lun.

18

févr.

2013

Croissance : un Z comme Zéro

La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière. Après un quatrième trimestre catastrophique (- 0,3 %), la croissance du PIB de la France s’est établie à zéro au cours de l’année 2012. La nouvelle était attendue. Elle sanctionne les mauvais choix de la politique de François Hollande et avant lui de Nicolas Sarkozy. Mais le plus grave est que le gouvernement ne semble pas en mesure d’apprendre de ses erreurs.

L’analyse de l’évolution du PIB en 2012 montre la faiblesse des fondamentaux de la croissance qui correspond à la volonté politique du gouvernement. La politique de déflation salariale, censée offrir à la France une plus grande compétitivité, génère une stagnation de la consommation des ménages et un recul de – 0,3 % des importations malgré la persistance de l’euro cher fort.

 

En conséquence, les entreprises, qui voient leurs principaux débouchés se tarir, diminuent leurs investissements (- 0,7 % en 2012). Toutes ces mauvaises nouvelles doivent, en théorie, être compensées par l’accroissement de la compétitivité de nos produits qui doivent gonfler nos exportations et porter notre croissance. Il s’agit en tout cas de la stratégie du gouvernement : mettre en place une politique de déflation salariale, c'est-à-dire de baisse du salaire réel, afin de tirer notre croissance grâce à nos exportations comme les Allemands le font si bien.

 

Au cours de l’année 2012, les exportations ont augmenté de + 2,3 % et le commerce extérieur de + 0,7 %. Bien faible pour compenser la chute des investissements et la stagnation de la consommation. En réalité, ces chiffres montrent le manque de pertinence du gouvernement qui fait mine d’ignorer que la consommation et l’investissement sont les facteurs clés de la croissance. Pour compenser la faiblesse de ces deux postes, les exportations doivent croître de manière extrêmement forte. Il s’agit de la première erreur du gouvernement dont la politique de déflation salariale fait baisser la consommation et les investissements pour favoriser des exportations qui ne peuvent compenser ces baisses.

Le problème est que pour essayer de se rapprocher de ce vœu pieux des 3 % de déficit en 2013, le gouvernement va s’attacher à réduire les dépenses publiques en réduisant les coûts de ses administrations. Cette politique suicidaire risque en réalité de porter un nouveau coup sévère à notre croissance puisque les dépenses de consommation des administrations publiques ont été l’un des rares postes à porter la croissance en 2012 (+ 1,4 %). Il s’agirait alors de la seconde erreur majeure du gouvernement.

 

La troisième est de se persuader que nos exportations peuvent contribuer à porter notre croissance. Avec une Europe en crise, des Etats-Unis et un Japon sous perfusion monétaire et des pays émergents, pas réellement décidés à accroître leur consommation intérieure, le combat semble perdu d’avance. Même dans l’hypothèse où les pays émergents procéderaient à une politique de hausse des salaires, il est probable que ces politiques seraient accompagnées de mesures protectionnistes afin de favoriser la croissance des pays en question.

 

Les politiques d’austérité mènent les pays européens à une misère certaine. La Grèce et l’Espagne en sont les meilleurs exemples. Même l’Allemagne, pourtant si souvent érigée en modèle, est en train de le constater amèrement. La politique économique d’Angela Merkel vient en effet de subir un sérieux revers avec le repli de - 0,6 % du PIB allemand au cours du 4ème trimestre 2012. François et si le changement c’était maintenant ?

 

Theux

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Commentaires : 29
  • #1

    Jard (mardi, 19 février 2013 20:57)

    Il ne faut rien attendre des Français, ce sont des tarés qui s'accrocheront le plus longtemps possible à l'Allemagne. Par contre, je suis curieux de voir ce que va faire ce pays. Il va réagir dès qu'il intégrera la récession. Normalement, son conformisme doit l'amèner à baisser encore ses salaires pour exporter au niveau mondial. Cela ne devrait pas aller très loin puisque les autres continents baissent leur monnaie ou ont recours au protectionnisme.
    Tout l'intérêt est de savoir si l'Allemagne saura surmonter ce qui est l'évidence pour elle, l'obsession exportatrice. Je ne crois pas.

  • #2

    FlikeFrog (mercredi, 20 février 2013 12:53)

    Vous pouvez m'indiquer à quels indicateurs vous vous référez pour parler de déflation salariale en France? Parce qu'une des sources de référence sur ce point (Insee cf lien ci-dessous) indique une augmentation tant du salaire nominal que réel en 2012.

    http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archives/062012_f2.pdf

    Du coup j'ai du mal a percevoir la pertinence de votre argumentation.

    Par ailleurs vous faites valoir que la stagnation de la consommation est la cause de la baisse des investissements des entreprises mais je pense que vous êtes un peu prompt a parler au nom des entrepreneurs. A la lecture de la lettre du PDG de Titan à Montebourg sur la reprise de Goodyear on a pas vraiment l'impression que la consommation des ménages français soit la première considération des entreprises dans la décision d'investir en France ou non. Je ne crois pas que dans l'ensemble les entreprises françaises préconisent une hausse significative des salaires.

    Enfin vous incriminez la politique d'austérité du gouvernement mais vous constatez vous même que les dépenses de consommation des administrations publiques ont augmenté en 2012 (+ 1,4 %). C'est ça votre définition de l'austérité, l'augmentation de la dépense publique?

    Sur le point du commerce avec les émergents, si je comprends bien l'idée c'est qu'il est probable que dans le futur nous ne bénéficierons pas des retombées positives de l'augmentation de la consommation dans ces pays parce qu'ils mettrons en place des politiques protectionnistes. Donc il faut que nous préemptions en mettant en place nos propres politiques protectionnistes. Une forme de guerre commerciale quoi.

  • #3

    bernard botul henry (jeudi, 21 février 2013 10:41)

    Finalement ce site me déçois , il n 'est pas plus honnête intellectuellement que le reste des sites "politiques" qu 'on peut trouver sur le net : une croissance infinie dans un monde fini est non seulement le délire d'un économiste ou d 'un fou , mais plus encore une impossibilité autant mathématique que physique.
    Je n 'accorde plus le moindre crédit a ceux qui basent l 'économie sur une croissance disparue a jamais !

  • #4

    frederichlist (jeudi, 21 février 2013 12:22)

    Il s'agit de savoir ce que l'on fait "croître" et ce que l'on fait "décroître". En ce sens, croissance et décroissance sont parfaitement compatibles.
    La croissance des dépenses de santé et d'éducation, sont bien de la croissance. La question est dans cet article de savoir que faire de la dette, et de l'investissement dans les secteurs qui porteront entre autre une transition écologique. Rembourser la dette par l'austérité ? Ne plus investir ? Ca ne marche pas. Il faudra bien une forme d'enrichissement pour équilibrer le budget et préparer la suite ; appelez le comme vous souhaitez, mais en l'état la décroissance, qui est une idée complexe à articuler avec le financement de l'égalité de la protection sociale, n'est pas suffisante.
    Par la suite, s'il est possible de penser au delà de la pression que nous mettent les vautours, instances supranationales et financières, il est clair qu'il va falloir penser à un système économique et social capable d'être viable en situation de stagnation.
    Cela se pense en situation de pleine souveraineté.

  • #5

    Theux (jeudi, 21 février 2013 23:19)

    @FlikeFrog

    Je vous accorde que le terme « déflation salariale » n’était peut-être pas le plus approprié pour caractériser la situation de la France notamment par rapport à des pays comme la Grèce, l’Espagne ou l’Allemagne. Malheureusement je crains fort que c’est dans cette direction que nous emmène le gouvernement actuel. Les fonctionnaires ont été les premiers à payer, les retraités suivront ainsi que les remboursements des frais de santé, qui font partie des salaires. Le terme d’austérité aurait sans doute était plus pertinent.

    Afin de mieux appréhender la situation salariale des Français, le meilleur indicateur me semble être le salaire médian qui n’est pas sensible aux extrêmes comme peut l’être le salaire moyen utilisé dans votre lien. Jacques Sapir, notamment, met en évidence le décrochage du salaire médian par rapport au salaire moyen dans son ouvrage « La démondialisation ».

    Il s’agit en réalité du point principal de notre croissance future puisque la propension marginale à consommer augmente de façon inversement proportionnelle au niveau de salaire. Lorsque l’on mesure le poids de la consommation dans le PIB, il est clair qu’il s’agit d’un aspect central de notre croissance future.

    Malgré les propos du PDG de Titan, que même Laurence Parisot a critiqué et qui tiennent à mon sens plus d’un sentiment personnel que d’une véritable analyse, il apparait évident qu’un entrepreneur va faire dépendre sa décision d’investissement des opportunités de développement c'est-à-dire de l’accroissement à venir de ses débouchés. Ce que Keynes nomme les anticipations de recette.

    Il me semble difficile de remettre en cause la politique d’austérité des différents gouvernements qu’il s’agisse de la version de « droite » (http://www.liberation.fr/politiques/01012355885-la-conference-de-presse-de-francois-fillon ) ou de gauche ( http://lexpansion.lexpress.fr/economie/budget-2013-zoom-sur-la-rigueur-de-gauche_339419.html ).

    De plus votre analyse des consommations des Administrations Publiques me surprend, puisqu’il faut bien comprendre qu’elles contribuent à créer de la richesse et à donner du pouvoir d’achat aux Français. Offrir moins de services publics, comme la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, implique par exemple un abaissement de la qualité de l’éducation ou des soins de santé. Une alternative consiste à s’orienter vers les services proposés par le secteur privé mais cela engendre un surcoût qui correspond à une perte de pouvoir d’achat pour l’usager.

    Enfin, le protectionnisme n’est en aucun cas une guerre commerciale comme il ne correspond pas à l’autarcie. Ce concept consiste simplement à rapprocher les lieux de production des lieux de consommation afin d’éviter les différentes pratiques de dumping. Ce n’est pas pour cela que l’on se coupera de la culture indienne, russe ou brésilienne. Par contre cela a pour objet de faire cesser la production de nos vêtements par des quasi-esclaves. L’inflation engendrée serait alors largement compensée par la forte création d’emplois qui permettrait à nouveau l’établissement d’un cercle vertueux.

  • #6

    Horror (vendredi, 22 février 2013 11:24)

    @ Theux
    Le problème est que vous avez des paradigmes ancrés en vous, paradigmes qui datent du siècle dernier et qui ont depuis volés en éclats.
    Déjà sur le rôle et l'action de la fonction Publique sur la croissance. L'action de l'Etat, contrairement à ce que vous pensez n'est pas le meilleur levier pour la croissance, le meilleur levier pour créer de la valeur ajoutée reste l'entreprise pour plusieurs raisons. Le rôle de l'entreprise est de croître, de générer des gains. Par voie de conséquence, elle créée de la richesse et de l'emploi. Elle a le soucis de l'Euro investi qui est le sien et donc de son retour sur investissement (contrairement à l'Etat)
    Elle est poussée pour une infinité d'entrepreneurs dont la somme des intelligences individuelles va lui permettre de détecter et de pénétrer tous les secteurs et niches de croissance.
    L'Etat lui n'a pas cette intelligence multiple, elle reste souvent entre les mains d'une poignée de cerveaux dont une part est forcément idéologique, une autre et non des moindre liée à une carrière personnelle, et enfin une beaucoup plus petite liée à un intérêt collectif.
    De plus on fait rarement le ratio chez vous entre la part ponctionnée et la part remise dans le système et dédiée à la croissance (sans même se poser la question de la bonne croissance). Hors elle est infime car une part va au fonctionnement et au paiement des nécessaires services, une part colossale est également immanquablement gâchée et perdue car elle n'amène ni service collectif, ni croissance supplémentaire.
    Quitte à mettre 1 euro pour la croissance, il me parait plus judicieux de le mettre dans le circuit entrepreneurial. Hors l'Etat ponctionnant 56% de la richesse nationale sans en amener l'équivalent que ce soit en service ou en croissance, obère les possibilités de croissance des entreprises et des entrepreneurs. Mauvais calcul donc.

    Deuxième paradigme ancien à Gauche, pour faire plus, il faut plus. Pour en revenir à nos 56%, l'Etat n'a eu de cesse de prendre plus et d'en donner plus. Cela fait il plus ou mieux au final en terme de croissance ou de service?
    Oui un peu et non beaucoup.
    En terme de service, l'Education a le pompon. Premier budget en France, il n'a cessé de croître en quantité et en valeur, pour obtenir des résultats, comparés de nos élèves à ceux d'autres pays, toujours moins bon. On pourrait faire la même démonstration sur la Santé. Principalement car on empile sans fin, sans rien corriger, ni rien optimiser. On voit les résultats.

    Pour la partie croissance, c'est pire.
    Prenons l'immobilier et la nécessaire construction de logements neufs. Le gvt actuel a cassé un des seuls investissements créant de la croissance dans ce domaine par pure idéologie. Les niches fiscales immobilières soutenaient la construction que l'Etat ne peut faire seul, permettaient à nombre de français moyens de constituer un patrimoine et créaient de l'emploi dans un secteur non délocalisable. Avec toujours autant de besoins, il suffit de voir ce que les coupes dans ces niches ont généré avec les mises en chantier 2013 et pire les dépôts de permis qui sont les construction futures qui sont devenus faméliques. Au final, moins de constructions, moins d'emplois, entretien de la bulle immobilière et des loyers par la rareté... L'Etat va-t'il compenser cela lui même par ses gains? Que nenni car on l'a vu il n'est pas capable de tout réinvestir dans la croissance; et ces niches ne sont pas des cadeaux mais des incitations à orienter un impôt plus une épargne vers un investissement productif qui sert la Nation.
    L'Etat est championne de l'investissement qui génère des effets d'aubaine inutiles, donc de l'argent jeté par les fenêtres. Le filière énergies pseudos renouvelables en est le plus parfait exemple. Combien de milliards investis pour rien et qui ne donneront rien, sauf un effet d'aubaine à ceux qui ont flairé le bon filon?
    L'Etat est un mauvais entrepreneur et un mauvais gestionnaire. Il doit au mieux orienter, faciliter mais laisser faire ceux qui sauront créer de la richesse. En voulant se substituer, elle ne nous fait courir qu'à notre perte et empêche ceux qui pourraient réellement.
    L'inflation comme outil pour relancer la croissance et l'emploi. Avec la faible progression des salaires, un commerce extérieur moribond, la mondialisation... c'est un suicide programmé.
    Le Protectionnisme peut se faire sans contrepartie... doux rêve. On peut faire du protectionnisme quand on est fort et puissant comme les chinois ou les américains mais pas avec des nains économiques comme nous.

  • #7

    Horror (vendredi, 22 février 2013 11:25)

    suite...

    Autre paradigmes , transférer des services du Privé du Public au Privé engendrerait forcément un surcoût pour le citoyen. Archi faux, il est plein de domaines ou on pourrait même avoir un meilleur service pour moins cher.

    Il ne suffit pas d'affirmer pour que cela soit vrai, il faut passer à l'épreuve d'éléments factuels et contradictoires pour mesurer la pertinence des arguments. Visiblement vos arguments ne passent pas grand chose, mais vous direz sans doute que je suis un Troll et ça ira mieux après.

    Enfin, quand vous dites :"Les fonctionnaires ont été les premiers à payer", cela démontre bien votre vision partielle et partiale. S'il y a bien une catégorie qui a été préservée depuis 30 ans, ce sont bien les fonctionnaires là ou tous les autres ont vu leur situation se dégrader massivement surtout depuis l'avènement des 35 heures et le quasi gel depuis lors des salaires dans le Privé. Et s'il existe bien une injustice entre les français, qui vous est si chère, il y a de quoi faire de ce côté là, mais on n'y touche pas à Gauche, c'est normal!

  • #8

    frederichlist (vendredi, 22 février 2013 12:44)

    @horror
    La distinction radicale public/privé est largement mythifiée quant à l'efficacité productive : nombre de services gérés par les administrations publiques sont des formes d'externalisations pour les entreprises ; par ailleurs, Galbraith a montré comment la bureaucratie n'est absolument pas un terme réservé au public, les entreprises sont une bureaucratie qui gaspille aussi en large partie, lorsqu'elles croissent démesurément. Aussi, l'investissement public est un gage de croissance privée. Enfin, il n'est pas avéré que la privatisation fasse baisser les prix et améliore le service, du moins pas pour tout le monde, sachant qu'elle n'investira que dans le rentable. Il faut savoir ce que l'on veut, la disparition des gares, des postes, des maternités...

  • #9

    Horror (vendredi, 22 février 2013)

    Comme d'habitude, bien qu'essayant de faire une approche globale et circonstanciée, je ne me fait opposer ce qui n'était pour moi qu'un malheureux "point de détail".

    La théorie Galbraithienne est bien jolie mais dans le parallèle entre poids comparables des administrations Publiques et Privées. Pour ces dernières il n'est fait mention que de 1% des entreprises. Dans la réalité c'est 99% des PME et plus des 2/3 des emplois en France qui sont les viviers de croissance.
    Elles n'ont pas ces lourdes structures administratives bien qu'elles y soient en permanence confrontées avec les ogres administratifs publics qui leur suce temps, énergie, argent par leur lourdeur, leur brutalité, leur incompétence, leur incompréhension.

    C'est donc bien au contraire de ce qui est avancé, tout le contraire d'une externalisation positive, c'est un vrai coût à tous les niveaux et cela fait partie du gâchis non productif évoqué avant.
    Ces administrations Publiques sont des ogres jamais rassasiés qui s'autoengraissent pour justifier leurs existences.

    Et puis que certaines GE gaspillent leur propres ressources dans leurs administrations, ne justifie en rien le gaspillage effectué par nos administrations avec de l'argent Public. C'est quand même une bien curieuse façon de justifier cela.

    La disparition des gares ou il y a 2 arrêts par semaine, de postes ou il y a 200 habitants, de maternités perdues mal équipées avec quelques dizaines d'accouchements par an sont souhaitables car ces moyens mieux ciblés et mieux répartis dans un pays ou les ressources sont limitées seront bien plus productives en terme de services pour un plus grand nombre, ailleurs.

  • #10

    anartien (vendredi, 22 février 2013 14:54)

    MERCI à Horror et Flikefrog.
    @frederichlist: comment pouvez vous justifier que certains exigent d'être servis à domicile (services dits "publics"), c'est à dire exigent des autres qu'ils financent leurs caprices de demeurer là où bon leur semble et dont la rationalité économique voudrait qu'ils partent ? Pourquoi faire des contribuables leurs serfs ?

  • #11

    furious (vendredi, 22 février 2013 17:35)

    Pourquoi ne pas privatiser complètement certains services publics? A l'image de l'eau en France et ses scandales? Ou de l'électricité comme aux Etats-Unis et la vétusté de son réseau? Ou des chemins de fer en Angleterre? Pas la peine de citer des références chiffrées, visiblement il n'y en a plus besoin. Que du dogme et c'est tout.

  • #12

    Horror (samedi, 23 février 2013 08:13)

    Mais oui Furious, tout ça on le connaît les syndicats concernes nous sortent cela en boucle pour justifier que l on ne fasse surtout rien et que sans eux ce serait la fin du Monde.
    On peut aussi parler des chemins de fer japonais, de la distribution d électricité en Allemagne, ou même de France Telecom chez nous. Serait il devenu ce qu il est aujourd'hui hui si on en était reste au PTT? Les syndicats concernes, pythie modernes, nous avaient pourtant annoncé un désastre a l époque.

  • #13

    furious (samedi, 23 février 2013 18:27)

    Mais oui, Horror, vous posez une question sur les PTT à laquelle peu savent répondre, un coup dans l'eau donc avec cette technique du "si" impossible à vérifier.

    Entre exemples et contre exemples, on peut continuer encore longtemps, bien que je ne résiste pas à l'idée de citer TEPCO au Japon, pour la route. La question est de savoir quelle mission de service doit être assurée par ces transferts d'activité entre public et privé (sans être défavorable, malgré les apparences). Ce qui, visiblement, n'est pas votre priorité, puisque vous n'en avez pas parlé jusqu'à présent, à moins que vous ne me détrompiez.

    Une question par laquelle on peut réellement discuter : du point de vue de la qualité de service, vaut-il mieux employer un peu plus de personnel dans une société/administration à logique (semi-)publique, ou reverser 10% de dividendes par action à des sociétés privées s'attachant à réaliser des profits maximums, ou?

  • #14

    FlikeFrog (dimanche, 24 février 2013 02:27)

    @Theux

    Merci d’avoir pris le temps de me répondre. Voici mes observations, numérotés dans l’ordre des points que vous soulevez.

    1 - Si la déflation salariale est ‘’une direction dans laquelle nous emmène le gouvernement’’ et donc un évènement futur le lien de causalité que vous établissez avec la stagnation actuelle de la consommation est incorrecte. La manière que vous avez d’interpréter politiquement et sélectivement des statistiques frise à mon sens la malhonnêteté intellectuelle. Je le dis sans volonté de vous offenser mais je pense qu’on devrait se garder de tirer des conclusions hâtives sur la base de statistiques qui reflètent les influences d’une multitude de facteurs d’un coté et la mise en œuvre de politique dont les effets s’étalent sur des années de l’autre. Comme vous le soulignez l’Allemagne fait partie des pays qui ont pratiqué cette déflation salariale par le passé et c’est aussi celui qui a le mieux résisté à la crise (et évité une bulle immobilière). Quant à la Grèce et l’Espagne vous parlez évidemment de l’évolution sur ces dernières années car c’est exactement le contraire qui s’est produit pendant la période qui précède la crise.

    2 – Je comprends qu’on compare le salaire médian au salaire moyen pour ce qui est d’évaluer l’évolution des inégalités mais je ne vois pas en quoi c’est pertinent pour ce qui est de tisser un lien avec la consommation. Imaginons que le revenu des 50% les plus riches augmente et que celui des 50% les plus pauvres reste stable, dans cette situation le revenu médian sera inchangé alors qu’il paraît évident que la consommation bénéficiera de l’enrichissement des 50% les plus riches (toutes choses restant égales par ailleurs). Sur l’inégalité en France j’ai déjà posté pas mal de liens faisant référence à une multitude d’indicateurs et montrant que la vision d’une explosion des inégalités en France due à la mise en œuvre de politiques libérales est tout simplement fausse (malgré une augmentation modeste sur les dernières années). En voici une autre qui montre que ces inégalités ont crû significativement pendant les 30 Glorieuses :
    http://ces.univ-paris1.fr/membre/canry/Fichiers%20Histoire%20Economique%20Contemporaine/Chapitre%203.pdf

    3 - Sur la propension marginale à consommer je pense que l’analyse de Krugman que vous avez commentée récemment établit clairement et brillamment que votre affirmation est incorrecte. Je vous renvoie donc à votre propre lien : http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/01/20/inequality-and-recovery/
    La comparaison internationale est encore plus parlante: la distribution des revenus aux US est beaucoup plus favorable aux riches pourtant la consommation représente environ 70% du PIB contre 55/60% en France.

  • #15

    FlikeFrog (dimanche, 24 février 2013 02:30)

    suite - toujours à Theux

    4 – La théorie de l’anticipation des recettes telle que vous la formulez est incorrecte dans la mesure ou les comptes d’une entreprise comporte plus que la ligne ‘’chiffre d’affaire’’. Plus bas vous trouverez les coûts de production, les taxes et les intérêts (qui incluent le risque souverain + un spread pour l’entreprise) et qui sont des comptes susceptibles d’être impactés directement et indirectement par les dépenses de l’Etat ou une augmentation des salaires. Ce qui intéresse l’entreprise c’est le retour sur investissement, pas l’évolution du chiffre d’affaires.

    5 – L’austérité est indéniablement dans l’air du temps et dans les discours, je n’en vois juste pas la transcription dans les chiffres que vous citez. Il y a des degrés et des phases dans l’austérité et il est bon d’en prendre note. En 2012 la dépense de consommation publique a continué d’augmenter plus rapidement que le reste de l’économie. Cela étant, en soi je ne suis pas opposé à l’idée de relance contra-cyclique. Il faut juste en avoir les moyens et la gérer de manière efficace.

    6 – Quand à mon analyse de la dépense publique je crois que vous faites ici l’hypothèse que j’y suis opposé par principe ou que je considère qu’elle n’est pas créatrice de richesse. Ce qui n’est pas mon cas. Cependant en pratique la question formulée par Horror à propos du retour sur investissement de la dépense publique est fondamentale. Il est frappant de voir que les hérauts de la dépense publique sont généralement beaucoup plus discrets sur le thème de la modernisation de l’Etat et de l’analyse de la performance du secteur public.

    7- Je pense personnellement que l’interdépendance des économies créée par les échanges commerciaux et financiers est un facteur crucial de pacification d’un point de vue géo-politique. D’ailleurs la coopération internationale face à la crise a été beaucoup plus étroite que dans le cadre des précédents historiques. Sauf à ce que vous me prouviez le contraire sur la base d’exemples concrets, à mes yeux protectionnisme et nationalisme vont de pair. Quand au sort des travailleurs dans certains pays émergents il est effectivement déplorable mais aussi le fruit des politiques mis en œuvre par ces Etats pour sortir d’une situation encore plus accablante.

  • #16

    Horror (dimanche, 24 février 2013 08:08)

    @ Furious
    J aime bien vos comparatifs pas du tout fallacieux, ni malhonnêtes du style :
    "Alors Gérard, tiou prefer 2 Josianes de plus à la compta ou que ce salaud de Robert file 10% de dividendes supplémentaires?" Pas du tout caricatural ne serait ce que sur les valeurs employées.
    Et c est même encore plus tordu que cela puisque vous associez avec vos gros sabots Public et Privé. L équation finale donnant :
    "Alors Gérard, tiou prefer 2 Josianes de plus au service du temps qui passe pas vite vu qu y a rien a faire ou que ce salaud de Robert file 10% de dividendes supplémentaires?"

    C est sur ces associations foireuses ne sont pas très honnêtes. On mettra ça sur le dos de la déformation professionnelle.

    Sur le fond, ayant le respect de toutes les Josianes, je ne vois pas pourquoi je les embaucherai pour ne rien faire, par pure charité ou pitié mal placée, s il n y a pas de boulot effectif. Visiblement vous trouvez normal que des gens soient payés a ne rien faire. C est une vision spécieuse et pas très morale, surtout concernant de l argent Public qui en fait sert un individu plutôt que la collectivité. Cependant je pense que vous avez raison et ne fait que renforcer mon argumentation sur la non capacité de l État a transformer ses moyens en croissance et donc un emploi durable ou pérenne.

    Sur les 10% de dividende, ça ne me pose aucun problème non plus. L essence d une entreprise est de faire de l argent, si elle n en fait pas elle meurt petit a petit et tous ses emplois avec.

  • #17

    LaurentL (dimanche, 24 février 2013 12:06)

    @Horror
    Pour les réponses fallacieuses et malhonnêtes aux Josiane que vous connaissez visiblement bien, relisez-vous.
    La question est et reste : du point de vue de la QUALITE DE SERVICE, vaut-il mieux employer un peu plus de personnel dans une société/administration à logique (semi-)publique, ou reverser 10% de dividendes par action à des sociétés privées s'attachant à réaliser des profits maximums, ou?

  • #18

    diojaime (lundi, 25 février 2013 10:42)

    les pollueurs du blog se déchaînent afin d'avaliser leur théorie barbare sacralisant la dominance et le pouvoir de l'argent...

  • #19

    jerome (lundi, 25 février 2013 12:07)

    Si on mène à bien les politiques d'économies d'énergie (isolation des batiments, réduction du traffic routier,...)on aura un PIB en baisse. Quelle conclusion en tirer?

  • #20

    diojaime (lundi, 25 février 2013 15:25)

    voici les propos de Roberto Lavagna, ancien ministre de l'Economie argentin:

    L'ancien ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna, a sorti son pays de la crise en 2002, en se passant des services du FMI. Il préconise la même solution pour la Grèce.
    Recueilli par Gérard Thomas, à Buenos Aires
    L'ancien ministre de l'Economie argentin Roberto Lavagna, 69 ans, est le principal artisan du redressement de l'Argentine engluée dans une terrible crise économique il y a dix ans. Lorsqu'il prend ses fonctions, en avril 2002, le peso vient d'être dévalué de 70%, le pays est en cessation de paiement, la dette privée s'élève à plus de 72 milliards d'euros, l'inflation annuelle flirte avec les 125% par an, le chômage explose, les petits épargnants sont ruinés et les troubles sociaux ont déjà fait plus de 30 morts dans le pays. Cet ancien ambassadeur auprès de l'Union européenne décide immédiatement de se passer de « l'aide » du Fonds monétaire international (FMI) et des marchés financiers. Quelques pistes à suivre pour la Grèce.



    Quelles sont les grandes similitudes entre la crise argentine de 2001-2002 et la crise grecque ?

    Au plan économique, tout est semblable. L'Argentine avait établi une parité fixe entre le peso et le dollar, la Grèce est ficelée à l'euro, perdant ainsi le contrôle de sa monnaie. Un taux de change fixe associant des pays à forte productivité et d'autres dont la compétitivité est beaucoup plus faible ne peut qu'engendrer une crise. La Grèce est déjà dans sa quatrième année de récession, l'Argentine l'était également. Le déficit fiscal, le déficit des comptes courants, la chute vertigineuse du PIB, l'endettement, l'explosion du chômage... toutes les grandes données macro-économiques sont similaires. En revanche, la situation sociale de la Grèce est bien meilleure que celle de l'Argentine à l'époque. Au plan institutionnel, l'Argentine était par ailleurs un pays isolé alors que la Grèce fait partie de l'ensemble économique le plus puissant du monde.

  • #21

    diojaime (lundi, 25 février 2013 15:26)

    suite...
    Comment avez-vous tiré l'Argentine du chaos ?

    Dès mon entrée en fonction, en avril 2002, j'ai décidé de changer radicalement notre manière de penser la sortie de crise.. Le mois suivant, j'étais à Washington pour rencontrer les dirigeants du Fonds monétaire international et leur expliquer que nos rapports allaient s'en ressentir. Depuis le début du marasme économique, en 1998, nous avions déjà eu deux programmes du Fonds pour un total de 51 milliards d'euros. Les deux ont été des échecs retentissants et certaines voix s'élevaient pour demander une troisième tournée de quelque 17 milliards supplémentaires.

    Je n'ai pas voulu suivre cette voie et j'ai expliqué au Fonds que nous ne voulions plus de prêt et que nous sortirions seuls de la crise. La seule chose que j'ai demandé était un roll over partiel de toutes les échéances. Je me suis également engagé à payer les intérêts de la dette et une partie du capital. Mais pas tout et pas tout de suite. Cette position était tout simplement impensable pour le FMI car nous affichions notre volonté de fixer nous même notre propre politique économique. J'ai du leur expliquer trois fois de suite ma position avant qu'ils finissent par comprendre. A partir de là nous avons arrêté de soutenir financièrement les banques alors que le FMI nous l'imposait, exigeant même que nous privatisions la Banque de la Nation. Mais comme nous étions sorti du jeu, le Fonds n'avait plus de moyen de pression sur l'Argentine!

    Vous avez donc oeuvré contre le FMI et vos principaux créanciers ?

    Le sorties de crise se font en dehors des chemins tracés par le FMI. Cette institution propose toujours le même type de contrat d'ajustement fiscal qui consiste à diminuer l'argent qu'on donne aux gens - les salaires, les pensions, les aides publiques, mais également les grands travaux publics qui génèrent de l'emploi - pour consacrer l'argent économisé à payer les créanciers. C'est absurde. Après 4 ans de crise on ne peut pas continuer à prélever l'argent aux mêmes. Or c'est exactement ce qu'on veut imposer à la Grèce! Tout diminuer pour donner aux banques. Le FMI s'est transformé en une institution chargée de protéger les seuls intérêts financiers. Quand on est dans une situation désespérée, comme l'était l'Argentine en 2001, il faut savoir changer la donne.

    Selon vous les plans d'austérité et de rigueur ne sont pas nécessaires mais c'est pourtant ce qu'on impose à la Grèce...

    A tort car l'argent prêté risque de ne jamais être remboursé et le déficit fiscal grec est plus élevé aujourd'hui qu'avant la première injection d'argent frais. Ce sont les mêmes éternelles erreurs. C'est le secteur financier qui impose sa manière de voir les choses au monde entier. On préfère sauver les banques plutôt que les gens qui ont des crédits immobiliers à rembourser. La première chose qu'on a faite nous, c'est de rallonger les échéances pour les propriétaires endettés. Les fonctionnaires du FMI nous ont alors dit que nous violions les règles essentielles du capitalisme! Ils oubliaient simplement que des gens ruinés ne consomment plus, ce qui obère une relance par la croissance.
    Au lieu de payer les banques, la Grèce devrait investir dans l'éducation, les sciences et la technologie, financer des infrastructures et récupérer ainsi une certaine productivité, ne serait-ce que dans les secteurs des services ou du tourisme.

    Vous devez avoir beaucoup d'ennemis chez les banquiers...

    Ils me détestent! Ce qui ne les a pas empêché de frapper à notre porte pour nous prêter de l'argent 48 heures exactement après que nous avons terminé la restructuration de notre dette en 2005! Or j'ai refusé ces offres intéressées en leur répondant que nous ne reviendrons pas sur le marché financier avant 2014 car nous n'en avons plus besoin. Pourquoi 2014, simplement parce qu'a cette époque la dette sera seulement de 30% du PIB, la moitié des critères européens de Maastricht! Je pense qu'un pays comme l'Argentine ne doit pas être tout le temps présent sur le marché financier. C'est un risque beaucoup trop grand d'augmenter à nouveau la dette. Le problème c'est que ce sont les banquiers eux-mêmes qui estiment qu'il est positif pour l'image d'un pays d'emprunter à l'international. Il est clair que si je vendais des tomates, je trouverai très bien qu'on en mange! Eux ils vendent de l'argent.

  • #22

    FlikeFrog (mardi, 26 février 2013 00:32)

    Et voici quelques informations sur l'inflation en Argentine en ce moment:
    http://www.myfoxny.com/story/20958959/argentina-freezes-prices-to-break-inflation-spiral

    10% par an officiellement, 20% selon certains économistes et le pays est accusé de manipuler les chiffres officiels. Ils en sont a imposer un blocage des prix dans les supermarchés!

    Je suis curieux de voir ce que ça va donner.

  • #23

    Horror (mardi, 26 février 2013 08:18)

    @ Diojaime Champion du ctrl+C ctrl+V
    Je croyais que c'était un site de réflexion, pas du scapbooking. J'ai du me tromper.

    Pour le merveilleux modèle argentin issu de la corruption de la Dictature des généraux. La résolution des problèmes s'est passée tout en douceur avec près de 25% de chômeurs, près de 60% de la population sous le seuil de pauvreté ,l'ensemble des avoirs gelés (et disparus avec l'inflation galopante), un recul du PIB de plus de 20%, des salariés et des fonctionnaires plus payés ou en monnaie de singe... le retour à l'age de pierre ou pas loin.
    C'est sur que c'est clairement la bonne issue quand on est aussi nul en économie!!!

  • #24

    diojaime (mardi, 26 février 2013 11:01)

    ce qui est intéressant à observer en argentine c'est la stratégie économique de sortie de crise menée par Roberto Lavagna en 2002.
    à présent, est ce que la crise argentine est pire que la crise grecque?

  • #25

    TeoNeo (jeudi, 28 février 2013 19:59)

    Il me semble que ce que decrit "Horror" sont les conséquences de la crise financière de 2000 à la fin de leur période de néolibéralisme FMIesque.

  • #26

    TeoNeo (jeudi, 28 février 2013 20:45)

    Pour la deflation salariale il faudra encore attendre les effets du "pacte de compétitivité", un cadeau de plus aux actionnaires sur le dos des salariés.

    De toutes façons la deflation existe deja sous l'effet de l'immobilier.
    Nos apprentis esclavagistes qui pretendent que les salariés français sont gatés oublient systématiquement la hausse du cout du logement, bien supérieure à l'Allemagne.

  • #27

    FlikeFrog (mercredi, 06 mars 2013 01:38)

    @ Diojaime - A la lecture de diverses articles économiques sur le sujet c'est effectivement, semble-t-il, un bel exemple de succès de politiques économiques "hétérodoxes" même si la question de la pérennité de ce succès reste entière au vu des menaces que représente l'inflation galopante.

    Bon article dans votre sens sur le blog Seeking Alpha intitulé Argentina: A Serious Challenge To The Euro And Economic Orthodoxy.

    Quand l'application d'une telle stratégie dans le contexte de l'UE c'est une autre question.

  • #28

    diojaime (mercredi, 06 mars 2013 20:48)

    @FlikeFrog
    pour certains (notamment les instituts provinciaux) l'inflation serait de 25% par an et pour les autres (le gouvernement,l’Indec) seulement de dix, qui croire?
    il s'agit maintenant pour le pays de maîtriser son inflation.
    quelle sont les recettes?
    l'indexation des prix?
    même si ce pays est encore en difficulté économique, l'exemple argentin a le mérite de montrer qu'en sortant du joug FMIesque il voit poindre à l'horizon une petite lueur d'espoir.
    affaire à suivre...

  • #29

    Karg se (jeudi, 18 juillet 2013 10:25)

    "une croissance infinie dans un monde fini est non seulement le délire d'un économiste ou d 'un fou , mais plus encore une impossibilité autant mathématique que physique Sauf qu'on est très très loin d'avoir atteint la "finitude" du monde. Les rendements agricoles continuent de monter, la production d'énergie massive sans pétrole est possible, bref on se demande bien où sont ces limites. Au début XIXème le charbon de bois était indispensable pour faire de l'acier de qualité, puis on a inventé la coke, maintenant on peut en faire avec du biogaz (méthane). Partout des solutions techniques apparaissent et repoussent les limites. Le mercure était censé être épuisé des les années 50-60, on a supprimer beaucoup d'usage et recyclé, aujourd'hui on a 90 ans de consommation... D'autre part toute ces estimations minières sont au prix du marché actuel: on a 80 ans d'uranium de mine, 250 ans si on l'extrait des phosphates, plusieurs millions d'années si on extrait celui de l'océan. Idem pour le titane, la Lune en est gorgé, c'est pas loin. Bref le concept de monde fini est un concept d'esprit étriqué.