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2013

Populisme : la fable néolibérale

Beppe Grillo
Beppe Grillo

25 février dernier : la terre vient à nouveau de trembler. Le séisme est cette fois en provenance d’Italie. Le monde néoliberal ne vit plus. Il cherche à survivre face à des crises qui deviennent inéluctablement de plus en plus violentes. Après Athènes et Madrid, le sud de l’Europe poursuit son embrasement. Les peuples rejettent un à un les gouvernements « austéritaires ». Les Italiens ont laissé Mario Monti à 10 %, ce qui est déjà beaucoup trop. Les ayatollahs du néolibéralisme voient leur modèle s’écrouler sous leurs yeux. L’éclair de lucidité ne vient pas, alors ils se défendent comme ils peuvent et s’accrochent à un mot : populisme.

Dans la diatribe néolibérale, nous connaissions par cœur le « There is no alternative » de Margareth Thatcher qui lui avait permis d’imposer ce modèle économique au Royaume-Uni. Le concept était simple. Afin de convaincre les britanniques d’adopter un modèle dont les vertus étaient largement discutables, il suffisait de les convaincre de l’impossibilité d’adopter un modèle alternatif. Un tel procédé n’a aucune noblesse mais il a démontré son efficacité en jouant sur la résignation des citoyens.

 

Dans la même veine, les néolibéraux nous sortent un système identique consistant à discréditer toutes les alternatives potentielles au système en place en traitant leurs auteurs de « populistes ». L’idée est simple et permet d’éviter tout débat puisque la simple utilisation de ce terme permet de discréditer un adversaire.

 

La mise en place d’un protectionnisme permettant de lutter contre des politiques de dumping social, environnemental ou fiscal ? Populisme. La renégociation de la dette basée sur des cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés ou sur le renflouement de banques aux comportements prédateurs ? Populisme. Une meilleure répartition des richesses pour faciliter une croissance stable et durable ? Populisme. La liste est loin d’être exhaustive. Le coup est imparable.

 

Les élections italiennes en ont été une magnifique illustration. BFMTV qualifie Beppe Grillo de « populiste populaire ». L’Express évoque « la montée du candidat populiste » et Attali parle d'un « populisme incertain ». Le Nouvel Obs franchit allégrement les limites de l’entendement en évoquant « une Italie submergée par une vague populiste » ou encore «  le populisme antisystème de Grillo qui n’est pas sans rappeler celui de Berlusconi voire de … Mussolini ».

Mario Monti
Mario Monti

Tout est permis. Les limites n’existent plus. Il s’agit de trainer dans la boue l’objet du problème pour lui enlever tout crédit. Imaginons simplement que ces termes aient été utilisés à l’égard de « l’excellent gestionnaire » qu’est Mario Monti ou du « très sérieux » Mario Draghi. Une levée de boucliers s’en serait suivie. Pourtant il est loin d’être certain que Beppe Grillo soit plus extrémiste que ses deux compatriotes, qui s’obstinent à plonger l’Italie et l’Europe dans une rigueur mortifère.

 

En réalité, il s’avère que les médias dominants jouent la même partition que des supporters de football qui sont prêts à tout pour défendre leur équipe même à justifier l’injustifiable. Car au fond sur quelles idées Beppe Grillo a-t-il réussi cette percée électorale ? Le rejet du monde politique qui a lâchement abandonné son pouvoir au monde économique. L’indépendance de façade de la presse qui appartient largement aux grands argentiers. La renégociation de la dette italienne. La sortie de l’Euro. Il ne s’agit que d’idées de bon sens, qui sont au cœur des préoccupations des Italiens et auxquelles les dirigeants politiques font la sourde oreille. Beppe Grillo ne fait que redonner la parole au peuple et c’est sans doute pour cela qu’il se retrouve qualifié de « populiste » par des personnes dont les intérêts vont à l’encontre de ceux du peuple italien.

 

La bonne nouvelle est que l’influence des médias sur les Italiens décroît de plus en plus. La percée de Grillo en est la parfaite illustration. En s’enfonçant dans la crise, le pays va rapidement établir ses priorités, au sein desquelles la fin du néolibéralisme figurera assurément en tête de liste.

 

Theux

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Commentaires : 21
  • #1

    FlikeFrog (mercredi, 06 mars 2013 00:42)

    On ne devrait JAMAIS douter de la clairvoyance du Peuple italien.

    Après tout ces mecs là ont maintenu près de 10 ans au pouvoir Silvio Berlusconi, une longévité inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale, et cela en dépit même des caricatures grossières véhiculées par les tenants de la Pensée Unique à son encontre.

    Un homme admirable, voilà ce qu'était Berlusconi. Et les Italiens réaffirment à chaque élection qu'ils sont un grand Peuple. Visionnaire, moderne, porteur de la relève d'un système Ultra-libéral en faillite. La sève d'un monde nouveau, tout comme ces deux autres modèles de développement social et économique que sont la Grèce et l'Espagne.

    En plus ils ont des belles lunettes de soleil. Ca compte aussi comme argument.

  • #2

    captp (mercredi, 06 mars 2013 11:49)

    "Le début de la sagesse est d'appeler les choses par leurs propres noms."

    Effectivement la manipulation du langage est efficace pour maintenir les gens dans une confusion permanente, et pouvoir défendre tout et n'importe quoi. Par contre, une telle chose n'est possible que par la propagande de masse, c'est à dire à notre époque par les médias. Donc, toute tentative de lutte sur le terrain politique est vouée à l'échec, si l'on a pas préalablement contrecarrer le système de propagande et retrouvé une liberté de penser minimale. L'internet libre et la décentralisation massive de l'information est à mon avis la seule voie encourageante.

  • #3

    Lilla (mercredi, 06 mars 2013 14:34)

    @captp J'aimerais que l'internet libre existe vraiment mais meme sur ce site j'ai vu mes interventions effacées.

  • #4

    Briand (mercredi, 06 mars 2013 17:23)

    Et la fable de la paille et de la poutre vous connaissez?

  • #5

    Jos Le Fur (mercredi, 06 mars 2013 18:26)

    Excellent texte de THEUX. Merci.
    @ CAPTP : de qui est la citation "Le début de la sagesse est d'appeler les choses par leurs propres noms." ? Une bonne pensée du jour à méditer.

  • #6

    Jard (jeudi, 07 mars 2013 00:40)

    "Populisme" ne me paraît^pas lié au néolibéralisme, j'ai entendu Noël Mamère l'employé. Les Européistes doivent l'employer aussi.

  • #7

    frederichlist (jeudi, 07 mars 2013 04:00)

    @lilla vos interventions effacées ? il n'y a pas de modération, il faut m'expliquer...

  • #8

    Georges Lagarde (jeudi, 07 mars 2013 10:07)

    Ne pas confondre populisme et démagogie, c'est ce qu'explique justement Dario Fo sur ce blog:

    http://www.beppegrillo.it/2013/03/poco_prima_della_rivoluzione_-_dario_fo.html

  • #9

    Valocero (jeudi, 07 mars 2013 10:16)

    Ce message fait assurément parti des plus ridicule que j'ai pu lire !! Mais vous aurez la réplique facile, à n'en pas douter : me traitant de néo-libéral, vous pourrez, vous aussi , vous adonnez au plaisir de clore tout débat !!

    En tout cas merci de l'analyse de comptoir qui ne tient jamais compte des échanges entre pays, des flux économique, bref, d'aucune données sérieuse ! Ce n'est pas la première fois que ce genre de système est discuté, et que des gens s'y intéressent, mais tant que vous ne me montrer pas qu'un pays peut vivre en autarcie, vous vous exposerez :
    -A des rétorsions économiques des pays qui nous fournissent des matières. Après tout, le protectionnisme est une forme d'agression, on sait très bien que nous, Français, on voit d'un mauvais oeil les chinois privilégier leur entreprise (et nous empêcher de faire vendre les notre)
    -A des vrais problème de concurrence. Si Orange a longtemps peiner face à Free, c'est qu'il était sans concurrence jusqu'à présent, et qu'il n'était absolument pas performant dans ses process! Après, si on veut des entreprises qui vendent uniquement pour des français, pourquoi pas, mais il faudra alors empêcher aussi les achats à l'étranger, etc.
    -A des problèmes de pouvoir d'achat! Comme dit plus haut, il y a encore beaucoup de produits qui viennnent hors de france! Proteger donc les exportations en dévaluant la monnaie, et vous verrez combien vous payerez le moindre objet "technologique" qui sont à 90% fabriqué dans les pays asiatiques...

    Bref, l'économie est une science aussi aléatoire que la météo, mais il y a au moins de grand principe que vous pouvez anticipez !

    Quand a votre diatribe sur le droit régalien, et le fameux pouvoir politique versus le pouvoir financier, ma réponse est encore plus simple : Préférez vous qu'on vienne vous voir pour vous demandez un travail en vous payant ? Ou qu'on vienne vous voir en vous y obligeant par une loi, par la force ou par décision de justice? La différence, elle est juste là : la politique n'a aucun droit sur le travail proprement dit, il ne créé pas de richesse, et ils n'ont pas les moyens de subvenir à mes besoins! A partir de ce moment là, oui, la loi du marché est ce qu'il y a de plus objectif concernant le travail! Et même si on peut l'encadrer de diverses manières pour éviter les abus, le politique ne remplacera JAMAIS le financier, à part dans les dictatures !!

    Allez ciao, et bon rêve!! Le réveil risque d'être dur!

  • #10

    captp (jeudi, 07 mars 2013 10:48)

    @Jos Le Fur
    Je connais cette phrase en tant que proverbe chinois.

    @Valocero
    Vous avez immédiatement remplacer protectionnisme par autarcie. Merci d'illustrer aussi bien ce dont il est question dans cet article.

  • #11

    Concombre masqué (jeudi, 07 mars 2013 12:58)

    @ Valocero. Et aux autres.
    Tout d’abord je ne suis pas économiste. Il ne devrai donc pas être trop difficile de me lcouer le bec, mais bon ca ne m’empêchera pas de parler.
    Je me contente simplement de regarder le monde et de constater :
    1) Protectionnisme n’est pas autarcie
    2) Seul nous pauvres idiots européen jouons je jeu du grand marché libre mondial. Las plus part des autre grands de ce monde ne jouent pas le même jeu.
    3) Protectionnisme entraine rétorsion => voyons un peu qui faut du protectionnisme et quelles furent les sanctions : Chine (Qui subventionne allègrement son industrie du pneus par exemple) Rétorsion ? ...Brésil (Taxe sur tout les produits importés de 100 %) Rétorsion ? ...
    3) Protectionnisme et emploi. Non je ne suis pas économiste. Je suis programmeur. Quand j’ai étudié on me disait « fait des bonnes études, tu aura un bon travail » … Ha Ha ha Mon entreprise délocalise à tour de bras vers l’Inde… Que dois-je dire à mes enfants… Faites de bonnes études mais y’aura toujours quelqu’un quelque part en Asie qui fera le même travail pour bien moi cher ? Comment pouvoir rester compétitif par rapport à un ingénieur en Inde qui est aussi bien formé qu’un européen mais dont les nécessité de vie sont bien moindre. Non Valocero, ca ne se résume pas seulement à un problème de « process » (seul un manager aux idées aussi étroites que sa cravate peu encore le croire) Et quand bien même ! Une fois le process amélioré il faudra combien de temps pour que ces améliorations soient aussi implémentées au 4 coin de ce vaste monde ?
    Alors continuons sur la lancée de la mondialisation, prenons exemple sur le modèle allemand ce pays champion de l’économie…
    Le dernier rapport sur la pauvreté du Bundestag est affligeant ! Dans le classement des foyers les 10% « du haut » détiennent 53 % des richesses. Quand 50% des foyer allemands (ceux du bas de classement) se partagent 1 % des richesses. ( je devine de quel coté vous vous situeriez) En 2003 c’était 3%. Dans ce beau pays 14 à 16 % de la population son menacé de sombrer dans la pauvreté (en plus de ceux qui y sont déjà)! C’est le prix à payer pour pouvoir être concurrentiel sur le marché mondial qui lui applique le protectionnisme.
    Alors oui ne faisons pas de protectionnisme pour que le prix du « moindre objet "technologique" » reste bas. Mais franchement combien de nos compatriotes qui doivent fouiller le fond de leur porte monnaie pour acheter un paquet de pâtes s’inquiètent du prix du dernier IPhone?
    Valocero, faite donc un peu de bénévolat et aller côtoyer la précarité. Je ne suis pas certain que cela change vos priorités mais au moins vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

  • #12

    Reivilo (jeudi, 07 mars 2013 19:52)

    @ FlikeFrog : si vous en avez l'occasion ou la possibilité (nécessite un abonnement), regardez l'excellente émission de arretsurimage.net consacrée à ce sujet.
    Jusqu'à présent c'est l'une des rares analyses pragmatiques et pédagogiques que j'ai pu voir sur ce sujet.

  • #13

    Horror (jeudi, 07 mars 2013 22:57)

    Salut les cigales car on est bien dans la fable de la cigale et de la fourmi.
    Bon enfin on a quelques tuyaux concrets sur votre Monde idéal de demain.
    Reprenons donc dans l ordre les Saints écrits et traduisons.

    1/ "protectionnisme permettant de lutter contre des politiques de dumping social, environnemental ou fiscal"
    Alors vous vous offusquez quand certains traduisent cela en autarcie. Nous serions chinois ou américains, on pourrait être d accord avec vous. Mais nous sommes français et nous ne faisons économiquement peur à personne (contrairement aux 2 autres) avec notre fromage et notre pinard. Et encore ce dernier prend le même chemin que notre industrie, le néant. Et ce ne sont pas les autres les coupables, c est nous avec notre politique anti dumping en chargeant nos entrepreneurs et salaries avec des charges sociales, environnementales et fiscale qui les ont définitivement disqualifiés.

    2/" La renégociation de la dette basée sur des cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés ou sur le renflouement de banques aux comportements prédateurs"
    Quand on est une des démocraties ou la pression fiscale est une des plus élevées, parler de cadeaux fiscaux frise le ridicule, sauf si pour vous la spoliation doit être la règle. Dans ce cas la, soyons clairs et ne parlons plus de démocratie.
    Quant à la dette, pourquoi ne pas demander des comptes a nos politiques qui ont dépensé sans compter depuis 30 ans en pure gabegies pour des raisons de carrières, sans parler des détournements crapuleux tellement les affaires pleuvent? A un moment donne il faut passer a la caisse d une façon ou d une autre.

    3/ "Une meilleure répartition des richesses pour faciliter une croissance stable et durable"
    On reparle de spoliation des cigales travailleuses, courageuses et entrepreneuses vers des fourmis moins travailleuses, moins courageuses et moins entrepreneuses, croyant en plus que cela générera une croissance magique. Sauf que plus la fourmi en aura, moins elle en fera et plus on prendra à la cigale moins elle en fera également. La solution de cette équation est celle que nous vivons actuellement et s appelle chômage et décroissance.

    Donc vos solutions ne sont pas populistes, elles ne le sont que pour les quelques apparatchiks politiques et syndicaux des 2 extrêmes dont c est le fond de commerce qui les fait bien vivre.
    A votre niveau, c est au mieux de la rêverie naïve, au pire de la bêtise. Au milieu, vous ambitionnez une carrière politique pour ressembler à ces apparatchiks populistes près a broyer ceux qu ils disent défendre par intérêt personnel.

  • #14

    diojaime (vendredi, 08 mars 2013 11:57)

    la cigale elle a chantéé y elle a rien foutouuu y elle a crévéé. y la fourmi elle a beaucoup travaillééé beaucoup fatiguééé y elle a crévéé aussi.
    moralitéé,
    qué t'y travaill ou qué t'y travaill pas t'y crev quand mêm!!

  • #15

    FlikeFrog (dimanche, 10 mars 2013 10:21)

    J'ai bien aimé la question soulevée dans un commentaire un peu plus haut:

    "Comment pouvoir rester compétitif par rapport à un ingénieur en Inde qui est aussi bien formé qu’un européen mais dont les nécessité de vie sont bien moindre?"

    L'information m'a d'abord surpris mais après coup on m'a effectivement confirmé que "les nécessités de vie" des Indiens sont bien moindre que les nôtres.

    En fait la constitution de leur organisme leur permet naturellement de se dispenser de biens des choses qui sont nécessaires à nous autres les occidentaux: il n'ont besoin que d'un repas par semaine, se passent très bien de l'eau courante ou de l'électricité et prospèrent dans l'indigence.

    C'est quand même pratique parce que si ont doit leur dire qu'en fait on n'achète plus leur produits pour favoriser notre industrie j'avais peur qu'ils le prennent mal, qu'ils adoptent des mesures de rétorsion économique, que ça complique les relations diplomatiques et ait des incidences géo-politiques majeures.

    Mais là on est tranquille on peut mettre en place des politiques protectionnistes sans difficulté.

  • #16

    Emynonys (dimanche, 10 mars 2013 22:54)

    Oui, FlikeFrog, c'est facile de se replier sur soi-même en négligeant quelques détails, par exemple que le protectionnisme comme la dévaluation d'une monnaie sont des formes d'agression, économique certes, mais tout de même des agressions qui ouvrent à peu près systématiquement à des réponses dans une mesure comparable (quand ça va bien).

    Les questions que je me pose : le débat, dans les termes où il est posé ici n'est-il pas biaisé ? Parce qu’une réponse aussi radicale que le protectionnisme à des problèmes de développement économique n’est-elle pas sans fond ? La question d’un vrai fédéralisme européen est-elle automatiquement exclue ? La vision d’un capitalisme qui fonctionnait, avec des capitalistes qui n’étaient pas alliés aux patrons, des patrons qui essayaient de ménager leur outil de travail par l’investissement dans la recherche et leurs ressources humaines, c’est aussi complètement hors sujet? Est-ce que ce n’est pas cette alliance entre capitalistes et patrons (avec tous les avantages qu’on connait sous forme de parachutes dorés, salaires mirobolants et compagnie) qui tirent les revenus des salariés vers le bas ?

    Bref, mon sentiment à lire cet article et celui sur le libre-échange qui représenterait une menace pour la République est qu’ils passent largement à côté de problèmes de fond pour s’enliser dans des extrémités, et qu’ils sont finalement réducteurs alors que le terrain de discussion est beaucoup plus large…

  • #17

    Guadet (mercredi, 13 mars 2013 10:44)

    À cause des trolls, les commentaires se répètent à chaque article, enfonçant celui-ci dans l'oubli : rien ici sur le phénomène Beppe Grillo qui est pourtant intéressant. Je n'ose pas être aussi optimiste que Theux. Grillo peut finir par servir le pouvoir en place en maintenant l'illusion de la démocratie. Son score est-il suffisant pour qu'il lui fasse vraiment peur ?

  • #18

    diojaime (mercredi, 13 mars 2013 18:55)

    très bonne remarque de guadet à propos du leader Grillo.
    quelles sont les motivations de Grillo?
    s'agit-il bien uniquement, de son engagement pour la cause du plus grand nombre?
    ou bien, sans qu'il en soit lui même conscient d'ailleurs, pour l'évolution de sa carrière politique.
    à mon sens, une démocratie ne doit pas prendre le risque, et le leader Grillo doit être rapidement remplacé par d'autres citoyens serviteurs du peuple...

  • #19

    Nebehr (lundi, 18 mars 2013 18:49)

    J'adore la naïveté de certains commentateurs concernant le protectionnisme. Faut-il leur rappeler que des puissances émergentes tels le Brésil ou la Chine appliquent les frais de douane que nous appliquions il y a 30 ans et qu'ils réussissent dans la mondialisation sans doute beaucoup mieux que nous ?
    Faut-il vous rappeler que c'est grâce aux délocalisations dans les pays à bas coût que les entrepreneurs peuvent vendre dans notre pays avec des marges de profit extraordinaires parce que personne ne s'occupe de les taxer ? L'Indien produit et le Français achète, mais c'est le patron qui en profite et qui ramasse des sous !

    C'est l'absence de protectionnisme qui est injuste pour les peuples et pas sa présence. Au lieu d'exploiter deux peuples à moindre frais, le protectionnisme défend un peuple et en oblige un autre à se révolter s'il ne veut pas perdre son emploi... Et le seul qui en fait les frais c'est le capitaliste.

  • #20

    Emynonys (lundi, 18 mars 2013 21:51)

    http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/TM.TAX.MRCH.WM.AR.ZS

    C'est vrai Nebehr, avec un peu moins de 2,5% en moyenne de différence de droits de douane entre la Chine et l'Europe, vous avez trouvé le principal problème. Vous n'êtes pas naïf, vous, au moins.

  • #21

    FlikeFrog (mercredi, 20 mars 2013 01:32)

    Aux protectionnistes,

    Plutôt que de juger le système existant à l'aune d'une alternative à la fois floue et immatérielle laissez-moi vous poser quelques questions pour mieux saisir les contours de votre idéologie:

    C'est quoi les mesures phares que vous préconisez au titre du protectionnisme? Interdire au Français la consommation de produits étrangers parce que cela nuit à l'emploi? Quid de l'automatisation de la production et du progrès technique en général qui sont aussi responsables de la disparition d'une multitude d'emplois. Est-ce qu'il faut les interdire?

    Quelles sont les restrictions et modalités (taxes, quotas, interdictions pures et simples) que vous proposez exactement? et quels sont les critères d'application (cad pour quels produits et services? tous?).

    Par ailleurs compte tenu du fait qu'une énorme partie de nos échanges commerciaux sont intra-européens est-ce que le protectionnisme doit aussi s'appliquer aux produits allemands, grecs, italiens, Belge?

    Pourquoi l'échelon national est-il plus pertinent que l'échelon départemental, continental ou global?

    Quel est le coût du protectionnisme lorsque les autres pays adoptent des mesures de rétorsion? La France doit-elle du même coup abandonner son rôle d'exportateur?

    Et surtout comment évaluez/quantifiez vous le gain potentiel lié à l'augmentation de l'emploi en France et les perte liée 1) au surcout de production du fait d'une main d'oeuvre plus onéreuse, 2) la diminution des exportations 3) la disparition d'économies d'échelle.

    Quels sont les investissements nécessaires pour rapatrier la production et par quels moyens les financer?

    Sur quelles données comparatives basez vous votre analyse? Quels sont aujourd'hui les Etats développés qui prospèrent sur la base de politiques protectionnistes?

    Quelle est le rôle de la concurrence dans vos politiques? Est-ce qu'il faut anéantir toute concurrence puisque celle-ci aboutit forcement à favoriser les acteurs qui offrent le meilleur rapport qualité/prix et donc contrôlent leur couts de main d'oeuvre?

    Merci d'avance.