lun.

01

juil.

2013

La nervosité des favoris, l’audace de Bakelants

 

La seconde étape du Tour de France a donc vu la victoire du Belge Jan Bakelants, qui a parfaitement su manœuvrer pour s’imposer au nez et à la barde des favoris, parmi lesquels figurait en première ligne le Slovaque Peter Sagan.

 

La victoire de Jan Bakelants constitue une juste récompense pour le coureur belge, qui n’avait plus triomphé depuis sa victoire sur le Tour de l’Avenir 2008. A cette époque il avait devancé Rui Costa, Van Garderen, Jeannesson, Coppel, Caruso ou Stetina, excusez du peu. Comme le temps passe vite. Comme le regard des observateurs change. En l’espace de 4 ans, Jan Bakelants est passé du statut d’espoir à celui d’éternel espoir. Dans ce type de rôle, plus de place pour la lumière. Les efforts que l’on produit se font presque exclusivement au profit des autres. Affronter le vent, donner sa roue, aller chercher des bidons d’eau, font partie du quotidien. L’ego et les aspirations personnelles passent après. Il s’agit de faire don de soi pour favoriser le dessein de son leader. Parfois des opportunités se créent. Il ne faut pas les rater.

 

Sur la route séparant les deux plus grandes villes de Corse, Jan Bakelants a eu cette opportunité. Parce qu’il se l’est créée. Il ne l’a pas ratée. Avec panache, courage, intelligence et talent. Comme une revanche contre les mauvaises langues qui ne croyaient plus à son envol. Comme un porte parole des laborieux qui va troquer son costume de soutier pour un habit de lumière. Le maillot jaune est sur ses épaules. Pour un jour au moins il empruntera sa tenue aux seigneurs du peloton.

 

Les seigneurs justement, parlons-en. Ils ont semblé faire preuve d’une étonnante fébrilité. Pierre Rolland, tout d’abord, qui a placé une accélération dans le col de Vizzavonna. Cette attaque est apparue surprenante puisque les bénéfices potentiels semblaient bien maigre au regard des risques encourus. Générer des écarts au classement général apparaissait chimérique par rapport aux faibles qualités de rouleur du Giennois, aux 60 kilomètres restant à parcourir au sommet du col de Vizzavonna et à la fraîcheur du peloton en ce début de Tour de France. Le gain temporaire du maillot de meilleur grimpeur semble apparait pour un coureur ambitieux au classement général.

 

En réalité la meilleure explication à l’attaque de Pierre Rolland est sans doute à chercher du côté de sa grande nervosité. La polémique liée à sa participation à la dernière étape du Dauphiné-Libéré malgré un faible taux de cortisolémie ainsi qu’un début de saison moyen ont  certainement provoqué des questionnements dans la tête du leader d’Europcar. Son attaque dans la 2ème étape du Tour de France avait donc certainement pour but de se rassurer lui et ses équipiers afin d’assoir son rôle de leader et de confirmer ses prétentions au classement général.

 

L’accélération de Christopher Froome, dans la côte du salario semble également s’expliquer par une grande nervosité. Le rôle de favori du Tour de France génère une pression énorme qui n’est pas simple à assumer. Malgré un début de saison tonitruant, le leader de la Sky doit avoir envie d’entrer dans le vif du sujet et d’imposer sa domination sur le Tour. Attaquer dans la côte du salario démontre cette impatience car il ne s’agit pas de l’endroit le plus pertinent pour faire la différence au général notamment en raison de sa brièveté. De plus, il restait plus de 10 kilomètres et malgré ses qualités Froome aurait eu des difficultés à résister au peloton. Le gain aurait été marginal et la fatigue importante. Il ne doit pas oublier que le Tour est une épreuve longue, où la capacité de s’économiser est primordiale. Il faut savoir cibler ses attaques et les réserver aux endroits où les gains de temps peuvent être les plus importants. Quitte à choisir une étape en Corse, il valait mieux sélectionner la 3ème, où le col de Marsolino, trois fois plus long que la côte de salario, permet de vraiment faire la différence.

 

 

Theux

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