jeu.

07

mars

2013

Le libre-échange menace la République

L'articulation entre la limitation du libre échange et l'exercice de la République, quoique fondamentale, demeure trop peu explorée par la pensée anti-libérale. Trop souvent, la théorie protectionniste se limite à sa composante économique axée sur la lutte contre les multiples formes de dumping que la mondialisation (Bruxelles en tête) autorise. Cette critique est, il faut le dire, absolument légitime. Pour autant, si elle s'avère être une condition nécessaire, elle est également non suffisante, exposée de plein fouet à la broyeuse médiatique vulgarisatrice, de tendance libérale et à la controverse permanente sur la seule efficacité ou non de telles mesures ( comment faire ? Rétorsions ?...). En se plaçant sur le terrain exclusivement économiciste, la pensée anti-libérale demeure complexe à expliciter et de fait, s'expose à la caricature des pourfendeurs grotesques de l'autarcie, du repli nationaliste, germanophobe et disons le, de la guerre.

Afin de mieux faire comprendre l'enjeu d'un plus grand contrôle des flux commerciaux, il est nécessaire de voir en quoi celui ci est l'une des clés pour répondre à la crise politique, morale et sociale qui touche toutes les vieilles nations d'occident.

 

 

Le libre-échange affaiblit la Nation

 

La Nation est l'échelle maximale possible d'exercice de la Démocratie. Pour des raisons historiques, linguistiques, culturelles, scolaires, de solidarité dans la redistribution, elle demeure aujourd'hui la communauté imaginaire dans laquelle se reconnaissent en priorité les français. En régime démocratique, le citoyen vote, localement, nationalement pour des valeurs, des intérêts et symboliquement délègue son pouvoir à ses représentants qui (dans l'idéal) respectent son opinion, l' anticipent parfois...

Voilà pour la théorie.

Or, en s'en tenant à cette seule théorie, qui n'est qu'un socle, on note sans mal que la libre circulation totale des biens et des capitaux a conduit à un effacement sans précédent des pouvoirs effectifs des représentants du Peuples, devenus dans les faits, pareils à des pantins dont la seule politique possible est celle de l'adaptation aux critères les plus souples existants ailleurs, ici en matière d'impôts, là de salaires ou de temps de travail. C'est la fameuse compétitivité, autrefois corrigée par la dévaluation et la raisonnable ouverture commerciale, dont on ne veut plus entendre parler, tant la domination des firmes transnationales semble indépassable.

En somme, la politique sociale a été retirée des mains des élus, légitimes, au profit de celles du Marché, monstre opaque et apatride, modelé par les seules forces de l'argent, qui s'adapte et élimine les plus faibles, implacablement, sans souci aucun pour l'expression du citoyen.

Voilà pourquoi, l'ouverture commerciale et financière ne peut conduire qu'à une seule forme de gouvernement : le pragmatisme de gauche, de droite, et socialement régressif.

 

 

Le libre-échange renforce la « technocratisation » du monde

 

Bien accrochées aux mamelles du libéralisme que sont le Marché et le Droit, les grandes firmes et les lobbies, afin d'organiser leurs intérêts, trouvent dès lors un commode moyen d'assise de leur puissance à travers la constitution de gigantesques machines supranationales UE, FMI, Banque Mondiale, OMC, dont le contrôle échappe en totalité aux Peuples du monde.

A la tête de ces organismes, on trouve les experts, hors sol, parlant plusieurs langues, n'habitant nulle part, et devenus fonctionnaire d'un monde qui ne les a ni élus, ni même demandés, et conspuant avec suffisance, détail notoire, la sur-administration d'États trop dispendieux avec les pauvres.

L'échelle nationale, devenue trop petite en système intégralement ouvert, il faudrait, nous dit-on, s'organiser par le haut, mondialement. Problème, il n'existe pas de démocratie mondiale.

A titre d'exemple, la chimère fédéraliste en Europe ne peut qu'aboutir à une impasse, à moins de continuer sans les Peuples, voie choisie par L'Union Européenne. Il suffit de lire en quels termes Jean Quatremer analyse la possible nomination de Mario Monti à la tête de la droite européenne pour s'en persuader :

 

On caresse ainsi l’idée [à l'Elysée, mais on doute que Jean Quatremer pense différemment] que l’Italien Mario Monti, qui a peu de chance d’être reconduit à la tête de l’Italie, pourrait être cet homme providentiel : issu de la droite sociale qui a montré tout son savoir à la tête de l’Italie, il pourrait être le point d’équilibre politique de l’Union.


« Super Mario », l' « Homme providentiel » qui faisait 10% aux élections. Peu importe.

 

 

Le Régime de l'indécence

 

Ne plus fixer aucune lois, ni barrières restreignant la liberté individuelle, telle est le chemin emprunté par une telle organisation du capitalisme mondialisé. Ainsi, l'accumulation de richesse est sans limite, celui de l'exploitation également ; et si tel pays refuse, un jour de baisser les impôts, le suivant les cotisations sociales sensées améliorer la vie des salariés, l'individu ou l'entreprise non satisfaits iront voir ailleurs, chez le voisin qui lui a déjà baissé son pantalon, dans une concurrence généralisée uniformisante vers le moins disant social.

Indécence partout, alors qu'il est demandé aux plus modestes de rester bien sage devant les politiques impuissants à faire respecter leurs maigres programmes politiques, ou une décision référendaires, présurés qu'ils sont de l'extérieur, la Commission, les agences de notations, l'Allemagne...etc.

En contexte périlleux, le vide béant laissé par le politique, ayant perdu par choix idéologique sa souveraineté politique en même temps qu'il lâchait les commandes économiques, n'augure rien de bon.

 

Oter toute décision au citoyen, toute perspective de changement

 

Thatcher l'avait voulue ainsi, l'Europe est aujourd'hui sans alternative.

Prisonnière de l'euro, de l'austérité programmée pour les 10 années qui viennent, elle est aujourd'hui régie par la convergence de tous sur les standards d'Allemagne, qui par la puissance de son économie force les pays méditerranéens à un alignement pour lequel ils n'ont jamais voté.

De façon spectaculaire, le fossé se creuse entre le Nord et le Sud et menace sinon la paix entre les Nations, du moins le stabilité interne dans certains États déjà fragiles.

Cette montée des « populismes » est consubstantielle à la situation d'impasse démocratique, à l'incapacité d'organiser le changement de régime commercial des Nations, suivant les aspirations écologiques et égalitaires du plus grand nombre.

Lorsque plus rien n'est possible, alors tout est possible.

 

Conclusion

 

Il est nécessaire d'une part de se battre contre la théorie économique dominante. Il est urgent d'autre part de prendre acte du fait que le libéralisme forcené ( libre échange, mobilité intégrale des personnes et des capitaux ) menace dans sa structure symbolique et sociale la Démocratie en général, la République en France, aussi imparfaite fût-elle.

L'efficacité économique, si elle doit être garantie, et recherchée dans la mesure du possible en régime protectionniste, doit demeurer conditionnée par la garantie de la souveraineté économique, socle d'une totale souveraineté politique, elle même essence de la démocratie.

S'ouvrir complètement, (nous y sommes, avec le futur grand marché transatlantique) c'est accepter de dépendre de tous les autres, en somme du choix des économies dominantes et de leurs normes sociales et idéologiques.

La République est affaire de confiance : confiance dans sa capacité symbolique à agir sur le quotidien de son quartier, sa ville, sa région, confiance dans la possibilité de transmettre des valeurs autres que l'argent facile qui autorise tout, piétiner les autres, trahir son pays, au mépris de toute décence, des banksters aux voyous ultralibéralisés ; confiance en les institutions et les personnes qui les représentent.

Le libre-échange, la financiarisation, la téléologie uniformisante et amorale qui sous-tend leur application ne sont certes pas tout ; mais leur remise en cause sera une première étape en vue de redonner à une République décente les armes de sa vocation originelle : élever l'Homme.

 

 

 

Frederichlist

 

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Commentaires : 27
  • #1

    Reivilo (jeudi, 07 mars 2013 19:57)

    Ce qui, parfois, me stupéfait en vous lisant, c'est que vous rejoignez les propos d'hommes politiques français de droite.
    Comme quoi, y'a bien un "fondamental républicain" qui nous unit encore !

    Philippe Séguin, le 5 mai 1992 :
    « Quand, du fait de l'application des accords de Maastricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. (…) Mais qu'on y prenne garde : c'est lorsque le sentiment national est bafoué que la voie s'ouvre aux dérives nationalistes et à tous les extrémismes ! »

    Charles de Gaulle : « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale.»

  • #2

    diojaime (jeudi, 07 mars 2013 22:16)

    @Frederichlist
    excellente analyse!!

    merci à vous

  • #3

    Horror (vendredi, 08 mars 2013 11:54)

    Dans un environnement globalisé, le concept d'Etat Nation et de souveraineté deviennent sans doute dépassés.

    Ils deviennent dépassés pour plusieurs raisons car la majorité des Etats deviennent trop petits en taille pour être efficaces au contraire des plus gros qui ont donc tous les moyens.
    Les disparités politiques montent en concurrence les Etats les uns contre les autres ce qui génère une déperdition stérile. Les guerres physiques d'antan sont remplacées par des guerres économiques non moins violentes et plus sournoises.
    Enfin, la corruption généralisée passive ou active des politiques de tous les pays multipliée par le nombre d'Etats multipliée par le nombre de feuilles dans les millefeuilles respectifs font qu'une part colossale de la richesse mondiale est captée par une minorité d'élus qui œuvrent avant tout pour eux même par clientélisme ou pire par détournement spoliant ainsi la masse.

    Autant le concept d'Etat Nation à l'époque du déplacement à cheval et à la communication par pigeons voyageurs avait lieu d'être autant aujourd'hui il apparait comme caduque.
    Quand l'information circule à la vitesse de la lumière, que l'on peut faire le tour de la Terre en 24h, le niveau pertinent parait plus être celui de la Planète.

    La politique semble également être à bout de souffle. Autant il a fallu des visionnaires pour bâtir dans le passé, autant nous avons affaire maintenant à des gestionnaires de carrières avec toutes les dérives que nous pouvons constater.

    C'est là ou la notion de libre échange Global dans un concept de "Planète Nation" parait finalement être une alternative séduisante. En supprimant toutes les scrofules des Etats Nations qui s'opposent tout en étant inefficaces et corrompus, on limite les déperditions de richesses.
    Un seul gouvernement peu politisé qui accompagne et est garant d'un Etat Global plutôt technocratique qui se contente de faire appliquer les mêmes règles pour tous.

    Cela engendrerait sans doute d'autres problèmes mais limiterait la corruption ne serait ce que par le nombre d'élus, donnerait à tous les mêmes Lois, règles et contraintes générant plus d'équité et de justice entre tous.
    Ne vous trompez pas, je n'ai pas un discours égalitariste ou l'on partage tout. Je reste confiant dans la liberté individuelle et le libre échange. Je veux juste supprimer tous ces micro échelons à l’échelle de la planète que je juge devenus stériles au mieux et en fait ultra négatifs au niveau macro économique et macro social.

    Mais ce n'est que de la politique fiction, tout comme vous en faites car les résistances et intérêts particuliers sont trop forts pour que cela puisse émerger un jour. Pour y arriver, il faudrait repartir de 0.

  • #4

    Pierre Feuille Ciseaux (vendredi, 08 mars 2013 15:14)

    Pour assurer son développement et sa coordination le pouvoir économique a besoin d'institutions et de personnel , dans le cas contraire la machine aurait du mal à tourner (personne ne croit réellement en "la main invisible" parmi les libéraux , hormis une poignée d'illuminés).
    Avant le tournant néolibéral qui a fait de la mondialisation un projet économique à part entière ,c'était l'Etat qui jouait principalement le rôle d'intermédiaire entre les forces économiques présentes sur son sol et celles situées à l'étranger.
    Il le jouait en régulant les échanges , s'ils allaient dans son intérêt et dans ceux de la nation , il laissait faire , dans le cas contraire il fixait des limites.
    En passant au modèle néolibéral mondialisé , nous avons aussi changé d'échelle !
    Nos cadres institutionnels et politiques classiques (l'état et la nation ) ont donc été contraint de s'adapter à la nouvelle donne.
    Nouvelle donne qui a consistée à les remplacer par d'autres institutions , plus à même de répondre "aux nouveaux défis offerts par la mondialisation" ...reléguant par la même occasion nos "vieilles" instances au simple rôle de pouvoir consultatif (notre Parlement est-il autre chose qu'une caisse de raisonnance ?).

    Pour le pouvoir économique l'Etat-Nation n'est plus utile à son expansion ,c'est même l'inverse, il s'est donc investi dans la recherche et la construction de nouveaux cadres lui ont permis d'assurer son developpement , comme l'OMC ,le FMI et la Commission Europeenne ou effectivement personne n'est élu démocratiquement , puisque leur légitimité ne repose plus sur l'assentiment populaire.
    Conclusion : mondialisation et démocratie sont antinomiques , elles sont même fondamentalement concurrentes (passage en force du TCE ,réformes des six et two packs , TSCG...).

  • #5

    Horror (vendredi, 08 mars 2013 18:08)

    On est d'accord sur l'analyse Pierre Feuille Ciseaux sauf que je vais un cran plus loin.
    Le Pouvoir politique existe toujours mais est Global et se positionne au dessus des institutions internationales technocratique qui ne font qu'appliquer, mettre en place et surveiller. Ils ont alors un garant de politiques globaux élus démocratiquement au dessus d'eux.
    Par contre je supprime effectivement tous les niveaux inférieurs et parasites.

  • #6

    Pierre Feuille Ciseaux (vendredi, 08 mars 2013 19:00)

    @Horror

    Le pouvoir politique existe toujours , on le croise de temps en temps au G20 ou au Conseil européen , mais je suis pas convainvu de son ascendance sur le pouvoir technocratique et économique.
    Parfois il existe des résistences et des accrocs entre les 2 premiers échelons (élus et non élus) , les jérémiades des fédéralistes sur les "égoïsmes nationaux" sont là pour nous le rappeler , en revanche , politiques et technocrates ont quasiment perdu toute influence sur la marche du monde économique...
    Derrière le traité transatlantique se cachent en réalité les lobbies agroalimentaires , pharmaceutiques , automobiles et audiovisuels , la pseudo loi sur la séparation des activités bancaires a été quasiment confiée aux pontes de la Société Générale et de la BNP !
    Là ou je vous rejoins , c'est sur le vernis démocratique qu'offre nos hommes politiques à ce jeu de cirque qu'est la mondialisation.
    Cette représentation politico-fictive porte d'ailleurs un nom : la "gouvernance".

  • #7

    frederichlist (vendredi, 08 mars 2013 20:14)

    une "planète Nation" ? vous effacez d'une traite le processus historique qui a conduit les hommes à s'organiser ainsi ; vouloir supprimer les micro-échelons comme vous dites revient ni plus ni moins a supprimer la démocratie. L'homme sans passé, en somme, sans morale ni avenir, condamné à subir la loi d'une technocratie de fait au service des puissances de l'argent comme jamais.
    Ce que vous appelez "vieilles institutions" seraient-elles vieilles parce qu'elles gênent le commerce ? c'est une position illusoire, celle du doux commerce profitable a tous. Repartir à 0 ? Créer un homme nouveau : le rêve de tout pouvoir totalitaire.

  • #8

    diojaime (vendredi, 08 mars 2013 23:07)

    en abondant dans le sens de frederichlist, c'est l'amnésie des peuples, organisée par leurs maîtres, qui conduit à leur manipulation

  • #9

    Horror (samedi, 09 mars 2013 10:50)

    Décidément vous êtes plein de surprises. Moi qui pensait naïvement que mon concept allait vous séduire au moins sur le fond à vous les chantres de l'égalitarisme.
    Quoi de mieux qu'un Monde ou tous seraient soumis aux mêmes règles, auraient les même droits dirigés par des élus mondiaux qui supplanteraient les institutions supra nationales actuelles qui font le jeu du néo libéralisme.
    Et ben Paf! Même pas. On ne bouge pas on reste comme on est dans notre système ou la mondialisation abat les souverainetés, on continue à se faire des concurrences entre Etats, on continue avec nos politiques en carton qui continueront à s'abreuver jusqu'à plus soif au cou des bêtes du troupeau... en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes.

    C'est quoi? juste un exercice stylistique de rhétorique ou alors vous manquez juste de suite et de constance dans les idées?

    Voyons donc les arguments.
    "L'effacement historique définitif" pourrait également s’appeler évolution suite au changement d'environnement naturel (je suis un peu Darwinien aussi).
    "En supprimant les micro échelons inutiles politiques, on supprime la démocratie." Mazette, on y va pas avec le dos de la cuillère chez vous. Je pense que c'est tout le contraire ou des myriades de petits politiques inutiles et corrompus qui se servent eux dans le pot commun pour leur seul profit, sont la menace de la démocratie.
    "Pour l'homme sans passé, sans morale sans avenir" j'ai bien ri. Pour des "élus" adeptes du progressisme qui justifient toutes les dérives hors la Loi d'une sélection de personnes (pas les riches hein, eux faut les tabasser mais c'est normal) ou d'évolutions de sociétés qui feraient bondir nos anciens du passé, s'en référer à notre héritage historique et à la morale a quelque chose de cocasse.
    "Condamnés à subir la technocratie, le libre échange et le néo libéralisme." Vous sous entendez donc que mes fameux politiques mondiaux élus on ne peut plus démocratiquement par les habitants de cette planète choisiraient ce camp plutôt que le votre, ce qui n'est selon vous pas démocratiquement acceptable. C'est bien ça? Adeptes de la démocratie d'AG des fac sans doute.

    Enfin, et c'est là que je suis le plus déçu. Je vous amène sur un plateau l'idée d'un Grand Soir comme je pensais que vous en rêviez tous les soirs en vous endormant. Et bien même ça ne trouve pas d'écho chez vous.

    En fait vous êtes le bras armé et les meilleurs protecteurs de ce que vous dénoncez quotidiennement dans finalement une forme d'attraction répulsion ou tout va de mal en pis mais ou il ne faut finalement surtout rien changer.

  • #10

    Lalo (samedi, 09 mars 2013 13:42)

    @ Horrors
    Vous défendez l'idée qu'une élite mondiale devrait gouverner le monde: vous niez donc les spécificités historico-politico-culturelles propre à chaque pays? Un peuple partageant les même valeurs ne signifie rien à vos yeux? C'est l'idée même de la nation (et non, ce n'est pas un gros mot). Comment être un peuple solidaire et qui peut s'organiser pour défendre ses intérêts si trop de différences nous divisent? Dans le schéma que vous proposez, cette incapacité des peuples à s'unifier serait la principale arme de domination de cette élite mondiale justement.
    "Vous sous entendez donc que mes fameux politiques mondiaux élus on ne peut plus démocratiquement par les habitants de cette planète choisiraient ce camp plutôt que le votre, ce qui n'est selon vous pas démocratiquement acceptable." La question n'est pas tant quel camp choisiraient les électeurs, mais bien quel camp choisiraient les élus, et c'est utopiste d'imaginer q'un groupe à la tête du monde ne cède pas à l'appel des sirènes que sont les multinationales, les profits, les lobbies.

  • #11

    diojaime (samedi, 09 mars 2013 14:44)

    @Lalo
    Très pertinents vos propos...
    réformons d'abord nos pseudo-démocraties nationales(ça sera déjà pas si mal)et ensuite nous pourrons peut-être reconstruire une Europe démocratique.

  • #12

    Horror (samedi, 09 mars 2013 16:39)

    @ Lalo (Horror au singulier ça suffit largement!)
    En quoi les Corses, les bretons, les tahitiens, les ch'ti, les pieds noirs, les maliens, les juifs, les portugais... peuvent nier leurs spécificités historico-politico-culturelles en France?
    Si on élargit, il en va de même au niveau de l'Europe, donc pourquoi pas un cran au dessus?
    Historiquement les frontières ont été mises en place par des chefs de guerre, des rois, des tyrans, des envahisseurs... bref des possédants qui sont tout ce que vous exécrez et vous vous en revendiqueriez maintenant? Pffff, essayez d'être cohérents 2 seconde.

    C'est justement de la défense des intérêts particuliers que naissent les inégalités. Le fait que chacun ait des règles et des Lois différentes empêche une harmonie. Et en quoi ce qui est bon pour l'un ne le serait pas pour l'autre.
    A moins que votre bon coeur ne s'arrête à l'aune de votre situation (encore) d'ultra privilégié qui ne veut partager qu'avec celui qui est au dessus et en aucune manière avec celui qui est en dessous dans une espèce de vision syndicaliste nombriliste de la justice.
    Peuvent bien crever au Darfour tant que j'ai mon ailphone et mon ailpad! J'irai protester dans la rue pour eux si la médiacratie me l'ordonne (ça ne coûte pas cher, ça fait une balade et on a bonne conscience) mais ne me demandez rien. Vous pouvez bien monter sur vos grands chevaux de la Solidarité ... sélective et à cliquet.

    Un gvt mondial serait au contraire l'opportunité de tout mettre sur la table, les multiples herses ayant disparues. Sans compter que des moyens colossaux seraient mis à disposition réelle du plus grand nombre.
    Moyens qui avec la disparition des millions de politiciens qui sont aujourd'hui eux même les principaux points de convergences sans contrôles des moyens Publics mis à leur disposition, et principalement dépensés pour leur prochaine réélection, seraient enfin utiles pour l'ensemble de la population et contrôlés par une technocratie encadrée et dirigée.

    Si l'on prend l'exemple de la France, il suffit avec les abstentionnistes d'environ 15000 voix à un député pour être élu. Ce n'est rien et avec une base de 10000 et plus minimum déjà dans le camp choisi, il suffit d'en acheter une poignée de milliers d'autres pour s'assurer un avenir radieux, ce que ne manque pas de faire ces élus, même si au détriment du plus grand nombre. Seule compte la satisfaction de ces quelques milliers qui assureront l'élection.
    Et c'est comme ça dans tous les pays à plus ou moins grande échelle.

    Quand vous parlez de corruption, elle est partout en politique aujourd'hui. Dans un gvt mondial ce serait bien plus compliqué quand il faudrait convaincre non pas quelques milliers mais plusieurs dizaines ou centaines de millions. On ne pourrait se contenter de les acheter, il faudrait faire de la vraie politique.

    Ensuite pour s'assurer la non corruption (ou la limitation je ne suis pas naif) de ces ultra élites, il suffirait de les payer comme des nababs (ce qui ne coûterait pas grand chose) et de mettre en place à la façon des pays Nordiques voire Anglo Saxons une transparence, un carcan et une morale comptable qui n'existe pas chez nous.
    Vous trouvez utopiste qu'un gvt mondial ne cède pas à l'appel des sirènes que sont les multinationales et les lobbies (je laisse de côté le profit car c'est normal, souhaitable et bien contrairement à ce que vous pensez).
    Un gvt mondial est au dessus et contrôle le même terrain de jeux que les multinationales. Il aurait donc les moyens de les mettre au pas si besoin.
    Ce qui est utopiste c'est de croire que notre pathétique petit gvt de notre petit pays puisse mettre au pas des Amazon ou des Mittal. Il leur suffit de faire quelques km ou d'agir en supra national.

    Bon je donne plein d'arguments, répond à toutes les objection avec des éléments factuels pour défendre mon idée, mais vois 0 solution alternative de votre côté. En avez vous une seulement? Et pourriez vous la circonstancier?

  • #13

    Crapaud Rouge (samedi, 09 mars 2013 17:21)

    Horror et ses "concepts", tout un poème ! Et drolatique avec ça !

  • #14

    Pierre Feuille Ciseaux (samedi, 09 mars 2013 18:26)

    @Horror

    Je trouve que le gouvernement mondial que vous appelez de vos voeux ressemble drôlement au fonctionnement des AG que vous dénoncez plus haut.

    Et une question comme ça ,si un pays refuse sa participation à ce gouvernement histoire de contrevenir aux règles en vigueur ,pour devenir je sais pas ,un paradis fiscal , pour le bonheur d'Amazon et Apple , on fait quoi avec ce pays ?

  • #15

    Lalo (samedi, 09 mars 2013 18:49)

    @ Piere feuille ciseaux: je me suis fait la même réflexion concernant les AG!

    @Horror (l’ajout inconscient du « s » a du m’être guidé par le nombre d’horreurS que vous débitez avec conviction ^^)
    Au début j’ai lu votre commentaire attentivement et je me suis dit qu’il y aurait pas mal de points auxquels je devrai répondre. Je me suis rapidement rendu compte que votre raisonnement se basait principalement sur un argument que je considère empli de naïveté : « «Un gvt mondial est au dessus et contrôle le même terrain de jeux que les multinationales. Il aurait donc les moyens de les mettre au pas si besoin. »
    A plusieurs niveaux je considère cette affirmation comme erronée : comment cela serait-il possible, dans la mesure où le pouvoir se trouve là où il y a l’argent. Qu’il y ait la création d’un gouvernement mondial ne changerait rien, du fait que ce gouvernement serait assujetti aux marchés financiers. Il ne s’agit pas tant de créer des institutions mondiales supposées contrôler les multinationales (c’est impossible car si ces institutions n’ont pas de pouvoir financier elles n’auront pas de pouvoir politique) que de permettre de redonner le pouvoir économique et financier aux gouvernements nationaux (comme expliqué dans l’article). Vos moyens pour lutter contre la corruption seront bien peu de choses à côté de la force des lobbies. « Ce qui est utopiste c'est de croire que notre pathétique petit gvt de notre petit pays puisse mettre au pas des Amazon ou des Mittal. Il leur suffit de faire quelques km ou d'agir en supra national. » D’accord avec vous sur ce point, sauf que je ne pense pas qu’affaiblir les forces économique de chaque nation (en créant an gouvernement mondial donc) permettra de contrôler ces multinationales, comme je viens de l’expliquer.

    Vous parlez de l’Europe, justement, la construction l’U.E au nom de la paix entre les peuples engendre la perte de souveraineté des Etats en confiant des décisions à des technocrates à Bruxelles, qui ne sont même pas élus par le peuple !! : Intéressez-vous à l’histoire économique de la France et au processus de création de l’U.E et vous comprendrez mieux. Le fait de ne plus pouvoir faire marcher la planche à billets eest une immense perte de pouvoir économique. Comment décider de sa politique économique (politique économique qui détermine énormément de choses comme le chomage etc) si on n’est pas à même de réguler son économie comme on l’entend ? Donc, en gros, vous voulez aggraver cette situation en donnant le pouvoir à des personnes qui gouverneraient mondialement. On voit déjà les méfaits que le pouvoir occasionne à des dirigeants étatiques, alors je n’imagine même pas la mégalomanie de dirigeants mondiaux ! D’un point de vue pragmatique, je ne vois pas, même si on le voulait, comment cela serait possible (d’où ma qualification d’utopiste de votre discours).
    Utopique également dans la mesure où selon vous, concilier les intérêts de pays avec une géographie, une histoire et une culture différente est réalisable ? Vous m’accusez d’avoir une « vision syndicaliste nombriliste de la justice », mais vous semblez très ethno-centré pour ne pas être conscient que des sociétés avec des valeurs morales et économiques différentes (pas forcément mauvaises, juste différentes) que celles de la France existent.

    Pour défendre l’idée d’une universalisation (de quoi d’ailleurs ? à part des « règles et des lois » vous ne précisez pas vraiment votre idée) vous citez des groupes régionalistes voire indépendantistes (= des populations qui revendiquent leur indépendance territoriale et économique du fait de leur spécificité), vous faîtes très fort dans l’incohérence là quand même ! Quand vous parlez de règles et de lois, je suppose que vous parlez d’une jurisprudence relatif au commerce international ? Vous savez que de nombreux traités régissent déjà le commerce international ? Pas besoin de démanteler les nations pour parvenir à des accords économiques internationaux.

    Les solutions alternatives sont celles que l’auteur de l’article dit mieux que moi et que j’ai brièvement redite : redonner le pouvoir économique aux gouvernements (par exemple, en lui redonnant le pouvoir de création monétaire).

  • #16

    peyo (samedi, 09 mars 2013 21:02)

    Excellente analyse de la situation, merci. La disparition de la maîtrise de la finance par les politiques, le droit minima piloté par les lobbies divers nous installe dans la spirale de la décadence. Un seul but : Plus d'argent.

  • #17

    Horror (samedi, 09 mars 2013 21:40)

    @ Crapaud qui parle.
    Bravo, merci pour ta contribution pertinente.
    Allez la prochaine fois on essaye de faire une phrase avec sujet verbe et complément.

    @ PFC
    Je ne vois pas le rapport avec le pseudo vote aux AG à moins que vous ne pensiez qu'un vote à l'échelle planétaire est impossible. Nous avons pourtant tous les outils pour.

    Pour l'autre point, c'est effectivement le point faible du concept car à part évènement exogène majeur (d'ou mon repartir du point 0). Il y aurait toujours des Suisses pour vouloir conserver leur neutralité calculée sauf à ce que le poids du mastodonte en face mette de telles barrières à l'entrée qu'il devienne impossible de ne pas en faire partie.
    Mais globalement et je ne m'en suis jamais caché, c'est assez utopique même si je pense que l'on y viendra un jour mais nous le verrons pas.

    @ Lalo
    Le problème Lalo, c'est qu'aveuglé par votre haine des Riches, des Puissants et de l'argent, vous partez avec 2 pré requis qui ne sont que les vôtres et que vous inscrivez en postulat de base. A savoir que le Pouvoir n'est au mains que des possédants et de l'argent.
    D'autre part vous sous entendez que le vote ne vaut rien face à l'argent qui décide à la fin.
    a partir du moment ou vos postulats sont faux, le reste du raisonnement aussi. Je vous ai expliqué et je ne vois pas vos arguments contre que plus la masse de votants est importante plus le risque de corruption est faible. C'est la démultiplication et l'opacité des pouvoirs qui la cultive.

    Je vais répéter le concept car il me semble que vous ne l'avez pas compris, surtout sur la fin de votre discours à côté de la plaque qui me le fait penser. Un Pouvoir politique élu existe bien et se situe au dessus d'une structure technocratique qu'il contrôle et dirige. Les anciennes petites Nations ne sont pas affaiblies (c'est étrange cette idée que vous avez de toujours vouloir opposer les peuples et les Nations entre eux et surtout de s'en satisfaire) puisqu'elles n'en forment plus qu'une.
    Quand aux moyens de ce nouvel Etat, il sont colossaux puisqu'il ponctionne une partie de la richesse de tous les habitants et des sociétés de la planète. Et comme c'est bien ce qui pose problème aujourd'hui avec des sociétés globales avec d'énormes moyens, cela leur redonne une dimension sans commune mesure face à ce nouvel Etat qu'elles auraient beaucoup plus de mal à corrompre et avec des risques bien plus importants pour elle, n'ayant plus d'échappatoire fiscale.

    Merci pour votre conseil de relire l'histoire Européenne mais vous faites justement parti des fous furieux qui nous ont conduit là ou nous sommes.
    La planche à billet ne résout rien, ce n'est qu'un petit instrument militaro économique qui rassure à court terme et détruit à moyen et long terme. C'est l'arme des nuls en politique qui ont un besoin compulsif de générer une dépense dont ils n'ont pas les moyens pour satisfaire leur réélection future.
    L'inflation n'est en rien un bénéfice pour les Peuples qui voient leur propres économies être détruites. C'est l'instrument artificiel de destruction de valeur bien réelle. Une sorte de came dure pour pseudo politicien à courte vue.

    Quand vous me parlez d'ehtno centré, c'est vous qui me faites rire à accuser les autres de vos maux. Car croire que l'on peut garder son petit particularisme derrière de petites barrières et frontières est risible. Le Monde est aujourd'hui bien plus universalisé que vous ne le pensez. L'économie circule librement et partout, c'est presque pareil avec les personnes, il ne reste que les politiques pour s'accrocher à leurs petits intérêts.
    Et des accords internationaux sont toujours détournables car les intérêts des Nations divergent justement. Il suffit de voir la Chine ou la Russie au Conseil de sécurité.

    La solution miracle unique et universelle de faire tourner la planche à billet a le mérite d'avoir déjà été éprouvée et c'est une impasse destructrice qui ne résout rien du tout, sauf le temps d'un mandat peut être.
    Moi qui pensait qu'il y avait un truc puissant derrière tout ça et c'est tout ce que vous avez à proposer. Je suis déçu.

  • #18

    Lalo (dimanche, 10 mars 2013)

    Bon, on est clairement d'accord sur rien, vous parlez de postulats de base faux mais c'est exactement ce que je pense de votre raisonnement.
    Juste, la définition de nation: groupe social établi sur un territoire défini et présentant une unité historique, politique et culturelle.
    Donc c'est clairement irréaliste votre nation unique (voire, dans l'idée, un oxymore): on ne crée pas une unicité artificielle seulement fondée sur la volonté, il faut un minimum de particularités communes pour rassembler un peuple, et malgré la mondialisation, les pays restent culturellement différents, heureusement!
    "Et des accords internationaux sont toujours détournables car les intérêts des Nations divergent justement. Il suffit de voir la Chine ou la Russie au Conseil de sécurité." Donc vous croyez vraiment qu'au sein d'un gouvernement mondial les politiques auraient les même objectifs?? Et comment faire pour laver toute fibre patriotique de ces personnes d'ailleurs? Parce qu'elles viendront bien d'un pays, et même si vous voulez la naissance d'une seule nation, les frontières des pays resteront en place. Et à l'école, on leur enseigneraient quoi aux élèves? Je suppose qu'il ne faudrait surtout pas leur apprendre l'histoire de leur pays (au sens territorial j'entends, puisque j'ai bien compris qu'ils n'auraient plus un seul pays propre mais le monde entier), au risque qu'ils veulent défendre l' intérêt de ce pays. Si des pays ont des positions différentes, c'est entre autre du fait de leur position géographique différente, vous voulez également gommer ces spécificités? Bref, votre discours est aberrant tant sur le fonds que sur sa mise en pratique. On dirait le projet fou d'un dirigeant d'une multinationale justement.

  • #19

    TeoNeo (lundi, 11 mars 2013 11:56)

    Il est assez logique d'opposer la mondialisation à la corruption puisque cette dernière sous entend qu'il existe des regles. La mondialisation liberale c'est l'abcsence de regles donc la corruption n'a plus lieu d'etre puisque c'est le "possédant" donc l'argent qui fera la loi comme ça c'est clair...

  • #20

    Veritas (lundi, 11 mars 2013 20:44)

    horror, Je ne sais pas si vous avez remarqué que les peuples sur terre n'ont pas évolué de la même manière...les peuples n'ont pas les mêmes intérêts, les mêmes analyses. Vous prenez vos rêves pour la réalité. Vous avez une analyse bureaucratique des différents aspects politiques, économiques et culturels. Je ne sais pas si vous aviez remarqué mais les peuples sur terre n'ont pas la même histoire et les mêmes intérêts et n'ont vraiment pas la même évolution... C'esr dingue ça vous voulez le même monde c'est-à-dire sans frontières avec un gouvernement mondial que les Bildeberg. Ce que vous écrivez est rempli de sophismes. Ce que vous dites est pédant.

  • #21

    Horror (mardi, 12 mars 2013 08:34)

    @ mes 3 derniers amis
    Vous n avez rien lu ou alors avec un petit prisme étriqué de révolutionnaires de salon. Qu'importe, accrochez vous comme des berniques a vos petits intérêts catégoriels et regardez l ensemble s'effondrer autour de vous.
    La roue est en train de tourner, notre pays et notre zone crèveront de notre arrogance et autre suffisance avec un système non pas économique mais politique qui ne fonctionne plus.
    Demain il y aura ceux qui auront été clairvoyants et seront auto suffisants et ceux qui mendieront auprès des touristes indiens et chinois.
    J ai déjà choisi mon camp. Continuez de rêvasser et achetez vous un stock de chaussettes chaudes.

  • #22

    Lalo (mardi, 12 mars 2013 21:10)

    @ Horror

    Je choisis le camp des humanistes, pas vous apparemment:

    David Rockefeller, Extrait de Mémoires, éd. Random House, 1st Trade Ed edition (ISBN 978-0679405887), 15 octobre 2002, p. 405.
    « Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des Etats-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant d’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être. »


  • #23

    Sun Tzu (mercredi, 13 mars 2013 10:43)

    "Demain il y aura ceux qui auront été clairvoyants et seront auto suffisants et ceux qui mendieront auprès des touristes indiens et chinois."

    Justement, ceci n'a aucun sens, puisque c'est l'inverse, en particulier pour l'Inde.
    Vous associez la réussite économique d'un pays (sur la base des critères actuels) avec sa pérennité, je pense que celà est une illusion. Cette réussite économique est subjective à un monde capitaliste éloigné de la réalité de la condition humaine et d'une politique et d'une économie "fondamentale" oubliées en cours de route. La politique et l'économie ne sont plus respectivement l'étude de l'organisation de la société et de la répartition des ressources, mais l'étude des systèmes complexes relatifs à ces questions issus d'une longue histoire.
    En gros, ceux qui sont vraiment dans la merde c'est les pays qui ne peuvent pas nourrir leur population. Toujours les mêmes? pas tout à fait. Avec le réchauffement climatique et l'augmentation de la population, on sera bien obligés de ne plus voir la politique et l'économie à travers de filtre déformant du capitalisme, et on apercevra à nouveau les bases (eau, alimentation, etc.)
    Les pays riches correspondent aux zones les plus prolifiques au niveau agricole, mais ces zones vont remonter vers le nord. L'Inde comme d'autres pays mal placés et surpeuplés risque d'avoir de sérieux soucis. Comme on dit ça lui fera une belle jambe de produire en masse des biens technologiques devenus inutiles.
    Quant à la Chine je ne sais pas si ils sont auto-suffisants, en tout cas la France l'est pour l'instant. Mais toujours avec la dépendance au pétrole, et sans prendre en compte le changement climatique.
    Je pense que bientôt les guerres ne seront plus décidées pour prendre les territoires pétrolifères, mais plutôt les territoires agricoles.

  • #24

    Guadet (mercredi, 13 mars 2013 11:21)

    Prenons les choses dans l'autre sens. On nous dit que les petits pays n'ont pas d'avenir, que seules les grandes entités ont une chance, qu'une gouvernance mondiale serait la meilleure solution. Quand on regarde l'expérience de l'humanité, c'est non seulement faux mais même à l'inverse de la réalité. Plus les empires ont été grands et moins de vitalité ils ont eu, et ils sont devenus la proie des petits pays qui avaient l'avantage d'une plus grande cohésion : la petite Macédoine face à l'empire perse, des peuplades germaniques face à l'empire romain, la petite Angleterre, le japon face aux empires russe, chinois et américain, etc., etc., etc. Les grands empires s'épuisent forcément à maintenir leur unité : ils doivent le faire soit par la recherche d'un consensus, ce qui équivaut à la paralysie, soit par la force, qui finit par s'exercer sur tous leurs sujets, réduits à une servitude qui ne les encourage pas à défendre ces empires contre une menace extérieure ou intérieure.
    Cela est d'autant plus vrai que les nouveaux empires qu'on nous propose ne reposent pas sur un quelconque élan de fraternité universelle, mais sur des considérations économiques.

  • #25

    frederichlist (mercredi, 13 mars 2013 11:38)

    @guadet
    Je suis bien d'accord avec votre analyse, c'est folie de penser que nous ne sommes rien face à la Chine ou l'Inde. Les défis qui sont les leurs
    sont colossaux, économiques certes, mais surtout politiques ; qui peut dire comment évolueront les anciennes structures communautaires et traditionnelles menacées par la mondialisation ?
    Il faut être économiste béat pour se dire que tout cela se fera dans le calme.

  • #26

    Horror (jeudi, 14 mars 2013 07:44)

    @ Sun Tzu
    Je ne fais pas de projective hypothétique a 50 ou 100 ans, je me contente des 10-15 ans a venir.

    @ Guadet
    Et il y a en contre exemple toutes les petites Nations et peuplades qui ont été rasées par ces mêmes Empires (voir les Ameriques). Ensuite comparer des Empires ou États belliqueux et un État Global élu sans lutte armée et surtout sans autre Nation n a rien a voir. Vous n avez encore pas lu le concept ou rien compris.

    @ friederichlist
    Bien sur que les défis de l'Inde et de la Chine sont colossaux, mais ils s'y emploient comme la Chine avec son capitalisme d'Etat. Une fois qu'ils auront fini la longue et douloureuse mue externe/interne dans les 10 ans qui viennent, ils nous rouleront dessus comme une voiture sur un crapaud un soir d'été.

  • #27

    Jean Ibarz (mercredi, 17 juillet 2013 09:07)

    Moi je dis, la vision d'Horror est absolument parfaite : faisant un seul gouvernement, ca coutera moins cher et tout le monde sera a la même enseigne. D'ailleurs si quelqu'un a déjà travailler dans une entreprise, je considère qu'il faudrait faire pareil : supprimons tout les artisans (ca coute de l'argent un patron qui ponctione très peu de salariés), et faisons une giga multinationale avec seulement quelques directeurs (oui supprimons tout les intermédiaires : chef d'équipe, directeur d'agence, directeur régionaux) ca ne sert a rien : un seul directeur mondial suffit....

    Ou pas en fait peut-être bien que je pense le contraire.... xD