mer.

03

juil.

2013

La promenade des Australiens

 

Pour les favoris à la victoire finale sur le Tour de France, le contre-la-montre par équipe de Nice constituait la première épreuve de vérité. Plus dans sa capacité à marquer ses adversaires sur le plan psychologique que sur la possibilité de creuser des écarts très importants. Sur la promenade des anglais, on pouvait s’attendre à une démonstration de l’équipe britannique Sky ou de l’équipe américaine Garmin. A l’arrivée les Australiens d’Orica-GreenEdge ont créé la surprise.

 

Les Australiens ont frappé fort puisqu’ils ont permis à leur leader Simon Gerrans de décrocher le maillot jaune. Depuis deux jours, ce dernier marche sur l’eau puisqu’il avait remporté la veille l’étape de Calvi.

 

Mais au-delà de la victoire finale, l’heure est au bilan comptable pour les principaux candidats qui désirent ramener le maillot jaune sur les Champs-Elysées. Derrière le jeune surdoué Michal Kwiatkowski qui a fini second avec son équipe Omega-Pharma Quick Step, il est certain que l’équipe Sky et ses leaders Christopher Froome et Richie Porte ont réalisé la meilleure opération.

 

Cependant ils ont essentiellement pris un avantage symbolique puisque l’équipe d’Alberto Contador, bien aidé par Kreuziger et Rogers a parfaitement résisté en ne concédant que 6 secondes à l’équipe britannique. Sur cette étape Alberto Contador a partiellement levé les doutes apparus suite à son contre la montre très moyen lors du dernier Critérium du Dauphiné.

 

D’autres leaders sont restés au contact de l’équipe Sky. On pense naturellement au belge Jürgen Van Den Broeck à 14 secondes mais également aux leaders de l’équipe Garmin dans le même temps ou à l’équipe Movistar à 17 secondes. Pour ces deux dernières équipes, la performance du jour peut cependant s’avérer décevante. La Garmin avec des coureurs tels que Talansky, Millar, Hejsedal ou Martin pouvait clairement viser la gagne. La Movistar de Valverde, Quintana et Rui Costa pouvaient également aspirer à un résultat plus probant. Pour ces derniers le défi sera maintenant d’éviter les écueils liés aux chutes ou aux cassures dans les trois prochaines étapes. Car se retrouver à 17 secondes des leaders de la Sky au départ de la première étape de montagne pourrait permettre à l’équipe espagnole d’enflammer la course. Ils en ont le talent. Ils en ont le potentiel.

 

Viennent ensuite les perdants du jour. Plus que les écarts loin d’être rédhibitoires. Il s’agit plus du risque d’apparition d’une tendance négative. La BMC de Cadel Evans et de Tejay Van Garderen entre dans cette catégorie. Les 23 secondes déboursées à Christopher Froome ne sont pas immenses, mais la question qui se pose est de savoir si les leaders de la BMC ont les jambes leur permettant d’avoir des ambitions conformes à leur statut. La Katusha de Joaquim Rodriguez débourse 25 secondes à l’équipe britannique, mais la facture aurait pu être beaucoup plus salée pour l’équipe russe. Rodriguez doit certainement se dire qu’un si faible écart à l’approche de la première étape pyrénéenne laisse intactes ses chances de victoire.

 

Les autres leaders déboursent plus mais la plupart s’y attendait au regard du potentiel de leur équipe sur une telle épreuve. Mollema est à 34 secondes, Pinot à 39 secondes, Fuglsang à 53 secondes. Péraud, Rolland, Navarro ou Anton concèdent tous plus d’une minute. Accuser un tel retard n’est certes pas catastrophique mais ces coureurs voient petit à petit le podium leur échapper. Pour compenser, ils vont devoir adopter une stratégie plus offensive dès que la pente s’élèvera. En attendant, il importe de faire le dos rond lors des 3 prochains jours pour ne pas perdre encore plus de temps dans des chutes ou des bordures.

 

 

Theux

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