mer.

03

juil.

2013

La pensée stratosphérique des "euro-benêts"

L’Union Européenne n'est plus qu'une caricature d'elle même.

La Grèce et l'Espagne et le Portugal ont coulé, l'austérité s'impose partout, la finance opaque règne sans partage et les ressentiments sont immenses envers l'Allemagne...

Un tel bilan aurait dû faire taire les plus convaincus des euro-béats, pro élargissement, défenseurs inconditionnels de l'euro, de cette Europe de la Paix et la prospérité, si chère à Jean Monnet.

Il n'en n'est rien.

Le 28 juin, l'émission C dans l'air avait encore invité ces messieurs dames qui nous ont offert un florilège d'arguments pathétiques sous l'oeil d'un Yves Calvi, lui même dubitatif, c'est peu dire.

 

 

Le plateau fut comme à l'accoutumée très divers, composé de 3 euro-bênets, chargés « d'analyser » les tenants et aboutissants de l'entrée du 28ème heureux élu : la Croatie.

 

Comment donc, interpréter le manque d'engouement des européens pour ce nouvel entrant qui rejoint « l’aventure »... ?

Jean-Dominique Giuliani Président de la fondation Robert Schuman a sa petite idée sur la question :

 

 

 

D'ailleurs, il faudra continuer jusqu'à 30 ou même 35 membres, si, si...

 

 

 

 

Finalement, l'argument massue arrive, imparable : l'Union européenne, son marché commun, ses technocrates, ont inventé nos valeurs universelles, en 1992 certainement...

 

 

 

C'est au tour de Gaëlle Pério Valero de parler. Spécialiste des Balkans, en bonne chercheuse de l'IRIS, elle prend les choses avec un grand détachement.

 

 

Nous y voilà... Va-t-on avoir droit au laïus habituel sur la seconde guerre mondiale ? Évidemment !

 

 

 

Yves Calvi, a senti l'argument un peu léger. Il réagit :

 

 

 

 

La novlangue peut alors faire merveille, classique, vide :

 

 

 

Alors ? Bande de réacs, ça vous a calmé ?

Calvi, tique un peu...

 

 

 

Jacques Rupnik est embarassé. Directeur de recherches au Centre d'études et de recherches internationales, spécialiste de l’Europe centrale et orientale, il cherche à prendre de la hauteur :

 

 

 

Le soufflet retombe :

 

 

La Paix, la Démocratie, les Droits de l'Homme, l'audace, la modernité, la tolérance... etc.

Ainsi 10 mots magiques doivent-ils permettre aujourd'hui de défendre l'Union Européenne sans avoir à argumenter.

Jamais.

Pourtant, il eut suffit d'un contradicteur sérieux sur le plateau pour mettre en miettes tous ces idéologues qui s'ignorent, ou feignent de s'ignorer.

 

C'est heureux, même Yves Calvi, ce soir là, dut regretter d'avoir oublié d'en inviter un.

 

Frederichlist

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Commentaires : 5
  • #1

    BA (jeudi, 04 juillet 2013 10:24)

    Un organisme connaît cinq phases :
    1- La naissance.
    2- La phase ascendante.
    3- La phase de plateau : l'organisme est alors à son zénith.
    4- La phase descendante : l'organisme commence à vieillir, tout se déglingue.
    5- La mort.

    J'interprète la construction européenne de la même façon :

    1- La naissance : 25 mars 1957, signature du traité de Rome.
    2- La phase ascendante : 1957 - 1992. La construction européenne monte en puissance.
    3- La phase de plateau : 1992 - 2008. Avec le traité de Maastricht, avec la suppression des frontières intérieures et avec la monnaie unique, la construction européenne est alors à son zénith.
    4- La phase descendante : 2008 - ???
    La crise financière de 2008 est devenue une crise économique, une crise sociale, une crise politique. Elle a montré au monde entier que, face à la crise, la soi-disant "solidarité européenne", c'était du pipeau.

    Elle a montré au monde entier que, face à la crise, chaque nation européenne revient dans le monde réel :
    - le sentiment national, ça existe ;
    - l'égoïsme national, ça existe ;
    - la raison d'Etat, ça existe.

    Par exemple, les budgets de chaque nation européenne continuent à augmenter, en pourcentage du PIB. Mais en revanche le budget de l'Union Européenne, lui, est en baisse !

    Pour la période 2007-2013, le budget de l'Union Européenne était au niveau ridicule de 1,10 % du PIB de l'Union Européenne. Pour la période 2014-2020, il baissera au niveau minable de 1 % du PIB !

    La Commission européenne et le parlement européen voulaient faire augmenter le budget à 1083,3 milliards d'euros. Mais les chefs d'Etat et de gouvernement ont refusé : ils ont exigé de le faire baisser au niveau minable de 960 milliards d'euros pour la période 2014-2020 !

    L’égoïsme national l’a emporté, comme d’habitude.

    http://www.20minutes.fr/economie/826126-budget-2012-europe-impose-rigueur

    C'est la phase descendante.

    Tout se déglingue.

    Au Portugal, en Irlande, en Italie, en Grèce, en Espagne, à Chypre, en Slovénie, tout se déglingue.

    Aujourd'hui, la périphérie tombe en ruines. Demain, le coeur de l'Union Européenne sera touché à son tour.

    Chaque nation reprendra le contrôle de ses lois nationales, chaque nation reprendra le contrôle de ses frontières nationales, chaque nation reprendra le contrôle de sa monnaie nationale, etc.

    L'Union Européenne se dirige tranquillement vers sa mort.

  • #2

    frederichlist (jeudi, 04 juillet 2013 13:14)

    "L'égoïsme national l'a emporté".
    Certes, mais il faut voir que les intérêts divergents des différents pays sont en partie insolubles,depuis que la dévaluation n'est plus envisageable. Les déséquilibres commerciaux entrainant des déséquilibres budgétaires, il est ensuite quasiment impossible de faire avaler la pilule de la solidarité au Peuples.
    Paradoxalement, l'"égoïsme national" correspond au respect de l'organisation économique et social d'un état : il est démocratique au moins en théorie.
    La "solidarité européenne", si belle soit cette formule, ne l'est absolument pas.

  • #3

    emynonys (jeudi, 04 juillet 2013 18:37)

    Un article vide d'arguments pour dénoncer le vide d'une émission, bravo !

  • #4

    cdupropre (jeudi, 04 juillet 2013 18:41)

    l'Europe ne tiendra pas longtemps avec de pareils avocats. Bon, reste à savoir quand se produira l'implosion. je miserais sur une nouvelle crise bancaire en septembre 2013.

  • #5

    Vincent (samedi, 06 juillet 2013 21:15)

    L'euro est dans une situation toujours délicate même si ce n'est pas très médiatisé et même si tout le monde semble s'en accommoder.
    http://www.blogactualite.org/2013/02/leuro-est-il-tire-daffaire.html

    Pourtant il ne faut pas dire que la sortie de l'euro serait sans difficulté. Des difficultés, il y en a eu des accumulées avec l'euro. La sortie de l'euro ne ferait qu'arrêter d'en accumuler certains, mais cela ne résoudrait pas tous les problèmes. Cependant c'est à mon sens une des clefs pour résorber la stagnation, mais ce n'est pas une fin en soi.