ven.

12

juil.

2013

Passation de pouvoir ?

Nous l’avions annoncé à plusieurs reprises, le Tour de France est le championnat du monde des sprinteurs. Depuis 2008, le Roi incontesté se nommait Mark Cavendish. Chaque année était l’occasion d’affirmer sa domination sans partage. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 4 victoires en 2008, 6 en 2009, 5 en 2010, 5 en 2011, 3 en 2012. A ce rythme, même le cannibale « Eddy Merckx » commençait à s’inquiéter pour son record de 34 victoires au cours de sa carrière sur le Tour de France. Sauf que cette année Mark Cavendish semble moins fringant puisqu’il n’a levé les bras qu’à une seule reprise. C’était à Marseille.

Certes, le Tour est encore long et les occasions de voir le sprinteur britannique s’imposer sont importantes. Le problème est ailleurs. Il est Allemand et se nomme Marcel Kittel. Depuis, le début du Tour ce dernier s’est imposé à 3 reprises. Mieux, lors de l’étape de Tours il a battu Mark Cavendish à la régulière. Là où précisément l’homme de l’île de Man est quasi imbattable, lorsqu’il est lancé par son train et que personne ne peut résister à son accélération terminale.

 

Hier Marcel Kittel est parvenu à résoudre cette équation que des générations de sprinteurs pensaient insoluble. Il a résisté à l’incroyable vélocité de Mark Cavendish avant de le dépasser grâce à une puissance exceptionnelle. Est-on en train d’assister à une passation de pouvoir ? La question mérite d’être posée, car si Mark Cavendish gagnera encore de nombreuses courses, Marcel Kittel s’est montré vraiment impressionnant depuis le début du Tour de France.

 

Mark Cavendish ne peut pas ignorer que sa seule victoire sur ce Tour de France 2013 s’est déroulée en l’absence d’un Marcel Kittel retardé. Jusqu’à présent, les supporteurs du Britannique pouvait opposer que les victoires de l’Allemand ne s’étaient pas produites face à un Cavendish en pleine possession de ses moyens. Lors du sprint de Bastia, « Fat’Cav », avait été pris dans chute. Lors de l’étape de Saint-Malo, Mark Cavendish avait provoqué la chute de Tom Veelers, poisson pilote de Kittel, et s’était ensuite désintéressé du sprint. L’étape de Tours a donc permis de faire tomber les masques et il semble que le rapport de force soit en faveur de l’Allemand.

Cependant il importe de ne pas enterrer trop rapidement Cavendish, qui est un champion. Un vrai. Sa défaite de Tours l’a indéniablement blessé dans son orgueil. Sa soif de revanche ne sera donc que plus forte lors de l’Etape de Saint-Amand-Montrond. On ne lâche pas son trône sans s’être battu jusqu’à sa dernière force pour le conserver. Pour cela le Britannique doit impérativement s’imposer dès aujourd’hui. La pression sur ses épaules est à son comble. C’est dans ces moments-là que les plus grands champions parviennent à se surpasser.

 

Cavendish est fait de ce métal dont sont constitués les plus grands champions. S’il remporte son duel face à Kittel, il pourra envisager de dépasser le record de Merckx et s’adjuger le titre officieux de « meilleur sprinteur de l’histoire ». S’il perd ce duel, alors il devra se contenter de siéger à côté des Abdoujaparov, Cipollini ou Pettachi qui ont siégé sur le trône lors de règnes plus ou moins loin. Dans ce cas-là, le successeur du Britannique sur ce trône si convoité se nommera Marcel Kittel. Restera alors à savoir la durée de ce règne. La seule certitude est que Mark Canvendish n’a jamais eu à se frotter à une concurrence aussi rude.

 

Theux

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