mar.

24

juin

2014

Stop à la dérive des banques et de la finance (Claude Simon et le collectif Roosevelt)

Le livre que viennent d’écrire Claude Simon et le collectif Roosevelt, proches du parti politique Nouvelle Donne, constitue une parfaite synthèse des dérives du monde de la finance. Le principal intérêt de ce livre est sa dimension pédagogique, qui permet aux profanes de parfaitement comprendre la situation actuelle.

 

Le livre se divise en trois chapitres dont le premier s’efforce d’expliquer les concepts de base (banque, monnaie, finance, marchés), le deuxième  s’attache à analyser les raisons de la survenance de la crise de 2008 et le troisième consiste à proposer des solutions à ces dysfonctionnements.

Ronald Reagan : « L’Etat n’est pas la solution, il est le problème ».

Le taureau de Wall Street
Le taureau de Wall Street

Les paradis fiscaux sont érigés en modèle. Les néolibéraux allant même jusqu’à affirmer : « il n’existe pas de paradis fiscaux, mais que des enfers fiscaux ; sont enfers fiscaux tous les pays où existent des impôts ».

Le premier chapitre définit les concepts de base liés aux banques et à la finance. Ce chapitre est tout à fait essentiel pour permettre à une majorité de personnes de s’approprier ces sujets. Les auteurs proposent d’en revenir à des choses simples. Les missions principales d’une banque consistent à collecter des fonds de la part des épargnants afin de pouvoir octroyer des crédits aux particuliers et aux entreprises et donc de financer l’économie. Les banques gèrent également les moyens de paiement. Il s’agit de ses missions essentielles, qui sont des missions relativement simples.

 

A ses missions traditionnelles des banques sont venues se greffer celles de la finance. Le véritable intérêt de cette dernière est de permettre de couvrir des risques financiers tels que l’évolution des taux de change ou du coût des matières premières. Le problème est que ces produits engendrent également une spéculation forte qui menace l’économie réelle.

 

En effet, contrairement à ce qu’affirme l’idéologie néolibérale les marchés ne sont pas efficients c'est-à-dire que la rencontre de l’ensemble des offres et des demandes ne permet pas d’atteindre un équilibre parfait. En pratique les investisseurs n’adoptent pas toujours un comportement rationnel et font même preuve d’un mimétisme qui provoque des bulles spéculatives, qui lorsqu’elles éclatent affectent l’économie réelle. Notamment lorsque les banques se glissent dans la peau de ces spéculateurs.

 

La survenance de la crise financière est directement liée à des décisions politiques, économiques et monétaires. Sur un plan politique les élections de Ronald Reagan aux Etats-Unis et de Margareth Thatcher au Royaume-Uni ont été particulièrement nocives. Les auteurs les résument en deux phrases. Ronald Reagan : « L’Etat n’est pas la solution, il est le problème ». Margareth Thatcher : « Il n’y a pas d’alternative ».

 

Sur un plan économique, les marchés vont commencer à imposer leur loi, avec l’accord tacite des gouvernements. Ils se mettent à exiger des taux de profits déconnectés de la réalité de 10 %, 15 % voire 20 % en favorisant de ce fait le court-terme au détriment du long terme. 

De plus, les Etats sont mis en concurrence au niveau de la fiscalité. Les paradis fiscaux sont érigés en modèle. Les néolibéraux allant même jusqu’à affirmer : « il n’existe pas de paradis fiscaux, mais que des enfers fiscaux ; sont enfers fiscaux tous les pays où existent des impôts ».

 

Enfin au niveau monétaire, les néolibéraux parviennent à imposer la désintermédiation et la dérégulation. Le rôle traditionnel des banques en tant qu’intermédiaire entre la collecte des fonds et le prêt  a été modifié pour favoriser le financement direct par les marchés. Aux Etats-Unis, la séparation des banques de détail et des banques d’affaires a été supprimée. Ce qui a mis en danger l’épargne des citoyens.  

 

La complexification des produits financiers notamment via la titrisation a ensuite favorisé l’apparition de la crise des « subprime » en déresponsabilisant les prêteurs. Les agences de notation portent également une responsabilité lourde en ayant donné des bonnes notes  à des produits hautement spéculatifs.

 

Afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise, les auteurs préconisent 4 mesures majeures : scinder les banques entre activités traditionnelles et activités spéculatives, accroître la surveillance des banques et des risques qu’elles prennent, lutter efficacement contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux, encadrer sérieusement la spéculation et la finance.

 

Ce combat est prépondérant car en imposant une vision à court-terme, des rentabilités exorbitantes et des prises de risque excessives, les marchés modifient la vie de chacun d’entre nous.

 

En effet, ces exigences imposent aux travailleurs plus de flexibilité, une précarisation de l'emploi et des baisses de rémunération alors que la productivité augmente. 

 

L’Etat est également victime de la finance. En effet cette dernière réclame une réduction de son action en imposant des réductions d’impôts toujours plus fortes, une résorption toujours plus rapide de ses dettes alors qu’elle en est à l’origine et l’abandon de leur pouvoir à son profit.


Theux

Pour aller plus loin ... 

Jusqu'à quand ? (Frédéric Lordon)
Jusqu'à quand ? (Frédéric Lordon)
Supprimons les agences de notation
Supprimons les agences de notation

Écrire commentaire

Commentaires : 0