mer.

17

juil.

2013

Contador l’insoumis

Contador et Froome
Contador et Froome

Comme l’ensemble des rivaux de Chris Froome, Alberto Contador est moins fort que le Britannique. La différence est ailleurs. Pour l’Espagnol, la seule place ayant une véritable signification est la 1ère. Les autres se valent toutes puisqu’elles ne permettent pas de défiler sur les Champs-Elysées avec le maillot jaune. Pour atteindre cet objectif, le « pistolero » est prêt à tout. Prendre tous les risques au risque d’exploser en plein vol. Telle est la philosophie d’Alberto Contador, le dernier des romantiques.

Bauke Mollema, Alejandro Valverde, Roman Kreuziger, Nairo Quintana, Laurens Ten Dam, tous l’ont plus ou moins avoué, ils ne croient plus à la victoire et préfèrent viser une place au classement général. Une telle façon de voir les choses favorise en réalité la position de Chris Froome qui va pouvoir compter sur des alliés de circonstance à chaque attaque.

 

Nous sommes en 2013 et le cyclisme a bien changé. Les oreillettes permettent aux directeurs sportifs de téléguider leurs coureurs en enlevant à ces derniers la possibilité de courir à l’instinct. Cette part d’irrationnel qui est toujours à la base des plus grands exploits. Les courses s’aseptisent. Les étapes de plaine sont réservées aux grands sprinteurs dont les équipes rattrapent des échappés kamikazes dans les derniers kilomètres. Les étapes de montagne se résument souvent à des courses de côte. Sans parler des épreuves contre-la-montre.

 

L’équipe Sky est l’archétype de ce cyclisme du 21ème siècle. Tout est calculé, mesuré, prévu. La puissance développée dans les cols. La durée de l’effort. La stratégie de course. Même les ascensions de cols, autrefois si spectaculaires sont en passe de devenir monotones. Peu importe les attaques ou les changements de rythme, l’équipe britannique aborde les montées comme des épreuves contre-la-montre. La performance est optimisée. L’émotion contrôlée. La concurrence aboie, le train Sky passe.

Marco Pantani
Marco Pantani

Un homme s’érige face à cette aseptisation du cyclisme. Un homme qui n’est peut-être pas né dans son époque. Lui qui ressemble plus à un Coppi, Bartoli ou Bahamontès qu’à un Chris Froome, Bradley Wiggins ou Miguel Indurain, qui était pourtant son idole de jeunesse. Les liens de la nation sont parfois trop forts. Cependant le Navarrais n’était pas le modèle du jeune Alberto Contador lorsqu’il partait arpenter les routes espagnoles avec son frère Fran. Non. Son modèle était Italien. De la race des grimpeurs ailés. Les violents démarrages de Marco Pantani ont marqué la jeunesse d’Alberto Contador. Du Pirate, il s’était promis de garder le panache.

 

Il avait déjà tenté sa chance lors de l’étape de Saint-Amant-Montrond, en provoquant avec son équipe un magnifique coup de bordure à la manière des plus grands Flandriens, lui le grimpeur espagnol. Lors de l’étape de Gap, classifiée comme de la moyenne montagne, il a remis ça. Attaquant une fois, deux fois, trois fois. L’attaque pour l’attaque. Le panache pour le panache. Contador le sait. Il n’est pas nécessaire d’espérer pour d’entreprendre ni de réussir pour persévérer.

 

L’Espagnol a la gagne en lui et il est prêt à prendre tous les risques pour arriver à ses fins. Dans la descente qui avait enterré les illusions et la carrière de son ex-coéquipier Joseba Beloki sur le Tour de France 2003, il a effectué une descente à tombeau ouvert. Jusqu’à la chute qui a failli entrainer le maillot jaune Chris Froome. Ce dernier a indiqué que Contador commençait à être désespéré et qu’il prenait des risques non calculés.

On répondra simplement au leader actuel du Tour de France avec les mots d’Alfred de Musset : « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux et j’en sais qui sont de purs sanglots ». Vamos Alberto…

 

Theux

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