jeu.

18

juil.

2013

La bataille des Alpes

Col de sarenne
Col de sarenne

Dès l’annonce du parcours en octobre dernier, les organisateurs avaient pointé l’étape de l’Alpe d’Huez comme le sommet du Tour de France 2013. Mieux qu’Ax-3 domaines, mieux que le Mont Ventoux, l’Alpe d’Huez est devenue ces dernières années l’arrivée mythique du Tour de France. Cette ascension n’est pourtant pas la plus dure ni la plus longue mais les batailles homériques s’étant déroulées sur ses 21 lacets ont marqué l’imaginaire populaire : l’Alpe d’Huez de Coppi, des Hollandais, d’Herrera, d’Hinault, de Pantani, de Mayo, d’Armstrong, de Schleck, de Rolland. Alors lorsque Christian Prudhomme a révélé que la 18ème étape du Tour imposerait aux coureurs une double ascension de l’Alpe d’Huez, les observateurs ont rapidement compris qu’il s’agirait de l’étape clef de cette 100ème édition.

Mais au-delà du parcours proposé, le scénario de la course se prête à une grande bataille. Certes Christopher Froome apparait une jambe au dessus de tout le monde, mais son équipe est particulièrement fébrile. En dehors de l’Australien Richie Porte, aucun membre de la Sky ne semble en mesure d’accompagner l’Anglais si la grande bataille éclate tôt.

 

En face, Alberto Contador n’a toujours pas abdiqué. Sa performance sur le contre-la-montre entre Embrun et Chorges semble valider sa théorie selon laquelle il est toujours plus performant en troisième semaine. De plus, il peut compter sur l’aide d’une équipe surpuissante. Roman Kreuziger est troisième au général, Michael Rogers 11ème. L’Espagnol se sait inférieur à Froome sur une montée sèche, il va donc devoir innover. Innover cela signifie partir de loin pour isoler le maillot jaune le plus tôt possible. Il s’agira alors de l’attaquer à tour de rôle pour obliger le « Kenyan blanc » à multiplier les efforts.

 

Cette stratégie permettra d’entamer les réserves de Chris Froome et de maximiser la probabilité de le voir subir une défaillance. La seule chance de dominer l’Anglais à la pédale se situe là. Cette stratégie aura d’autant plus de chances de fonctionner si les autres prétendants décident de courir pour la victoire. En effet, si Nairo Quintana ou Joaquim Rodriguez se mêlent à la fête le maillot jaune risque d’avoir des sueurs froides. Dans l’absolu il serait toujours possible de voir les deux coureurs néerlandais Ten Dam et Mollema se joindre à cette stratégie. Ils semblent cependant sur la pente descendante et il n’est pas certain qu’ils aient les moyens physiques d’attaquer le leader de la Sky.

Alpe d'Huez
Alpe d'Huez

La question qui perdure est de déterminer le meilleur moment pour lancer la grande bataille. Le col de Manse dès le début d’étape constitue un tremplin idéal mais son sommet est situé à plus de 60 kilomètres du pied du col d’Ornon, ce qui risque de fatiguer les attaquants face à une équipe Sky qui devrait pouvoir s’organiser. En réalité, le col de Manse semble plus être l’occasion de lancer des équipiers à l’avant pour maintenir la pression sur l’équipe du maillot jaune. Le point clé est sans doute le col d’Ornon. A partir de ce moment-là, l’étape deviendra un gigantesque toboggan. Plus de temps mort. Plus de répit. Les équipiers lâchés ne reviendront plus. La bataille d’homme à homme prendra place.

 

Si un tel scénario se produit, avec un peloton réduit à une dizaine d’unités, quelle sera la réaction de Chris Froome qui aura tout le poids de la course sur les épaules ? Répondra-t-il à chaque attaque au risque de s’épuiser ? Passera-t-il à l’offensive au risque de se retrouver esseulé face au peloton des favoris ? Nul ne le sait, mais chaque option comporte des risques. Une chose est sûre, l’équipe d’Alberto Contador va passer à l’offensive car le « pistolero » aime trop la victoire pour ne pas tenter l’impossible pour l’obtenir. Et l’impossible aujourd’hui serait de terrasser Chris Froome. Personne n’y est tenu, mais Contador y croit. Kreuziger, Quintana, Mollema et Rodriguez aussi ?

 

Theux

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Hann (jeudi, 18 juillet 2013 17:37)

    On se rappellera longtemps, en repassant la grande histoire du Tour, de l'homme qui a mis 3'18 à Froome ! Chapeau bas à Christophe Riblon pour cet exploit réalisé au rayon de la volonté et grâce éternelle lui soit rendue, d'avoir franchi la ligne de délivrance sans lunettes ... Et d'après ses premiers commentaires, bravo à son directeur sportif, pour sa vista dans les cinq dernières bornes. Un grand moment se sport hexagonal. Ca n'est pas tous les jours qu'on enrhume un américain dans la dernière ligne droite ... La NSA peut me citer.