sam.

23

nov.

2013

Le dimanche :"un combat d'arrière-garde"...

L'économiste Olivier Passet (Directeur des synthèses économiques à Xerfi) est un homme « moderne ». La preuve, il est partisan de l'ouverture dominicale des grandes enseignes du bricolage, des magasins de sport ou encore de la grande distribution. Au delà de cette position largement consensuelle parmi les économistes purs et durs et qui nous expliquent tous ces points de croissance que le dimanche apporterait à notre PIB, c'est la rhétorique de ce chercheur qui nous intéresse. Selon lui, ce sont les mutations du monde qui imposent à la loi d'« évoluer ». C'est à dire : d'être abrogée.

 

Mais d'abord, est-ce vraiment une loi crédible ?

 

 

Bien, c'est entendu, les politiciens de 1905 n'avaient pas grand chose dans le ciboulot... A l'époque d'ailleurs, personne n'était directeur de synthèse économique...

 

Mais le point le plus important n'est pas la loi en elle même : le point crucial concerne la mutation technologique du monde, dont l’irrésistible progrès aura notamment permis ces trois dernières décennies, l'ascension fulgurante de la bourse en temps réel et des capitaux libres...

 

 

 

C'eut été dommage de faire une loi contre.

 

Et de fait, puisque l'expérience s'avéra un succès franc dans le cas de la finance, la réussite aujourd'hui n'attend que l'abrogation de la loi.

 

 

Les flux, les stocks, la main d'oeuvre : la gestion s'est transformée... La main d’œuvre par exemple, cette variable économique semblable aux autres, n'est plus gérable autrement que 7 jours sur 7 et 24 h sur 24.

Véritablement, l'homme est devenu capital, inutile de le préciser pour Olivier Passet.

Les entreprises doivent en conséquence, « se réinventer ».

 

 

« Amélioration », « différenciation », « jours atypiques » : la politique de l'offre est sans limites.

Dès lors que ce qui n'est pas interdit est autorisé, le consommateur devient roi... et le travailleur paye. Lorsqu'il est à la fois travailleur et consommateur, l'équilibre est envisageable, quoique précaire. Du moins il demeure politique. Lorsque le consommateur se trouve à des milliers de kilomètres de son travailleur partout sur la planète, il n'y a plus tiraillement ni arbitrage. Le travailleur perd.

 

 

Et puisque chacun est le travailleur d'un consommateur lointain...

 

 

Demain, les entreprises seront disponibles en permanence : c'est ainsi. Que le temps libre soit un facteur essentiel des cultures, de la vie familiale, locale, importe peu. Macro-économiquement, les experts le confirment : chacun travaillera sur le temps libre de l'autre.

 

 

 

Demain, certains travailleront le dimanche, alors que leurs amis sortent se distraire, rire... vivre - du moins les amis qui ne travaillent pas. D'autres iront voir leur famille, du moins les membres dont le jour de congé est en semaine ; il faudra faire garder les enfants par une nounou du dimanche, ravie d'arrondir ses fin de mois...

 

L'activité sera partout, ici, maintenant... Partout.

 

 

 

Pourquoi rester d'arrière-garde alors ?

 

 

 

Frederichlist

 

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Horror (dimanche, 24 novembre 2013 11:55)

    Ben oui la question est bonne! Alors qu'elle est votre réponse?
    Vous allez bientôt défendre la messe du Dimanche matin faute d'arguments, face aux dépôts de bilans, au chômage, à l'opposition croissante des salariés face à des syndicats jusqu'au boutistes qui les conduisent dans le mur par idéologie...
    Pour avoir une société de fonctionnaires telle que vous la rêvez dans notre monde moderne, il faut bien quelqu'un pour payer.
    Si demain tout est fabriqué et commercialisé d'ailleurs, il n'y aura plus personne pour raquer ou alors on s'enferme à double tour comme le prône illusoirement le FN.
    De plus en plus de français ont toute la semaine pour se "distraire, rire... vivre ... voir la famille...". Croyez vous qu'ils soient beaucoup plus heureux que s'ils travaillaient le Dimanche? Réponse prochainement dans les urnes.

  • #2

    christian (lundi, 25 novembre 2013 00:15)

    L'Horreur,oui,l'horreur.

  • #3

    frederichlist (mercredi, 27 novembre 2013 23:00)

    "une société de fonctionnaires " "Croyez vous qu'ils soient beaucoup plus heureux que s'ils travaillaient le Dimanche?"

    Agnès Verdier Moligné ? c'est vous ?