ven.

28

mars

2014

Progression du taux de chômage : le FN en profite, pas le FdG

Nous avons réutilisé les statistiques de notre article précédent pour analyser la corrélation entre les scores du FN et du FdG en fonction du taux de chômage. Nous vous proposons donc deux graphiques mettant en exergue les votes FN (1er graphique) et Fdg (2e graphique) en fonction du chômage.

 

Nous obtenons deux nuages de points et nous effectuons ensuite une régression pour voir s'il existe une relation significative ou pas entre les deux variables.

 

Pour le FN la relation existe et explique 25 % de la tendance (R²=0.25), soit un quart du vote. Pour le FdG, elle est très faible, ce qui tend à montrer qu'il n'y a pas de lien.

 

Ces résultats sont à prendre avec des pincettes, bien-sûr, car tout dépend des villes, mais cela montre que le vote FN est en partie expliqué par le chômage au contraire du vote FdG.
 
Il conviendrait bien-sûr de rechercher les autres causes potentielles, mais ces chiffres donnent encore plus de crédits aux analyses d'Aurélien Bernier qui préconise à la gauche radicale de s'emparer de sujets tels que la sortie de l'UE ou la mise en place de politiques protectionnistes pour conquérir les classes populaires et devenir une véritable alternative au FN au sein du vote constestataire et alternatif.

La relation entre le score du FN et le niveau du taux de chômage existe et explique 25 % de la tendance (R²=0.25), soit un quart du vote.

La relation entre score du FdG et niveau du taux de chômage est très faible, ce qui tend à montrer qu'il n'y a pas de lien.

 

Trémarec

Ville

FN

PG

Taux chômage

Ecart FN - PG

Classement

FN + PG

Roubaix

19,3

4,1

21,4%

15,2

1

23,4

Calais

12,5

22,6

17,5%

-10,1

2

35,1

Tourcoing

17,5

4

17,4%

13,5

3

21,5

Béziers

44,9

6,3

17,3%

38,6

4

51,2

Mulhouse

21,9

3,1

16,5%

18,8

5

25

Avignon

29,6

12,5

16,3%

17,1

6

42,1

Nîmes

21,8

12

15,2%

9,8

7

33,8

Vénissieux

11,7

30,5

15,0%

-18,8

8

42,2

Le Havre

13,4

16,4

15,0%

-3

9

29,8

Montpellier

13,8

7,6

14,7%

6,2

10

21,4

Cannes

14,7

3,4

14,7%

11,3

11

18,1

Perpignan

34,2

5,7

14,3%

28,5

12

39,9

Toulouse

8,2

5,1

14,3%

3,1

13

13,3

Amiens

15,5

8,9

14,2%

6,6

14

24,4

Lille

17,2

6,2

13,9%

11

15

23,4

Le Mans

15,2

9,1

13,8%

6,1

16

24,3

Marseille

22

6,5

13,6%

15,5

17

28,5

Saint-Etienne

18,3

4,2

13,5%

14,1

18

22,5

La Rochelle

8,5

3,8

13,4%

4,7

19

12,3

Angers

6,7

2,1

13,2%

4,6

20

8,8

Nantes

8,1

5

13,0%

3,1

21

13,1

Bordeaux

6,1

4,6

12,9%

1,5

22

10,7

Caen

7,3

5,8

12,6%

1,5

23

13,1

La Seyne-sur-Mer

26,3

3,2

12,6%

23,1

24

29,5

Orléans

10,3

8,3

12,5%

2

25

18,6

Rouen

13,4

5,3

12,4%

8,1

26

18,7

Strasbourg

10,9

4

12,1%

6,9

27

14,9

Toulon

20,5

4

12,0%

16,5

28

24,5

Pau

6,7

5,3

12,0%

1,4

29

12

Limoges

17

14,2

11,9%

2,8

30

31,2

Metz

21,3

3,6

11,8%

17,7

31

24,9

Tours

12,9

8,4

11,7%

4,5

32

21,3

Reims

16

3,4

11,7%

12,6

33

19,4

Antibes

20,7

7,2

11,7%

13,5

34

27,9

Brest

9,8

8,2

11,7%

1,6

35

18

Besançon

11,8

7,1

11,6%

4,7

36

18,9

Clermont-Ferrand

12,7

11,5

11,5%

1,2

37

24,2

Nice

15,6

5,4

11,2%

10,2

38

21

Villeneuve-d'Ascq

14,5

6,2

11,2%

8,3

39

20,7

Villeurbanne

17,5

15,8

11,1%

1,7

40

33,3

Quimper

8,4

5,8

11,0%

2,6

41

14,2

Grenoble

12,6

29,4

10,7%

-16,8

42

42

Rennes

8,4

15,1

10,6%

-6,7

43

23,5

Poitiers

12

15,3

10,6%

-3,3

44

27,3

Paris

6,3

4,9

10,6%

1,4

45

11,2

Lyon

12,2

7,6

10,4%

4,6

46

19,8

Dijon

12,7

4,7

10,2%

8

47

17,4

Nancy

6,9

5,4

10,0%

1,5

48

12,3

Aix-en-Provence

10,4

4,8

9,6%

5,6

49

15,2

Noisy-le-Grand

13,7

10,4

9,0%

3,3

50

24,1

Boulogne-Billancourt

6,2

3,4

7,8%

2,8

51

9,6

Courbevoie

7,4

3,4

7,5%

4

52

10,8

Issy-les-Moulineaux

5,4

7,3

7,2%

-1,9

53

12,7

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Commentaires : 1
  • #1

    Rhizome (samedi, 29 mars 2014 16:26)

    Juste une erreur à souligner : lier la question du chômage avec les propositions de "s'emparer de sujets tels que la sortie de l'UE ou la mise en place de politiques protectionnistes pour conquérir les classes populaires", c'est un peu réducteur.
    1. rien ne garantit que la sortie de l'UE mènerait à une baisse du taux de chômage (au contraire)
    2. le "protectionnisme" est un terme extrêmement flou et très connoté idéologiquement. Parlons plutôt des protections (terme générique plus général et pourtant plus clair) nécessaires aux citoyens pour mener une vie décente, parlons des barrières non-tarifaires à l'échange (avec des mots plus simples, si vous voulez).
    3. Il est bizarre que les seules préconisations pour capter l'électorat FN, ce soit de dire les mêmes choses. Je crains que ça ne fasse qu'empirer les choses. La preuve : c'est ce qu'on fait depuis 30 ans ! (on a commencé à admettre dans les 90's que le terme "insécurité" ne devait pas être laissé au FN, puis on a continué avec "l'immigration", etc. Je n'ai pas l'impression que ça aie permis d'endiguer quoi que ce soit)
    4. Pourquoi on ne parle pas des alternatives liées aux questions de la répartition des richesses et des moyens de tout changer ou de rééquilibrer les choses ? Baisse du temps de travail, revenu garanti, réhabilitation des impôts/cotisations/taxes...