mer.

27

nov.

2013

Accord de libre échange UE-Canada : "le chômage pourrait baisser..."

En France, dit-on, le libre-échange n’a pas bonne presse. Les gens ne l’aiment pas. Il « tue le petit commerce ». Dans la presse française en revanche, il est très populaire. D’ailleurs, son évidence est telle qu’il n’existe plus de terme sérieux capable de le questionner. Protectionnisme ? Trop violent, trop crise de 29. Made in France ? Trop Montebourg. Et c’est ainsi qu’un énième accord de libre-échange peut voir le jour avec le Canada, cette fois-ci dans l’indifférence générale. Bientôt viendra le tour des États-Unis. La mondialisation fait son chemin suivant un processus quasiment scientifique. Certains secteurs, certains états croîtront, d’autres mourront. Les inadaptés peuvent toujours attendre : les Commissaires, eux, ont un monde nouveau à bâtir.

 

 

Peu de sujets ont autant divisé la presse et l’opinion publique que la question du libre-échange. Ces dernières décennies furent, en effet, celles d’une conversion massive des dirigeants politiques et des médias aux préceptes néoclassiques, confiants dans l’avenir du village global, alors même que la défiance de la population envers la mondialisation s’accroissait régulièrement.

 

L’essence du libre échange

 

Le commerce serait bon pour l’Humanité. Montesquieu dans L’Esprit des lois au chapitre du commerce écrit : « l’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent mutuellement dépendantes. [...] toutes les unions sont fondées sur les besoins mutuels. » Une forme de neutre dépendance somme toute.

 

Sur cet aphorisme vinrent s’édifier les premières théories libérales, Smith puis Ricardo, préconisant l’ouverture commerciale et la spécialisation des Nations. Le Portugal ouvrirait ses frontières à la Grande Bretagne et réciproquement, le premier spécialisé dans le vin de Porto, la seconde dans l’industrie textile ; la main invisible du marché se chargerait de rendre tout ce petit monde gagnant.

Il n’en fut rien, il n’en est toujours rien. La dépendance industrielle — ajoutons-y aujourd’hui la dépendance financière — n’est jamais neutre. 

Le Portugal paya très cher son accord de libre-échange signé en 1707 à Méthuen avec la Grande Bretagne, tout comme plus tard allaient le payer l’Inde colonisée ou la Chine post-guerre de l’Opium.

Parce que ces pays ne parvinrent pas à s’industrialiser, inondés qu’il étaient par des biens manufacturés trop concurrentiels, ils furent longtemps maintenus dans la pauvreté, s’étant spécialisés (ou ayant été forcés de l’être) dans quelques mauvais secteurs.

Plus généralement, l’impasse faite sur le développement de certaines branches productives se paye toujours en termes de subordination politique, économique et d’efficacité globale de la division du travail au sein même d’une nation. Ainsi que le théorisa l’économiste allemand Friedrich List dans son Système National d’économie Politique, la création, les entrepreneurs, l’activité humaine ne peuvent naître ex-nihilo. De fait, c’est la production locale qui, par sa diversité et ses interpénétrations avec les autres branches de l’économie, fait apparaître de nouveaux procédés, de nouvelles techniques. C’est la cohérence et l’équilibre qui forment la solidité et la prospérité à venir d’une économie.


Le Roi Midas
Le Roi Midas

Les exemples historiques ne manquent pas : l’Argentine, le Chili, nombre de pays africains au XXe siècle qui abandonnèrent l’industrie au profit de l’agriculture et furent relégués. Et ces dernières années… qu’est devenue l’Espagne une fois la bulle immobilière éclatée ? Et que fera l’Irlande si un jour son impôt sur les sociétés augmente ? Et Londres sans la finance ? Que deviendront les émirats sans le pétrole ? Au cœur de la théorie ricardienne des avantages comparatifs, il y a la spécialisation, et donc l’abandon de pans entiers moins productifs, devenus inadaptés aux standards de la compétition internationale. On laisse le marché faire. On se concentre sur quelques secteurs de pointe qui tireront la croissance.

On appelle communément cela « mettre ses œufs dans le même panier ».


 

À quoi sert l’accord de libre échange avec le Canada ?

 

Un accord de libre échange fait baisser les barrières douanières, les taxes, harmonise des normes, relève certains quotas. Il doit permettre en théorie de faciliter l’échange de bien entre deux États où zones économiques.

Il élargit le marché.

 

Sur le papier donc, une entreprise française aura plus de chance de vendre ses produits au Canada et inversement, une entreprise canadienne en Europe. Sur place en France, les entreprises françaises auront, dans les secteurs concernés, plus de concurrents canadiens ; au Canada, les entreprises canadiennes, plus de concurrents européens. Le marché étant plus concurrentiel, le nombre d’acteurs locaux tendra à se réduire, à se concentrer, au profit des entreprises les plus efficaces, et donc, en régime de mondialisation, au profit de celles appliquant des normes salariales, sanitaires et environnementales parmi les plus basses.

C’est d’ailleurs toute la question posée par cet accord aux producteurs de viande français et européens, ainsi qu’aux producteurs de fromage canadiens, peu enclins à se mesurer à la féroce concurrence industrielle qui existe de l’autre côté de l’océan Atlantique. À la fin de l’histoire, les entreprises exportatrices et organisées gagneront des parts de marché. Les autres périront. Leur savoir-faire et leur spécialité avec. Si toute une filière disparaît d’un territoire, alors celui-ci perd une part de son autonomie : alimentaire, technique, énergétique etc.

 

Lorsqu’il s’agit d’un village ou d’une ville, c’est une perte d’habitants ; lorsqu’il s’agit d’un État, c’est une perte de souveraineté. Parfois, celle-ci se retrouve confiée à un État ami et bien intentionné (quoiqu’il demeure alors en position de force), parfois à d’autres qui le sont moins. Le plus souvent, ce pan de souveraineté se retrouve entre les mains d’une entreprise multinationale installée à l’étranger et qu’il faudra supplier pour qu’elle daigne payer ses impôts puisque la loi est censée s’appliquer à tous.

 

D’un point de vue philosophique, la liberté totale de commercer entre États devrait, pour correspondre au principe de protection des intérêts des citoyens, être pensée en tant que liberté profitable à tous, en tant qu’intérêt général, et donc susceptible de varier au gré des alternances du jeu politique. Ce que le capitalisme débridé feint encore de confondre, — et déjà List le vit sans mal en son temps — c’est la liberté civile, (c’est à dire les droits fondamentaux) avec la liberté commerciale dont les avancées jouent contre l’intérêt du plus grand nombre. Si la liberté politique de circuler et d’échanger au sein d’un territoire national bénéficie toujours aux citoyens, la liberté totale du commerce extérieur, quant à elle, peut conduire à l’asservissement. La puissance est un balancier. Elle augmente et parfois décline au gré du temps et de certaines contingences du monde. Elle n’est jamais acquise définitivement.

La puissance dépend donc de la capacité des gouvernements à promouvoir le bien-être de leurs populations par la meilleure organisation économique et politique possible. Ce fut une grande intuition de List : il est toujours possible d’attendre l’avènement d’un monde sans frontières, ni guerres et transformé en un unique marché cohérent. Mais il semble sage en attendant de ne pas trop compter sur les autres peuples pour ses affaires intérieures. Ainsi, écrivait-il, le système douanier n’est qu’« une conséquence naturelle de la tendance des peuples à chercher des garanties de leur conservation et de leur prospérité ou à établir leur prépondérance ».

 


« On promet comme on veut et l’on tient comme on peut. »

 

À l’instar d’un élargissement européen ou d’un traité constitutionnel, un accord de libre échange porte toujours avec lui des promesses de croissance. Cette loi ne souffre aucune exception depuis des décennies. À cause des failles dans la limitation du pouvoir des mandatés, les députés se voient proposer un texte d’accord et un traité est signé dont personne en vérité ne mesure à l’avance les conséquences.

Le monde économique se réjouit des emplois futurs et de ce qu’il reste encore des marchés à conquérir. Point de place pour l’entreprise proprement nationale dans le débat. Ne pas exporter, c’est presque mourir. Sur le papier, l’emploi est la priorité, et l’emploi, en économie mondialisée, ne se crée pas sur un marché intérieur, par une augmentation des salaires, mais par l’augmentation des exportations. Ainsi une augmentation du commerce est-elle perçue comme un indicateur a priori bénéfique. Le journal le Monde explique : «Les gains attendus d’un accord sont significatifs, avec une augmentation du commerce bilatéral de l’ordre de 25%.»


« Une industrie entièrement laissée à elle-même tomberait bientôt en ruine, et ce faisant, une nation commettrait un suicide ».

La Commission jubile : « cet accord est ce qui se fait de mieux en matière d’accord (…), il créera de nouvelles opportunités des deux côtés de l’Atlantique. Il accroîtra les échanges commerciaux et les investissements, générant ainsi croissance et emplois, dans l’UE comme au Canada».

Une rhétorique qui n’est pas sans rappeler celle de la campagne en faveur du Traité Constitutionnel Européen en 2005 : plus de travail, plus de social et de démocratie.

 

En réalité, hors des chiffres, il n’y a rien. La logique toujours plus aboutie de division internationale du travail se heurte fondamentalement aux politiques sociales, fiscales ou environnementales dont la conduite demeure l’apanage exclusif des États. Sans maîtrise sur la fixation des normes, sur les exigences sociales d’un produit, de la taxation des entreprises, comment dès lors être en mesure de peser sur la communauté des citoyens d’une Nation. En supposant que le commerce international puisse bénéficier à tous les Hommes, il apparaît concrètement qu’à court et moyen termes, il provoque des ajustements internes avec des gagnants et des perdants, perdants qu’une concurrence accrue liée au libre échange ne fait que rendre encore plus vulnérables. Ceux qui ont perdu leur emploi lorsque l’entreprise a fermé. Ceux dont la ville ou le village a vu l’employeur principal s’en aller, ne laissant qu’une seule alternative au chômage et à l’isolement : le départ.

Du côté des firmes transnationales, un accord de libre échange est une carte blanche. Qu’un État signataire ose lui interdire certains agissements, s’entête à lui barrer la route parce qu’il estime que son intérêt le lui commande parce que son Peuple l’exige, et cet État se retrouve à la merci de tribunaux internationaux ou de l’OMC. La croissance, les emplois sont hypothétiques… le prix à payer ne l’est pas. Bien plus, il renforce la logique de dépossession du politique par les firmes transnationales.


Les États-Unis au bout du chemin

 

Demain, une forme de grand marché transatlantique verra certainement le jour. Il sera l’enjeu d’une lutte pour la prédominance sur le commerce mondial entre les grandes aires économiques du monde. On s’assurera en France que l’exception culturelle fasse bien exception et le gouvernement s’en félicitera. Les agriculteurs déverseront peut-être du fumier devant le ministère à Paris, car ils craindront légitimement pour leur avenir. D’autres n’auront pas la chance d’être visibles, de passer devant les caméras. Une fois l’accord signé, il faudra s’adapter aux nouvelles normes mondiales. Les nouvelles normes sanitaires, sociales, fiscales, seront sûrement revues à la baisse car il aura fallu faire des compromis.

Certains secteurs y gagneront et deviendront de nouveaux leaders mondiaux, impossibles à taxer en France pour ne pas détériorer leur compétitivité ; d’autres souffriront avant de disparaître sous les yeux dépités de politiques compatissants qui ne l’avaient pas vu venir, et que la loi empêche d’intervenir.


 

Les promesses de croissance contre une perte supplémentaire de souveraineté sont un pari de court terme. Inlassablement, les instances supra-nationales promeuvent sans réserve ce genre d’accord qui les renforce face à ce qu’elles nomment les égoïsmes nationaux. Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, déclarait en juillet 2013 : « La négociation transatlantique [est] un moyen d’augmenter la croissance et en Europe, et aux États Unis… ». Et Bruxelles de confirmer : « cet échange pourrait faire progresser le PIB de l’Union de 0,5 à 1% par an à l’horizon 2020… ». Plus c’est gros...

 

Frederichlist

 

 

Cet article a d'abord été publié dans RAGEMAG

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Commentaires : 25
  • #1

    Horror (mercredi, 27 novembre 2013 18:48)

    A vous lire, on regrette l'invention de la roue qui doit être à l'origine de ce marasme.
    C'est l'éternel combat de l'innovation poussée par la compétition qui a toujours existé et existera toujours. Regrettez vous l'époque des chasseurs cueilleurs?

    Vu de l'autre bout de la lorgnette, on verra juste que nous n'avons pas le niveau et que nous ne sommes pas compétitifs. Pour l'être, il faudrait que vous, consommateur responsable, délaissiez votre Ipad pour acheter au même prix un minitel. Etes vous prêt à le faire?
    Nous ne manquons pas d'idée, ni de volonté pourtant sauf que nous avons 1 parpaing enchaîné à chaque pied pour courir le 100m avec les autres. Course ingagnable!
    Ce parpaing c'est le vrai faux Etat Providence qui le met à tous les créateurs de richesse tout en les fouettant en plus. Ca ne peut pas marcher tout simplement.

  • #2

    frederichlist (mercredi, 27 novembre 2013 22:57)

    Le progrès technique n'est pas le problème en soi. La question, c'est l'organisation de la concurrence entre les entreprises, donc entre le capital d'une part et les salariés d'autres part. Voilà ce sur quoi s'appuie notre contestation du libre échange lorsqu'il remet en cause la souveraineté des citoyens quelle que soit la nation dans laquelle ils habitent.
    Aussi, il existe un I-Pad français, personne ne défend le minitel.
    Enfin non, nous ne gagnerons pas la course contre la Chine, tout simplement parce que nous ne devrions pas concourir dans la même catégorie. Si nous le faisons effectivement, la protection sociale est un parpaing à nos pieds.
    L'Allemagne a choisi d'abaisser sa protection sociale. Elle s'adapte, aux dépens des plus faibles dans son pays. Ce n'est pas ce que je souhaite en France.

  • #3

    Horror (jeudi, 28 novembre 2013 00:49)

    Tout faux le problème des Chinois n'est qu'un chiffon rouge agité devant nos yeux effarés. Le vrai problème de notre compétitivité est avec nos voisins directs. Et nous sommes hors course avec eux tous.
    La protection sociale a bon dos mais nous gagnions 10 et dépensions 15, nous gagnons 8 et dépensons toujours 15. Ça ne peut pas tenir, un enfant de primaire le comprend, pas vous visiblement. Et surtout on ne reforme rien juste pour que ça fonctionne mieux, non il faut plus et on ne change rien.
    Augmenter encore les impôts des vilains riches, nous sommes le pays démocratique (donc ouvert) qui taxe le plus la richesse de son pays avec l'assiette fiscale la plus étroite, donc inefficace, de surcroît. Faire plus signifie tout fermer et ne plus être démocratique, c'est ça votre solution?
    Factuellement je ne vois pas dans notre condition comment vous pouvez encore agiter le spectre du libéralisme (les électeurs ne s'y trompent plus d'ailleurs), car aller un cran plus loin mènera à la guerre civile, notre ruine et une simple dictature idéologique molle. Ça se passe sous nos yeux avec la désintégration de la classe moyenne, la multiplication des exclus et une paupérisation accélérée avec 0 perspectives. Quel kif!

  • #4

    casper (jeudi, 28 novembre 2013)

    "Faire plus signifie tout fermer et ne plus être démocratique, c'est ça votre solution?"

    Mais mon cher Horror, la démocratie se porte déjà très mal, et c'est grâce a VOTRE école de pensée, pas la notre. Les reformes en Grèce ne passent qu'a coup de matraque. Le peuple a donne son avis sur la construction européenne en 2005, mais comme ca n'était pas l'avis attendu on l'a prie d'aller se faire mettre. Force est de constate que les plus gros reculs démocratiques en Europe en ce début de XXI eme siècle ont été fait POUR imposer le libre échange. Bref, vous hurlez a la dictature alors que c'est VOUS tenez la matraque et l'appliquez vigoureusement sur nos cranes.

    La pensée "liberale" en ce moment est pétrie de ces contradictions, comme de vanter la démocratie tout en imposant la technocratie, comme de vanter la concurrence tout en maintenant les oligopoles dans les secteurs banquiers, comme de vanter la "valeur travail" tout en s'assurant que le travail rapporte de moins en moins et la rente de plus en plus, comme de répudier l'Etat comme acteur économique tout en lui réclamant toutes sortes de subventions, de marches publics et de passe droit.

    Si ça n’était pas si grave, ca serait a mourir de rire.

  • #5

    casper (jeudi, 28 novembre 2013 03:59)

    Notons cela dit qu'il existe des libéraux cohérents, qui réclament par exemple qu'on arrête de socialiser les pertes. Mais bizarrement ils sont peu repris par le discours dominant.

    De même la plupart des "peres fondateurs" de la pensée libérale ne sont repris que sous forme tronquée, les nuances de leur pensée et leurs mises en garde dûment expurgées afin de ne pas froisser les oreilles des rentiers. Il y a des passages de "la richesse des nations" qu'un syndicaliste de nos jour hésiterait a reprendre a son compte de peur de passer pour affreusement gauchiste, marxiste et complotiste...

  • #6

    frederichlist (jeudi, 28 novembre 2013 08:24)

    dans votre rêve, il semble que les pays libéraux s'en sortent mieux, et qu'ainsi ils soient un modèle évident. Hormis l'Allemagne (et à quel prix pour ses voisins), je ne vois pas en quoi les pays qui ont tout dérégulé vont mieux que nous, ils ont la même dette, la même panne de croissance, et une augmentation des inégalités plus forte encore.

  • #7

    diojaime (jeudi, 28 novembre 2013 09:56)

    @HORROR
    inutile d'augmenter les impots de vos vilains riches ils n'en payent plus de toute façon.
    toute leur fortune se retrouve en Suisse et au final, 600 milliards d'Euros de manque à gagner pour l'état Français !!
    c'est pas rien!!

  • #8

    Papyon (jeudi, 28 novembre 2013 22:02)

    C'est tristement comique de voir tout le monde jurer par la croissance et la compétitivité...
    On dirait des commentateurs sportifs évaluant des athlètes...
    Il me semble évident que celui qui court le plus vite aura le plus mal quand le Mur va arrêter sa course absurde!
    Qu'est-ce qui a permis à la France de moins subir la crise de 29: c'est le fait qu'elle était "arriérée", et faiblement industrialisée.
    Courrez, courrez...

  • #9

    Horror (jeudi, 28 novembre 2013 23:54)

    Houla, le serveur va planter avec tout ce monde.

    @Casper le fantôme.
    Vous me flattez en parlant de MON école de pensée. Mais non, je regarde l'Histoire seulement et c'est la seule qui a prouvé qu'elle pouvait créer de la richesse et la paix, la ou toutes les autres ont lamentablement échoué dont la VOTRE.
    En ce qui concerne notre trépied Démocratique, nous ne sommes plus que sur 2 pieds ceux de pouvoir penser et dire, par contre tous ceux qui veulent faire et créer ne peuvent plus car les contraintes imposées et la ponction de richesse les décourage au mieux, les broient au pire.
    La 'technocratie est pourtant le rempart a une Démocratie dévoyée face a l'extrême multiplication de pseudos élus corrompus a différents degrés et a tous niveaux de notre société. Vos amis les Grecs inventeurs de la Démocratie sont aussi les plus grands corrompus d'une Europe dont ils n'auraient jamais du faire parti.

    @Frederichlist
    On ne doit pas être sur la même planète. Je vois des pays du Nord de L'Europe qui n'ont pas nos dettes, pas un chômage aussi conséquent, pas un population au bord de la crise de nerfs, gardent des perspectives que nous n'avons pas par les réformes qu'eux ont fait et pas nous. Je vois des pays anglo saxons renouer avec une croissance qui n'est plus qu'un fantasme pour nous... Quand au vampire allemand, c'est surtout une bonne excuse pour expliquer notre incompétence, l'histoire du chien qui a la rage. Il est vrai que nous sommes passés à tout points du vue dans le rang des PIGS qui ont au moins l'avantage de faire des réformes même a la hache. C'est clair que nous n'aurons plus de problèmes d'égalité en France vu que nous serons tous pauvres bientôt à ce rythme la.

    @tous.
    La faiblesse de vos argumentations collectives est que vous ne relevez pas et n'argumentez pas le fond factuel (compétitivité inter zone, ponction et dépense publique, paupérisation accélérée, absence de perspectives...) pour vous focaliser sur des points purement idéologiques étayés par une seule croyance sans faits ni analyse.
    Je pars, je vais planter le serveur.

  • #10

    casper (vendredi, 29 novembre 2013 00:13)

    "une seule croyance sans faits ni analyse"

    tu m'otes les mots de la bouche ^^

    "Mais non, je regarde l'Histoire seulement et c'est la seule qui a prouvé qu'elle pouvait créer de la richesse et la paix"

    Sans blague... tu as pas du regarder très loin en arrière pour la richesse (pas de libre échange pendant les trente glorieuses) ni très loin en distance pour la paix (les UE et leurs allies sont en guerre quasi permanente).

  • #11

    casper (vendredi, 29 novembre 2013 01:03)

    Quant au raisonnement fallacieux sur la liberté de faire et la liberté de pensée, je t'engage a ouvrir un bouquin d'histoire, justement.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Miracle_of_Chile

    L’économie du Chili de Pinochet fonctionnait sous les conseils directs de Friedman. Les gens y étaient tellement contents d'avoir la liberté de commerce, le libre échange et aucun frein a leur enrichissement qu'il fallait les enfermer, leur couper les mains et les faire disparaître pour qu'ils se taisent, et bien sur leur éviter la peine d’élire leurs dirigeants. Et pour finir, un marasme total du point de vue économique...

    Mais enfin, puisque tu sembles préférer la technocratie a la reforme des institutions démocratiques, l'exemple de Pinochet doit t'en toucher une sans bouger l'autre. J’espère que ça fera réfléchir les autres.

  • #12

    Horror (vendredi, 29 novembre 2013 08:43)

    L'analyse pertinente ne se résume pas a sortir des exemples et des contre exemples issus du manuel avec images du parfait petit révolutionnaire. Car a ce petit jeu, tout le Monde en a, et je t'assure que tu serais battu à plate couture, mais ça ne fait rien avancer. C'est justement cette approche qui occulte une réflexion qui n'existe toujours pas. On ne sait d'ailleurs toujours pas ce que tu souhaites et préconises dans la situation actuelle. Litanie anti ne fait pas programme.
    Pour Pinochet, tu as quelque part raison avec nombre de nos politiques actuels qui se comportent comme de petits barons issus d'une junte pseudo démocratique. Certains couperaient à coup sur des mains pour conserver leurs petits pouvoirs et intérêts avant tout personnels, surtout en cette période pré électorale.

  • #13

    jeanclaude a triché (vendredi, 29 novembre 2013 13:15)

    le Canada pèse 35 milllions d'habitants, on compte sur par grand chose pour relancer la croissance parmi les signataires. Voyons effectivement ce qui va se passer avec les USA, beaucoup plus problématiques.

  • #14

    lamomiedu78 (vendredi, 29 novembre 2013 13:19)

    salut, merci pour cet article. cette Une de libé est particulièrement gratinée. Sur la photo, on dirait Jésus accueillant ses disciples. Quant au Monde, c'est l'aboutissement d'un processus de paix.
    c'est quoi ragemag en fait ?

  • #15

    emynonys (vendredi, 29 novembre 2013 15:25)

    Pour revenir à l'article, Adam Smith a écrit deux essais majeurs dans sa vie, la Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations bien sûr d'une part, et la Théorie des sentiments moraux de l'autre. Dans l'esprit de Smith, il ne faisait aucun doute que l'une ne pouvait être appréhendée sans l'autre; d'ailleurs, il a passé toute la fin de sa vie à peaufiner sa théorie sur les sentiments moraux, la jugeant plus importante que la théorie sur la formation de la richesse. Pour donner un avant goût, le fil conducteur est basé sur un sentiment central, la sympathie qu'il analyse et dissèque pour en arriver à la conclusion que l'économie ne peut fonctionner dans l'intérêt de tous sans cet affect (Smith disait toujours qu'il ne fallait pas faire confiance aux capitalistes, va savoir pourquoi...).

    Vu d'aujourd'hui, je laisse chacun à penser au cheminement de la sympathie dans l'économie à travers les époques...

  • #16

    diojaime (samedi, 30 novembre 2013 17:47)

    600 milliards d'Euros extorqué à l'état par évasion fiscale!!
    certes, je me répète...
    et on va casser les "bonbons" au petit peuple en lui disant:
    "les caisses sont vides!..."

    Mais de qui se moque-t-on???

  • #17

    diojaime (mardi, 03 décembre 2013 09:47)

    et on pointe du doigt l'immigré (qui fait le boulot que personne ne veut) et qui travaille dur et paye ses impots, lui !!!
    quelle hypocrisie !!!!!!

  • #18

    enavantguingouin (mardi, 03 décembre 2013 17:05)

    c'est bien vrai ça.

  • #19

    diojaime (mercredi, 04 décembre 2013 11:07)

    comment peut-on prélever l'impot à nos modestes citoyens avec sérénité quand nos riches donneurs de leçons (ils ont le pouvoir politique) s'en dispensent volontier (de l'impot).
    la situation est grave et la République en danger.

  • #20

    diojaime (vendredi, 06 décembre 2013 10:17)

    n'en déplaise aux libéraux les plus virulents, mais c'est bien une armée de fonctionnaires intègres, bien formés et bien payés qu'il nous faut, pour lutter contre la fraude fiscale et pincer les gros poissons de l'évasion (assurément plus difficile à attraper ceux-là).
    Ironie du sort pour l'hyperlibéralisme et ses partisans.
    malheureusement, à ce jour, la mobilisation de l'état est loin d'être à la mesure de ses pertes, et il préfère surfer sur les trottoirs des grands boulevards de la misère, en ignorant ses causes.

  • #21

    ROT COCO (vendredi, 06 décembre 2013 12:07)

    Horror , non seulement il est sado mais il est surtout maso. C'est comme un lecteur de "L'HUMA" qui ferraillerait sur le site du "FIGARO"!

  • #22

    diojaime (vendredi, 06 décembre 2013 20:48)

    il est d'urgence extrême que le gouvernement prenne les mesures draconiennes qui s'imposent face au pillage étatique que constitue la fraude et l'évasion fiscale , sans parler des "niches".
    s'il ne le fait pas, il sera le principal responsable d'un probable effondrement de notre République Démocratique.
    l'enjeu est de taille et au dessus des clivages politiques droite-gauche.
    il s'agit bien là de l'avenir de la Démocratie Française.
    les querelles et luttes de pouvoir doivent absolument disparaître pour laisser place à l'investissement de toutes les énergies politiques pour le rétablissement de la justice fiscale.
    cela, pour le maintien de la cohésion sociale.

    la Démocratie constitue l'unique muraille nous préservant de l'aveugle violence.

  • #23

    rastajo (samedi, 07 décembre 2013 13:58)

    que faut-il penser du parti Nouvelle donne ?

  • #24

    diojaime (lundi, 16 décembre 2013 12:39)

    au sujet de l'évasion fiscale voici quelques vidéos intéressantes: http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video18930.html

  • #25

    vin-100 (mercredi, 19 février 2014 20:01)

    Existe t-il un miracle canadien ?

    http://www.blogactualite.org/2012/12/existe-t-il-un-miracle-canadien.html