lun.

15

juil.

2013

Le mystère Froome

Malgré le formidable coup de panache d’Alberto Contador et de son équipe vendredi, le week-end qui vient de s’achever a encore assis un peu plus la domination de Chris Froome. Dimanche dans l’ascension du Ventoux, le Britannique s’est montré irrésistible. Pourtant les médias ne se sont pas montrés dithyrambiques à l’égard de la performance du « Kenyan blanc ». Au contraire l’interrogation demeure.

Au-delà de la domination outrageuse du leader de la Sky, sa polyvalence interroge. Comment parvient-il à rivaliser à la fois avec le grimpeur colombien Nairo Quintana en montagne et avec le rouleur allemand Tony Martin en contre-la-montre ? En cyclisme l’équation puissance/poids a toujours été délicate à résoudre. Un coureur comme Tony Martin qui mesure 1m85 et pèse 75 kg pourra déployer toute sa puissance sur des portions plates mais sera désavantagé par cette masse musculaire lorsque la route s’élèvera. A l’inverse Nairo Quintana, 1m67 pour 59 kg, souffrira toujours d’un déficit de puissance sur une route sans relief mais bénéficiera d’un avantage incomparable au fur et à mesure que les pourcentages d’une pente se durciront.

 

L’intérêt d’un Tour de France est donc, en théorie, d’assister à la lutte entre des coureurs aux qualités différentes qui s’attacheront à creuser l’écart lorsque le terrain leur sera favorable et à les minimiser sur les portions moins adaptées à leurs caractéristiques. Le problème avec Christopher Froome, 1m86 pour 69 kg, est qu’il possède à la fois les qualités de l’Allemand et du Colombien.

 

Lors du contre-la-montre du Mont-Saint-Michel, le leader de la Sky n’a concédé que 11 secondes à Tony Martin, après l’avoir dominé à chaque temps intermédiaire. Pendant la montée du Ventoux, Chris Froome et Nairo Quintana sont restés de longs kilomètres seuls en tête, avant que l’Anglais ne décide de se séparer de la compagnie encombrante du Colombien. Deux terrains complètement opposés pour un résultat quasi identique. Quel est le secret de Chris Froome pour rester aussi puissant en contre-la-montre sans pénaliser ses qualités de grimpeur ?

Bjarne Riis
Bjarne Riis

Peut-être que l’Anglais possède des qualités hors-normes qui lui permettent de dominer ses adversaires sur tous les terrains à la manière d’un Indurain (91 à 95), Riis (96), Ullrich (97) ou Armstrong (99 à 2007). Peut-être ou peut-être pas. A en croire les spécialistes, il existe un produit permettant de perdre du poids sans perdre de puissance, ce qui est normalement la conséquence logique. Il s’agit de l’AICAR.

 

Il est certain que ce produit est utilisé dans le sport de haut niveau pour les raisons évoquées ci-dessus. En revanche rien ne permet d’affirmer que les performances de Chris Froome sont liées à la consommation de ce produit. Après l’affaire Armstrong jamais contrôlé positif, il est simplement possible de s’interroger sur les raisons de l’excellence du leader de la Sky malgré la persistance de contrôles anti-dopage négatifs.

 

Il apparait cependant primordial de rester mesuré par rapport à l’ensemble des soupçons sur le maillot jaune du Tour de France, sur lequel les projecteurs médiatiques sont braqués. Certes il possède plus de 4 minutes d’avance sur son dauphin Mollema soit plus que l’écart entre ce même Mollema et Kwiatkowski, 10ème au classement général. Mais de tels écarts ont été aperçus à de nombreuses reprises sur le Tour de France. Ullrich possédait une avance de plus de 9 minutes sur Virenque en 1997. Indurain plus de 5 minutes sur Ugrumov en 1994. Sans parler de Merckx et de ses 17 minutes d’avance sur Pingeon en 69.

 

En réalité, le mystère Froome perdure. Malgré une équipe assez faible, ses performance sont exceptionnelles tout comme son esprit offensif. Malheureusement pour lui, les affaires Festina et Armstrong ont appris la méfiance aux observateurs.

 

Theux

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Commentaires : 1
  • #1

    Sergio (mardi, 16 juillet 2013 11:20)

    Que Froome ait par nature un organisme hors pair pour arriver à courir à ce niveau est vraisemblable.
    Qu'il dispose grâce à la médecine d'un organisme surboosté pour arriver à courir à ce niveau de puissance est tout aussi vraisemblable.