mar.

02

juil.

2013

Une Corse décevante, un Rolland intriguant

 

Après 3 jours de course, le Tour quitte donc l’île de Beauté pour rejoindre le continent. Pour la Corse, l’heure est au bilan. Certes les paysages sont magnifiques et les villes principales ont été visitées. Mais le bilan sportif apparait bien maigre. 3 étapes pour 2 sprints et 1 une échappée. Et encore il s’en est fallut d’une seconde pour que le passage en Corse se soit résumé à 3 sprints comme si le Tour était passé en Picardie.

 

Certes les spécialistes auront beau jeu d’annoncer que le sprint d’hier s’est effectué en peloton réduit c'est-à-dire entre sprinteurs qui savent passer les petites montées. Mais au fond quelle est la différence de voir triompher Gerrans à la place de Kittel ? Il s’agit toujours d’un sprint en peloton. Ces trois arrivées groupées sont indigne d’une région comme la Corse qui culmine à 2706 mètres, là-haut au Monte Cinto. La différence par rapport au toit des Pyrénées, le Pic d’Anoeto et ses 3404 mètres, n’est pas très importante. Et pourtant la différence entre le scénario d’une étape pyrénéenne et le spectacle proposé en Corse est abyssale.

 

Mais soyons beaux joueurs, au regard du parcours proposé par les organisateurs, les résultats ne sont pas si surprenants. Le fait d’avoir laissé sur le bord de la route le Serra di Pigno, le Bocca di Battaglia, le col de Sorba ou le col de Teghime ne laissait que peu d’espoirs de voir les coureurs profiter du relief corse. Certes ce sont les coureurs qui font la course mais il est de la responsabilité des organisateurs de leur offrir un terrain favorable à leurs ambitions.

 

Saluons tout de même, l’initiative des organisateurs qui ont proposé un départ d’une Corse oubliée depuis 110 ans, alors que l’Irlande, qui présente les mêmes difficultés que l’île de Beauté, avait pu bénéficier du passage de l’épreuve dès 1998. Cependant faute d’être allés au bout de leur idée et d’avoir proposé un parcours fidèle au relief corse, les organisateurs quittent l’île sur un semi-échec. Et de là à ce que le Tour revienne en Corse…

 

Mais revenons sur la course. Au-delà de la victoire de l’Australien Simon Gerrans, l’étape a été marquée par la nouvelle attaque de Pierre Rolland. Cette attaque semble confirmer la volonté du Français de remporter le maillot de meilleur grimpeur, ce qui peut sembler dommage au regard de son potentiel pour obtenir une bonne place au classement général. Mais peut-être également que le giennois avait une autre idée derrière la tête et qu’il souhaitait profiter du flou sur ses objectifs pour essayer de remporter l’étape et de créer une différence au classement général.

 

Si tel est le cas, il est dommage qu’aucun autre coureur n’ait réellement souhaité l’accompagner. Les coureurs basques Nieve et Anton ont essayé mais ils n’ont pas semblé en mesure de suivre le rythme imposé par le leader d’Europcar. Des coureurs comme Jürgen Van Broeck ont porté une attaque trop tardive pour espérer créer un écart suffisant.

 

A l’arrivée Pierre Rolland ne profite d’aucun résultat tangible de ses initiatives sur les deux dernières étapes, en dehors des points récoltés pour le classement de la montagne. Il a cependant montré qu’il était en bonne condition après un début de saison en demi-teinte. S’il poursuit sur le même rythme, il confirmera qu’il est un coureur de grand Tour susceptible de s’imposer sur une épreuve de ce type dans le futur. S’il s’écroule, les mauvaises langues pourront toujours dire qu’il a payé ses efforts des premiers jours en Corse. Pierre Rolland est maintenant face à son destin. Souhaitons-lui qu’il soit brillant.

 

Theux

Écrire commentaire

Commentaires : 0