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02

mai

2014

Projets de réformes en France : Paris promet des économies (Süddeutsche Zeitung)

Nous vous proposons aujourd'hui la traductiion d'un article du journal allemand Süddeutsche Zeitung, qui relate un entretien avec le Ministre français des Finances : Michel Sapin. Contrairement aux interviews accordés aux journaux français, Michel Sapin ne fait pas dans la demi-mesure et assume pleinement son allégeance aux idées néo-libérales. Un article très interéssant qui permet de voir la stratégie du gouvernement français telle qu'elle est.

 

« Nous ne le faisons pas, parce que l’Europe nous demande de le faire, mais parce que c’est nécessaire pour la France. » Le nouveau ministre des finances, Michel Sapin revendique dans une interview accordé au journal allemand Süddeutsche Zeitung, l’équivalent du Monde en Allemagne, des mesures d’économie et des réformes en profondeur. Il peut néanmoins comprendre les doutes qui s’expriment quant au sérieux de la France.

« Le critère des 3 % n’est pas sorti soudainement d’un esprit enivré. Ce critère correspond au chiffre qui empêche un pays d’accumuler davantage de dettes. »

« La France a trop longtemps dépassé les délais fixés. Cela a écorné son image. La France se réforme toujours trop lentement »

Juste avant la remise du nouveau programme de stabilité à la Commission Européenne, le ministre socialiste des finances Michel Sapin  a revendiqué des mesures d’économies et des réformes en profondeur. De la même façon, a assuré Michel Sapin, le gouvernement tiendra sa promesse de réduire le déficit budgétaire d’abord à 4,3 % puis à 3% du produit intérieur brut (PIB) pour l’année prochaine. « Nous ne le faisons pas, parce que l’Europe nous le demande, mais parce que c’est nécessaire pour la France » explique Michel Sapin au Süddeutsche Zeitung. « C’est uniquement comme cela que la France pourra parler avec une voix plus forte pour construire une Europe qui nous protège mieux. » a-t-il ajouté. « Vous allez trouver une France qui remplit ses devoirs. »

 

Le Président François Hollande et le nouveau Premier Ministre Manuel Valls ont exprimé après le remaniement ministériel de début avril la volonté de la France d’accélérer en Europe la baisse du déficit. La poursuite de cette baisse a été l’objet d’irritations, à Bruxelles comme à Berlin. Michel Sapin a désormais précisé clairement qu’il ne s’agissait pas pour Paris de remettre ce sujet à l’ordre du jour pour 2015 : « Je n’ai pas demandé de report de délai au regard des 3 %. Je parle du rythme de la baisse du déficit ». Michel Sapin rendra mercredi un programme de stabilité pour la Commission Européenne. Les observateurs s’attendent à ce que le gouvernement réduise ses économies pour 2014 (jusqu’à présent à 3,6% du PIB) et revoie ses attentes de déficit de 2,8 % à précisément 3%.

 

Les projets de réforme du gouvernement, qui prévoient une baisse des charges des entreprises ainsi qu’une réduction budgétaire de 50 milliard d’euros jusqu’en 2017 sont l’objet de vives réactions au sein du parti socialiste actuellement au pouvoir. Le nouveau chef du parti, Jean-Christophe Cambadélis a même demandé de réviser les critères de Maastricht après les élections européennes. Dans une interview dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung, Michel Sapin, un proche de François Hollande, a informé qu’il démentait clairement cette initiative. « Nous ne renégocierons pas le Traité de Maastricht ». Le Ministre a ajouté que « le critère des 3% n’est pas sorti soudainement d’un esprit enivré. Ce critère correspond au chiffre qui empêche un pays d’accumuler davantage de dettes. »

« La France s’est trop longtemps fait attendre »

« Nous ne renégocierons pas le Traité de Maastricht »

Michel Sapin a reconnu comprendre les doutes des partenaires européens quant à la fiabilité de la France. « La France s’est trop longtemps fait attendre, a trop longtemps dépassé les délais fixés. Cela a écorné son image. La France se réforme toujours trop lentement ». C’est la raison pour laquelle, selon Michel Sapin, peu de gens s’imaginent que la Nation puisse mettre en place des réformes en profondeur sans que ces projets « n’aboutissent dans la douleur et que cela n’engendre de grandes manifestations ». Il a affirmé vouloir changer cela. « Ce que je souhaite, c’est que la France tienne ses engagements européens et qu’elle applique les réformes qui lui permettront d’être plus compétitive. » François Hollande entend ainsi rompre avec la tendance française d’augmenter continuellement les impôts et les charges. « Nous les réduirons de façon massive » a affirmé Michel Sapin.

 

Michel Sapin s’est vivement engagé en faveur de la coopération avec l’Allemagne. L’Europe ne peut fonctionner « que si l’axe franco-allemand existe réellement » et si celui-ci est ouvert à d’autres partenaires européens. Dans le même temps, Michel Sapin a loué la « culture allemande » d’une politique monétaire stable, affirmant que c’est elle qui a contribué au succès de l’Euro et qui protège également la France.

 

Léo Klimm, Christian Wernicke,  Süddeutsche Zeitung online, 22 avril 2014


Traduction effectuée par Woyzeck

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Commentaires : 1
  • #1

    volois (vendredi, 02 mai 2014 13:28)

    merci pour cette traduction ; une petite coquille vers la fin : Nous les réduirons de façons massive