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2013

« En finir avec l’Europe » (Cédric Durand)

 Cet ouvrage a été construit à plusieurs pour essayer de rendre compte des multiples ressentis de la vie européenne. Ainsi un Allemand, des Grecs, des Français issus de disciplines aussi diverses que l’ethnologie, l’économie ou l’anthropologie se sont réunis pour cerner le mouvement très particulier de l’histoire européenne des 4 ou 5 dernières années.

Freud disait que lorsque le cristal se brise, il le fait en fonction de lignes de fracture préalablement déterminées même si elles n’apparaissaient pas au grand jour.  La métaphore est parfaitement valable pour l’Europe.

La crise européenne nous révèle ce qu’est l’Europe. L’euro est une monnaie inégale or la viabilité d’une monnaie unique suppose son instauration sur une zone économique optimale. Le problème est que la zone euro ne réunit pas les 3 conditions d’une zone économique optimale: des économies de même structure, des échanges commerciaux importants et un marché du travail très fluide.

 

L’établissement d’une monnaie unique empêche toute marge de manœuvre sur les taux de change. Le travail devient alors la seule variable d’ajustement. A l’arrivée il s’avère que la crise européenne n’est que la réalisation des contradictions de la décennie précédente. Imposer une politique monétaire unique à des pays dont les structures économiques et les taux d’inflation structurelle sont différents s’est avéré suicidaire.

 

En effet le fait que le taux d’intérêt soit le même pour tous les pays de la zone euro a généré des difficultés puisque les pays à fort taux d’inflation avaient intérêt à s’endetter au regard du taux d’intérêt réel, qui est le taux d’intérêt nominal corrigé du taux d’inflation propre à un pays. En conséquence, les pays de la périphérie de l’Europe se sont endettés et leur économie s’est financiarisée. La crise est apparue lorsque les investisseurs se sont aperçus que les risques étaient plus forts au sud qu’au nord.

 

Une partie du quiproquo de la construction européenne réside dans la notion d’économie sociale de marché. Cette notion intégrée en Allemagne par la CDU puis par le SPD renvoie, d’une part, au caractère construit politiquement de l’économie de marché contre une vision libérale classique du marché comme ordre naturel et, d’autre part, aux bénéfices que la société est censée recueillir d’un système de concurrence non faussée. L’économie sociale de marché est donc clairement opposée à la logique de l’Etat social. Ce concept montre que depuis l’origine il y a ce projet ordo-libéral en Europe. En effet, dès le Traité de Rome en 1956, le principe de concurrence libre et non faussée est établi. Pendant 20 ou 30 ans, ce projet ne s’est pas réellement appliqué avant de devenir actif dans les années 80.

Actuellement le problème clé auquel les économies européennes sont confrontées est le combat contre la dette. En théorie, il existe deux moyens de rembourser cette dernière. Le premier est de  faire tourner la planche à billets comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. En Europe, cette solution ayant été écartée pour ne pas favoriser les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne), considérés comme des profiteurs, les pays endettés ses sont retrouvés confrontés à la loi d’airain des créanciers.

 

Cette politique a fait subir à un pays comme la Grèce, un recul de – 25 % de son PIB et une baisse de – 33 % de ses salaires. Un choc d’une telle violence est quasiment assimilable à un choc de guerre. Ces politiques d’austérité ont été profondément inhumaines et surtout largement inefficaces. Néanmoins, il s’agissait de la seule politique possible dans le cadre de l’UE qui empêche les transferts de richesse.

 

Ces états de faits sont d’autant plus insupportables que les banques ont profité de prêts à 1 %  afin qu’elles puissent s’en sortir. Reste cette question : pourquoi sauver les Banques et pas les pays du Sud ? A l’arrivée la crise aura marqué un saut qualitatif. En France, par exemple, le TSCG a été l’occasion d’un remboursement de la dette au détriment des salaires et des droits sociaux. En réalité le pacte de compétitivité voulu par François Hollande est une conséquence de la politique imposée par la Commission Européenne.

 

Une période de crise est toujours un grand danger pour les classes dominantes qui craignent de voir le système se faire renverser. On tend donc à observer lors de ces périodes des formes d’autoritarisme. Dans l’exemple de l’UE, on observe la montée en puissance du bureaucratisme. Ainsi depuis la mise en place du TSCG, le budget d’un pays membre est  examiné par des technocrates européens avant même d’être soumis aux parlementaires. L’instauration de la BCE a coïncidé avec la sortie de la politique monétaire de la démocratie. Dernièrement la BCE a vu ses pouvoirs grandir en intégrant la Troïka. Elle va donc jouer un rôle plus important dans la supervision bancaire et dans la nomination des gouvernements des pays du sud. A titre d’illustration, un rapport signé par Jacques Delors, l’an dernier, indique que la souveraineté s’arrête là où s’arrête la solvabilité.

 

Le problème pour l’Europe est qu’aucun signe tangible de reprise forte n’est constaté. Le taux de chômage est de 12 %. En Espagne il s’élève même à 25 % et à 55 % chez les jeunes. Les dégâts causés par la politique actuelle sont profonds et irréversible. Les compétences se délitent. La contribution à la richesse est moins forte. Les investissements se détériorent.

La crise européenne a laissé deux cadavres et un revenant. Les décisions politiques européennes n’ont pas été guidées par les peuples mais par les marchés financiers. On assiste à une attaque des marchés financiers contre la souveraineté des peuples. Le premier cadavre est donc la souveraineté des peuples.

 

Le second cadavre est l’européisme. Au début des années 2000, l’UE se voyait comme le phare de l’humanité. L’Europe était censée être un contrepoids des Etats-Unis. En réalité, elle s’est construite sous contrainte américaine pour neutraliser le risque soviétique. Au moment de gérer une crise interne, l’UE a appelé le FMI alors que, dans les 20 dernières années, seuls des pays périphériques faisaient appel à cet organisme. L’actuel gouverneur de la BCE, Mario Draghi, a certainement porté le coup de grâce quand il a déclaré : « le modèle social européen est mort ».

 

Enfin le revenant est le fascisme. Les extrêmes-droites ont le vent en poupe. En Grèce,  les néo-nazis tuent des immigrés, des militants de gauche. Il existe cependant des différences de degrés entre les partis d’extrême-droite mais il est certain que l’Europe n’a pas rapproché les peuples, elle les a opposés.

 

Nous sommes en train de vivre l’ère Brejnev du néo-libéralisme. Les recettes néolibérales ont failli mais les dirigeants n’ont pas d’alternatives. Pour l’instant, l’extrême-droite tire les marrons du feu mais ces progrès sont aussi liés aux faiblesses de la gauche. Cédric Durand ne pense pas que les classes populaires aient intérêt à revenir à l’échelle nationale car la bourgeoisie française reste puissante. Il souhaite donc voir émerger des projets au niveau international.

 

A l’arrivée la conclusion est implacable. Une bonne Europe n’est pas possible. Sur le papier des politiques peuvent fonctionner : budget européen, transferts budgétaires, monétisation de la dette. En pratique, ce n’est pas possible.

 

L’effet de cliquet du fédéralisme mène à moins d’Etat social. La PAC, par exemple, a favorisé certains pays par rapport aux autres. Avec la défense des intérêts égoïstes nationaux, on laisse le marché faire.  L’Europe n’est pas vraiment un Etat car l’Etat est un champ stratégique. Par exemple le droit du travail est une forme de compromis des luttes qui existent. L’UE a été construite par les firmes multinationales et par les banques.

Dans les années 2000, il y a eu une défaite des salariés allemands dont la mesure emblématique a été la mise en place des jobs à 1 euro. Pendant ce temps, au contraire, les pays de la périphérie ont vu leurs conditions de vie s’améliorer notamment grâce à l’accès au crédit. En Europe de l’Est, les délocalisations ont généré des gains de productivité et des hausses de revenu.

 

L’Europe n’existe pas en pratique. Les fonctionnaires de l’UE pèsent seulement 0,1 % de l’ensemble des fonctionnaires issus des pays de l’UE. Un seul journal européen existe, le Financial Times, mais il est eurosceptique. Il n’existe pas d’intellectuels européens.

 

Certains hommes politiques, à l’image du Ministre délégué au développement auprès du Ministère des Affaires étrangères Pascal Canfin, se retrouvent pris au piège de leur attachement à l’Europe. Ainsi leur opposition à la politique néolibérale de Barroso est annihilée par leur refus de quitter l’UE. La gauche perd ainsi toute sa substance.

 

Cédric Durand souhaite donc utiliser une ruse internationaliste qui consiste à un retour temporaire à l’Etat Nation en sortant de l’UE. Ainsi, il existe actuellement un décalage entre la vie politique qui se situe au niveau national et les décisions qui sont prises au niveau européen. La crise ne peut donc qu’éclater au niveau national.

 

Trois solutions existent pour faire reculer le néolibéralisme. La première consiste en une annulation d’une partie de la dette. David Graeber explique dans son livre, Dette : 5000 ans d’Histoire, que la dette fait éclater nos sociétés. Le problème est qu’une annulation de la dette provoquerait une explosion des taux demandés par les marchés financiers.

 

Pour cela, il faut donc s’intéresser à la seconde solution, qui est la socialisation de la finance comme proposé par Frédéric Lordon. Ce dernier explique que la finance est un bien commun. Il importe donc de la nationaliser car certaines entreprises (les banques) profitent d’un monopole pour réaliser des bénéfices gigantesques et mettent en danger le système global.

 

Enfin la troisième solution est la question clef puisqu’il s’agit de la question du chômage. L’économiste Hyman Mynsky avait montré que la finance libéralisée avait tendance à se libéraliser de plus en en plus et à provoquer des crises de plus en plus fréquentes. De surcroît, la hausse de la part du capital dans la valeur ajoutée, génère une situation de plus en plus délicate pour les salariés. La solution serait donc la création d’un Etat employeur. Ce dernier embaucherait tout le monde en fonction de ce qu’ils savent faire en leur offrant le salaire minimum. Cette rupture avec le néolibéralisme devra s’accompagner de mesures de contrôles de capitaux et des marchandises, grâce à la mise en place d’un protectionnisme.

 

Pour atteindre ces objectifs, la rupture avec l’UE est obligatoire. L’ensemble de l’agenda européen est basé sur le libre-échange et la libre circulation des biens et des marchandises. Il ne s’agit pas d’un retour nationaliste mais il est essentiel d’avoir une politique de rupture avec l’UE pour mener une politique de gauche.

 

 

Theux

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Commentaires : 9
  • #1

    Horror (samedi, 16 novembre 2013 08:49)

    Vous faites le procès du fabricant d'arme pour défendre l'assassin.
    Le vrai problème est qu'il y a 2 courants politiques qui se télescopent en Europe. Les fourmis responsables au Nord qui font une politique de "bon père de famille" optimisant leurs dépenses et gérant au mieux les deniers qui leurs sont confiés.
    Les cigales irresponsables au Sud shootées a la dépense publique qui dépensent sans rien compter ni optimiser avec une visée très largement électoraliste et pas du tout sociale comme annoncée d'où des gâchis colossaux.
    Le résultat, on l'a sous les yeux avec un massacre au Sud car il faut bien payer les musiciens a la fin.
    A titre d'exemple les allemands qui ne sont pas la Somalie et sont 20 millions (ayant en plus réussi le tour de force d'intégrer une RDA préhistorique) de plus que nous prélèvent 200 milliards d'impôts en moins, tout est dit.

  • #2

    Frederichlist (samedi, 16 novembre 2013 11:58)

    200 milliards qui correspondent grosso modo à la socialisation des dépenses de santé en France. 10 points de PIB qui devraient être dépensés par chacun sans la sécurité sociale. Pas de grande différence.

  • #3

    Horror (dimanche, 17 novembre 2013 10:19)

    Les bras m'en tombent devant une telle ignorance crasse que je ne peux même pas imaginer comme une vulgaire et habituelle désinformation.
    On parle de l'Allemagne ici pas du Bangledesh! Un pays ou la population est au moins aussi bien soignée et protégée que la notre, plus vieille de surcroît et qui a inventé la sécurité sociale en 1880 avec Bismark et dont nous nous sommes largement inspires en 1945 pour fonder la notre.
    Pour remédier à vos carences et comprendre comment cela fonctionne chez nos voisins, ce que vous ne savez manifestement pas, je vous invite a aller lire l'étude comparative très détaillée des systèmes de santé entre l'Allemagne et la France faite en 2012 par l'institut Thomas More. Une fois que vous saurez de quoi vous parlez au lieu de balancer n'importe quoi on pourra peut être discuter.
    Pour être précis sur vos délires, la France dépense en 2011,11,6% de son PIB dans la santé et l'Allemagne 11,3%. On est loin de votre écart délirant et fantasmatique de 10% que vous donnez comme fin de non recevoir.

  • #4

    Pablito Waal (vendredi, 22 novembre 2013 00:00)

    "Horror", encore un qui vient nous expliquer que l'euro ou l'UE ne posent pas problème, et que tout vient du comportement de quelques-uns...
    Monsieur, quand vous dites "A titre d'exemple les allemands qui ne sont pas la Somalie et sont 20 millions (ayant en plus réussi le tour de force d'intégrer une RDA préhistorique) de plus que nous prélèvent 200 milliards d'impôts en moins, tout est dit"...
    ...et bien non, rien n'est dit, à part la démonstration de votre fanatisme et de votre ignorance. Déjà, sachez que les recettes publiques d'un pays ne se limitent pas aux impôts et aux prélèvements obligatoires. En France, pour 2012, les recettes publiques sont de 52% du PIB, les prélèvements obligatoires de 45%. En Allemagne, les chiffres sont de 35% et 45%. Sachant que le PIB allemand est de 2700 Mds et celui de la France de 2000 Mds, les recettes publiques allemandes sont donc supérieures à celles de la France de plus de 100 Mds. Donc remballez vos "200 Mds de moins"...
    Ensuite, les dépenses publiques françaises sont bien supérieures à celles de l'Allemagne d'environ 12 points de PIB. Maintenant, Mr."Horror", à vous de nous montrer que cet écart correspond à un pur gaspillage et de la mauvaise gestion. La Cour des Comptes ne le dit pas. Même l'IFRAP ne le dit pas. La charge de la preuve repose sur vous.
    Et pour finir, oui, l'euro est en soi une mauvaise chose. Si certains pays gèrent mal leurs dépenses publiques, alors il faut qu'ils aient leur propre monnaie. Quand on est la Grèce et qu'on a les taux d'intérêts de l'Allemagne, c'est pas très étonnant qu'on s'endette à n'en plus finir.

  • #5

    Horror (dimanche, 24 novembre 2013 11:37)

    Hola Pablito "petit" révolutionnaire,
    Ou ai-je dis que l'euro et l'UE ne posent pas de pb. Il faut relire ce que j'ai déjà écris.
    Pour le reste et notamment les 200 milliards, j'ai effectivement été un peu vite, pas sur le chiffre, sur sa signification. Quelques éclaircissements.
    Quand je dis que l'Allemagne prélève 200 Milliards de moins, j'ai oublié de préciser "comparativement" (mea culpa). Si nous prélevions en France la même richesse que l'Allemagne sur le PIB, nous pourrions économiser 200 milliards.
    D'un autre côté vos chiffres sont un peu surannés et ne datent certainement pas de 2012 que ce soit pour le PIB ou le montant des prélèvement. PIB Al 2013 (est) = 3600 et FR = 2700. avec 52.9% de prélèvement sur PIB en France et 44.6% en Allemagne. En fait le véritable écart en 2013 sera de 228 milliards en notre défaveur, soit 3465 € de plus par habitant (ouch!). Et on jettera un voile pudique sur la dépense comparée. La simple moitie de ces 228 milliards nous permettrait d'avoir un budget créditeur et de rembourser notre dette les doigts dans le nez, ça laisse rêveur, non?

    La grande question est de savoir si nous en avons pour notre argent? Pour vous oui et vous me demandez des preuves du contraire.
    J'en ai des tas.
    Le principal écart est la quantité de fonctionnaire qui seraient 1.5 millions de moins en France (merci Jospin) si c'était l'Allemagne. Ont-ils moins de services publics en Allemagne? A mon tour de vous demander la preuve du contraire. Je m'en contenterai largement de mon côté et on n'osera même pas faire de comparatif qualitatif poussé (en vrac 35h, grèves, absentéisme, carence, reversion, retraites, salaires > +20%, doublons, triplons, quadruplons...)
    Par poste de dépense en % sur PIB.
    La France dépense 1.8% de son PIB en plus pour l'éducation. C'est merveilleux et pas suffisant d'après tous à Gauche sauf dans les résultats PISA. Plus on en met pire c'est.
    1.4% de plus pour la santé?!? C'est qui, qui a une population de vieux, c'est eux ou nous? Leur espérance de vie est-elle plus faible? Même pas!
    1.3% de plus pour le logement.
    1% de plus pour la culture, c'est vrai qu'on en a les moyens.
    Et 0.7% de plus pour la défense et là pour le coup l'écart me parait faible à la vue de l'histoire.
    Voilà quelques justifications bien factuelles de la mauvaise gestion et des gabegies fiscales et dépensières qui ne se justifient absolument pas chez nous.

    Les Français en ont ils plus pour leur argent? Je ne crois malheureusement pas.
    Les Français sont ils plus heureux que les Allemands avec une confiance dans l'avenir? Je ne crois pas non plus.
    Moi je veux bien un socialiste au Pouvoir mais un Schroeder!

  • #6

    Pablito Waal (lundi, 25 novembre 2013 12:22)

    Monsieur,

    votre premier message en réponse à cet article qui critique la construction européenne en son coeur consiste à dire que l'"Europe" (UE) n'est pas l'assassin, mais le fabricant d'arme, et que la véritable cause du drame se trouve bien dans le comportement de certains états européens. C'est donc à juste titre que je vous conteste cette analyse, l'euro et la construction européenne étant des problèmes en soi.

    Ensuite, vos chiffres de PIB sont en dollars, alors que je parlais en euros, monnaie des deux pays que vous comparez.

    Votre thèse est que ce que nous dépensons en plus par rapport aux allemands (12 points de PIB) ne nous apporte rien. C'est donc bien sur vous que repose la charge de la preuve. Et le décompte que vous faites dans la deuxième partie de votre message ne réunit que la moitié des 12 points de PIB que j'indiquais précédemment. Je mets de côté votre affirmation gratuite sur l’inutilité de 1,5 millions d’agents de l’Etat (pas tous fonctionnaires), que vous imputez de surcroît au seul gouvernement de Jospin (+1,5 M en cinq ans, vraiment ?).

    Sur le plan de la santé, oui, l'espérance de vie des français est légèrement supérieure à celle des allemands (d'environ un an), et c'était déjà le cas avant la réunification. Mais il est naïf de faire de l'espérance de vie un test ultime de la politique de santé, tant son lien avec le PIB par habitant est variable. Par exemple, sachez que les espagnols vivent un peu plus longtemps que les français, en étant plus pauvres. La dépense de santé ne sert pas qu'à repousser la mort, mais aussi à lutter contre des souffrances et handicaps divers. Mais plus généralement, la santé est une dépense de luxe : plus un pays est riche, plus il dépense pour sa santé, que cela fasse réellement vivre les gens plus vieux ou pas. La Suisse (un des pays qui dépense le plus en Europe) et plus encore les USA l'illustrent bien. Notre population va vieillir, il vaut mieux utiliser nos dépenses pour investir dans des structures efficaces que vouloir à tout prix les réduire – alors qu’elles augmenteront naturellement du fait du vieillissement.

    Pour l’éducation, pareil, ne nous arrêtons pas sur PISA. Qu’il y ait des dépenses inutiles dans l’éducation primaire et secondaire est une chose, mais la pauvreté de l’enseignement supérieur est aussi connue. Aussi, ce serait une très mauvaise idée de diminuer l’effort français en éducation, sous prétexte de s’aligner sur l’Allemagne (on peut dire la même chose de la santé, ainsi que de la défense). Il faut re-répartir les dépenses, pas forcément les diminuer.

    En conclusion, déjà que votre décompte ne permet pas d’arriver au total des 12 points de PIB en écart de dépenses publiques, mais en plus les réductions que vous évoquez en cas d’alignement sur l’Allemagne ne sont pas pertinentes. Sachez que je suis moi-même partisan d’une réduction des dépenses publiques, dans le fonctionnement de l’administration civile notamment, mais pas dans l’ordre de grandeur démagogique que vous évoquez, et certainement pas pour prendre tel ou tel autre pays comme étalon.

  • #7

    Horror (mercredi, 27 novembre 2013 18:27)

    Ouch, une droite bien assénée suite à mes problèmes de taux de change.
    Mais sur le fond, ça ne change pas grand chose, les masses et les différences restent énormes, et nous laissent des marges de manœuvre colossales pour nous en sortir. Seul manque le courage et l'intelligence de nos amis allemands.

    Pour le reste, je n'attribue pas les 1.5 millions à Jospin, je le remerciais juste pour les 1 millions qu'il a généré à lui tout seul. quand on sait qu'un fonctionnaire moyen coûtera à la Nation une moyenne de 3 millions d'euros jusqu'à sa mort, ça fait quelques centaines de milliards sur le dos des générations à venir, sans parler de l'effet connexe que nous vivons en plein actuellement de destruction de l'emploi Privé lors de la création d'emploi Public mais c'est un autre débat.

    Alors je m’exécute à vos bonnes grâces des exemples à la pelle, des comparatifs officiels qui ont l'avantage d'être neutres puisque factuels... mais rien ne trouve grâce à vos yeux. Ou il n'y en a pas assez ou il ne veulent rien dire, vu qu'ils vont dans le sens contraire.

    Finalement, en bon professeur et correcteur c'est vous qui me donnez raison avec vos exemples de dysfonctionnement dans nos coûteux grands ministères. Nous parlons le même langage in fine, celui de la raison, celui qui dit que notre argent est mal dépensé et qu'il faut reformer ces administrations archaïques, re répartir des moyens mal attribués et mal acquis par la seule faiblesse de politiques successifs face des intérêts corporatistes. Et je ne dis rien d'autre. Tout juste divergeons nous sur l'effort à faire, ou vous n'envisagez pas une baisse de la part d'un gâteau que nous ne pouvons plus payé juste une re répartition de la taille des parts sans finalement savoir qui a besoin de quoi.
    Et si le benchmarking avec des Nations comparables est important car il nous aide à fixer des objectifs que nous pourrions atteindre ou au moins tendre vers. Sans objectif, point de résultat et ça dure depuis les 30 Glorieuses, sauf qu'aujourd'hui on commence à distinguer le crépis du mur sur lequel on est projeté avec force.

  • #8

    charles (mercredi, 04 décembre 2013 14:53)

    La solution proposee pour le chomage est une insanite.
    Si l'education produit des fonctionnaires et des employes, il est evident qu'il faut leur trouver des jobs.
    Si l'education produit des entrepreneurs, il y aura toutjours besoin d'employes mais le boullionnement cree par une masse de jeurnes ou vieux entrepreneurs peut tirer durablement l'Europe vers le haut.
    Arretons de vouloir reduire les Europeens a des montons employes par les entreprises geantes et par les administrations, quand les employes ne sont plus employes ils deviennent chomeurs et puis esclaves.

  • #9

    AlexAdjami (vendredi, 20 décembre 2013 17:02)

    Je suis étonné qu'on puisse encore parler de l'UE en mal sans citer les analyses de Francois Asselineau..