jeu.

04

juil.

2013

Cavendish lève le doute

 

Le début du Tour de France en Corse avait quelque peu modifié le scénario habituel de la 1ère semaine qui est habituellement réservée aux sprinteurs. En réalité, nous avions assisté à des sprints partiaux en raison des chutes ou des difficultés situées à l’approche des arrivées. Hier, en dehors de l’absence de Marcel Kittel, nous avons assisté à la première manche du championnat du monde des sprinteurs. Et Mark Cavendish a levé les doutes autour de sa forme actuelle.

 

Le départ en Corse devait faire du sprinteur anglais, le premier empereur du Tour de France 2013. L’absence de prologue et la route plate entre Porto-Vecchio et Bastia lui promettaient de se couvrir d’or. La nervosité du peloton et l’étroitesse des routes corses en ont décidé autrement. L’Allemand Marcel Kittel a pris la place du Britannique et le Tour a continué sa route. Loin d’être aussi à l’aise qu’un Peter Sagan ou qu’un Simon Gerrans lorsque la route s’élève, Mark Cavendish a été contraint de prendre son mal en patience d’autant plus qu’il était souffrant.

 

Tout vient à point à qui sait attendre. Sans doute. Mais voir son équipe de rouleurs haut-de –gamme perdre le contre-la-montre par équipe de moins d’une seconde a dû heurter la fierté de Mark Cavendish. Au départ de l’étape menant à Marseille, le moral du « Cav’ » est au plus bas. Sa perte de confiance en lui est totale. Il se sent malade et annonce à son équipe qu’il n’aura pas les jambes pour remporter l’étape. Patrick Lefevere décide alors la mort dans l’âme de faire une croix sur l’étape qui convenait pourtant si bien aux qualités de son coureur. Il fait part de sa décision à la presse. Un tel communiqué provoque la stupeur au sein du peloton. A quoi joue Mark Cavendish ? Est-il réellement diminué ou joue-t-il une partie de poker menteur ?

 

La réponse interviendra sur la route. Omega-Pharma-Quick Step ne donne pas un seul coup de pédale pour revenir sur les échappées.  L’intérim est assuré par la Lotto-Belisol d’André Greipel, bien secondée par la Cannondale de Peter Sagan. Puis surgit la côte des Bastides dont le sommet se situe à 30 kilomètres de l’arrivée. Pour les sprinteurs souhaitant se disputer la victoire à Marseille, cette difficulté fait office de juge de paix. Surprise ! Mark Cavendish n’est pas en difficulté, bien au contraire. La stratégie de Patrick Lefevere change alors en un instant. Tout le monde roule pour « Cav ». Tony Martin, champion monde du contre-la-montre, Sylvain Chavanel, champion de France de la spécialité ou Michal Kwiatkowski, champion de Pologne, sont alors mis à contribution.

Van Den Broeck touché au genou
Van Den Broeck touché au genou

 

L’échappée reprise, le train d’Omega-Pharma-Quick Step peut alors se mettre en place. Comme aux plus beaux jours. Bien-sûr Gert Steegmans joue à merveille le rôle de poisson pilote. Bien-sûr Mark Cavendish s’impose avec une facilité déconcertante. Bien sûr Greipel, Boasson Hagen, Sagan, Degenkolb ou Bouhanni sont impuissants. Mark Cavendish vient de remonter sur son trône. Le Roi du sprint est encore loin d’abdiquer. L’équipe Omega-Pharma-Quick Step peut être satisfaite. Elle peut aussi s’attendre à assumer l’ensemble de la poursuite lors de la sixième étape qui est également promise aux sprinteurs. Les autres équipes n’ont guère dû goûter à ce qu’elles analyseront comme un gigantesque coup de bluff de la part des hommes de Patrick Lefevere. Le « Cav » et ses hommes doivent maintenant assumer et montrer que leur nouveau statut n’est pas trop lourd à porter. On ne fait aucun cadeau au Roi qui doit gouverner seul.

 

Au-delà du sprint, l’étape du jour a encore été émaillée par de nombreuses chutes. Des candidats au classement général ont vu leurs ambitions partirent en fumée sur un coup du sort. Le Tour est injuste et ne récompense pas toujours les heures d’entraînement passées sur le vélo. En pensant aux abandons de Maxime Bouet ou Jürgen Van Den Broeck,  ou aux difficultés que vont rencontrer Ryder Hesjedal ou Haimar Zubeldia, on ne peut qu’être touché par l’ingratitude de ce sport. Cette injustice et cette ingratitude qui contribuent probablement à la poésie du cyclisme.

 

 

Theux

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