lun.

19

mai

2014

Sur France Inter : le TAFTA expliqué à mon chien...

le TAFTA expliqué à mon chien grand marché transatlantique france inter

« 500 euros par personne et par an ! »

Ouhouh ! Cinq cent balles... L'arnaque n'est pas neuve, mais enfin, puisqu'elle fonctionne... Sur France Inter visiblement, l'idée d'expliquer une question aux auditeurs par la diversité des points de vue ne semble pas faire pas partie du job de journaliste. Encore moins lorsque l'affaire est complexe, nouée, idéologique. D'aucuns diront que c'est toujours le cas ; que toutes les questions sont épineuses... C'est assez vrai. Le constat est navrant et chacun s'en aperçoit, impuissant : les cloches sonnent toutes la même musique, au même moment, de France Inter à BFM, en passant par France Culture...

 

En vérité, les journalistes, la plupart du temps, ne CONNAISSENT pas grand chose à ce dont ils parlent.

C'est forcé. D'abord parce qu'ils n'ont guère le temps de tout décrypter ; aussi parce qu'ils n'ont pas été formé à une approche différente de la formation de l'opinion. La mise en perspective échappe largement au format médiatique contemporain.

Et puis, si par malheur, l'un d'entre eux devient un jour expert en un domaine bien spécialisé, l'Economie (Dominique Seu, Brice Couturier, François Lenglet, Jean-Michel Apathie...), l'Education (Emmanuel Davidenkoff), la Laïcité (Caroline Fourest et d'autres...), dans lequel plus personne (dans leur petit milieu) ne leur conteste une certaine expertise, eh bien... ils ne sont plus journalistes ! Du moins, serait-il nécessaire de placer en contrepoids de leurs positions tranchées, un expert-journaliste venu d'un autre bord...

Les émissions proposées depuis quelques années par Daniel Scheidermann sur le site d'Arrêt sur Images ou plus récement sur Médiapart nous éclairent à ce propos : c'est à travers le débat judicieux que l'opinion se forge de la manière la plus riche. Jamais, lorsqu'un seul son de cloche lui est donné car l'opinion est alors manipulée, ce qui n'a rien à voir...

 

En écoutant la « dépêche » de 8 heures de la matinale d'Inter ce matin, À qui profite le traité transatlantique ? (TAFTA), il fallait être sacrément convaincu de sa nuisance pour ne pas applaudir des deux mains. Delphine Simon, l'auteure, y présentait très tranquillement le POUR et le POUR de l'affaire... 

 

Une "GATTAZ" comme on dit dans le jargon : ou l'art de faire passer l'intérêt des multinationales pour celui des PME, des travailleurs et de l'intérêt général pourquoi pas...

 

 

 

 

 

Une "GATTAZ" comme on dit dans le jargon...

 

 

 

 


À qui profite le traité transatlantique ? (Lundi 19 mai 2014- France Inter)

Pour la cinquième fois, les négociateurs européens et américains se rencontrent à huis clos pour élaborer un accord de libre-échange, un marché sans barrière qui représenterait 40% du commerce mondial.

Ce marché concernera l'industrie, l'agriculture, les produits chimiques, la santé, les appellations comme "Roquefort" ou "Champagne".
Pas sûr que les Américains et les Européens s'entendent sur les normes sanitaires dans l'agriculture notamment (les États-Unis taxent lourdement les fromages non affinés venus d'Europe, tandis que les Européens se protègent contre les importations de boeuf aux hormones made in USA ou les produits OGM).

 

En fait c'est plutot dans l'industrie qu'on peut attendre des avancées, en particulier du coté des PME.

 

Aujourd'hui, vendre un produit aux États-Unis, cela veut dire acquitter des droits de douane, c'est le cas dans le textile. Or, d'un vêtement à l'autre, en fonction des tissus, ces taux varient fortement, une complexité difficile à gérer pour "Envie de fraise", une PME française spécialisée dans la vente sur internet de vêtements pour femmes enceintes.

Elle vient de se lancer à l'assaut du marché américain. Violette Watine est directrice developpement chez "Envie de fraises"


 

L'essentiel des barrières douanières; ce sont les normes, les règles qui diffèrent sur les deux continents. Il faut passer des tests techniques, changer des étiquettes, ça demande de repenser les produits et parfois d'adapter la chaîne de production, rappelle l'économiste Vincent Champain.

 

 

 

Les consommateurs pourraient bénéficier de la concurrence accrues entre les entreprises. Ce pouvoir d'achat en plus, certains experts l'estiment à plus de 500 euros par personne et par an.

 

 

 

Certains experts ? Et les autres, qu'en pensent-ils ?

 


Antoine Lamnège

 

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Commentaires : 2
  • #1

    cabotin (mardi, 20 mai 2014 13:10)

    la dernière phrase de la dépêche est géniale ; comme une lettre à la poste

  • #2

    estelle1 (mardi, 20 mai 2014 18:12)

    le métronews d'aujourd'hui a le bon goût d'être un peu plus équilibré !
    C'est dire...
    http://www.metronews.fr/info/elections-europeennes-faut-il-avoir-peur-du-traite-transatlantique/mnes!ExjuncefHyms/