lun.

07

avril

2014

Le Monde : référence du «French bashing »

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Il faut bien du courage pour terminer l'éditorial du Monde du Samedi 5 avril, Des réformes d'abord, des délais ensuite.

Pour peu, on voudrait croire à une mauvaise blague... Une surprise alors ? Non ! Évidemment. Qui s'intéresse aux affaires publiques sait que le quotidien a depuis longtemps viré de bord, et fermé ses colonnes à la pensée hétérodoxe. En lisant ce texte, vous aurez sans doute l'étrange sentiment que l'auteur est un Américain, un banquier qui sait, un grand patron, ou Nicolas Doze même... ? En tout cas quelqu'un qui manifestement regarde la situation des gens qui peuplent notre pays de bien loin, pour être capable de défendre encore l’appauvrissement généralisé, depuis l'arrière de son bureau. 50 milliards d'économie, c'est trop peu ! A l'évidence, ce monsieur (ou cette dame...) craint peu pour sa propre personne.

En France, c'est bien étrange, les français n'ont pas besoin de The Economist ou d'un quelconque article anglo-saxon pour leur expliquer qu'ils sont des arriérés : ils ont le Monde, leur propre journal « de référence ». Référence sur les questions de « French Bashing ».

 

Des réformes d'abord, des délais ensuite

La France ne sera pas au rendez-vous, une fois de plus. La France ne tient pas ses engagements européens, une fois de plus. La France voit sa crédibilité à Bruxelles, à Berlin et ailleurs un peu plus écornée.

 

Il n'a pas fallu longtemps à Michel Sapin, le nouveau ministre des finances, pour dire la vérité des comptes. Paris va demander un nouveau délai pour atteindre son objectif d'un déficit public de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2015. Le « cap » n'est pas abandonné, a-t-il dit jeudi 3 avril, mais il faut « discuter du rythme ».

En une dizaine d'années, c'est la cinquième fois que la France ne tient pas ses promesses en matière de discipline budgétaire : pas plus le « cap » que le « rythme », et encore moins les assurances données sur les « réformes de structure » que Paris allait mettre en chantier, promis, juré, en échange du régime de faveur qui lui était ainsi accordé.

 

Ce n'est pas sérieux, c'est même désespérant de la part d'un pays qui est l'un des fondateurs de la zone euro, qui prétend assurer avec l'Allemagne une manière de leadership au sein de l'Union européenne et qui a la leçon de morale facile.

 

CHIRAC ET SARKOZY N'ONT PAS FAIT MIEUX QUE HOLLANDE

Ce n'est pas une question de majorité politique. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'ont pas fait mieux que François Hollande. C'est génétique.

Lestée d'une machine étatique obèse, reproduite à tous les niveaux du territoire, au gré d'une décentralisation mal conçue, la France bat tous les records en matière de dépenses publiques : plus de 57 % du PIB.

 

Si, au moins, cela nourrissait la croissance, on pardonnerait cette excentricité nationale. Mais, non, pas d'illusion à se faire, indiquait jeudi l'Insee : la croissance ne dépassera pas 0,1 % au premier trimestre et 0,3 % au deuxième.

 

Pour l'essentiel, la dépense publique française, ce n'est pas de l'investissement, mais du fonctionnement et des transferts sociaux, à quoi il faut ajouter, parmi les premiers postes, le service des intérêts de la dette : 47 milliards d'euros en 2012, soit plus que le budget de l'éducation nationale – ces chiffres devraient figurer à l'entrée de toutes les salles de classe du pays.

 

PARIS N'Y EST PAS

 

Donc, au printemps 2013, le président Hollande obtenait deux années supplémentaires pour tenir le cap d'un déficit de 3 % du PIB en échange de réformes – régimes de retraite, marché du travail, fiscalité. C'était une bonne politique. Hors zone euro aussi, nos partenaires estiment nécessaire de rétablir l'équilibre des comptes et d'engager des réformes de structure.


Ce 3 % n'est pas un chiffre fétiche qui lesterait la zone euro d'une contrainte particulière. Il correspond à un niveau d'endettement soutenable. Il permet de maintenir des taux d'intérêt raisonnables.

 

Paris n'y est pas : 4,3 % escomptés fin 2013, contre les 3,9 prévus. Ce retard ne serait pas grave en soi si d'amples réformes de structure avaient été mises en train. Mais, au-delà de l'accord sur le marché du travail, il a fallu attendre le 14 janvier et l'« annonce » du pacte de responsabilité et la réaffirmation des 50 milliards d'euros d'économies dans les dépenses publiques.

M. Sapin obtiendra sans doute un nouveau délai en échange de promesses de réformes. C'est dans le sens inverse qu'il faut travailler : faire voter des réformes d'abord, consentir des délais ensuite.

 
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Pierre Moscovici

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Commentaires : 2
  • #1

    Pierre molinosisme (vendredi, 11 avril 2014 22:11)

    Quelle tristesse de voir la gauche à ce point décomplexée avec le libéralisme économique. Õn dirait le figaro d il y a quinze ans. Tout ça pour ça...

  • #2

    Lulu (vendredi, 11 avril 2014 22:21)

    Encore une fois, le monde dit n importe quoi, encore une fois aucun journal pour le rattraper . C est foutu !