mar.

10

juin

2014

L'économie, cette "science" qui défaisait l'Histoire

 

A la question « Que reste-t-il quand on a tout oublié ? » Edouard Herriot avait répondu : « la culture ». Une phrase mémorable. Il parlait des sociétés humaines. S'il avait vécu aujourd'hui, qui sait, peut-être aurait-il répondu : «la pensée néolibérale. » Car en effet, s'il fallait la caractériser, cette pensée, son libre-échange dogmatique, son monétarisme, ou son rationalisme erroné n'y suffiraient pas ; il faudrait dire ceci : la pensée orthodoxe se moque du passé, c'est là son trait principal. D'ailleurs, la liberté qu'elle revendique n'en porte plus que le nom. Elle n'est plus en rien philosophique : elle est devenue liberté de classe.

 

Les grandes avancées humaines, scientifiques, philosophique ou politiques eurent toujours pour fondement la Liberté. Elles la nourrirent en retour. La Liberté portait en elle autre chose que l'ordre établi, ses injustices ou son obscurantisme souvent. Et si, à travers l'Histoire, la Liberté fut aussi parfois celle d'écraser son voisin, le second XXème siècle réalisa la promesse d'une vie plus décente, à l'abri des infortunes séculaires les plus craintes, le logement, la maladie, la vieillesse, sans que personne n'y trouvât rien d'archaïque. La Liberté demeurait conciliante. La brutalité des décennies passées ne laissait guère de choix. Dès 1950, l'Europe prospérait a nouveau : le choc de la seconde guerre mondiale, le plan Marshall, l'ombre du drapeau rouge flottant sur le continent eurent raison, trente cinq années durant, de l'arbitraire du capital et de sa trop grande accumulation, prémisse aux plus grands dérèglements du monde. Et puis, dans les années 1970, la globalisation s'amplifia, baisse des tarifs douaniers, du tarif extérieur commun, 1980, Reagan, Thatcher, Delors en France, les instances internationales (au premier rang desquelles l'Union Européenne), affaiblirent les Etats, la régulation : la marché se chargerait du reste. 91, l'URSS tombait, portant un coup sévère aux pourfendeurs de ce nouveau capitalisme golden boy dans lequel, c'était promis, tout le monde avait sa chance... L'Angleterre jouait la carte financière, il fallait suivre... Derrière la coopération de façade, la lutte pour les parts de marché... Et tout le monde suivit, gauche, droite, communistes même, les coalitions, la conversion au marché... Tout le monde pareil.

 

 

L'affaire est entendue : l’Égalité mène à Staline. La souveraineté du Peuple et son exercice dans un cadre national à Hitler.

 

Notre monde a basculé. L'Histoire s'est effacée lentement. La Liberté, étendard fourre-tout du discours économique n'a plus rien à proposer autre que le droit de l'argent à circuler discrètement. Des expériences du passé, il ne faut rien tirer. L'affaire est entendue : l’Égalité mène à Staline. La souveraineté du Peuple et son exercice dans un cadre national à Hitler. En économie plus encore que partout ailleurs, l'articulation des faits historiques entre eux n'a guère d'importance. La longue rivière du temps semble s'être décomposée en gouttelettes atomisées, sans aucun lien concret les unissant. L'Histoire est devenue statique ; comme une boîte de jeu pour enfants dans laquelle on piocherait des cartes à effet immédiat protectionnisme = 1933,franc = catastrophe, le discours économique libéral assène une vérité : sa foi en demain. Il n'a qu'une seule obsession : vaincre le passé.

 

 

 L'affaire est entendue : l’Égalité mène à Staline. La souveraineté du Peuple et son exercice dans un cadre national à Hitler.

 


 

L'oubli de l'Histoire

 

La mythologie libérale ne reconnaît globalement que trois périodes de l'Histoire : le 19ème siècle, la crise de 29 ainsi que l’échec du Communisme. Étrangement, ces trois événements semblent aujourd'hui suffire à étayer n'importe quel argumentaire favorable à plus de libéralisme.

 

  • Le cas du protectionnisme

 

Commençons tout d'abord par le 19ème siècle, souvent considéré comme un « âge d'or du libéralisme », bâti à partir de 1830 sur les considérations des plus grands : Smith et sa fabrique d'épingles, Ricardo, son commerce du drap et du vin, Say et sa loi de l'offre, Bastiat, son soleil et les vendeurs de bougies... 

 

Paul Bairoch a montré que cette époque bénie de la liberté n'a jamais existé. En particulier, le protectionnisme au 19ème siècle demeura la norme jusqu'en 1860, date à laquelle la l'Angleterre et la France se convertirent au libre échange, pour des résultats somme toute médiocres. A partir de 1890 (plus ou moins selon les pays et sauf en Angleterre), les tarifs protectionnistes remontèrent, et étrangement, la croissance repartit. David Todd pour sa part, suggère que si le protectionnisme à cette époque n’altéra pas la croissance, il autorisa une redistribution de la richesse en faveur des paysans alors majoritaires. L'Angleterre fit moins bien que ses voisins sur la période 1890 – 1914, alors même qu'elle persistait dans le libre-échange. L'Allemagne et les États-Unis montaient en gamme...

 

Et au XXème siècle ? En 1929, nous explique-t-on, ce même protectionnisme aurait conduit au repli des nations égoïstes sur elles-mêmes, conduisant à l'arrivée d'Hitler au pouvoir, et donc au carnage de la seconde guerre mondiale. L'URSS pour sa part, dans sa folie autarcique, expérimenta une forme avancée du protectionnisme, ajoute-t-on... Et ce fut un désastre. En réalité, l'Histoire se montre plus complexe. La crise de 29 fut avant tout financière ; la dérégulation en fut sa cause première. Le protectionnisme s’avéra une réponse nécessaire à l'effondrement du commerce mondial. Il fut un impératif. Des politiques de déflation s'en suivirent, en France (Laval) en surtout Allemagne (Brüning), avec les succès qu'on connaît.

 

Mais enfin, pourquoi s'embarrasser d'explications complexes, quand la simplicité suffit à effrayer, surtout lorsque ces explications ne servent pas son intérêt ? Évidemment, Adolf Hitler ne fut pas fils du protectionnisme, mais bien plutôt de la première guerre mondiale, du contexte racialiste exacerbé ainsi que des politiques folles d'appauvrissement conduites à l'époque en Europe et en particulier outre-Rhin. Évidemment, le protectionnisme n'est en aucun cas l'autarcie. Il est une position intermédiaire entre le tout et le rien, entre l'autarcie et le laisser-fairisme, sous le règne duquel nous vivons aujourd'hui.

 


  • La question européenne

 

L'Union Européenne, façon Von Rompuy ne tient plus qu'à quelques fils. L'un d'entre eux est bel est bien ce même oubli de l'Histoire : de nos jours, il semble parfois qu'à un âge des ténèbres d'une dizaine de siècles aient succédé Maastricht, l'Euro et Monsieur Bolkestein. Les questions sociales telles que l'assurance, les congés payés, la réduction du temps de travail ou le partage de la richesse que l'on sache, se sont posées en Europe, à l'échelle nationale, bien avant 1957, 1986 ou 1992, au 19ème siècle déjà. Pire, c'est avec la montée en puissance de l'Union Européenne que l'on constate (si l'on excepte les lois Aubry en France) une régression de la question sociale, et ce justement parce que l'économie n'est plus maîtrisée par l’État, à l'échelon national, échelon historique maximal de l'exercice légitime de la solidarité entre les citoyens.

 

L'euro illustre à merveille ce déni des faits historiques. D'abord, parce qu'une union monétaire implique une cohérence politique, culturelle et économique. Les pays d'Europe, malgré les liens forts qui les unissent, ne constituent pas pour l'instant du moins et pas avant longtemps, un espace approprié au fédéralisme ; ces dernières années de crises ont violemment fait réapparaître les réalités nationales : malgré des années de convergence forcée, ni les traditions démocratiques, ni les intérêts économiques ne sont devenus solubles au sein d' une entité supranationale. La situation actuelle, avec ses gagnants et ses perdants, organise frustrations politiques et déséquilibres macroéconomiques.

 

 

Pour être optimale, la zone euro, devrait organiser des transferts monétaires colossaux afin d'équilibrer les compétitivités voisines ; une solution inacceptable du point de vue allemand.

 

 

 

Ce que firent les allemands lors de la réunification, ils le firent pour aider des allemands, et non des espagnols.

 

 

 

En effet, poser la question revient à y répondre : quel gouvernement démocratique, soucieux du bien être de sa population souveraine, oserait offrir chaque année 10% de sa richesse à un pays voisin, fût-il ami ? Ce que firent les allemands lors de la réunification, ils le firent pour aider des allemands, et non des espagnols. C'est une affaire de légitimité, de politique et donc d'Histoire.

 

Il n'est pas question de glorifier l'Europe d'avant l'UE, elle avait ses problèmes et ses incohérences : non, il s'agit encore une fois de revenir à une position médiane dans laquelle le fait national est pris en compte pour ce qu'il est afin d'en déduire une Europe viable, réduite, capable de mettre en commun ce qui peut l'être, sans qu'il y ait besoin de forcer la main aux Peuples récalcitrants, ni besoin de transformer les termes du débats pour parvenir à convaincre.


Le contrôle du langage

 

Qu'on l'appelle novlangue ou movlangue, le langage associé à toujours plus de libéralisme se caractérise par son refus de parler de ce qui fonctionnait avant, au simple prétexte que justement, c'était « avant ». Les professeurs de libéralisme ont largué les amarres, coupé définitivement le cordon qui rattachait l'économie à des traditions, à des cultures ou à des choix démocratiques singuliers. L'ancrage n'est plus. L'homme mobile et rationnel des modèles mathématiques a remplacé les hommes nés quelque part avec leurs aspérités et leurs problèmes. Fluidité et mobilité sont devenues LES valeurs qu'il est de bon ton de revendiquer. Rester chez soi est devenu suspect.

L'Histoire ne compte plus. Ce qui fut la norme jadis, l'inflation, la dévaluation, les taux d'imposition marginaux élevés, la séparation bancaire... autant d'outils qui permettaient aux États de faire de leur territoire un espace cohérent, assez solidaire, limitant les inégalités et les migrations forcées : tout ceci n'est plus envisageable, non pour des raisons de complexité, ni même d'efficacité. Non : parce que c'est « passéiste », tout simplement. Écoutons cet investisseur :

 

Et la palette est large... Le discours libéral dispose aujourd'hui d'un répertoire extrêmement touffu de mots disgracieux capables de rendre détestable le passé : nationaliste, souverainiste, conservateur, réactionnaire, vieillot, poussiéreux, rétrograde... associés naturellement à l'imaginaire d'une France collaboratrice et intolérante. C'est alors que se produit cette confusion entre libéralisme de mœurs et libéralisme économique, qui, quoi que l'on pense de leur dissociation possible ou de leur cohérence originelle, partagent au moins la même sémantique : une vision très positive de l'élargissement des droits et de la liberté des individus.

 

Mais enfin, si la « liberté sociétale » autorise l'élargissement des droits sans empiéter sur ceux de son voisin, en économie, au contraire, ce même terme de liberté n'est absolument pas au service de l'individu-citoyen : il sert le détenteur de capital, ce qui est différent.

Cette même transformation du langage est à l’œuvre depuis plusieurs décennies au sein même de l'entreprise. Une déconstruction méthodique étudiée par Luc Boltanski et Eve Chiapello dans le Nouvel Esprit du Capitalisme, ce dernier ayant petit à petit banni des termes trop connotés, trop historiques, hiérarchie, contremaître, fordisme, au profits de valeurs telles que le réseau, l'autonomie, la créativité, le projet capables de susciter l'adhésion de principe tout en décrivant la même réalité. Que dire, des partenaires sociaux, héritiers des syndicats de patrons ou d'ouvriers ? Que dire de l'économie de marché, héritière du capitalisme ? Toute trace de lutte doit être effacée.

Le message est clair : « Notre système économique est neutre car la lutte des classe a pris fin. Il est à présent au service de tous les individus. »

 

 

 

 


 

« [La démondialisation]... je trouve que c'est une idée fausse, arrogante, contradictoire et démagogique. Elle repose sur l'idée fausse qu'on peut remonter le temps, que la mondialisation est un processus réversible. […] C'est comme défaire une mayonnaise si vous voulez... »   Raphaël Enthoven

 

 

 

 

Un nouvel esprit qui, comme l'a montré John Kenneth Galbraith, feint enfin de confondre le quotidien d'un veilleur de nuit avec celui d'un grand patron, en considérant leur « travail » comme semblablement épanouissant. Une stratégie langagière qui a largement débordé les considérations économiques. Nombre d'éditorialistes et de gens de médias en sont convaincus —leur position sociale les y aide— :  notre système n'est pas si mal après tout... certes... la mondialisation implique des transformations, douloureuses pour certains, l'adaptation sera pénible, mais enfin, elle est inévitable... On ne peut vivre dans le passé...

 

Une mystique religieuse : l'avenir

 

L'Histoire est oubliée. Les mots se sont transformés. Reste une dernière arme rhétorique : glorifier le futur. Une mythologie qui n'est pas sans rappeler le moulin dans La ferme des animaux d'Orwell et la promesse d'un monde définitivement parfait. En attendant... il faut s'adapter, libéraliser. Les réformes entamées dans les années 80 n'ont pas encore porté leurs fruits ? C'est parce nous n'avons pas été assez loin, que le marché du travail n'est pas assez flexible, parce que l'impôt est confiscatoire...

 

L'Europe ne fonctionne pas ? C'est parce qu'il faut toujours plus d'Europe. L'économiste Christian Saint-Etienne aime répéter cette étrange vérité : « si demain, l'Europe devient fédérale, elle devient la première puissance économique du monde... » Rien n'aura changé, mais enfin sur le papier, nous irons mieux. Peu importe que le projet soit désiré par les peuples européens ; peu importe qu'il soit historiquement valide, puisqu'il l'est dans la tête des économistes.

 

Dans les colonnes de Libération, le futur sera sans chimères, sans blocage, il sera lisse. Nicolas Demorand écrit : "Quel homme politique, ici [en France], parle au futur ? Lequel ose dire que le passé est révolu, que le patrimoine nous fatigue de sa consensuelle pesanteur et que le progrès n’a jamais pris une ride ?" Une rhétorique du progrès qui justifie sans problème le travail le Dimanche dont l’interdiction, obscur reliquat des traditions chrétiennes et socialistes, doit laisser place à la modernité. Il faut « aller de l'avant » comme le suggère  Nicolas Doze, sur BFM Business.

 

 

 

 

Aller de l'avant, encore et toujours, en baissant la dépense publique, ce Léviathan d'un autre âge, dont l'existence aujourd'hui ne semble plus justifiée. Aller de l'avant, dans la recherche de la croissance et la consommation effrénée, sans réfléchir.

 


 

Conclusion

 

 La France ne vit pas, comme le pensent certains, dans le mythe d'un passé glorieux qu'il s'agirait de faire resurgir. Au contraire, la France souffre d'amnésie. Depuis 40 années, l'oubli de l'Histoire est systématiquement suggéré par la sémantique néolibérale : déconstruction des faits, déconstruction des mots. Le présent est devenu promesse de futur, d'un monde fluide et atomisé. Or, à force de constater le décalage entre ce qui est dit et ce qui existe réellement, à force de ne plus considérer ce qui est viable, ce qui EST tout simplement mais de s'entêter dans l'erreur, l'Histoire se rappellera aux partisans de ce monde ultramoderne sans crier gare...

 

 

Frederichlist

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Commentaires : 4
  • #1

    DAELIII (mercredi, 22 janvier 2014 17:44)

    Analyse intéressante, claire; mais "plombée" à la base, puisque vous restez dans la perspective d'une "constructiion européenne", une autre europe, bien sûr. Or il ne peut en exister d'autre, puisque la seule raison d'en faire une (vers un état fédéral à terme pour faire simple) c'est de faire celle-là que nous connaissons, hyperlibérale, fille directe d'Hitler par le passeur Halstein interposé. C'était le souhait du grand patronat français dans le années 1930 (voir les ouvrages de Mme Lacroix-Riz), et c'est pour cela qu'il n'y a jamais eu autant d'europe de la production industrielle que de 1933 à 1945, cartels allemands en tête. Ce l'est toujours, et c'est pour cela, et dans ce seul but, que le monde politique a détruit la démocratie en France (référendum de 2005 en tête bien entendu), et que nous en sommes venus au "pacte de responsabilité" maintenant. Mais les peuples n'en veulent pas car il n'y a AUCUNE autre raison de "bouger" en ce sens néfaste que l'apreté au gain des possédants, on disait les 200 familles dans les années 1930. Tant que les "alterondialistes" n'auront pas remisé leur idéologie internationaliste au placard, ils seront tout clairement des alliés "objectifs" (comme disaienit les communistes à l'époque où il y en avait encore) de la régression, exactement comme la "gauche officielle" des mêmes années 1930 a largement, peut-être même majoritairement, fini dans la collaboration nazie, n'est-ce pas puisque c'était la forme la plus "européenne" de l'être du moment (lire cette fois les ouvrages de M. S. Epstein).
    C'est vrai notre déchéance actuelle, a été bâtie sur l'ignorance et le rejet de l'histoire. Mais à chacun de balayer devant SA porte.

  • #2

    durififi (vendredi, 24 janvier 2014 11:57)

    j'aime bien. j'aime bien la frise aussi.

  • #3

    Guadet (vendredi, 24 janvier 2014)

    Très bien, c'est exactement ça !
    Historien moi-même, je confirme la rupture terrible vers le refus de l'Histoire dans ces dernières décennies. Je termine un livre sur l'architecture de la belle époque où je parle des origines de ce refus de toute histoire et de toute tradition.
    L'oubli de cet article est justement de parler de l'origine de cet esprit de l'ultra libéralisme d'aujourd'hui. L'Histoire nous apprend qu'il vient de la gauche avec l'idée de sortir de l'histoire et de son obscurantisme pour créer un monde parfait d'après l'histoire. La force de l'idéologie au pouvoir actuellement est de s'appuyer à la fois sur des mythes de gauche et sur des mythes de droite. C'était déjà la force d'Hitler qui promettait à la fois la libération du peuple et une mondialisation économique capitaliste. La force de la résistance fut de rassembler des communistes rompant avec leur parti fidèle au pacte germano-soviétique et des conservateurs rompant avec l'idée de l'ordre à tout prix. Aujourd'hui c'est la même chose : on ne peut pas éviter de rompre à la fois avec une gauche et avec une droite qui nous mènent conjointement au chaos.
    La force de l'idéologie actuelle est aussi de se fonder sur un subjectivisme et sur un relativisme qui imprègnent la totalité de la population et qui permettent d'échapper à la réalité. Un petit exemple anecdotique : l'an 2000 a été universellement fêté comme le début du troisième millénaire, ce qu'il n'est pas en réalité. Les gens le sentent comme ça, c'est le principal. Ça ne s'est pas du tout passé comme ça en 1900 : beaucoup voulaient y voir le début du XXe siècle ; l'administration et les médias ont tous expliqué que ce n'était pas le cas. "Les gens sont libres ; il ne faut pas les empêcher de penser comme ils veulent" nous dit-on. Le problème est qu'il ne s'agit pas de liberté mais d'ignorance et de soumission aux idées reçues, c'est-à-dire réellement l'obscurantisme. On part de lieux communs, de préjugés, d'idées reçues, et on s'en sert pour servir des intérêts particuliers. Sans idée de Vérité, la liberté n'est qu'une soumission aux plus forts et aux médias.

  • #4

    tonton (jeudi, 12 juin 2014 21:28)

    bien vu le coup de la mystique religieuse, bravo !
    je suis bien d'accord.