mer.

10

juil.

2013

Mélenchon tergiverse sur l'Europe

arret sur images ASI mélenchon sapir

Le débat organisé par le site Arrêt sur images entre Jean-Luc Mélenchon et l'économiste Jacques Sapir a permis de mieux se figurer les conséquences du futur éclatement de l'euro. Les deux protagonistes, résolument opposés à la politique de compétitivité et de rigueur conduite en Europe ont toutefois divergé sur la manière d'envisager à la fois la monnaie unique et la construction européenne. D'un côté Sapir, défenseur d'un retour au franc accompagné d'une dévaluation importante et de l'autre le leader du Front de Gauche, martelant qu'il est encore possible d'infléchir le dogmatisme de Berlin et des institutions, de construire une Europe solidaire « à la française », sans exclure in fine une sortie de l'euro si ses exigences n'étaient pas entendues.

Évidemment, elles ne le seront pas.

 

Jean-Luc Mélenchon est un intellectuel ; la chose est assez rare dans notre représentation politique aujourd'hui pour être relevée.

Il lit, diffuse et s'inspire d'un monde des idées largement délaissé par les partis classiques et leurs caciques, exception faite certainement d'un Nicolas Dupont Aignan, lorsqu'il ne fricote pas de trop près avec le FN.

Il sait que les idées dans l'air d'un temps imprègnent les hommes et leurs destins, combien il est difficile de penser au delà de cadres idéologiques multiples, combien le monde des penseurs est flottant autant qu'insaisissable.

Surtout, il respecte les intellectuels, les chercheurs et accepte de se frotter à eux ; ô merveille, en démocratie, il accepte de débattre.

 

Mélenchon a ses lubies, ses marottes, il tempête pour tout et rien, dans un monde aseptisé, souvent à juste titre, parfois moins pour un résultat somme toute discutable.

Le problème en réalité n'est pas là, et ce débat en fut à nouveau l'illustration : en vérité, Mélenchon hésite... 

 

michéa mélenchon orphée complexe gauche

Il hésite sur l'euro, il hésite sur l'Europe.

Il demeure un internationaliste de cœur, de tradition, malgré les Peuples opprimés par la Troïka, qu'il dénonce avec superbe, malgré le chômage généralisé au sud, malgré les migrants arrachés à leurs terres, malgré la concurrence généralisée, malgré les solidarités nationales qui toujours l'emportèrent sur les solidarités de classe, malgré, malgré....

Bossuet disait : «Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes».

 

Mélenchon, comme la Gauche dans son ensemble, a un problème de frontière.

 

Il est tout à fait intéressant d'observer que le retour en force du concept ces dernières années au sein du monde intellectuel ne fut suivi d'aucune conséquences à l'échelle politique.

Seuls Debout la République et le Front National parlent de frontières, et de fait, ils progressent.

Ils sont pourtant nombreux, à gauche notamment, les penseurs critiques du libéralisme, exigeant que les partis autrefois populaires fassent urgemment leur auto-critique, et rétablissent un cadre politique et économique acceptable, décent, où le salut d'une vie ne serait pas l'exil, à Paris, à Bombay, New-York, dans un monde ravagé par la misère et la cupidité de quelques-uns.

Tous, Michéa, Debray, Gauchet, Finkielkraut, Todd, Sapir, Lordon et tant d'autres : ils réclament des frontières.

Mieux, ils fixent la frontière comme limite préalable à toute action politique anti-libérale crédible, qu'elle concerne les transformations institutionnelles (retrouver la souveraineté politique) économiques et sociales (le protectionnisme, la relocalisation, la lutte contre la finance) et idéologiques (l'immigration doit-elle demeurer l'horizon indépassable de toute la planète?)

 

Car le hasard n'y fut pour rien.

Il fallut faire tomber les frontières, au nom de la fin du nationalisme, de l'Europe de la Paix, pour voir surgir de tous bords une oligarchie financière et technocratique hors de contrôle, la croissance infinie des organisation supra-nationales, l'affaissement démocratique sur tout le continent.

Enfin les hommes pourraient n'appartenir à aucun Peuple, à aucune patrie au nom de la Liberté, ne devoir rien à personne, et surtout pas leurs impôts, faire leur vie, toujours plus libres, sans contraintes... telles furent les devises érigées en norme et sur lesquelles s'est bâtie l'anarchie mondialisée que seuls défendent aujourd'hui ceux qui en sont protégés, parce que riches et puissants.

 

Un monde sans frontières.

Un royaume de la Liberté fourre-tout que cautionne aujourd'hui encore la Gauche dans son ensemble, sensible à cinquante années de démontage intellectuel de la souveraineté, de l'exercice de la démocratie dans le cadre national, de lutte anti-discriminations, de promotion des droits sacrés de l'individu qu'elle a naïvement promus, en même temps qu'elle laissait se normaliser le droit de se goinfrer sur le dos de son prochain.

 

Business is business.

 

euro mélenchon sortie

Mélenchon sait tout cela. Il l'explique parfaitement.

Un fond historique de l'internationalisme ne le quittera jamais, celui des révolutionnaires de 1789, de Jaurès, de Lénine.

Mais tout de même, l'internationalisme peut-il être la construction d'entités dogmatiques monstrueuses, fussent-elles sous l'égide de la France, commandant à d'autres d'appliquer sa politique ? Ce que la commission ne peut faire, la France ne pourra, ni ne devra le faire.

La frontière est une condition nécessaire à la souveraineté du Peuple chez lui. C'est évidemment l'acceptation que les autres sont souverains chez eux. Une frontière permet d'accueillir chez soi ; elle marque les différences mais également le respect des différences.

L'effacement arbitraire des frontières n'a jamais fait que retarder la guerre. En aucun cas il ne l'a supprimée. Il en va de même en économie. Peut être même est-ce encore plus flagrant.

 

L'euro fut une grave erreur, c'est un fait. Il est aujourd'hui un puissant instrument de domination de l'Allemagne et de tous les organes européens sur les autres parlements nationaux, dont la souveraineté n'est plus qu'un lointain souvenir.

L'abandon des tarifs douaniers fut une catastrophe pour l'emploi. Il faut les rétablir.

Mais surtout, la souveraineté ne se négocie pas. Avant toute transition écologique, toute réforme institutionnelle, tout changement radical en France, si nécessaires soient-ils, il faut-être en mesure d'appliquer ce que l'on promet. Depuis 40 années, c'est compliqué, depuis l'euro, c'est impossible.

 

Il n'y aura pas de changement politique sans une sortie de l'euro, ni renégociation de tous les traités européens. Il faut le dire clairement au Front de Gauche : d'abord la souveraineté d'agir, ensuite l'action. D'abord s'occuper de l'Europe, abandonner l'euro, ensuite agir.

L'inverse est voué à l'échec.

Il n'est plus question de tergiverser.

 

 

 

Frederichlist

 

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Commentaires : 24
  • #1

    emynonys (mercredi, 10 juillet 2013 13:10)

    Sortir de l'euro et dévaluer fortement la monnaie? Avec plus de 80% du déficit français (65-70M€ au total par an) imputable à l'importation d'énergies fossiles, les français, puisque vous voulez ramener les frontières à ce niveau, devront payer plus cher tous les produits importés dont l'énergie, tout en compensant le déficit de la balance commerciale qui ne manquera pas de s'alourdir. Vous avez perdu la tête? Ou alors vous n'avez pas vu l'état de la production industrielle en France après 20ans de désindustrialisation? La sortir de l'euro ne pourrait être une réussite qu'après une forte période de réindustrialisation si vous voulez pleinement profiter d'un retour à la monnaie natrionale...

    Bien évidemment qu'il est question de (re)définir des frontières mais certainement moins d'en revenir aux historiques. D'autant qu'avec une sortie de l'euro, vous êtes naïfs au point de penser que les traités européens pourront être renégociés? Dans ce cas, vous en prenez pour 10ans mini de défiance envers la France par le reste de l'Europe, vous l'avez compté dans votre "ensuite agir"?

    Les frontières dont vous parlez comme le Graal ne sont pas que physiques dans le monde d'aujourd'hui.
    Vous parlez en filigrane dans différents articles du site de social, de défense des classes ouvrières, mais pas un mot sur le dumping social et les frontières qu'il faudra définir?

    Discours simpliste...

  • #2

    bizou45 (mercredi, 10 juillet 2013 15:04)

    @emynonys ton scénario catastrophe ne tient pas la route. Le prix de l'énergie ne dépend pas seulement de la monnaie mais aussi des taxes. Sapir annonce dans le débat un renchérissement de 7.5% des prix du sans plomb pour une dévaluation de 30%.
    Le creusement de la balance est compensé par la hausse des exportations, c'est le principe d'une dévaluation. Ensuite, il faudra bien à terme réduire la consommation d'énergies fossiles. C'est tout à fait possible.
    Vous proposez de réindustrialiser sans dévaluer ? Oui, on peut toujours essayer. Mais, ça fait 30 ans qu'on attend.

  • #3

    Guadet (mercredi, 10 juillet 2013 19:19)

    On peut dire des choses comme ça sans se faire traiter de fasciste ?

    Merci d'en avoir le courage : vous ne serez pas bien accueillis à gauche.

    Voici un article intéressant sur les défauts de la mobilité des capitaux :

  • #4

    Guadet (mercredi, 10 juillet 2013 19:20)

    Voici le lien :

    http://www.revue-projet.com/articles/la-mobilite-du-capital-un-peche/

  • #5

    François Dubreuil (jeudi, 11 juillet 2013 11:17)

    Jean-Luc Mélenchon l'a peut-être insuffisamment souligné, mais l'utilisation des frontières est bel et bien un point nodal du programme du Front de Gauche (l'Humain d'abord), et pour commencer, avec l'application des visas sociaux et écologiques. Pour faire vite, il s'agit de taxer les produits selon le respect de normes dans ces deux domaines, y compris les produits français, d'ailleurs. Nos productions ne pourront que s'en trouver bien traitées, ne serait-ce qu'en fonction de l'empreinte carbone du transport.
    Quant à l'internationalisme que nous défendons, il concerne évidemment les hommes, non pas les capitaux ou les poulets au chlore.
    Pour faire bonne mesure, il est aussi question dans notre programme de réactiver la Banque de France qui a de multiples rôles à jouer dans cette aventure (prêts quasi-gratuits aux collectivités publiques,...)
    Enfin, notre position a toujours été: Le peuple décide, le gouvernement exécute, et si l'UE n'est pas d'accord, on se compte et on voit.
    Maintenant, un responsable politique a d'autres contraintes qu'un chercheur. Je pense qu'il se doit de présenter la perspective d'essayer au moins, même s'il n'y croit guère.
    En règle générale, pour commenter la position du PG ou du FdG, rejetez un coup d'œil à l'Humain d'Abord, il est en ligne gratuitement, maintenant. Idem pour les autres partis, d'ailleurs.
    Fraternellement,

  • #6

    emynonys (jeudi, 11 juillet 2013 16:36)

    @bizou45 : en ne traitant qu'une partie du problème, on peut construire des châteaux en Espagne.
    Bien évidemment que le prix de l'essence n'augmenterait pas de la valeur de dévaluation de la monnaie et que la TIPP serait adaptée. Tout de même, 7,5% d'augmentation de prix de l'essence en plus de la perte de pouvoir d'achat, demandez à votre entourage qui serait prêt à ça et vous verrez bien pourquoi ce message politique est compliqué à faire passer (hormis pour les manichéens du FN et quelques autres qui ont en parallèle d'autres chevaux de bataille plus bestiaux...)
    Question subsidiaire que vous éludez dans votre réponse, à qui est-ce que la France exporterait en Europe (principal débouché des exportations françaises, faut-il le rappeler) en ayant claqué la porte de l'euro? Il me semble que Mélenchon a raison de tergiverser car il a conscience des impacts indirects d'une telle décision...

  • #7

    diojaime (vendredi, 12 juillet 2013 09:36)

    @emynonys
    mais comment fait l'angleterre qui n'est pas dans la zone euro ???

  • #8

    emynonys (vendredi, 12 juillet 2013 13:59)

    @diojaime : si vous enviez la situation de l'Angleterre, il faut aussi lui envier sa City. Je crois que la réponse sur "comment elle fait?" est assez claire...

  • #9

    diojaime (vendredi, 12 juillet 2013 15:47)

    @emynonys
    me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, car je suis loin d'envier sa situation,
    mais à vous écouter on croirait que la sortie de l'euro s'apparente à une catastophe nationale.
    cependant, concernant l'angleterre, moins libérale elle serait mieux elle se porterait, ca c'est sûr !!

  • #10

    emynonys (vendredi, 12 juillet 2013 18:05)

    @diojaime
    Non, la sortie de l'euro ne serait pas une catastrophe. D'un autre côté, vous vouliez me donner un contre-exemple de pays (comparable à la France certainement?) qui n'est pas dans l'euro et tire son épingle du jeu. Alors?

  • #11

    Ozaguets (samedi, 13 juillet 2013 10:15)

    En effet, la désindustrialisation du pays est beaucoup beaucoup plus grave que toutes les acrobaties monétaires ! avec ou sans l'euro, lorsque vous n'avez plus rien à vendre, vous disparaissez...
    ajoutez-y le défaitisme ambiant et vous obtenez un pays suffisamment riche pour dépérir lentement comme dit Attali.
    Et comme nous ne savons pas agir avant d'avoir touché le fond, attendons le clash...

  • #12

    diojaime (lundi, 15 juillet 2013 16:53)

    @emynonys
    alors? alors même si l'angleterre n'est pas dans l'euro elle commerce toujours avec le continent.

  • #13

    emynonys (mardi, 16 juillet 2013 01:04)

    @diojaime
    Vous savez que l'Angleterre est la première place financière pour l'échange d'euro, que la finance, City en tête, possède la part dans le PIB (13%-15% en 2012 selon les sources, contre 5 à 10 pour les autres pays) la plus importante de tous les pays européens, c'est ça votre modèle de pays européen qui s'en sort bien en participer à spéculer contre les autres? Ou alors, vous me direz que vous préférez l'hopital ou les services publics à l'anglaise, voire quelques émeutes en 2011?


  • #14

    diojaime (mardi, 16 juillet 2013 09:59)

    @emynonys
    impossible de discuter avec vous, à toujours vouloir me faire dire ce que je n'ai jamais dit !!
    votre mauvaise foi est totale !!
    est-ce que l'Angleterre est mise au ban du commerce Européen parce qu'elle n'est pas dans l'Euro ??
    non que je sache, alors ?????

  • #15

    emynonys (mardi, 16 juillet 2013 13:58)

    Mauvaise foi? Comme pays qui "réussit" en dehors de l'euro, vous me citez l'Angleterre qui profite de l'euro en étant à l'extérieur par une excroissance de la finance, qui, socialement, est sinistré, c'est le seul exemple à votre disposition d'un pays qui est sur des bases saines? Oui, bien sûr, qu'ils continuent à commercer avec le reste de l'europe.
    D'ailleurs, pour les chiffres, comparés avec la France :
    http://atlas.challenges.fr/pays/comparateur/commerce-GB;FR.html

    On parle de la différence à être ou pas dans l'euro, mais l'exemple que vous donnez de l'Angleterre n'est pas représentatif, les deux pays ayant des fondamentaux différents, non que je sache, alors??

  • #16

    diojaime (mardi, 16 juillet 2013 16:05)

    @emynonys
    vous prétendez au commentaire n°6 que si la France sortait de la zone Euro elle ne pourrait plus commercer avec l'Europe.
    alors comment expliquez-vous que le Royaume uni, n'ayant jamais été dans l'Euro, ne soit pas mis à l'écart ??

  • #17

    Tom (mercredi, 17 juillet 2013 20:32)

    L'auteur de cet article ne comprend pas la démarche de JLM. Non, il n'hésite pas. Il joue fin stratège. Tout le monde sait que les Français sont, pour N raisons de propagande, contre la sortie de l'Euro. Si JLM s'alignait sur les propos de Sapir ou Nikonoff, plus de la moitié des Français lui rirait au nez de suite.
    Là son approche est :
    - soit la France à la Front de Gauche arrive à faire changer les règles européennes par la prise en otage de l'Euro (via la désobéissance unilatérale aux traités non validés par le peuple - cf 2005 - et le recours à la BdF pour monétiser sa dette dans sa monnaie actuelle qu'est l'Euro)
    - soit l'Allemagne et ses satellites refusent, L'Euro craque, et on applique le plan B qui est déjà dans les tuyaux (cf. Sapir ou Asselineau ou Généreux).
    Donc nulle hésitation. "Stratégie" est un concept qui dépasse bcp de monde, dont l'auteur et Sapir même.

    Enfin, ce n'est pas appliquer une Europe à la Française. Les actes de JLM seraient directement soutenus par la majorité des peuples de l'Europe, notamment au Sud (je dis bien peuple ; pas les gouvernants, journalistes, partis sociaux démocrates, et toute la droite libérale souvent pourrie)

  • #18

    emynonys (mercredi, 17 juillet 2013 22:55)

    @diojaime
    Pour faire court, l'Angleterre est historiquement un pays à part dans UE (...) et n'a jamais voulu faire partie de l'aventure euro. La France est à une place centrale dans la construction européenne. Voilà pour le fond, qui pour moi (je fais court....), explique le scénario qui suit.

    Je le répète, la sortie de la France de l'euro ne serait pas la catastrophe économique annoncée si elle était la seule, et c'est à ça que je vous demande de réfléchir.

    Avec quelques réflexions et questions :
    Dévaluer une monnaie quand on a une industrie en berne, ça sert à quoi? A la limite, l'Italie y aurait plus intérêt, ayant une industrie qui s'est renforcée ces dernières années.

    Voyons maintenant : si la France sort de l'euro, l'Allemagne ne suivra pas les pays du sud avec la monnaie unique. Donc split de la zone, chacun retrouve sa monnaie nationale dévaluée, sauf l'Allemagne (a priori). Partant de là, où est l'avantage économique gagné à dévaluer? Où est la plus-value d'une monnaie nationale retrouvée lorsque tout le monde aura à coeur en europe de retrouver de la compétitivité? L'Allemagne, elle, avec 200M€ d'excédents commerciaux par an, en fera moins, sa part de commerce avec les autres pays européen diminuant sans s'arrêter avec les autres (arguments : qualité allemande, industrie florissante). Quand aux autres, où est l'avantage compétitif lorsque tout le monde doit appliquer des politiques analogues?

    Un euro des pays du sud?

    Si non, vous comptez sur quoi? La consommation intérieure? 20% de dévaluation, ça va aider? Les importations de matières premières, pétrole en tête? C'est sûr qu'on va appliquer la décroissance de cette manière, mais avec quel espoir?
    Et je ne vous parle pas des marchés financiers, qui, par "l'odeur alléchée", vont revenir en force spéculer pour finir les restes?
    Voilà ce que j'en ai à dire. Encore une chose, je comprends bien la logique économico-mathématique de Berruyer par exemple, je me pose la question de savoir s'il imagine un cas de figure telle que je la décris, je serais vraiment curieux de savoir et quelle est sa réponse.
    Des hypothèses manquent?

  • #19

    diojaime (jeudi, 18 juillet 2013 11:05)

    @emynonys
    la situation économique de l'Europe avant l'avènement complet de l'Euro en 2002 était loin d'être pire qu'aujourd'hui.
    cette simple observation constitue la preuve irréfutable que l'Euro ne fonctionne pas.
    alors pourquoi s'entêter à le soutenir, si ce dernier se caractérise par un marasme économique, l'indignation des peuples et la persistance d'un chômage de masse ??
    on a bien vécu sans l'Euro, non ?? alors ??

  • #20

    emynonys (jeudi, 18 juillet 2013 11:52)

    @diojaime
    Vous n'avez pas tout à fait entendu ce que je disais. Le problème n'est pas de constater qu'avant l'euro, tout fonctionnait bien (et on pourrait tout de même parler de la guerre des monnaies en Europe à l'époque, qui s'est arrêtée quand l'euro est arrivé, ce n'est pas le sujet...).

    Je parle de la situation au jour J où l'euro n'est plus. Auparavant, les ajustements étaient éparpillés dans le temps selon les pays en Europe. Ce que je dis, c'est que la situation après un éclatement de la zone euro amènera à des politiques économiques uniformisées de la part des pays qui dévalueront leur monnaie nationale retrouvée. La question n'est pas de savoir si l'on a bien ou mal vécu avant l'euro, mais de voir la situation après éclatement de la zone.
    Auparavant, là où vous me dites que l'on a bien vécu sans l'euro, il n'y avait pas vraiment de synchronisation des dévaluations compétitives entre les pays européens. Ce serait le cas après l'éclatement de la zone, et c'est la question des impacts qui m'intéresse, le reste est propos partisan.

  • #21

    diojaime (jeudi, 18 juillet 2013 14:19)

    @emynonys
    qui sait ce qui se passera après l'éclatement de la zone ?
    pour le moment le problème c'est l'Euro et le comportement de la BCE dicté par le dogmatisme des théories monétaires des années 70.
    à ce sujet je vous invite à consulter l'adresse suivante:http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/FD001427.pdf

  • #22

    emynonys (jeudi, 18 juillet 2013 18:33)

    @diojaime
    N'empêche, pas de réponse à la question que je pose. Elle me paraît importante car l'éclatement de la zone, je ne vais pas réitérer les points de mes 3 derniers posts, peut annuler complètement l'avantage compétitif des pays qui dévalueront quand il sont trop nombreux à le faire simultanément. Le point important, c'est que la dévaluation peut être bénéfique lorsqu'un pays le fait, mais tous à la fois? Affirmer que le problème est l'Euro, qu'il faut d'abord le casser pour ensuite découvrir la situation sans en analyser les conséquences revient à ne pas vouloir voir ce qui se cache derrière la porte, voire même se retrancher dans une forme d'aveuglement (dogmatique)...

    L'article que vous avez mis en référence est très intéressant, ses conclusions aussi. Je l'ai lu intégralement sans cerner vraiment ce qu'il étaye dans votre discours, car allant aussi dans mon sens par ailleurs dans sa conclusion, c'est à dire un retour du politique dans la gestion monétaire...

  • #23

    diojaime (lundi, 22 juillet 2013 13:28)

    @emynonys
    voici un article trés intéressant sur Marianne: http://www.marianne.net/Lordon-Todd-Les-intellectuels-vont-devoir-parler-au-peuple_a229828.html

  • #24

    diojaime (lundi, 09 septembre 2013 11:19)

    @emynonys
    voici une réponse à vos inquiétudes concernant la sortie de l'Euro:
    http://www.fondation-res-publica.org/docs/etude_euro_respublica.pdf