause mais les chiens de garde semblement avoir perdu leur certitudes !
    Et ils doutent ...c'est marrant parce que ça se lit parfois sur leurs visages.
    Theux se demande pourquoi ils n'échangent pas leurs anciennes croyances pour en adopter de nouvelles ?C'est une bonne question !
    Pourtant l'échange est à la base de leur pensée économique , voire pensée tout court...et puis ça coûte rien une idée nouvelle.
    Et s'ils connaissaient pas l'économie hétérodoxe ?Parfois les choses les plus inexplicables sont aussi les plus simples.

  • #6

    Pierre Feuille Ciseaux (lundi, 11 février 2013 20:26)

    @diojaime
    Dans le fond tu n'as pas tort mais le comportement électoral des séniors donne raison à Lenglet ,même s'ils n'appartiennent pas tous aux 10% la majorité continue de voter pour les partis qui leur assureront le maintien de leur train de vie ...
    Quand les plus jeunes trimeront de leur coté ,comme l'a expliqué Horror avec son exemple du foncier.
    A qui les jeunes louent-ils leurs appartements aujourd'hui ?Pas aux quinquats ni aux quadras.

  • #7

    diojaime (lundi, 11 février 2013 20:33)

    certes, l'égalité parfaite entre citoyens ne peut que rester qu'une vue de l'esprit, et la vie au quotidien se charge malheureusement de nous le rappeler (beauté, intelligence, santé, chance, amour, et j'en passe...) il en est de même pour l'argent. voici une petite anecdote démonstrative:
    supposons que tous les citoyens bénéficient du même revenu, à priori tout semble équitable? du moins au début, mais il suffit que quelques uns gèrent mieux leur budget ou soient plus économes ou plus avares pour que l'équilibre égalitaire bascule.
    par conséquent s'il est impossible d'atteindre une égalité financière durable entre citoyens, nous pouvons alors, grâce à une répartition du pouvoir politique entre tous réduire les inégalités inévitables.
    en outre dans une vraie démocratie il n'y a pas de citoyens inférieurs ou supérieurs puisque par définition les idées des uns valent celles des autres.
    les riches y ont les mêmes droits et devoirs que les autres citoyens, mais n'ont aucune prise directe sur l'ensemble de la population et ne peuvent s'enrichir à l'infini.l'intérêt général est au coeur de l'organisation avec tout ses contrôles et garde fou

  • #8

    diojaime (lundi, 11 février 2013 20:58)

    @Pierre Feuille Ciseaux
    effectivement, avant que la mentalité individualiste de certaines franges de l'électorat disparaisse de l'eau va couler sous les ponts...

  • #9

    LaurentL (lundi, 11 février 2013 21:10)

    Beaucoup d'explications "scientifiques" mais peu de "vivre ensemble" dans le fond...

  • #10

    diojaime (lundi, 11 février 2013 22:23)

    LaurentL, vous semblez démoralisé...
    je peux paraître naïf et utopiste, mais que peut-on faire d'autre? si ce n'est se projeter dans l'avenir.

  • #11

    LaurentL (mardi, 12 février 2013 00:38)

    Non, diojaime, pas démoralisé, plutôt intéressé que de plus en plus de journalistes, d'économistes et des gens influant réellement sur le cours des choses, changent de doxa. Après, je ne vois pas ce qu'apporterait la sortie de l'euro, puisque c'est le point de vue que Lenglet semble privilégier entre la croissance, l'inflation et le défaut. Avec le défaut, je ne vois pas en quoi la situation aura fondamentalement changé entre dévaluer le franc après la sortie de l’euro de 30% ou de baisser les salaires de 30% en restant dans ce même euro… J’attends des explications sur ce sujet…

    Un constat, la France a plus de 11 000M€ d'épargne et est face à bientôt 2 000 de dettes de l'Etat et collectivités locales. Idée bête, raison d’Etat oblige pour ceux qui voient les valeurs françaises et le paquebot France lentement sombrer (quitte à faire dans le tragique), les plus fortunés ne pourraient-ils pas, par exemple, investir dans la recherche et la ré-industrialisation entre autre, un investissement « pour l’avenir » obligatoire, 4% de la fortune de contribution au redressement productif, -pas volés comme je l’entends déjà voler chez les sceptiques-, pour les plus riches 5 années consécutives, ou 2 pendant 10, (avec les intérêts du reste de la fortune, presque une paille, 5 ou 10ans de stabilité relative, quelle affaire…)? Ca leur rapporterait en intérêts (l’argent bloqué, ils le laisseront à leurs petits-enfants, hein...), l’histoire dirait a posteriori que le système français de redistribution qu’on a laissé mourir en perfusant le malade à petit feu par la dette d’Etat, a fait l’objet d’une « rétro-contribution » sur les dettes laissées aux jeunes générations. C’est idiot comme solution ? Dans un monde en plein bouleversements, désenchanté, voila une passerelle de communication entre générations, est-ce qu’elle est équitable ?

    D'un autre côté, avec 10,x% de chômeurs (dans cette catégorie qui s’avance masquée pour ne pas dire qu'il y a 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues...), un peu d'investissement des vieux (sans être péjoratif) serait le bienvenu. Ça ferait pas de mal, plutôt que d'investir dans le livret A ou autres produits financiers à 5% les bonnes années, s'ils pensaient à investir pour les générations futures (pour rappel, 50% de l'épargne est possédée par les plus de 65ans). Ou alors ils ont envie de finir avec les idées noires dans l’ambiance d’une catastrophe écologique et climatique annoncée? C’est assez amusant de voir mourir un pays riche, pas trop longtemps quand même…

    A côté de ça, tout le monde passe à la semaine de 4 jours, question de réalisme devant l’augmentation de la productivité, sauf que le cinquième est utilisé à développer des projets libres dans chaque société commerciale, Google le fait et pour le plus grand bonheur de ses employés, c’est débile ? Projets financés avec l’argent des 3èmes et 4èmes générations (et quelques autres catégories dans le jeu des richesses d’ailleurs…), allez 50% pour ça et la formation, 50% pour rembourser la dette, combien de temps pour remettre le pays à flot ?

    Difficile pour moi d’appréhender qu’on veuille casser l’euro, ça sert qui au fait ? Les Européens, les Anglais (à part, De Gaulle les connaissaient bien et avait ses raisons pour refuser leur adhésion à la CEE) ou les Américains ? Dette pour dette, l’Europe n’est pas la plus mal placée, ce serait même, pour qui veut conjecturer, un moindre mal que les Etats-Unis fassent défaut avant les européens, on pas quand même mettre un pied à terre devant eux alors qu’ils sont devant la Chambre des Sénateurs ( ?) tous les trois mois pour augmenter leur plafond de dettes?...

    Bref… La croissance comme choix… Tbc un autre jour, l’heure d’aller se coucher pour travailler plus demain…

  • #12

    FlikeFrog (mardi, 12 février 2013 07:32)

    @LaurentL

    Je suis assez intéressé par votre statistique sur le patrimoine des plus de 65 ans (selon laquelle ils disposent de plus de 50% des richesses). Ca vient d'ou comme statistique?
    Sachant que ces seniors représentent environ 16/17% de la population si votre chiffre est correct la césure est presque aussi marqué que pour le top 10%.

    Tiens quelqu'un sait ou trouver l'évolution du ratio entre le patrimoine des plus de 65 ans et le reste de la population sur une durée longue?

    Sur le thème des inégalités Diojaime et puisque vous citez les chiffres de l'Observatoire du même nom, est-on d'accord pour dire que les inégalités de revenus ont diminuées massivement jusqu'au milieu des années 75 puis se sont stabilisées jusqu'aux années 2000? Et que la hausse des inégalités de revenus constatée au cours des 10 dernières années est visible mais à l'échelle de l'évolution de cet indicateur au cours du siècle somme toute modeste (on reste grosso modo dans la même bande depuis les années 70, même si on est actuellement dans le haut de cette bande)?

    Je me base ici sur l'évolution du rapport interdécile presenté sur le site de l'Observatoire et les données de Thomas Piketty pour les années antérieures a 1970.

    Et toujours sur ce même thème que la France est à cet égards parmi les plus égalitaire de l'OCDE (sur la base du coefficient Gini)?

    A défaut de se mettre d'accord sur une vision économique et sociale on peut peut-être lire une stat de la même manière.

  • #13

    JFF (mardi, 12 février 2013 10:22)

    A lire !!!!!

  • #14

    diojaime (mardi, 12 février 2013 11:44)

    @FlikeFrog
    vous semblez trés fort pour décortiquer les stats sur de longues périodes, contrairement à moi qui me cantonne qu'aux chiffres actuels. mais n'est ce pas la répartition des richesses actuelle qu'il convient de prioriser et non pas celles passé?
    si j'ai bien compris la france est scindé en deux, 50% de la population détient 7% du patrimoine national et l'autre moitié se gave en détenant les 93% restants sans parler du top 10 qui en prend 50% sur les 93 à lui tout seul.
    le problème est de taille n'est ce pas?
    quelle solution proposez-vous?

  • #15

    LaurentL (mardi, 12 février 2013 20:32)

    @FlikeFrog : pour la stat sur le patrimoine des plus de 60ans (et pas 65...), je l'ai lue sur le site de l'Insee. Globalement pas difficile à comprendre étant donné qu'ils ont eu plus de temps pour épargner (en moyenne 10 à 15% des revenus ces 40 dernières années, stat toujours de l'Insee).
    Voilà le lien pour la stat sur le patrimoine par tranche d'âge :
    http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/ECOFRA12d_D2_patr.pdf

  • #16

    Crapaud Rouge (mardi, 12 février 2013 23:10)

    @Horror #1 : "contrecoups négatifs des hausses de coûts massifs qu'ils ont générés entre inflation et Etat Providence" : mais c'est du néolibéralisme tout craché vot' truc ! Et les transferts de richesses du travail vers le capital, vous en faites quoi ?

    "les baby boomers qui ont tout croqué" !!! Quelle sinistre blague ! Lamentable !!!

  • #17

    Horror (jeudi, 14 février 2013 00:42)

    Vous faites collectivement fausse route en vous focalisant sur une impasse.
    Le problème et la solution ne sont pas dans l assiette du voisin qui serait plus remplie que celle du voisin. Même si vous équilibrez les portions, le problème restera le même au prochain repas, sachant qu en plus ceux qui ont des assiettes remplies changeront de table.

    La répartition des richesses en France par décile de revenu (c est comme ca que l on regarde en economie pas a coup de 50/50) n a jamais été aussi équitable qu aujourd'hui. Il y a 1 siècle elle était bien plus inéquitable.

    La solution n est pas de partager un gâteau qui va se réduire comme peau de chagrin, mais de faire en sorte de faire grossir le gâteau, en mettant des conditions favorables a la création de valeur par la croissance.
    Hors la crise largement accentuée par la folie politicienne demago et l incompétence de ce gvt nous mettent dans la situation la plus défavorable pour tous, sauf les riches qui iront facilement voir ailleurs.il ne restera que les pauvres et les classes moyennes qui le deviendront également.

    La seule solution est que cet État pantagruélique réduise sa ponction sur la richesse nationale, plus de 56% a venir en 2013 (46% pour les allemands). Ca ressemble plus a un Etat communiste qu a un Etat ultra liberal sous l angle des statistiques. Le vrai scandale n est pas incarne par les riches qui eux créent directement et indirectement de la valeur pour la Nation mais cette foultitude de politiques et autres parasites qui ponctionnent un max sur le dos de tous les français sans rien amener en retour. Ça vous n y croyez pas, ne voulez pas le voir, ni l analyser, vous contentant de regarder ceux qui sont montrés du doigt par ceux qui se gavent réellement sur notre dos, préservant ainsi leurs intérêts particuliers.

    Pendant ce temps, la richesse décroît, le chômage augmente, les revenus nets fondent, les possédants, les entreprises, leurs cadres et les investisseurs se délocalisent. Continuez votre combat stérile, il ne vous restera bientôt plus que vos yeux pour pleurer, et quand vous ferez votre révolution vous ne vous taperez plus que les uns sur les autres.
    D un autre côté, nous sommes encore tous des nantis au dessus de 10000 $ par an qui serait le revenu mondial moyen si on divisait toute la richesse de la planète par son nombre d habitants. Il y a de la marge si on veut pousser l égalitarisme jusqu au bout.

    PS : Crapaud Rouge, au moins tu ne trompes personne sur la marchandise.

  • #18

    LaurentL (jeudi, 14 février 2013 10:24)

    Horror, voici un article pour réfléchir au " vrai scandale n est pas incarne par les riches qui eux créent directement et indirectement de la valeur pour la Nation mais cette foultitude de politiques et autres parasites qui ponctionnent un max sur le dos de tous les français sans rien amener en retour : http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/02/13/paradis-fiscaux-la-france-doit-montrer-l-exemple_1831088_3232.html

    Oui, bien sûr que l'Etat, en particulier Français, doit être modernisé pour être efficace. Le phénomène de perte de recettes de l'Etat du fait de la délocalisation des recettes des entreprises et des plus fortunés ne doit pas non plus être mis de côté...

    "Les riches qui iront facilement voir ailleurs.il ne restera que les pauvres et les classes moyennes qui le deviendront également" : la question politique de taxation locale des revenus, là où ils sont réalisés, n'en est que plus évidente. Question éminemment écologique aussi, vous faites fausse route une fois de plus, à rester dans l'analyse des pratiques actuelles en négligeant la perspective du temps qui change.

  • #19

    Horror (jeudi, 14 février 2013 13:01)

    Dans la vie mieux vaut faire envie que pitié et c'est sur cette dernière voie que nous emmene à tombeau ouvert ce gvt.
    Toute action amenant une réaction au moins proportionnelle, il n'y a pas à s’étonner de l'accélération du transfert des richesses de notre pays vers ailleurs. Les attaques répétées, la déconsidération, la stigmatisation, les insultes, la taxation outrancière... envers tous les riches, tous les créateurs de richesse, tous les entrepreneurs en puissance... seuls capables de générer de la croissance et de l'emploi font que les riches s'en vont, que les boites délocalisent tout ou partie de leurs activités, les entrepreneurs n'entreprennent pas ou vont le faire ailleurs. Idem pour les investisseurs étrangers. Tous les warning concernant l'activité économique sont au rouge vif sans même un espoir lointain.
    Hollande qui a tout misé sur une reprise mondiale pour repartir dès 2014 risque d'être bien dépourvu, car ce sera le désert.

    Oui les réformes structurelles de l'Etat sont nécessaires. Ce gvt, étant de Gauche, dans la situation actuelle avait les meilleures chances de le faire. Par avidité personnelle, incompétence et manque de courage, ils n'ont rien fait et ne feront rien. Il suffit de voir
    le feuilleton ridicule du cumul des mandats qui n'est que la pointe de l'iceberg.
    C'est au politique de montrer l'exemple avant de vouloir faire la leçon, et ils se sont bien préservés leurs petits intérêts de caste.

    Illusoire encore l'article donné car les pays sont également tous en compétition. Ce n'est que de la démago politico politicienne de dimension interne qui n'accouchera de rien, et Cameron et d'autres continueront à dérouler le tapis rouge à nos émigrés fortunés.

    Mener une chasse aux sorcières ne mènera à rien. On récupérera peut être quelques milliards mais on en perdra des dizaines. D'autant qu'en matière fiscale, les conseillers fiscaux, les avocats, les experts comptables ont toujours un coup d'avance pour préserver légalement les intérêts de leurs clients.
    Quant à l'illusion de croire que l'on pourra taxer tout bénéfice réalisé sur le territoire, on se berce. Comptablement il n'y a rien de plus simple et d'invérifiable que les cessions inter filiales, sport de haut niveau que pratiquent les multinationales depuis toujours.
    Encore une fois mieux vaut faire envie, ce que ne fait pas ce gvt, perdant toutes les batailles sur le front économique au niveau local et international.

    La mondialisation est là et vous ne pourrez rien y changer, sauf à vouloir "barbeler" notre village Gaulois façon Corée du Nord. Dans ce cas là, il faut suivre la politique du FN qui a le meilleur plan pour cette voie illusoire.

  • #20

    LaurentL (jeudi, 14 février 2013 13:27)

    Constat négatif au demeurant, mais la nature, fut-elle économico-financière, avance à petits pas, de proche en proche. On ne va pas épiloguer autour du même sujet 107ans, d'autant que je l'ai déjà senti au fur et à mesure des commentaires dans d'autres articles du blog... Entre "barbeler" et "réguler", un autre monde est en train d'émerger, bien que vous ne puissiez pas l'appréhender car votre discours est systématiquement radicalisé.

  • #21

    diojaime (jeudi, 14 février 2013 14:24)

    comme l'indique LaurentL le monde est en train de changer et le néolibéralisme défendu désespérément par ses partisans va s'éteindre tout doucement (en espérant plus vite!!) comme la plupart des doctrines maximaliste passé.

  • #22

    Horror (jeudi, 14 février 2013 17:35)

    Vous me mettez l'eau à la bouche tous les 2!
    Il y aurait un NWO secret (mais dites nous en plus vu que vous semblez élus) qui se mettrait en place à l'insu des néo libéraux et qui va les noyer dans un grand raz de marée, type Déluge?
    Et c'est pour quand?
    Car pour l'instant, la richesse fuit la France comme du sable entre les doigts. Le chômage explose, le pouvoir d'achat va reculer comme jamais, les créations d'entreprises ne seront bientôt plus qu'un souvenir, on fera des lotos pour les nouveaux postes à pourvoir....
    Mon discours n'est que présent et pragmatique.
    Le votre est celui de néo bobos romantiques et blindés de thunes ou d'étudiants qui refont le Monde autour d'une chicha assaisonnée. Wake up boys! We are in deep shit, car la croissance mondiale tant attendue de 2014 ne sera pas là.
    La blague des 0.8% en 2013 enfin oubliée (si on fait 0% ce sera pas mal), il faut encore s'attaquer aux 2% de croissance dans leurs rêves prévus jusqu'à la fin du quinquennat. Les rentrées fiscales fantasmées sont surévaluées avec des charges sont déjà sous évaluées et elles vont exploser (chômage en tête). Il manque déjà des dizaines de milliards réels dans leur budget sur le papier. Et ce n'est que dans la configuration ou les taux ne changeront pas mais il ne faut pas rêver, ça se réveillera.

    Continuez à incanter pour un NWO ou pour l'arrivée d'ETs il n'y a que ça qui pourrait nous sauver. Le responsable ne sera pas le grand méchant néo libéralisme mais les guignolos que vous avez poussé sur la scène avec vos petits bras musclés.

  • #23

    LaurentL (jeudi, 14 février 2013 21:44)

    C'est sûr, les idées conservatrices ne construiront pas le monde de demain.
    Et pourtant, je pourrais l'être, conservateur, faisant partie des tranches supérieures d'imposition... Mais, comme vous dites, mon discours est présent et pragmatique. À la différence près que je vois bien que le futur ne se constituera pas dans la continuité du présent, ce qui est votre aveuglement. Car si l'on lit bien vos posts sur ce blog, il ne reste reste rien que la défense du présent sans perspective d'avenir. À bon entendeur, mais bon...

  • #24

    Horror (vendredi, 15 février 2013 10:35)

    J'avais une chance sur deux et j'ai donc gagné!
    Tu es donc à l'abri du besoin et manque sans doute un peu d'empathie pour te projeter dans un futur de science fiction (car vous ne représentez politiquement rien en France et encore moins aux échelles supérieures), alors que la seule préoccupation des français est aujourd'hui, voire 2013.

    Vouloir choisir le canapé du salon c'est bien joli mais inutile quand la maison brûle, ce qui est le cas aujourd'hui avec la France. Et ce gvt ne fait que jeter de l'huile sur le feu, pendant que vous ses alliés cocus pensez à un demain meilleur.

    Me traiter de vilain conservateur consiste sans doute comme tous tes amis d'extrême gauche à te défausser d'une réponse sur les faits exposés et d'être une fin de non recevoir puisque je ne le vaux pas à tes yeux.
    Après tout, je te comprends ce n'est pas facile, tu es un peu co responsable de la dégradation actuelle ultra rapide puisque tu as voté pour.

  • #25

    LaurentL (vendredi, 15 février 2013 11:15)

    Manquer d'empathie pour un psy, c'est sa mort professionnelle. Sur ce plan, je suis complètement rassuré, mes client(e)s reviennent tous.
    C'est comme traiter les gens de bobos, un terme facile pour stigmatiser, comme les extrêmes à droite les aiment bien. Suffit de regarder l'histoire et facile de s'apercevoir que si ce terme avait existé dans le passé, on pourrait dire maintenant que les bobos ont systématiquement participé aux grands changements idéologiques.
    Pour le constat du présent, faisons-le : la France n'a pas encore atteint le fond du gouffre, est-ce qu'il faudra la fin de ce quinquennat ou du suivant? Difficile de répondre, ensuite on passera à un nouveau paradigme. En tout cas, pas la peine d'en faire des tonnes comme toi (ça y est, on se tutoie?) pour dire la même chose systématiquement, c'est à dire critiquer de sans proposer, position confortable mais facile à démasquer.
    Quant à la coresponsabilité, dommage, je ne vote pas.

  • #26

    Guadet (vendredi, 15 février 2013 14:28)

    Je regrette la présence d'Horror qui cherche à ramener le débat à une lutte entre gauchistes et conservateurs, alors que ce blog s'annonçait comme l'occasion d'une analyse de la situation plus profonde et plus fine. J'aimerais que plus personne ne réponde à ses messages : ils ne sont qu'une provocation pour empêcher tout vrai échange constructif. Le procédé est assez courant aujourd'hui dans tous les domaines : pousser tout de suite les choses à l'extrême permet de court-circuiter d'emblée tout débat et d'assurer ainsi la domination totale d'une idéologie dans un système créé pourtant à l'origine pour la liberté de pensée.

  • #27

    Horror (vendredi, 15 février 2013 15:46)

    @ LaurentL
    Fidèle aux principes de base, on blablate sur la forme, jamais sur le fond?

    @ Guadet de la Police politique.
    Tant qu'à me dénommer puisque qu'il est vrai que l'intuitae personae il n'y que ça de vrai à Gauche, ça évite tout débat hors de la pensée du parti, j'aimerai autant libéral que conservateur. Est-ce que je vous traite de gaucho ou d'anar, non alors?
    Et puis peu importe ce que je suis ou pas, ce qui importe et que tu réclames c'est des idées, des faits, des analyses. Je vous en propose à longueurs de posts mais personne ne répond sur le fond, tout juste sur la forme.

    Par échange constructif entends tu des Oh et des Aaaah émerveillés de l'assemblée? Et on boycotte ceux qui ne sont pas dans la seule ligne idéologique acceptable? Dans ce cas là, ne faites pas un blog ouvert, faites des réunions de dames patronnesses le mercredi après midi dans une cave secrète d'un pavillon de banlieue à la bougie en refaisant le Monde cruel tout en mangeant des cupcakes.
    C'est ce que tu appelles la liberté de s'exprimer? Qui est le plus fasciste des 2?
    C'est pourtant si simple de démonter mes arguments (et j'en donne des pas toujours très bons) avec d'autres puisque j'ai tout faux, ou peut être pas alors?
    Avant de d'écrire que je fais dans l'extrême, dans l'idéologique, dans le court cicuitage, relis bien mon premier post et dis moi ou?

    Si tu es fidèle à toi même, tu ne me répondras pas (je t'aide un peu là).
    Je me contenterai pour le fun de prêcher dans votre désert pour sauver, ou au moins faire réfléchir, quelques brebis égarées sur votre liberté de pensée, surtout Unique, façon vote en AG.
    Salut camarade!

  • #28

    LaurentL (vendredi, 15 février 2013 15:58)

    @Horror
    La vacuité ne m'illusionne pas, adieu.

    @Guadet
    Pour éviter les parasites, pas rares sur internet comme vous le constatez aussi, le meilleur moyen est de modérer les commentaires, c'est le prix pour éviter la cacophonie de gens qui n'ont rien à dire et le font d'autant plus fort qu'ils le savent.

  • #29

    diojaime (vendredi, 15 février 2013 22:24)

    @Guadet et @LaurentL
    Horror est en effet un pollueur du blog.
    mais ses propos provocateurs, maximalistes et parfois même irrespectueux, sans amener d'idées constructive le conduisent malgré lui à se marginaliser et se discréditer.
    et comme vous l'indiquez, la meilleure façon est de modérer les commentaires à son encontre.

  • #30

    FlikeFrog (samedi, 16 février 2013 02:49)

    Eh ben, faut pas vous laisser seuls trop longtemps vous !

    @Diojaime

    Si le thème des inégalités vous tient à cœur le rapport de l’OCDE suivant devrait vous intéresser :
    http://www.oecd.org/fr/els/soc/toujoursplusdinegalitepourquoilesecartsderevenussecreusent.htm

    Il contient une flopée de stat. sur le sujet pour un grand nombre de pays et complète utilement les chiffres de l’Observatoire. Si, comme vous le soulignez, c’est la situation actuelle qui importe, l’évolution historique et les comparaisons internationales permettent néanmoins de mettre cette situation en perspective.

    Il est fascinant de constater que contrairement à la tendance constatée dans de nombreux autres pays, l’augmentation des inégalités en France sur les 40 dernières années est réellement modeste. Il est aussi intéressant de voir combien cela diffère de la perception d’une partie de l’opinion publique convaincue que les inégalités ont explosées en France.

    On pourra toujours se focaliser sur les 0.1% ou 0.01% les plus riches mais je suis pas sûr que ça soit pertinent malgré le bruit médiatique qui entoure cette catégorie. Je pense que ces 0.1% sont en grande partie des actionnaires ou dirigeants de multinationales qui tirent leurs profits d’activités localisées partout dans le monde et pourraient également vivre n’importe ou dans le monde. A l’échelle de la société française je pense que le fait marquant est précisément cette relative stabilité des inégalités sur une longue période.

    Analytiquement il me semble que c’est important parce qu’un des facteurs avancés pour expliquer la crise est justement l’explosion des inégalités qui est avérée pour de nombreux pays notamment anglo-saxon. Si je souscris à cette explication pour les US il est néanmoins troublant de constater que notre modèle français est tout autant en crise aujourd’hui que celui des pays plus inégalitaires. De la même manière les pays nordiques qui figuraient (et figurent toujours dans une large mesure) parmi les pays ‘’modèles’’ dans les années 70 et 80 ont été frappés d’une crise économique majeure au début des années 90.

    Donc pour en revenir à votre question sur les solutions que je propose, encore faudrait-il que nous nous accordions sur l’étendue du problème. Sur quel fondement doit-on considérer qu’il faut systématiquement tendre vers plus d’égalité ? Un argument économique ? moral/éthique ? social ?

  • #31

    FlikeFrog (samedi, 16 février 2013 02:50)

    suite...


    La crise française comme celle des pays nordiques des années 90 semble indiquer que l’égalité sociale n’est pas en soi un gage de stabilité/croissance économique. Donc je pense qu’on peut récuser l’argument économique. Il y a peut-être un niveau ou les inégalités deviennent nuisibles mais cela n’implique pas que plus d’égalité soit systématiquement positif économiquement.

    On pourrait prétendre que l’égalité est un facteur de cohésion sociale. C’est sans doute vrai dans certains pays (nordiques) mais force est de constater que la France est un parfait contre exemple. J’ai vraiment pas l’impression qu’on fasse preuve d’un degré de cohésion semblable à celui de l’Allemagne ou supérieur à celui de l’Angleterre ou des US. Bien au contraire, les relents de lutte des classes qui émanent de ce blog en sont la preuve.

    Enfin d’un point de vue éthique il est complètement arbitraire d’évaluer l’égalité à l’échelle d’un pays plutôt qu’à une échelle plus large. Or de facto on se rend bien compte que de nombreux Français se fichent bien du sort de ceux qui vivent à des milliers de km d’eux. Sinon on protesterait contre les conditions de travail en Chine (et donc on ne consommerait pas chinois) plutôt que contre les délocalisations. Par contre d’un point de vue égoïste il est parfaitement logique à la fois de consommer chinois (ça maximise le pouvoir d’achat) et de protester contres les délocalisations (qui diminuent le pouvoir d’achat). Le fondement éthique est peut-être valide en théorie mais en pratique il est tout à fait théorique !

    Mais je ne doute pas que vous saurez me trouvez les arguments qui plaident en faveur d’une société égalitaire. Par contre par pitié, malgré votre admiration pour les Grecs anciens, épargnez moi l’argument d’autorité faisant référence à un mec en slip en 500 avant JC.

  • #32

    diojaime (dimanche, 17 février 2013 15:12)

    Le constat de l’OCDE est accablant, nous assistons bien à des régressions sociales
    Au niveau mondial .
    Le Secrétaire général de l’OCDE, a déclaré : « Le contrat social commence à se lézarder dans de nombreux pays. Cette étude balaie l’hypothèse qui voudrait que les bienfaits de la croissance économique se répercutent automatiquement sur les catégories défavorisées et qu’un surcroît d’inégalité stimule la mobilité sociale. Sans stratégie exhaustive de croissance solidaire, le creusement des inégalités se poursuivra ».
    Que vous faut-il de plus pour en être convaincu ??
    Il s’agit bien du manquement des états en terme de fiscalité (afin que les plus nantis assument une part équitable de la charge fiscale) mais aussi le resserrement des critères d’octroi de la protection sociale qui sont principalement les causes de ces dégradations.
    Quand vous dites « cela n’implique pas que plus d’égalité soit systématiquement positif économiquement. »
    Vous pensez réellement qu’en poursuivant la déflation salariale que l’on connaît, et la non redistribution des richesses sur les 50% les plus défavorisés, nous irons vers une croissance plus que positive ??
    Au contraire, Nous nous privons bien d’au moins 30millions de bons consommateurs avec votre conception , surtout dans un système économique basé principalement sur la consommation (principe à reconsidérer d’ailleurs, au vu des dégâts écologiques planétaires qu’il occasionne.)
    Ne croyez-vous pas ??
    En ce qui concerne le moral /éthique et le social, croyez-vous que l’appauvrissement mondial se creusera sans guerres, soulèvements ou révolutions…… ???
    Quand vous dites «J’ai vraiment pas l’impression qu’on fasse preuve d’un degré de cohésion semblable à celui de l’Allemagne ou supérieur à celui de l’Angleterre ou des US. Bien au contraire, les relents de lutte des classes qui émanent de ce blog en sont la preuve. »
    c’est bien cette capacité de contestation, face aux injustices sociales, qui nous caractérise (français),
    qui grâce à elle, si elle s’intensifie, nous permettra peut-être de sortir du pétrin dans lequel nous a mis le sacro-saint néolibéralisme !!
    vous vous plaisez à ridiculiser nos ancêtres ,certes, les absents ont toujours tort dit-on…
    toujours pas de solutions de votre part…
    en fait on a compris…
    pourvu que ça roule pour vous…le reste…

  • #33

    FlikeFrog (lundi, 18 février 2013 02:37)

    On va tacher de rester dans le champ de l'analytique et éviter les discours moralisateurs gratuits. Comme je vous l'ai déjà signalé je pourrais tout autant que vous me redorer la conscience avec trois quatre lignes suintantes d'humanisme. C’est gratos pour moi aussi. Comme vous le dites si bien nous avons conservé en France une grande capacité d'indignation face à l'injustice. Alors soit y’a un paquet d’hypocrites, soit il y a un mec qu’à quelques centaines de millions de tonnes de fringues et de produits fabriqués en Chine et au Bangladesh par des employés payés une misère dans son placard. Ce type là je ne l’ai jamais vu au supermarché alors je vais retenir la première hypothèse. J’ai du respect pour l’éthique qu’on pratique, je n’ai que du mépris pour celle qu’on porte en bandoulière.

    De toute évidence ça n’est pas la seule différence qui nous oppose.

    Vous voyez 30 millions de consommateurs potentiels en France, de mon coté j’en ajoute quelques milliards à l’échelle mondiale et je constate que la croissance de la consommation des ménages chinois progresse de manière exponentielle :
    http://www.tradingeconomics.com/china/consumer-spending

    La démarche analytique que vous appliquez aux problématiques socio-économiques est quasi inexistante tant elle est anecdotique, simpliste, lacunaire. Cependant cela ne vous empêche nullement de vous ruer sur des conclusions à la fois extrêmes et catégoriques qui demeurent d’ailleurs invariantes quelque soit les données que vous observez.

    Ainsi vous n’établissez aucune corrélation entre égalité et croissance. La résistance à la crise des pays nordiques ou les inégalités n’ont fait qu’augmenter depuis les réformes des années 90 ne vous interroge aucunement. La montée des inégalités dans les pays émergents et à forte croissance non plus. En fait il ne vous est probablement même pas venu à l’esprit que si une portion de la population seulement accède à la prospérité par le biais d’échange commerciaux ou encore d’une augmentation de la productivité, l’inégalité augmente mécaniquement. En outre le fait que les conflits les plus meurtriers se soient multipliés avant l’émergence du néo-libéralisme ne vous interroge pas non plus.

    Vous jugez le système libéral à l’aune d’une utopie virtuelle qui n’a aucune attache avec la réalité. Ceux qui nous gouvernent savent que c’est souvent entre deux maux qu’ils ont à choisir et non pas entre inégalité et le monde parfait dont Gérard nous a esquissé les contours l’autre soir au café philo en compagnie de penseurs du dimanche. De mon coté j’essaie de comprendre les mérites respectifs des systèmes que nous observons de par le monde avant d’extrapoler sur les évolutions souhaitables. Et de ce point de vue je peine à comprendre en quoi le système des pays qui s’inspirent ou se sont inspirés de votre approche anti-libérale est supérieur à celle des pays libéraux. Ca ne m’empêche pas de constater les failles de ces mêmes systèmes libéraux mais entre procéder à l’ajustement de ces systèmes et vos préconisations il y a un écart majeur.

    Par ailleurs, et cela vous a sans doute échappé compte tenu de votre propension à limiter le champ de votre réflexion au périmètre de votre jardinet, mais l’idéologie qui vous inspire est loin de faire référence sur la scène internationale. Il serait intéressant de dresser une cartographie des idées politiques et économiques qui ont cours tant dans les pays développés que dans les pays émergents mais je doute fort que les idées des anti-libéraux franchouillards y soit si bien représentées. D’ailleurs pourquoi le seraient-elles puisque notre modèle ne fait pas non plus l’objet d’admiration à l’étranger.

    A défaut de formuler une pensée structurée et convaincante votre courant pourrait se faire valoir de ses réalisations. Démontrer ses bienfaits par l’action (et je ne parle pas de piquet de grève ou de déambuler dans la rue avec une pancarte). Mais là encore s’est le quasi-néant. L’économie alternative ou solidaire reste marginale à l’échelle de l’économie globale comme les coopératives dont nous avons discuté préalablement. En pratique votre système ne prospère pas (sinon notre débat serait inutile) ni ici et encore moins ailleurs.

    Le pire c’est que fondamentalement je ne serais pas en désaccord avec les aboutissants d’une idéologie alternative si on me démontrait qu’elle peut délivrer ce qu’elle promet (qui le serait d’ailleurs – le bonheur pour tous, vous pensez). Ce que je constate c’est que pour l’essentiel l’analyse de ceux qui s’en revendiquent a la profondeur d’une blague carambar et leur capacité à mettre en œuvre leur vision est plus qu’incertaine. Bref ils ne m’inspirent pas.

  • #34

    diojaime (lundi, 18 février 2013 10:15)

    horror=FlikeFrog je constate.
    il faut que vous en fassiez des tonnes pour tenter de valider une idéologie économique en train de péricliter sous vos yeux...
    enfin, je vous laisse avec vos croyances désespérées...

  • #35

    FlikeFrog (lundi, 18 février 2013 11:55)

    La fin du libéralisme est proche:

    - Toc, toc,toc

    - Qui c'est?

    - C'est Diojaime monsieur le ministre. Je vous ai apporté la recette de la société juste. Je l'ai écrite au stylo bille sur un napperon après la discussion qu'on a eu l'autre soir avec quelques copains a moi.

    - Ah merci bien, mais vous savez j'ai tous ces rapports économiques à lire, ça prend du temps et puis je dois me concerter avec les experts, alors je sais pas si je vais avoir l'occasion de...

    - C'est des énarques et des polytechniciens qui les ont rédigé vos trucs là?

    - En partie oui, et des économistes des organisations internationales.

    - Sauf votre respect monsieur le ministre, vous me balancez tout ça à la poubelle, ces types là ils valent rien. Je l'ai lu dans un blog sur internet. Noir sur blanc je vous dit. C'est parce que les élites se reproduisent ou un truc comme ça. Un mec sérieux qu'a écrit le bouquin. Il a des enfants aussi mais il les a déshérités. Enfin je crois. Bon en tout cas la recette elle est là, c'est facile j'ai même mis une flèche pour qu'on sache dans quelle sens la lire.

    - Oh c'est vraiment trop aimable. Je vais en parler au reste du gouvernement. Revenez lundi et on aura fait la révolution. Bon après-midi.

    - Vous de même monsieur le ministre.

  • #36

    Guadet (mardi, 19 février 2013 16:25)

    Sur l'activité Troll contre la liberté de pensée :
    http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/association-promotion-europe-troll-le-site-de-lupr

  • #37

    Horror (mardi, 19 février 2013 23:57)

    FlikeFrog, tu n es pas très charitable avec nos amis en ne leur laissant aucune chance. Merci pour l humour en tout cas.

  • #38

    youpi (mercredi, 20 février 2013 09:52)

    La lutte des classes... Qui croit encore à ces énormités. Je suis pauvre et si demain je gagne au loto je passe de l'autre côté?

  • #39

    FlikeFrog (mercredi, 20 février 2013 11:55)

    Une autre étude intéressante sur la question. Ne couvre que jusqu'à 2004 mais se réfère à une kyrielle d'indicateurs et approfondie la question de l'inégalité en incluant l'impact des impôts et des transferts sociaux:

    http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/ebook/ebook121.pdf

    La conclusion:

    Sur longue période, le fait principal concernant l’évolution des revenus salariaux reste la rupture du milieu des années 70 qui a suivi immédiatement les chocs pétroliers. Celle-ci a concerné l’ensemble de la hiérarchie salariale et autant les cadres que les ouvriers, les employés ou les professions intermédiaires. Cette évolution ne s’est pas accompagnée en France d’une accentuation des inégalités qui, au contraire, ont continué à régresser au cours des années 1980 et 1990. La réduction des inégalités salariales a résulté en particulier de la dynamique du salaire minimum dont la hausse volontariste a été très forte. Le système de transfert socio-fiscal a aussi joué son rôle et contribué, notamment au cours de la période la plus récente pendant laquelle une tendance à la réouverture de l’éventail des salaires est apparue, à limiter les inégalités de niveaux de vie. C’est au plan individuel et par génération que les évolutions salariales ont sans doute conduit aux résultats les moins favorables.

  • #40

    diojaime (mercredi, 20 février 2013 18:57)

    analyse de l'observatoire des inégalités à partir des données INSEE.

    2008-2010 :
    La crise n’empêche pas que la France continue à s’enrichir. Entre 2008 et 2010 (dernière année connue), le revenu global des ménages, après impôts et prestations sociales, s’est accru de 23,8 milliards d’euros, inflation déduite. Si la richesse était équitablement répartie, chaque tranche de 10 % aurait donc dû recevoir 2,4 milliards. Mais cette richesse a été captée par une minorité.
    Au cours de ces deux années, les 10 % les plus pauvres (ils touchent moins de 870 euros par mois pour une personne seule [1]) ont vu la masse de leurs revenus baisser de 519 millions d’euros, soit -1,1 %. Pendant ce temps, les 10 % les plus riches (au moins 3 000 euros de revenu par mois pour une personne seule) ont accru leurs revenus de 14 milliards, soit +4,3 %. La tranche comprise entre les 10 % et les 20 % les plus pauvres (entre 870 et 1 080 euros) a connu la plus grosse perte : -1,5 milliard (-2%).
    Les 30 % les plus pauvres n’ont rien perçu de l’enrichissement du pays entre 2008 et 2010 : ils touchent au total 3,2 milliards d’euros en moins... Les 10 % les plus riches en ont obtenu 59%, et les 30 % les plus aisés (à partir de 2 000 euros par mois pour une personne seule) 96 %.

    La répartition du revenu depuis 10 ans:
    Les 10 % les plus pauvres reçoivent 3,5 % de l’ensemble du revenu global, contre 24,9 % pour les 10 % les plus riches. Au cours des dix dernières années, la répartition s’est déformée au profit des plus aisés, qui recevaient 23,5 % du revenu total en 2000. Au cours des dix dernières années, le revenu total des ménages a augmenté de 218 milliards, dont 70,6 milliards (un tiers de l’ensemble) est revenu aux 10 % les plus favorisés, contre 4,1 milliards (2 % de l’ensemble) aux 10 % les moins favorisés. 30 % les plus pauvres ont touché 12 % de l’ensemble et les 30 % les plus riches 55 %...

    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1156&id_mot=130

  • #41

    Horror (mercredi, 20 février 2013 20:15)

    @ Diojaime le statisticien.
    Quand on fait une analyse statistique, on ne compare pas des volumes et des valeurs entre elles si l'on veut être pertinent. Ou on compare des valeurs entres elles ou des volumes entre eux, sinon c'est des choux et des carottes.

    Pour revenir à l'analyse longue durée de FlikeFrog, jamais l'équilibre entre la richesse des déciles n'a été aussi "équilibrée". Pour mesurer un vrai déséquilibre, allez voir fin XIXème. D'ailleurs grâce au grand n'importe quoi du gvt actuel, on y retourne tout droit car ils vont obtenir l'effet inverse de celui annoncé. Donc oui l'accélération des inégalités va augmenter avec la chute des déciles intermédiaires. Merci François.

  • #42

    Emynonys (mercredi, 20 février 2013 21:37)

    @FlikeFrog :
    Assez d'accord avec votre analyse, les inégalités de revenus, hormis aux extrêmes, ne sont pas si catastrophiques en France, comparées à d'autres pays sur les 40 dernières années, Etats-Unis et Angleterre en tête.

    Par contre, un des problèmes franco-français qui pourrit le reste à vivre est certainement l'immobilier. Que ce soient pour les locataires ou les propriétaires (quand ils le peuvent), la part de l'immobilier a largement augmenté dans les postes de dépenses et est à l'origine de ce sentiment d'augmentation des inégalités, non?

  • #43

    FlikeFrog (jeudi, 21 février 2013 12:08)

    @ Diojaime,

    Je pense que nos chiffres concordent même si on peut les présenter de manière plus ou moins dramatique. Pour aller directement au coeur du sujet et pour citer vos chiffres, en dix ans les ménages top 10% ont vu leur part des revenus totaux augmenter de 23.5% à 24.9%.

    +1.4% voilà donc le chiffre qui résume le mieux le surcroit de captation des revenus totaux du top 10 en dix ans. On peut exprimer le montant en milliards ou encore en pourcentage de la variation pour le rendre plus choquant mais ça n'est que paraphraser sur ce chiffre de +1.4%.

    +1.4% c'est très peu (même si on peut déplorer la tendance) tant à l'échelle de l'évolution historique des 50 dernières années qu'en comparaison de ce qui s'est passé chez de nombreux voisins. Ca l'est d'autant plus si on prend en considération le fait que la répartition était stable depuis le milieu des années 70. D'une part ça invalide l'idée que les inégalités ont exposé en France du fait de la mise en oeuvre de politiques libérales et d'autre part ça fait de nous une exception sur le plan international.

    D'ou ma question: cette exception française en matière d'inégalités nous a-t-elle rendu plus performant économiquement? A-t-elle favorisé la cohésion sociale?

    Quant au niveau absolu pour reprendre les chiffres que vous citez le ratio interdecile est de 3.44 (€3000/€870). En gros le gars qui est tout en bas de la catégorie du top 10% gagne 3.5x plus que celui qui gagne le plus dans la catégorie des 10% les moins bien lotis. Si on pense au profil possible de ces individus ont aura probablement d'un coté quelqu'un qui a fait de bonnes études et bien progressé dans sa carrière avec un savoir faire reconnu (un chirurgien, avocat, banquier, entrepreneur, manager, haut fonctionnaire...) et de l'autre quelqu'un qui ne bosse pas à plein temps (le smic net est de 1 118,29 €) dans un travail peu ou pas qualifié (vendeur chez McDo). Perso un rapport de 3.5x est loin de me choquer. Rien que sur la base du temps de travail on doit pouvoir justifier un rapport de 2-2.5x! (n'hésitez pas à me corriger si mon calcul est faux la-dessus en raison de la manière dont sont calculés ces seuils). On ne prend pas non plus en compte le fait qu'un chirurgien par exemple se sera formé pendant des années ou il ne gagne pas ou très peu de salaire avant d'accéder à la tranche haute. Sans compter l'effet âge (un jeune qui commence à bosser contre un professionnel chevronné).

    Par ailleurs un des autres points à prendre en compte est la mobilité sociale c-a-d la possibilité pour ceux qui partent du bas de l'échelle de grimper et inversement (l'égalité des chances). Personnellement quand je regarde autour de moi je trouve qu'elle est plutôt bonne en France. Des personnes issues du même environnement social ont des progressions de revenus complètement différentes en fonction de leurs choix personnels et des efforts qu'ils font pour faire avancer leur carrière.

    Comme le souligne Emynonys je pense que l'évolution des prix de l'immobilier sur les 10 dernières années soulève des questions plus préoccupantes à moyen terme notamment parce qu'il me semble que cela renforce le rôle de l'héritage dans la distribution de la richesse, ce qui pour le coup va à l'encontre du principe de l'égalité des chances. Je suppose que cette question et de manière générale la question du patrimoine et de l'héritage se pose avec acuité pour une société qui accumule des richesses sur une longue période. Il faut gérer non seulement la richesse générée durant l'existence de l'individu mais aussi la richesse accumulée par le passé. On peut prôner un plus grand partage mais est-ce que le mec du tiers-monde sera inclut dans ce partage des richesses accumulées? On constate bien qu'il y a forcement un part d'arbitraire sur la question.

  • #44

    diojaime (jeudi, 21 février 2013 16:23)

    en limitant le champ d'action au niveau national(si on règle les problèmes chez nous ce sera déjà pas si mal), l'unique stratégie pour mieux répartir les richesses est d'augmenter la pression fiscale sur les plus riches(pression qui n'a pas arrêté de diminuer ces dernières années grâce au bouclier fiscal et niches fiscales).
    en ce qui concerne les niches fiscales et l'assitanat des plus favorisés(analyse de l'observatoire des inégalités):
    http://www.inegalites.fr/spip.php?page=recherche&recherche=intouchables

    de plus,des impôts élevés n’empêchent pas la croissance(analyse de l'observatoire des inégalités):
    Le principal argument des partisans des diminutions d’impôts est qu’elles augmentent la création de richesses et donc la croissance. Du coup, tout le monde - même les plus pauvres - profite des retombées économiques de mesures destinées aux plus favorisés. Pourtant, si l’on se place sur une longue période, l’effet est loin d’être évident. Nous avons comparé le taux de croissance et le taux supérieur* de l’impôt sur le revenu . On peut en tirer plusieurs enseignements :

    Certes, les baisses d’impôts ne sont pas la cause du ralentissement économique qui se produit à partir du milieu des années 1970. Mais un niveau d’imposition supérieur de 70 % voire 80 % n’est pas un obstacle en soi à une croissance forte, comprise entre 4 % et 6 % par an, comme cela a été le cas dans les années 1960. Ces niveaux d’imposition n’ont pas entraîné de fuites de contribuables vers l’étranger.

    Les baisses d’impôts enregistrées notamment après le milieu des années 1990 n’ont pas eu d’effet visible sur la croissance, qui a nettement fléchi, notamment depuis 2001. Principalement, elles ont contribué à accroître l’épargne des catégories les plus favorisées, au détriment de la consommation. [1].

    L’argument qui demeure est donc celui du niveau du taux supérieur, qui serait une atteinte à la liberté individuelle de jouir des revenus de son travail ; on dit qu’il est "confiscatoire". C’est cet argument qui a conduit à instaurer le "bouclier fiscal", qui fait que l’on ne peut jamais payer un impôt supérieur à 50 % de ses revenus. Il protège aujourd’hui les couches supérieures de toute hausse de la fiscalité. Qui peut dire que 50, 60, 70 ou 80 % c’est "trop" ? Personne n’a de réponse juste. Dès qu’une société se dote d’infrastructures (la police, l’éducation, la santé, etc.), elle doit prélever des taxes. Les taux les plus élevés s’appliquent à des niveaux de revenus tels qu’une fois l’impôt payé, ce qui reste est considérable. Aux Etats-Unis, le taux supérieur a atteint 91 % entre 1941 et 1964 (pour environ un revenu d’un million de dollars d’aujourd’hui) sans porter préjudice à l’économie du pays.

    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1052&id_mot=79

  • #45

    Defter (jeudi, 21 février 2013 18:32)

    Bonjour à tous,
    Je ne poste que très rarement sur des sites mais la mon intérrogation est tellement grande qu'elle nécessite un éclairage approfondi. Elle peut se résumer en une question simple :
    En quoi la France est elle "Liberale" ?

    Faisons déjà un rapide bilan de notre président actuel...

    En sept mois, mis à part l’extraordinaire avancée sociale du mariage homosexuel dont on peine à deviner comment il va diminuer le nombre de chômeurs, réduire les coûts des salaires ou dégraisser l’Etat-mammouth, on a bien du mal à lister les chantiers d’envergure que les ministres auraient entamés pou redresser la situation économique. Des taxes, des impôts, des ponctions nouvelles, ça, oui, on en trouve en brouettées bien fournies ; mais une volonté de réformer autre chose que les horaires de classe, on n’en voit point.
    Ainsi, dans la plus parfaite opacité mentale que la tradition de mathématiques socialistes emploie depuis déjà un moment, d’un côté, l’État ponctionne le moutontribuable pour pouvoir ensuite distribuer des allocations familiales. Notez qu’il se sert au passage. De l’autre, l’État commence à envisager de taxer ces allocations. Notez qu’il n’a pas été envisagé de diminuer ces allocations, mais simplement de les intégrer au revenu, et par voie de conséquence, de les fiscaliser. Une partie de l’argent distribué, sur lequel avait déjà été prélevé une dîme de passage, va donc repartir dans l’autre sens, et subir une nouvelle dîme. Bon, ok, il se murmure dans les couloirs de Bercy que Moscovici, le patron du Trou, aurait tiqué à l’idée proposée par Migaud, mais rassurez-vous : c’est une nouvelle taxe, elle verra donc le jour.
    Tout comme verront le jour, soyez-en sûr, une taxe sur le numérique (histoire d’inciter les grands groupes de l’Internet à venir chez nous, je suppose), la taxe sur les transactions financières (au niveau européen cette fois), la taxe « poids lourds »(exorbitante et qui coûte déjà de l’emploi), celle sur les hauts revenus, bientôt prête les enfants ne vous impatientez pas, ou celle sur l’assurance-vie, gros bas de laine bien trop juteux pour être laissé tranquille. Il doit y en avoir quelques autres, plus énigmatiques, plus finement ciselées, mais le rythme, comme on le voit, ne diminue pas.

    Comme Einstein le disait fort bien, « la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. » Hollande, Ayrault et son gouvernement prouvent donc, à qui en doutait encore, que nous n’avons pas à faire à des gens rationnels : leur obstination à vouloir résoudre le problème français par un accroissement de l’intervention de l’État, par une augmentation des taxes et des impôts vire maintenant au trouble obsessionnel compulsif. Si les cons osent tout (c’est à ça qu’on les reconnaît), les fous gouvernementaux n’osent plus rien d’autre que cette unique solution de la taxe, sans pouvoir s’arrêter, sans pouvoir imaginer autre chose.

    Décidément, qu’il est doux d’être socialiste en France, d’avoir toutes les grandes villes socialistes, une grande majorité des départements socialistes, une grande majorité des régions socialistes, la majorité socialiste à l’Assemblée, la majorité socialiste au Sénat, des ministres socialistes, un président socialiste et des journalistes très majoritairement socialistes ! Au moins, cela permet de faire du népotisme socialiste en plaçant son ex socialiste dans une structure socialiste sans que ça gêne personne.

    Avec tout ça, on oublierait presque que le pays est sous domination ultra-néolibérale, tiens.

  • #46

    diojaime (jeudi, 21 février 2013 19:10)

    @Defter
    je parie que vous faites partie des tranches supérieures d'imposition vous?non?
    et bien entendu vous voulez pas payer d'impots?
    mais bien sûr...

  • #47

    Hadi (jeudi, 21 février 2013 19:30)

    @Defter
    Effectivement en lisant votre prose on se dit vraiment que "les cons osent tout"........
    @Guadet j'ai jeté un œil à votre lien,si c'est vrai,le mouvement Européen France est prêt à faire n'importe quoi pour valider son idéologie!
    On pourrait se demander si ce site ne se fait pas troller par des gens de contrepoints!
    Mais bon on va me traiter de parano....

  • #48

    Defter (jeudi, 21 février 2013 19:43)

    Bonsoir diojaime et Hadi,
    Merci de m'avoir lu.

    Pour plus de precisions je ne suis qu'un simple etudiant qui ce pose des quesions sur différentes idees.
    Cependant je me permet de solliciter vos lumières une secondes fois car vous ne répondé pas à ma question.

    @diojaime : Payer des impots ne me dérange absolument pas si ceux ci ne ressemble pas à de la spoliation caracterisé.
    Payer des taxes liberticides me dérange particulièrement lorsqu'elles servent à alimenter les gabegies etatiques.

  • #49

    diojaime (jeudi, 21 février 2013 20:38)

    @Defter
    je suis d'accord avec vous sur ce point, mais aujourd'hui les citoyens n' ont aucun contrôle sur les dépenses étatiques, et c'est bien regrettable d'ailleurs...

  • #50

    Hadi (jeudi, 21 février 2013 21:36)

    @Defter
    Si vous voulez un éclairage approfondi,
    Jeter un coup d’œil sur les liens et les articles de ce blog,ainsi que deux autres que je vous recommande:http://www.atterres.org/
    et http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-
    Interrogez vous sur la part de vos impôts qui va dans ce que vous appelez les "assistés" et sur celle qui part dans le remboursement de la dette et de ces intérêts.
    Interrogez vous sur les origines de la dette,et pourquoi les pays les plus en difficultés en Europe sont ceux dont le taux de prélèvement est le plus faible.Qui à pu acquérir des titres porteur d’intérêt de la dette publique si ce n'est pas certains riches avec l'argent économisé sur leur impôts?(les considérez vous comme des assistez aussi?).En gros informez vous de manière un peu plus alternative.
    Au faite vous le trouvez vraiment socialiste le parti socialiste depuis 1983 en France.
    Qui en 83, 84 à déréglementer la finance et les banques?.Ce meme partie, qui aujourd'hui avec ça loi de séparation bancaire va selon le président de la société général séparer seulement 1,5% des activités de sa banques..... qui nous fait le coup de la TVA social et ne remet pas en cause les traités Européen, etc etc etc...
    C'est drôle j'en arrive pas du tout a la même question,qui serait plutôt en quoi le gouvernement actuel est socialiste??
    Maintenant si vous trouvez que taxer les transactions financières c'est l'horreur que vous dire,à part bonne soirée .

  • #51

    Jacsadio (vendredi, 01 mars 2013 11:54)

    La France se bat contre les moulins à vent de la mondialisation (ultralibéralisme) voulue et installée par Reaggan afin d'abattre le communisme et la crise de 2008 dont nous subissons les effets aujourd'hui, en est le résultat. Autant dire qu'elle a perdu dans ce combat et ce n'est pas dans des disputes d'arrière garde que l'on trouvera les solutions et quoique que l'on puisse en penser, le chemin à prendre n'est qu'éthique et philosophique à long terme./

  • #52

    Tutti Quanti (mercredi, 23 avril 2014 10:29)

    bon ça parle beaucoup dans les commentaires, et comme d'habitude en France, rien ne change, et les 10% se frottent les mains ...