mar.

27

mai

2014

Les 10 phrases les plus insupportables d'une soirée électorale...

soirée électorale 10 phrases insupportables

Les élections l'ont encore montré : les électeurs sont des imbéciles. C'est du moins l'opinion que partagent une majorité de commentateurs, journalistes et hommes politiques au soir de chaque fessée électorale ; sur les plateaux, les mines sont graves : "évidemment, les temps sont durs..." ; "les français se sont exprimés, et je veux leur dire..." blabla...

A l'heure de la débâcle, il faut sauver les meubles... Vous les connaissez, ces phrases toutes faites, sorties tout droit du manuel du parfait politicard : elles sont insupportables ; elles pousseraient l'agneau à devenir un loup...

 

Les voici... celles qu'on appelle les 10 Commandements du looser politique...

copé fillon ump défaite

A l'origine de ce comportement, on trouve la folie de l'expertise, de économisme. Cette certitude que le chemin suivi depuis tant d'années ne bifurquera plus jamais. Que malgré des soubresauts financiers (inévitables jure-t-on), les cycles économiques, les contestations populaires, eh bien... le système est résiliant (dixit Alain Minc).

Il tient bon.

Dans cette optique, évidemment, pas question de changer quoi que se soit ; les gens ne s'en rendent pas compte, mais nous vivons bel et bien dans le moins mauvais des systèmes ou l'Empire du moindre mal, comme l'a parfaitement expliqué Michéa.

L'orage est violent certes, la crise est permanente, mais enfin, prudence... n'allons pas tenter le diable. Contrôler les flux financiers ? Le commerce international, les banques ? Vous n'y pensez pas !

« Le totalitarisme... ça vous dit quelque chose, mon brave ? Allons... Laissons cette basse besogne à quelques gratte-papiers... »

En attendant, il suffit d'expliquer aux gens le fameux paradoxe comme quoi la vie, c'est nul pour eux, mais c'est le moins pire quand même : la fameuse pédagogie. A ce propos, je ne pourrais être plus clair que Lucas Gomez dans ce très bon billet, publié sur son blog il y a quelques mois.

 

 

« Faire de la pédagogie » en politique.

 

Ce matin, comme tous les matins, je me suis levé tranquillement avec mon cerveau exécutant mécaniquement les mêmes gestes : allumer la machine à café et allumer la télé sur une des chaînes de propagande néolibérale (qu’ils appellent « info ») en continu ou sur une des chaînes spécialisées sur la seule economic way of life.

Et comme souvent, j’entends un homme ou une femme professionnelle de la politique parler d’un sujet épineux. Et comme ce sont des professionnels, ils savent de quoi ils parlent. Pour les impôts comme pour la retraite, il faut écouter attentivement ce qu’ils disent. Oui, car sinon on risquerait de ne pas comprendre. Prenons parmi 100 sujets, la retraite.

Lorsqu’il s’agit d’un sujet entrainant autant de contestation sociale, un docte politique de droite ou de « gauche » – entendre par là, la fraction de la droite modérée du PS – vient à la télé pour nous dire qu’ils doivent « faire de la pédagogie ». Dans le champ politique, c’est une expression que l’on entend souvent – trop souvent. Comprenez que pour ces gens là, « faire de la pédagogie » n’a rien à voir avec la faculté d’un professeur à rendre intelligible des concepts compliqués. Non. Ici, « faire de la pédagogie » c’est t’expliquer quoi penser. Et si tu n’as pas compris et que tu continues à brailler dans la rue, la seule remise en question qu’ils assument alors, est de ne pas « avoir assez fait de pédagogie ».

 

 

 

 

Il y a une grande différence entre « expliquer et convaincre » et « faire de la pédagogie ». Ce sont deux méthodes qui différencient en grande partie un « esprit » de gauche ou de droite. A gauche, on ne méprise pas le peuple. Au lieu de parler de « pédagogie », on parle « d’éducation populaire ». L’éducation populaire ne vise pas à éduquer le peuple passivement du haut vers le bas, grâce à certains « experts » très sûrs de leurs certitudes. Au contraire, partant du postulat que tout le monde peut réfléchir sur un sujet sans pour autant en être un expert, elle vise à mener un débat démocratique où tout le monde a sa place et où une personne bien informée sur le sujet puisse aussi partager ses connaissances avec les autres. De là, découlent ensuite des décisions politiques, au niveau local ou national.

Les conséquences dans le champ politique sont totalement différentes. Avec l’éducation populaire, les pratiques politiques changent pour aller du bas vers le haut et non plus l’inverse. Ainsi, on pourra peut-être finir par comprendre que finalement ce n’est pas le peuple qui est trop con pour pas comprendre la réforme, mais qu’il n’est pas assez con pour se laisser faire.

 

Lucas Gomez

 


Alors forcément, puisqu'à chaque élection, le Front National est déclaré vainqueur (quel que soit son score, d'ailleurs), il est aussi l'un des rares à n'avoir pas à user de cette rhétorique déplorable et défaitiste...

 

Il suffirait pourtant de si peu...

"Français, notre politique est minable... Adieu." Les invités quittent le plateau. On éteint la télévision.

Fin de la soirée.

 

 

Antoine Lamnège

 

 

 

 

l'article de Lucas Gomez est ici :http://lucas-gomez.com/2013/09/20/faire-de-la-pedagogie-en-politique/

 

 

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Commentaires : 2
  • #1

    thewim (mardi, 27 mai 2014 21:59)

    il y a aussi : "il faut avoir le courage de faire les réformes !" (bordel)

  • #2

    boleor4 (mercredi, 28 mai 2014 21:30)

    la gauche est dans un état pitoyable aujourd'hui, et sans personne pour la relever. Mélenchon doit-il s'en aller ? à mon avis, il y a pensé...
    qui pour le remplacer ?