mar.

09

juil.

2013

L’heure de Froome ?

Le contre- la-montre du Mont Saint-Michel appartient aux étapes clefs de ce Tour de France 2013. La grande boucle a pour habitude de sacrer le meilleur rouleur des grimpeurs. La montagne a procédé au premier écrémage. L’épreuve chronométrée va permettre de l’affiner.

Les favoris sont concentrés. L’étape du Mont Saint-Michel est l’une des plus courtes de ce Tour de France. L’effort l’un des plus violents. Prétendre à la victoire finale interdit de passer au travers d’une étape de cette importance. Tout à l’heure, chaque coureur sera seul. Seul face au temps qui passe. Seul face à la souffrance. Seul face à soi-même. Seul face à ses limites.

Dans cet effort solitaire, pas d’équipiers pour vous sécuriser, pas de coureurs derrière lesquels s’abriter. Parfois une silhouette surgit au loin. Signe que l’on rattrape son adversaire. Parfois l’inverse se produit. La dimension psychologique entre alors en compte. Il importe de continuer à se battre, de ne pas se désunir.

 

L’optimisation de sa performance est la donnée stratégique. Conserver trop de réserves fait perdre de nombreuses minutes. Basculer dans la zone rouge également. Dans une épreuve chronométrée, le coureur est un équilibriste. A la recherche permanente de sa limite. Les cuisses brûlent, le souffle est court, l’effort est maximal. La souffrance est une compagne de chaque instant. Le départ au sprint n’offre pas de mise en action progressive. Souffrir telle est la condition du coureur cycliste. Souffrir pour repousser le temps. Souffrir pour repousser ses limites. Souffrir pour repousser ses adversaires.

 

Mais l’équilibre est précaire. Aller trop loin dans la souffrance signifie aussi risquer l’explosion. La chute dans le vide. L’abandon de ses espoirs de victoire. Car le corps reste une mécanique de grande précision. Quand l’acide est lactique est trop fort. Les crampes le remplacent. Quand l’effort est trop violent. Les pulsations cardiaques n’augmentent plus. La seule solution est alors de réduire l’allure, ce qui est rédhibitoire sur un contre-la-montre.

L’importance de l’analyse des détails est également primordiale. Ces détails qui font gagner des secondes, qui permettent d’éviter la chute. La position aérodynamique sur le vélo doit être étudiée avec attention, comme la direction du vent et les possibilités d’abris, ainsi que les nombreux pièges du parcours comme les ronds-points, les virages, les îlots directionnels.

 

Les favoris à la victoire sur le Tour de France devront gérer l’ensemble de ces paramètres. Pour pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes et réaliser la meilleure performance possible. Celle de Christopher Froome sera scrutée avec attention. Le maillot jaune va-t-il assommer le Tour ? Va-t-il au contraire confirmer le recul de son équipe depuis 3 jours ? Ce contre-la-montre permettra aussi d’en savoir également plus sur le niveau réel de ses adversaires. Quintana, Valverde, Mollema ou Contador vont-ils voler en éclats ou vont-ils rester à une distance respectable du « Kenyan Blanc » ?

 

Le combat contre le temps est implacable. Son résultat irréfutable. Cet exercice de soliste sort le coureur de son quotidien au milieu du peloton. Cette solitude que les coureurs craignent ou recherchent selon les situations. Cette solitude où le coureur se retrouve noyé au milieu du public. Ces instants de solitude qui sont si rares sur le Tour de France et qui sont pourtant si déterminants. Au moment de prendre le départ de cette étape chronométrée, les protagonistes ne penseront pas à cette solitude du coureur cycliste, mais ils devront la supporter pendant 33 kilomètres. 33 kilomètres à parcourir. 33 kilomètres pour l’histoire.

 

Theux

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