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oct.

2013

Maastricht: Putain 20 ans !

Jacques Delors fait grise mine. Il ressemble à la Grèce. Il doute. Vingt années après l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, offrant un statut juridique à l’Union européenne ainsi que les fameux critères de convergence, il doit se dire que quelque chose n’a pas fonctionné. D’ailleurs, il se le dit parfois : « la dimension sociale implorée par le traité n’a pas trouvé de relais. » Il a bien raison. Il y croit encore, pourtant, à cette économie dérégulée, matrice du progrès humain, simplement, Maastricht était incomplet et Lisbonne a fait mieux depuis, comme d’autres traités viendront parachever l’œuvre magistrale.

Le monde est devenu delorien. Le monde économique évidemment, dont la logique est d’agir par intérêt : c’est là son essence ; les mondes politiques et médiatiques également, pour cette même raison, à laquelle s’ajoutent idéologie économique autant que naïveté géostratégique. Puisque la pauvreté demeure inexplicable, trop complexe à penser en contexte de mondialisation, c’est bien qu’on a tout essayé, que voulez vous ? Et puis, lorsqu’on atteint certaines sphères du pouvoir et de l’argent, certainement est-ce plus courant de voir le bon côté des choses.

 

Alors, saluons le bâtisseur de l’Europe, faiseur de paix et de prospérité, tel qu’on peut le lire sur son wikipédia : « Son rôle moteur dans les succès passés et actuels de la construction européenne, ayant permis croissance forte et chômage faible dans la zone euro, lui confère un prestige considérable et l’écoute auprès des plus grands de la planète.

 

Mais l’homme n’est pas vraiment en cause, Jacques Delors eut pu être un autre, d’ailleurs, ses clones hantent aujourd’hui la Belgique. Non, c’est son dogme, celui de ses héritiers qui n’en sont pas revenus, deux décennies plus tard. Car Maastricht ne fut pas incomplet, il fut philosophiquement erroné. Il inscrivit dans le marbre une nouvelle trajectoire unique de développement, croyant en cela tirer les leçons des « ratés » du XXe siècle. Il entendait implicitement combattre les reliques du passé. Mais penser le changement suppose qu’il soit possible de choisir. Or, Maastricht institutionnalisa l’absence d’alternative, incarnant une vision positiviste de l’Histoire, hors-sol, ne pouvant qu’aboutir au règne technocratique, à la concurrence entre tous au service des seuls intérêts économiques.

 

Une philosophie de bazar

 

L’idée était la suivante : l’économie et le droit devaient enfin supplanter les intérêts nationaux particuliers, les égoïsmes divers, hérités du nationalisme barbare, responsable des boucheries du siècle ; l’effondrement de l’URSS, l’entrée dans un monde neuf se feraient par l’abandon du pouvoir aux techniciens, supposés an-idéologiques et protégés des bassesses propres aux arènes politiques. Une idée qui entra en résonance avec les intérêts bien compris des tendances politiques libérales et sociales démocrates, trop heureuses de voir s’ouvrir devant elles un boulevard vers la normalisation définitive de la France entamée en 1983 par François Mitterrand. La gauche changeait définitivement de logiciel économique : la rigueur devenait la norme.

L’Union européenne permettait à moindre frais de rallier l’élite de France à un nouveau projet héritier de la réconciliation avec l’Allemagne : des écologistes, des socialistes, la fine fleur du patronat qui s’en allaient ensemble raviver l’idée que la France ne serait jamais plus rien sans l’Europe ; qu’enfin au passage, elle abandonnerait ses lubies, pêle-mêle, inflationnistes, protectionnistes, sociales, jacobines, etc. C’est une idée profondément ancrée dans les esprits depuis longtemps déjà ; la peur-panique d’être mis au ban, de rater le train du progrès et de la modernité. N’était-ce point déjà l’argument des idéologues français libre-échangistes des années 1830, fascinés par l’Angleterre ? N’était-ce point celui des libéraux pourfendeurs du protectionnisme agricole au début du XXe siècle ? Celui des théoriciens de la croissance « artificielle » trop inflationniste de la France jusqu’à 1973 ? L’économie, « science » des modèles monolithiques, de la convergence illusoire de tous les pays du monde aura toujours trouvé à redire aux spécificités françaises, ou italiennes, ou d’un quelconque pays trop « social », quand bien même elles portaient leurs fruits. 4e puissance du monde dans les années 1980 et 1990, 5eaujourd’hui ; nous avons pourtant appris à l’école que nous n’étions qu’une goutte d’eau dans l’océan, condamnés, nous, notre franc faible, nos impôts confiscatoires et nos lubies révolutionnaires.

 

La croissance par la compétitivité érigée en dogme ; elle seule conduirait au bonheur. Il n’y avait qu’à suivre les préconisations, suivre la feuille de route et l’Europe sociale naîtrait. Le marché européen comme ultime rempart à l’appauvrissement, au déclin et à l’oubli, la mondialisation comme certitude. Maastricht allait nous grandir à nouveau ; nous allions rattraper notre retard.

 

La mythologie pré-maastrichtienne

 

Quatre traités d’approfondissement et une monnaie unique plus loin, les partisans de Bruxelles demeurent maîtres incontestables des plateaux médiatiques autant que des grands partis politiques. L’Europe est certes critiquée, mais pour autant jamais remise en cause de façon radicale. Le soutien populaire est en lambeaux. Reste la peur qui fait office d’argumentaire.

 

En effet, vingt années auront permis aux « fédéralistes » et autres « européens convaincus » d’affûter toute une batterie d’arguments censés prévenir une éventuelle remise à plat institutionnelle et participant d’une relecture orientée de la construction européenne, le tout intégré au sein d’une novlangue de plus en plus technique et de plus en plus floue. Ainsi la croissance tirée par la consommation devint-elle une fausse croissance ; la dévaluation ? Un ajustement factice ; l’augmentation des salaires ? Une charge supplémentaire ; la protection sociale ? Une perte de compétitivité…

 

Et tout s’en vit réécrit à l’aune de principes « neutres » européens, qui devaient remplacer le moyen-âge économique. Le libre échange et la concurrence libre et non faussée supplantaient « le danger protectionniste », responsable de la crise de 29 et de l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Le pragmatisme et la « réforme » remplaçaient l’idéologie, le dogmatisme. Il n’était plus question d’histoire. Plus question même d’argumenter. La France protectionniste des années 1892-1910 avait-elle une croissance égale ou supérieure à celle de ses voisins ? Eut-elle une croissance inflationniste durant 25 années, puis une croissance compatible avec la dévaluation ? La France vécut-elle seulement avant d’intégrer l’Union européenne ? La guerre menaçait-elle sérieusement notre continent en 1980. Tout cela ne comptait plus.

On entendit ces mêmes arguments, répétés en chœur à l’occasion de Lisbonne, ratifié en force et qui montra au grand jour le fossé grandissant entre l’adhésion de l’élite à l’Europe et son large rejet par le reste de la population. On les entend systématiquement dès lors qu’est émise l’hypothèse d’une sortie de l’Euro. Les fanatiques tiennent bon. L’Europe n’est pas négociable. Certes, il faut « rapprocher l’Europe des Peuples », « faire de la pédagogie », « entendre les inquiétudes des électeurs », « ne pas sombrer dans la germanophobie »… « mais souvenons-nous de ce qu’étaient les relations franco-allemande il y a 100 ans », etc.

 

En réalité, l’Europe des Peuples a peu de chances de voir le jour parce que les peuples veulent avoir le choix. C’est pour cela qu’ils votent, du moins qu’ils votaient. C’est ainsi que l’économie ne suffira jamais à faire une politique.

 

La construction de la fatalité

 

Maastricht pèse lourd dans cet air de résignation qui flotte par chez nous. Pas seulement Maastricht, tous les traités qui suivirent. L’esprit bruxellois. Cette volonté acceptée par les grands partis de retirer tout pouvoir économique et de fait souverain aux représentations nationales. « La France ne pourrait rien. » « La France est petite, elle serait seule. » « Que pèse la France face à la Chine, mon bon monsieur ? »

 

 L’élite française s’est fourvoyée dans la défiance à l’égard de son propre pays, préférant confier les commandes de l’avion à des instances supra-nationales dont personne ne sait réellement ni qui elles sont, ni ce qu’elles font. L’Allemagne est son modèle aujourd’hui, comme l’Angleterre ou le Japon le furent hier. Critiquer la politique allemande, entendez « être germanophobe », vous vaut un rappel à l’ordre quasi-unanime. Une sortie grossière sur une France d’assistés rigides, malade de ses idées protectionnistes, à l’heure de la folle mondialisation, vous vaudra certainement le soutien d’une cinquantaine d’élus pétitionnaires de tous bords. Les politiques se sont sacrifiés, pensant « moderniser » la France, voulant la façonner à leur image, harmonieuse, tertiaire, hors-sol, oubliant que la plupart des citoyens sont ancrés quelque part et qu’ils oscillent entre cette fierté et la soumission aux contraintes de la vie. Car si les frontières se sont effacées, si les barrières économiques sont tombées, laissant place au grand marché européen et mondial non entravé, ce sont ces mêmes frontières qui protégeaient les plus faibles de l’arbitraire économique et permettaient à la puissance publique de maintenir une redistribution efficace de la richesse sur le territoire.

La mondialisation élargit le terrain d’expression pour ceux qui arpentent le globe ; il facilite les procédures de voyage, certains échanges marchands… il facilite aussi les mouvements du capital. Il abandonne ceux qui sont fragiles à la loi terrible d’une compétition toujours plus rude. Alors on s’indigne gentiment. À la radio, à la télévision, dans Le Monde, dans la rue parfois, du chômage, de la pauvreté, des conditions de travail difficiles… sans jamais franchir la ligne rouge du dogme européen, pièce maîtresse de la globalisation.

 

Ce comportement paradoxal d’indignation est omniprésent dans le champ journalistique contemporain ; il consiste à s’offusquer des hommes et non de l’environnement qui les façonne, des faits et non des causes. Cet état de fait s’est même normalisé. Le chômage élevé, la désindustrialisation inéluctable… Surtout, apprit-on, il nous faudra jouer la carte des instances internationales… ou mourir. Dans les livres d’écoles, à l’université ou à Sciences-Po, nous l’avons appris : conjuguée à la puissance industrielle de l’Allemagne réunifiée, nous jouirions d’une situation diplomatique et militaire forte, à même de représenter le continent tout entier : une vision erronée des relations inter-étatiques, pour ne pas dire inquiétante, lorsqu’elle se fait porte parole d’un partage du siège français à l’ONU avec notre voisin ultra-rhénan, lorsqu’elle propose l’abandon de la dissuasion nucléaire, trop chère, injustifiée…

 

Enfin, disait-t-on, « le continent des pires expériences autant que des meilleures » serait-il en capacité de se positionner grâce à la France en tant qu’arbitre des affaires du monde grâce à la force du droit et de son prestige, l’Allemagne elle se chargeant de la production industrielle. Ce fut un fiasco.

 

La souveraineté économique, seule garante de l’alternative

 

Alors, changer le monde ? Mais comment ? S’agira-t-il de mieux partager les richesses sans croissance ? De réduire le temps de travail ? D’améliorer ses conditions ? De limiter l’accumulation, de refondre les idées de propriété, d’extraction, de mobilité contrainte ? D’admettre que nous sommes dépendants écologiquement ? Ou de bien d’autres choses encore…

 

Aucun de ces changements n’est envisageable en régime de concurrence généralisée, de non contrôle monétaire, budgétaire, en l’absence de droits de douanes et dans lequel toute avancée sociale correspond à une perte de compétitivité, dans lequel toute « réforme » est assimilée à une régression. L’économie gouverne, certes, une grande partie des rapports géostratégiques entre états et des rapports organisés au sein d’une société.

Elle ne les gouverne pas tous. L’erreur fondamentale de Maastricht fut de croire, ou de faire semblant de croire, qu’elle suffirait, dans sa version néolibérale dérégulée, à fédérer les traditions nationales, culturelles et sociales et qu’elle obtiendrait par les résultats l’assentiment du plus grand nombre. Promettant l’Europe sociale et démocratique des Peuples, les soutiens sincères à Maastricht ne perçurent peut-être pas qu’une instance supra-nationale se passe des citoyens, que c’est d’ailleurs sa raison d’être.

 

Car les résultats sont pathétiques : la croissance (pour qui, pour quoi?) se construit sur le détricotage des acquis sociaux, la baisse du chômage sur la précarité, l’excédent commercial sur le déficit de ses partenaires…

 

Les grands commissaires de Bruxelles, les « sages » du Conseil Constitutionnel ou encore la Cour des Comptes, tous ces gens non élus, nous abreuvent de leurs sentences à longueur d’année. Les politiques nationaux, n’ayant plus aucune marge, ont laissé leurs places aux experts es « réformes», spécialistes des rapports sur la compétitivité des entreprises. L’euro, les politiques budgétaires répondent à présent aux seuls intérêts du capital. Depuis le Traité de Lisbonne, tout passe en force : les électeurs ont-ils une opinion ? La machine s’en moque. Elle tourne en roue libre à présent.

 

Maastricht n’a pas tout changé. Il demeure un tournant. Le traité institutionnalisa plus encore l’idéologie néolibérale, post-historique, déjà bien installée dans les années 1980. Il entérina le pouvoir de la Commission européenne et de la BCE, ainsi que l’abandon des leviers keynésiens, en vue du passage à la monnaie unique. Aujourd’hui, s’il demeure un infime espoir d’éviter une implosion anarchique à la fois de l’euro et de l’Union européenne, la France doit parvenir à une renégociation des rapports économiques intra-zone autant qu’avec le monde. C’est un chantier titanesque.

 

Il ne s'agira pas de tout remettre à plat car les constructions politiques et internationales sont fragiles. Des ajustements économiques entre états sont nécessaires ; il nous faudra envisager plusieurs monnaies ainsi que diverses politiques économiques et sociales en Europe, le tout intégré en un système de coopération.

L'économie y serait au service de la souveraineté, c'est à dire de la garantie du choix des Peuples, à l'échelle nationale. Au service des politiques nationales. Ce n'est plus le cas depuis tant d'années.

Les intérêts divergents de la France et de l'Allemagne, en terme de démographie ou de conservation du capital, seront certainement un obstacle de taille, mais en aucun cas un obstacle insurmontable.

 

Menacer d'une sortie de l'Europe de Maastricht, n'est-ce point trop pour la France ?

Tant que la résignation l'emporte, l'idée peut sembler excessive, voire dangereuse.

C'est sans compter sur l'impact qu'aurait une telle proposition à la fois en termes symboliques et comme effets d'entraînement pour la conduite d'une autre politique.

C'est sans compter sur les conséquences d'un éclatement non négocié.

Sans compter sur le vote des Peuples enfin, qui pourraient bien s'agacer plus radicalement du silence dans lequel ont les a noyés.

 

 

Comme on dit, jusqu'ici tout va bien... oui, mais jusqu'à quand ?

 

 

Frederichlist

NB: Cet article a été publié dans RAGEMAG

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Commentaires : 5
  • #1

    Jean Claude Simon (dimanche, 27 octobre 2013 09:25)

    Merci

  • #2

    Horror (dimanche, 27 octobre 2013 09:56)

    En période de croissance l'Europe est bien un havre de paix et de prospérité. Autrement c'est un univers ou les intérêts nationaux supplantent les intérêts supra nationaux.
    L'erreur de l'Europe a été de croire qu'en mélangeant de l'eau chaude et de l'eau froide on aurait de l'eau chaude alors qu'elle ne peut être que tiède. L'Europe a intégré trop de pays qui n'auraient jamais du l'être. Il aurait mieux valu les aider de l'extérieur à grandir, puis les intégrer au lieu de faire l'inverse.
    L'erreur de l'Europe a été de croire en la nature honnête et désintéressée des responsables nationaux. Entre les tromperies et les mensonges de pays comme la Grêce pour intégrer le pays de cocagne; la corruption généralisée des politiques de la plupart des pays surtout au Sud qui oeuvrent non pour leur pays ou l'Europe mais pour leur petite paroisse et carrière... cela ne peut fonctionner en l'état et en situation de crise.
    Adeptes de la décroissance politique ou il faut multiplier les petits fromages pour chacun, vous êtes dans l'erreur car dans ce nouveau Monde point de salut sans taille critique.
    C'est de ces politiques locaux devenus inutiles au mieux, contre productifs au pire dont nous devons nous débarrasser car ils gangrènent la zone et empêche tout développement.
    Seul un gvt Européen démocratiquement élu pourra nous sortir de l'impasse, tous avec une réelle uniformisation. Autrement l'armée méxicaine de tous ces politicaillons élus pseudo démocratiquement à coup de magouilles et de subventions à leur niveau micro local continuera à assurer leur seule bonne fortune sur le dos de tous les autres. Le problème c'est que ces derniers ne veulent pas lâcher leur bout de gras, ce que déplore sans doute Delors.

  • #3

    emynonys (mardi, 29 octobre 2013 00:28)

    Pour une fois, je suis d'accord avec vous, Horror, seul des institutions européennes démocratiques pourront nous faire sortir de l'ornière dans laquelle l'Europe s'est engagée.
    Le repli sur soi qu'il soit vu aux extrêmes droite ou gauche ne peut amener qu'au chaos d'une révolte. A l'extrême droite parce que les solutions sont tellement simplistes et clientélistes jusqu'à la lie qu'il n'est même pas la peine d'en parler (enfin dans cette discussion...). A l'extrême gauche aussi, plus subtilement, parce que la sortie de l'euro en filigrane du discours (que Mélenchon n'avoue qu'à demi mots par exemple, mais que les économistes qui le soutiennent jugent inéluctable) amènerait à un éclatement de la zone euro dans sa globalité : l'avantage compétitif gagné par la dévaluation des monnaies redevenues nationales ne serait que peau de chagrin, chaque pays, dont le commerce extérieur dépend plus de ses voisins que de la globalisation, n'y gagnerait pas grand chose, sans parler du prix des matières premières, pétrole en tête (premier facteur de déséquilibre des balances commerciales), qui se négocie à l'international et alourdirait encore la facture. C'est le chemin auquel je crois aussi, atteindre la masse critique, harmoniser les politiques économiques, sociales, et par le haut, sinon, personne ne suivra...

  • #4

    Horror (mercredi, 30 octobre 2013 09:53)

    Mazette, pour une fois qu'on est d'accord on va sabrer le champagne!
    La sortie de l'Europe est d'autant plus impossible que nous ne fabriquons plus rien ou presque. Au delà du surcoût à payer sur les matières premières, il y aurait celui de tous les produits manufacturés.
    Notre dette colossale se verrait instantanément appliquer un coefficient multiplicateur le jour du retour à une monnaie locale dévaluée tandis que la richesse des nationaux se verrait appliquer à contrario un coefficient diviseur. On inventerait la paupérisation instantanée à grande échelle.
    Si nous croyons ces dernières années avoir assisté à une ou des crises, celle générée par la sortie de l'Euro les ferait passer pour les 30 Glorieuses avec chaos et insurrection à tous les étages.
    Cependant je ne vois aucun élément plausible et de moyen terme susceptible de pousser vers les "Etats Unis d'Europe", les verrous aux étages en dessous, à côté et au dessus étant bien trop nombreux et trop bien défendus.
    Nous sommes condamnés, sauf à revoir une croissance exogène (et même) à péricliter en devenant des BRICS à l'envers étant à la merci des puissances de l'Est et de l'Ouest qui nous maintiendront artificiellement en vie pour cause de débouchés économiques.
    Les enfants, partez de la zone!

  • #5

    Guadet (dimanche, 10 novembre 2013 18:11)

    Tout-à-fait d'accord avec l'article.
    Merci.
    L'Europe n'a plus aucune base autre qu'économique. Rien à voir avec les espoirs de ma jeunesse. Ce n'est qu'une grande machine inhumaine qui broie les européens et leurs cultures.
    Au niveau mondial, même chose. L'Europe qui devait promouvoir la paix ne parle qu'en terme de guerre économique : contre la Chine, l'Inde, les pays émergents, la Russie. Elle est condamnée à imposer son modèle au monde (qu'elle appelle "démocratie", ne riez pas), par pression économique si c'est possible, par les armes s'il le faut, comme cela est le cas dans les pays arabes.