ven.

19

juil.

2013

Que la montagne est belle !

Riblon
Riblon

Le premier acte de la bataille des Alpes s’annonçait homérique, il l’a été à tous les niveaux. Pour la victoire d’étape, où la lutte entre Van Garderen, Riblon et Moser a été magnifique tant dans le suspense que dans le combat. Pour le classement général, où les rivaux de Christopher Froome ont tenté leur chance avec plus ou moins de réussite. Le maillot jaune en personne a même connu une légère défaillance. Le second acte peut potentiellement offrir un spectacle encore supérieur à condition que la bataille se déclenche tôt.

Si l’étape de l’Alpe d’Huez a été aussi belle, le mérite en revient grandement à l’équipe Saxo. Tout d’abord pour avoir envoyé deux éclaireurs, Nicolas Roche et Sergio Paulinho, ce qui laissait augurer le passage à l’offensive de l’un des deux leaders de l’équipe. Finalement les deux échappés n’ont pas pu servir de point d’appui mais l’esprit était bon, puisqu’il importait de créer de l’incertitude dans l’esprit du maillot jaune.

 

L’attaque de Contador et de Kreuziger est intervenue plus tard. Faute de posséder des jambes de feu, les deux leaders de la Saxo ont décidé de prendre la poudre d’escampette lors de la descente du col de Sarenne, que tous les coureurs appréhendaient. Un écart a été créé mais les efforts à produire pour arriver au pied de l’Alpe d’Huez ont été jugés trop importants par les deux protagonistes et leur directeur sportif. Il est vrai que le duel face à un Chris Froome, bien abrité dans les roues, aurait pu sembler trop inégal dans la montée aux 21 virages.

 

Le peloton des favoris a donc abordé relativement groupé la montée vers l’Alpe d’Huez. Les Néerlandais, Ten Dam et Mollema, ont confirmé leurs faiblesses entrevues dans les étapes précédentes et se sont vus éjectés du podium. Malheureusement pour eux, Roman Kreuziger et Alberto Contador ont également montré leurs limites. La question qui se pose est de savoir si ces défaillances sont liées à leur attaque du jour ou si le mal est plus profond.

Rodriguez et Quintana
Rodriguez et Quintana

Même Christopher Froome est apparu en retrait. Victime d’une hypoglycémie à l’approche du sommet, le Britannique a perdu contact avec ce qu’il restait du groupe des favoris. Les mauvaises langues pourront toujours évoquer la simulation d’une défaillance afin d’humaniser les performances du « Kenyan blanc », il semble surtout que le maillot jaune ait été perturbé par le scénario de l’étape du jour. Il apparait certain que les attaques de loin constituent la meilleure arme susceptible de mettre en difficulté Chris Froome.

 

Hier les deux hommes forts étaient hispaniques. Le Colombien Nairo Quintana et l’Espagnol Joaquim Rodriguez ont enflammé la course. Ces deux gabarits légers, pesant chacun moins de 60 kg, ont fait montre de leurs qualités de grimpeurs pour se positionner comme des candidats majeurs au podium à Paris. Ce sont eux qui détiennent probablement la clef de la fin de ce Tour de France. Soit ils se contentent du podium et les choses évolueront à la marge, soit ils tentent le tout pour le tout et lancent les grandes manœuvres pour conquérir le maillot jaune.

 

S’ils optent pour la seconde option, alors il faut tenter d’isoler le maillot jaune dès le col du Glandon. Pour lancer une bataille épique de plus de 200 km, où l’incertitude sera totale. Quintana et son équipe en ont les moyens puisque Valverde et Rui Costa semblent en mesure de l’accompagner. Rodriguez peut compter sur Moreno. Et si Kreuziger et Contador retrouvent leurs jambes, le combat n’en sera que plus beau. Dans une telle configuration Chris Froome ne devrait pouvoir compter que sur Richie Porte. Nous aurions alors une bataille d’homme à homme comme peu de sport peuvent en offrir. Le vainqueur d’un tel affrontement recueillerait alors une gloire largement méritée. Les perdants gagneront à jamais le respect.

 

 

Theux

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