jeu.

11

juil.

2013

Tous derrière et lui devant

Le premier contre-la-montre du Tour de France devait permettre d’en savoir plus sur l’état de forme des différents favoris. SKY avait inquiété. Froome les a rassurés. En écrasant ses concurrents à la manière d’un Miguel Indurain ou d’un Lance Armstrong, l’Anglais a envoyé un signal fort. Il n’y a qu’un seul favori sur ce Tour de France. Les autres ne sont que des outsiders. A l’arrivée le constat est simple : sauf défaillance, Christopher Froome défilera sur les Champs-Elysées avec le maillot jaune.

Lors du contre-la-montre du Mont Saint-Michel, Froome était fort, trop fort. Un seul homme a pu résister à sa puissance outrageante : le champion du monde du contre-la-montre, Tony Martin. Et encore, les mauvaises langues auront beau jeu d’affirmer que l’Allemand était dépassé par l’Anglais à chaque chronométrage intermédiaire. De là à penser que le leader de la SKY a levé le pied pour ne pas rendre sa domination trop ostentatoire. A l’arrivée Tony Martin a repoussé Christopher Froome à 12 secondes. Les apparences sont sauvées. Passons au comparatif avec les autres prétendants au classement général.

 

Bauke Mollema ? A une minute et 53 secondes. Alejandro Valverde ? A deux minutes. Alberto Contador ? A deux minutes et 3 secondes. Roman Kreuziger ? A deux minutes et six secondes. Nairo Quintana ? A trois minutes et 16 secondes. Joaquim Rodriguez ? A trois minutes et 17 secondes. Ne cherchez pas de survivants. La tornade Froome a tout emporté, tout brisé : les ambitions de la concurrence, leurs espoirs, leurs rêves, leurs objectifs.

 

Le véritable combat va maintenant s’organiser autour de la seconde place. La première étant inaccessible. L’analyse du classement général est particulièrement évocatrice. L’écart est quasiment le même entre Chris Froome et son dauphin Alejandro Valverde (3’25) qu’entre ce même Valverde et l’Australien Cadel Evans (à 3’29 de l’Espagnol), pourtant seulement 14ème au classement.

Vincenzo Nibali
Vincenzo Nibali

Le niveau entre les meilleurs mondiaux est donc particulièrement homogène en dehors de l’exception que constitue Christopher Froome. Le Britannique domine tout. Il est indiscutablement le meilleur grimpeur du peloton. Le contre-la-montre d’hier semble permettre d’affirmer qu’il est quasiment le meilleur rouleur. Ses failles apparaissent inexistantes, ses adversaires sont dominés sur tous les terrains.

 

Une nuance doit cependant être apportée à cette analyse. Lors du Tirreno-Adriatico, l’Italien Vincenzo Nibali était parvenu à terrasser le « Kenyan blanc ». Il avait réussi dans son entreprise, grâce à deux paramètres principaux : la pluie et les très forts pourcentages. Christopher Froome semble en effet supporter plus difficilement les conditions difficiles, même s’il parvient à s’en accommoder. Les forts pourcentages notamment sur des passages courts semblent également le gêner, ce qui tendrait à démontrer que l’Anglais n’est pas un puncheur mais qu’il préfère les efforts longs et difficiles. L’absence de difficultés de ce type sur le parcours du Tour de France 2013 et une météo pour le moment plutôt clémente semblent favoriser les desseins de Christopher Froome.

 

Reste la faiblesse de l’équipe SKY qui peut forcer son leader à se retrouver seul contre tous. Il s’agit certainement de la seule chance de la concurrence, à condition de la jouer à fond et de prendre tous les risques, quitte à reculer au classement général. Les Valverde, Contador, Quintana, Kreuziger ou autres Mollema y sont-ils prêts ? Réponse dans les jours à venir.

 

 

Theux

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Commentaires : 3
  • #1

    Hann (jeudi, 11 juillet 2013 19:09)

    Excellente analyse, ne manque plus que celle des urines qui pourraient, elles, n'être révélées avant une bonne dizaine d'années, le temps de redorer le merdier en forme de boucle ... Et l'empathie populaire, au fait ? La gloire du grand bordel hexagonal que la terre entière nous envie ? Disparue, volatilisée, entre des oreillettes à calmer les ardeurs des plus fougueux et des lunettes de soleil masquant la torture, qui au plus fort des cols les plus pentus et même au plus gros des affaires les plus tordues, rendaient ces immenses forçats dramatiquement sympathiques. Over, comme dirait l'ex-champion en forme de cahuzac ...

  • #2

    Lila (jeudi, 11 juillet 2013 23:18)

    L'espoir: site de réflexion économique et politique...à quand les résultats du foot commentés? C'est vraiment n'importe quoi!

  • #3

    Hann (mardi, 16 juillet 2013 04:47)

    En terme d'économie, le Tour, c'est plutôt du lourd et du bien mondialisé et c'est quasiment Tapie qui a commencé (la grande boucle est-elle bouclée ?). Côté politique, tous sont prêts à se prendre quelques moucherons dans l'oeil pour serrer la louche d'un coureur français sur france 2 avant le vinteur de la rigueur. Sorte de bon sens énarquien permettant de renifler de la sueur de votants au milieu des blés de monsanto et de s'y poser comme une mouche se poserait sur un truc qui commencerait par un m. Certains au milieu de ces nantis de la république auront des mots de circonstances pour un défilé militaire sur les champs, ou pour une corrida qui ne serait pas de saison, voir pour un transfert footballistique faramineux, mais aucun jamais, ne s'en prendra au Tour, et ce quelque soit la posologie en cours ... Du jus d'hexagone AOC.