sam.

05

juil.

2014

Economie : Le Royaume-Uni rattrape la France (The Guardian)

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Le journal britannique the Guardian affirme que l'économie du Royaume-Uni est repartie. Et qu'on ne l'arrêtera plus. Les études le montrent, les statistiques concordent : la croissance, l'emploi sont de retour. Mieux, se rassure t-on, en 2030, le pays aura conservé son rang parmi les grandes puissances ; il aura en 15 ans, dépassé une France moribonde et comblé son retard sur une Allemagne vieillissante...

 

Le ton de l'article est optimiste ; il reflète les espérances d'un certain monde quant aux années à venir :  la crise est passée... Reprenons les affaires ! Le pari d'une économie dérégulée, financière aura finalement payé...

Plus subtilement, le Guardian semble acter les difficultés à venir des BRICS, plus particulièrement la question du vieillissement spéctaculaire de la Chine.

 

UK economy overtakes France

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Les prévisionnistes ont de bonnes nouvelles pour ceux qui craignaient que la Grande-Bretagne ne subisse un lent et long déclin dans la médiocrité économique : le Royaume-Uni gardera toujours la tête haute parmi les plus grandes économies du monde en 2030, après avoir dépassé la France et même fait des progrès pour combler l'écart avec l'Allemagne.
Seule l'Inde va dépasser le Royaume-Uni sur la liste des pays riches, selon le rapport de PricewaterhouseCoopers (PwC), alors que les pays en forte croissance comme la Russie et le Brésil luttent pour faire leur place au soleil.
Selon le rapport, la vigueur de la jeunesse de l'économie britannique, avec son taux de natalité élevé et le marché du travail flexible, contrastera fortement avec les populations vieillissantes de l'Europe continentale.
Ignorant une potentielle sécession de l'Ecosse qui pourrait gâcher la fête en Septembre, le rapport prévoit que la Grande-Bretagne restera "un membre important de la « A-list » de l'économie mondiale".

 

Barret Kupelian, économiste chez PwC et co-auteur de l'étude, a déclaré que l'économie britannique avait retrouvé son dynamisme ces dernières années, contrairement à la France.
"Le Royaume-Uni devrait également réduire l'écart de PIB avec l'Allemagne au cours du temps, bien que cela soit entraîné principalement par une démographie plus favorable au Royaume-Uni, car sa population vieillit moins rapidement et son taux de population active est supérieur."
À plus long terme d'autres marchés émergents pourraient dépasser le Royaume-Uni, explique l'étude, mais seule l'Inde y parviendra avant 2030, en se basant sur le PIB et les taux de change du marché.
François Hollande, déjà sous pression et à la tête d'une économie française affaiblie, a peu de chance de se réjouir d'une telle prédiction : les choses iront de mal en pis puisque son pays glissera de la cinquième place mondiale à la sixième en 2020 et huitième en 2030 dans le classement du PIB.

 


Il y a seulement quelques années, certaines prévisions affirmaient que la Grande-Bretagne deviendrait rapidement une puissance économique de second rang et aurait besoin de s'en remettre aux BRIC, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine dans un proche avenir.
En une décennie, la Chine a dépassé la Japon ; elle est aujourd'hui la deuxième plus grande économie du monde.

 

Selon certaines estimations, le Brésil avait devancé le Royaume-Uni en 2012, suivi de près par la Russie et l'Inde.
La chute de la Grande-Bretagne était en partie liée aux coûts de la crise bancaire et la récession qui avait suivi, couplée à une forte baisse du taux de change, qui avait réduit d'environ un quart la valeur PIB du pays par rapport à ses principaux concurrents.
Mais depuis le début de l'année dernière, l'économie a récupéré tout le terrain perdu depuis la récession et les banques ont commencé à prêter de nouveau. Le livre a rebondi de 1,40 $ en 2009 à 1,71 $ aujourd'hui.
Le Brésil, en revanche, a subi divers chocs ces dernières années qui ont ralenti sa croissance et fait baisser la valeur de sa monnaie le Real. 

 

La Russie quant à elle, va certes combler l'écart sur les huit premières économies mondiales, mais sa dépendance à l'industrie du pétrole et du gaz pour la croissance et sa population vieillissante, l'empêcheront rejoindre le peloton de tête aussi rapidement qu'on le pensait.

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Seule l'Inde dépassera la Grande-Bretagne en 2030 ; elle partagera un PIB estimé à 6100 millards de $ pour plus de 1,5 milliard de personnes, soit seulement moitié plus que celui du Royaume-Uni estimé à 4000 millards de $, pour une population vingt fois inférieure.
L'Inde dépassera la Chine comme pays le plus peuplé du monde en 2050, selon une étude menée par le Pew Research Center, date à laquelle sa population devrait avoir augmenté de 400 millions, pour atteindre 1,6 milliard.
La Chine, qui devrait croître de seulement 25 millions de personnes en 2050, deviendra vieux avant de devenir riche. La Chine restera la deuxième plus grande économie du monde, derrière les États-Unis, mais sans le nombre nécessaire de jeunes ou d'immigrants capables de lui faire devancer son concurrent occidental.
PwC explique que les décideurs à Londres doivent se prémunir contre tout excès de confiance. Le Royaume-Uni reste en dessous de la moyenne sur les questions de "progrès social et de cohésion" selon l'indice Escape, qui mersure les performances de chaque pays à travers 20 indicateurs économiques, sociaux, technologiques, environnementaux et politiques.

Sur cette base, le Royaume-Uni se classe cinquième parmi les économies du G7 en 2013, devant la France et l'Italie, mais derrière l'Allemagne, les États-Unis, le Japon et le Canada.

 

C'est moins bien que la troisième place prise par le Royaume-Uni en 2000 et 2007, lorsque les inégalités y étaient moins marquées et que les chiffres montraient que la population passait plus de temps à l'intérieur du système éducatif qu'aujourd'hui.

 

John Hawksworth, économiste en chef chez PwC, explique : "Le Royaume-Uni marque des points dans des domaines tels que les institutions politiques, juridiques et réglementaires, y compris pour la facilité de faire des affaires, et dans la technologie des communications. Le Royaume-Uni affiche de bons scores relatifs sur certaines variables économiques comme le chômage, la croissance et l' l'inflation qui se sont améliorées en 2013, une tendance qui devrait se poursuivre en 2014."
"Mais le Royaume-Uni est à la traîne de ses pairs dans les domaines liés à l'éducation, l'investissement, les déficits commerciaux et l'inégalité des revenus. Ainsi, le Royaume-Uni dispose d'atouts clairs pour construire, mais aussi quelques faiblesses sous-jacentes, et ce malgré sa récente reprise économique."

 

Ayons une pensée pour l'Italie. Le nombre croissant de personnes âgées mettra bientôt à mal un système de retraites craquelant. Cela signifiera pour Rome une sortie du top 10 des économies mondiales pour la première fois depuis 40 ans.

 

 


, economics correspondent

The Guardian,

Traduction : Antoine Lamnège

 

 

Annexes :

 

pib classement par pays 2014 france

Source : Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_nominal

 

D'autres données statistiques sur les performances du Royaume-Uni sont disponibles sur le site les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/pib-trimestriel-angleterre/

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Commentaires : 2
  • #1

    jules (dimanche, 06 juillet 2014 11:58)

    De toute façon, les anglais mènent la danse, ils imposent leurs règles, pas étonnant que les français qui en majorité ne veulent pas ce système avec trop de finance, trop de concurrence, soient "à la traîne" dans ce monde. Si les règles ne changent pas, c'est celui qui est le plus en avance dans la bêtise qui gagne !

  • #2

    zobilamouche (dimanche, 06 juillet 2014 18:02)

    ha ha ha ..si ils le disent....